11.
Le poète grec Pindare, au Ve siècle av. J-C, comme le poète japonais Hitomaro, au VIIe siècle après J-C, ont fondé tous deux un monde, enraciné dans la patrie, mais ce n’en est que l’ombre puisqu’après avoir créer Dieux et Kamis, ils n’ont fait qu’embellir le presque-monde, alors même qu’ils y étaient fortement soumis, en racontant des récits chatoyants. C’est bien dans un état de crainte et d’émerveillement qu’ils enduraient leur statut, et c’est cette réalité-là qu’ils confondaient, à l’origine, avec un irréel absolument intact.
C’est également une erreur de considérer Yahvé, Dieu ou Allah comme les auto-créateurs d’eux-mêmes et les créateurs de tous les êtres et de toutes les choses, puisque les Pères sont le modèle par excellence de ce qui s’auto-réfère d’un point de vue illusoire, alors qu’au contraire, c’est l’animal doué de raison, en tant qu’auto-référent d’un point de vue absolu, qui les a érigé comme seigneur et guide de son destin et de son salut.
Avec la perte des vieilles croyances, corrélativement au triomphe de la science et de la technique, au calcul s’aidant de la définition, la vérité de l’animal doué de raison comme auto-référent devient volonté de puissance ; mais cette vérité, ne devient pas encore le vrai sur l’animal doué de raison, c’est-à-dire le passage qui mène du fabriqué à l’ouvert.