Moune
Je me souviens de Moune, notre brave chatte, elle avait pour habitude lorsqu’elle attrapait une souris de venir toute fière nous la présenter. Une offrande à nous autres, ses maîtres… et ma grand-mère de pousser à chaque fois des cris horrifiés, la chassant elle et la souris.
Pauvre Moune comme elle devait être déçue devant pareil accueil ? En y repensant, j’en ai grande pitié pour elle.
Et ça ne la décourageait en rien, car la fois suivante elle se présentait à nous avec la même candeur, avec un même espoir de reconnaissance.
Un animal comprend quand on le flatte par des caresses, il nous est sans nul doute reconnaissant que nous lui donnions sa pitance, mais sur bien des points il y a, quoique nous en pensions, un abîme entre eux et nous.
Un jour, la Moune a disparu lassée sans doute d’être si mal comprise, partie chasser je ne sais où, peinarde, à l’écart des humains qui ne comprennent rien à rien.