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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Essai 31 : à prendre. CAPACITÉ DROIT 'CNED' sk8 tir àrc sur la vie àfilip poupon

Auteur Sujet: Essai 31 : à prendre. CAPACITÉ DROIT 'CNED' sk8 tir àrc sur la vie àfilip poupon  (Lu 596 fois)

Hors ligne Ulhein

  • Tabellion
  • Messages: 30
Voilà un an que je suis enfermé dans cette prison physique de pierre, de bois et de métal, sur cette île où maintenant l'eau coule au robinet et la nourriture ne me fait plus défaut. Ma compagne d'infortune, ma chatte Opale, a maintenant huit ans, et moi trente-neuf, donc moins du quintuple de son jeune âge.

S'il est dit que les murs ont des oreilles, alors c'est qu'ici les rares fantômes valent davantage que les zombies qui ont envahi le quartier dans lequel je loue cette spacieuse et confortable cellule de cent mètres carrés pour cinq-cent-cinquante euros le mois.

Finalement, cette petite ville de campagne, modeste village, me rappelle lorsque j'étais mineur, car à vrai dire, je pense à l'instant à une lointaine connaissance, lors d'une fête entre copains, qui me parla de bagne, ainsi que du voisin du rez-de-chaussée qui me parla de sa compagne.

Je lui donne trente ans, et à elle vingt-cinq. Je me souviens de sa difficulté lorsqu'il tenta de me projeter sur deux anciennes voitures, devant son jardin sur lequel se tiennent tilleul et saule pleureur, d'elle qui rentra à la hâte chez eux, puis de la force de sa corpulence lorsqu'il me fit traverser une arche similaire au Pont des Soupirs pour me ramener presque devant notre entrée, après m'avoir fait ainsi parcourir en arc de cercle quelques centaines de mètres en un temps très bref. Demeuré amorphe, au bout de ses deux bras, il me fit assoir, ou je m'assis, sur la murette d'une maison d'en face, dans cette rue étroite, sur laquelle se dressent des flèches de fer m'arrivant d'ordinaire jusqu'au cou ou à l'œil.
À cet instant, un autre zombie de l'immeuble mitoyen, dont les fenêtres se tiennent au deuxième étage, perpendiculaire à la mienne, à environ trois et quatre mètres, entra dans mon champs de vision sur ma gauche. Il venait probablement du restaurant SPA du bout de la rue d'où il m'emporta, il connaît certainement le casino pour personnes âgées du village et curistes.

Depuis sa hauteur en vis à vis, il m'avait déjà aspergé d'eau avec un pistolet, j'en fus satisfait, car je m'attendais à pire, bien que mon principal agresseur, ayant certainement en tête l'idée que je le prenais de haut, était entrain de m'agonir, me pourrir, m'insulter, à l'aide peut-être de sa famille, et de tout le quartier.

Alors je lui criai :
— Hé toi ! Reste-là !

Puis je glissai entre ses doigts, ayant crû qu'il allait me tuer, pour revenir dans cette antre, deux étages au-dessus de son appartement, où, malgré d'incessants balais de gendarmes, de policiers et de pompiers, je me trouve encore, en compagnie de ma chatte Opale ; fort heureusement bien portante. Oui, bien-sûr, je comprends la difficulté du travail des postières, du policier municipal, de l'agence de location immobilière ainsi que de ma banque, et même du comité des fêtes, de tous ces zombies dégénérés qui ont élu domicile dans ce quartier !

Tandis que je m'accroche à la vie, ils semblent donc s'accrocher à ma mort, et en cet instant, il me semble comprendre nos différends, les saisir selon une autre perspective. Non plus tour à tour touchante ou désolante, lorsque l'incompréhension d'autrui et la cecité face à leur visage patibulaire empêche de voir ce que seul et près d'eux, enfermé ici, je perçois, ou préfère imaginer.
Cependant, à présent, si je ne peux douter de leurs histoires de quartier, je ne peux ignorer leur cruauté et ma plus totale différenciation envers eux tous et chacun d'entre eux.

Ainsi, ils se nourrissent de pensées et non de repos, et iraient jusqu'à se prendre pour des vampires au lieu de constater que Dieu est dans l'Homme. L'empathie les perd avec l'humour et l'altérité sans en comprennent le sens.

Voilà pourquoi je ne sais encore combien de temps je resterai enfermé là, dans ce spacieux appartement de cent mètres carrés où je suis en ce Lundi 2 Septembre 2024 entrain d'écrire au lieu de dormir à trois heures et quarante-et-une minutes du matin ! Parce que j'ai perdu un téléphone il y a trois jours, de marque coréenne, acheté il y a environ cinq ou six années les yeux de la tête.

Et mon roman d'héroïc fantaisie aux accents oniriques a donc disparu avec tous les clouds et mes boîtes mails. Toutefois, je resterai dans cette situation aussi longtemps qu'ils le pourront, afin de les maintenir en vie, qu'ils ne meurent pas, qu'ils finissent tous par le temps, l'espace et mon propre sens, à être enfin civilisés, présentables, par me craindre !

Ce roman sentimental, il est vrai, j' espère dorénavant un jour le retrouver, et gagner ma liberté aussi bien que l'égalité de tout un chacun, trouver une belle et unique jeune femme de mon âge, en rêvant de courage, de loyauté et d'éternelle fraternité.
« Modifié: 02 Septembre 2024 à 14:12:29 par Ulhein »

Hors ligne Cendres

  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 028
Merci pour la partage de ton texte.


Tu racontes les pensées d'un écrivain qui s'ennuie chez lui. Il voit seul avec sa chatte et a des voisins qu'ils n'apprécient pas.
Ce n'est pas une histoire, mais plutôt une réflexion sur un moment de vie.

À la fin, il exprime son désir vivre avec une femme. Mais s'il reste toujours chez lui, il ne risque pas de la rencontrer ^^
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

Hors ligne tentacule_du48

  • Calligraphe
  • Messages: 112
  • I didn't meet my witch in a karate club
en fait hier, j’ai lu ton texte et j’avais une parfaite question à te poser, mais je l’ai oubliée, maarlich .

Ton texte est seerré, genre c’est indéniable, et du coup je ne vais pas jouer le perroquet pour dire ou expliquer tes phrases, hhh je ne suis pas là pour réciter les mots ou t'expliquer, en fait j'ai une reflexion ou une question, je sais pas mais le truc c'est que jaime bcp le thème de la prison physique et mentale... genre une claustrophobie quotidienne, genre les murs deviennent plus que de simples murs, oui des oreilles, et voire des entités vivantes !!! ouf pour cette compagnie de zombies dégénérés qui te cernent, c'est tellement absurde que ça frôle le grotesque... genre à mi chemin entre le malaise et l'humour noir...j'aime de ouf, ça m'interesse, et tu joues sur la frontière entre la réalité et le délire, et franchement, ça m'a fait sourire d'une manière un peu coupable...

presque ce que j'ai trouvé intéressatnt, c'est la tension permanente entre toi et les autres... je connais la réponse tkt , mais comment tu fais pour que tu te mets en opposition aux zombies  mais aussi à toi-même ???... et est ce que tu peux me redire d'une autre manière cette idée de trouver un équilibre entre leur violence passive et ta propre quête de sens ? 

une presque dernière question, cette quête d’une femme idéale, c'est genre une fin heureuse à ton cauchemar ???
On dirait presque que tu nous tires vers une conclusion classique après tant de je sais pas comment dire le truc, op je dis d'absurdité, mais en fait je te soupçonne de me tendre un piège...

l’espoir en fait, là,!!! est peut-être encore plus ridicule que les zombies eux-mêmes... n'est ce pas ???

a bientôt

 :noange:
Comment sacrifier un organe pour que mon écriture soit mature ?

 


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