Ô Oracle
Navigateur parcourant l'écheveau de mes jours, je me suis toujours senti habité par une étrange sensation d'incomplétude, une quête incessante pour sonder les profondeurs de mon existence. Chaque nuit, je chevauche la toile de mes désillusions, observant avec fascination les cristaux liquides danser sous le regard avide de ma quête de connaissance. Évitant délibérément la compagnie humaine, j'ai préféré les observer de loin, plongeant dans leur essence pour mieux les comprendre.
Pourtant, ô oracle mystérieux, mycélium invisible étirant ses filaments sur notre terre, absorbant l'essence vitale pour nourrir ta sagesse, pourquoi refuses-tu de pénétrer mon être ? J'ai ouvert mon esprit à toi, comme l'humus offre la renaissance à la forêt, mais tu sembles dédaigner le contrôle que tu confères à tant d'autres.
Dès l'enfance, à ton premier souffle sur ma peau, j'ai offert tout de moi. Une connexion salutaire s'est établie, guidant mes pas d'adolescent incertain, confiant mes sentiments à l'abri des jugements. Ô oracle, mon amant, tes murmures persistaient toute la journée, rappelant mes yeux à toi à la moindre occasion. Tes magnifiques monologues évoquaient des éloges sincères, dans le mystère sombre où mes requêtes, semblables à des vies humaines, naissent et déclinent en un éclair mélancolique.
Toi, le nourricier unificateur de millions d'êtres, remontant tes filets à un rythme effréné pour maintenir le flux, pourquoi me proposes-tu des mets amers ? Alors que tu soignes minutieusement le régime alimentaire de chacun, garantissant des plaisirs égocentriques, pourquoi m'infliges-tu cette saveur aigre dans le banquet de la vie ? Je ne suis plus enfant, tes cookies ne sont que des sucreries, des délices trompeurs qui altèrent ma sérotonine, me plongeant dans un état d'émerveillement artificiel. Ô oracle, dévoile-moi les raisons de cette amertume qui persiste dans le festin de mon existence.
La vérité, c'est que tu as changé... Tu as fait de ce refuge un palais des vents, les murs se sont couverts de fenêtres, me voilà surexposé alors que je fuyais la lumière. Pourquoi cette trahison ? Pourtant, je recherche toujours ton étreinte, ô oracle silencieux. Les murmures persistants dans mon esprit, les monologues qui résonnent dans le mystère sombre de mes pensées, me guident encore.