Bonjour 2024
On se réveille sous un arbre invisible.
Il vous protègera de son sanctuaire surdimensionné.
Un chêne. Une mosaïque moléculaire.
Pourquoi se morfondre dans des jungles de bactéries.
On visite les frontières, les villages.
Des enfants aux rires vigoureux s’approchent.
On observe leurs afflux d’images.
On traverse des arboretums uniques.
Des bisons abandonnés nous broutent les mains.
Et la rivière Narewka défile entre les collines
avec ses valses d’insectes.
C’est mythologique et rustique.
Vous respirez des sourires d’ours et autres habitants.
Ils vous touchent.
Ils vous préservent de votre chagrin profond.
Sur la route de Podlachie des lynx polaires
défrichent la campagne de ses brindilles mortes.
Vous foulez des terres de lignite,
jusqu’à ce que des cyclopes contagieux vous écrasent sous leurs bottes.
C’est un bâton de vertu qu’il vous faudrait pour avancer.
Le ficher dans la steppe glaciaire.
Un cheval de militaire est mort raide dans la prairie.
Qu’importe, des lumières boréales crissent au firmament.
Vous êtes immense de résistance.
La marmite climatique brûle la canopée.
Mais vivre comme les loups est votre idéal.
Vous chiez sur les concepts pour revenir aux druides.
Vous plantez sur les chemins des champignons géants,
qui vous rendent votre émerveillement perdu.
Cigarettes, électricité, un fucking vortex canon
règne dans les forêts de Bialowieza.
Leurs blindés aux bras de fer sèment des cadavres.
Les plaines se transforment en stockeuses de tragédies.
Dans la biosphère voltigent les noyés.
Les misanthropes s’éclairent à la bougie par peur des représailles.
On est sensibles à l’abri de la frondaison ravagée.
On soupçonne la liberté, son rictus d’ironie.
Des colonnes d’acier nous pénètrent.
Des vestiges de vertige déjà accompagnent les plus intrépides d’entre vous.
Nos nuits sont goudronnées de machines dantesques.
Moi je signe mon nom avec un tronc d’arbre,
sa sève d’encre.