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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » j'entends, les fourmis cro-ondent

Auteur Sujet: j'entends, les fourmis cro-ondent  (Lu 1039 fois)

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j'entends, les fourmis cro-ondent
« le: 07 Août 2023 à 17:28:25 »
comme synthétisé en fin : prout



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j'entends, les fourmis cro-ondent
#miam manger #pseudosophie #sens & sens #hallucination conceptuelle ?


dans ma tête, y'a des sentiments et des sensations ; et j'suis assez défaillant sur des points qui peuvent s'éclaircir avec parallélisme entre ces deux distinctions de types de perception du réel...
décrire ce que je suis comportementalement, s'explique plus facilement dans un sens que dans l'autre depuis l'un et l'autre... le goût et l'odorat, j'ai quasiment pas, comme certains attributs psychiques ; et de fait ça me met sur une planète où le monde est différent

- c'était bon le repas ?
hormis le fait que la question n'est pas personnelle mais questionne un objet plutôt qu'un sujet (- l'as-tu trouvé bon ce repas ? est une toute autre question...) ; le sous-entendu que j'ai l'impression de déceler, à la longue de mes inexpériences et incompétences de cette obscure branche de l'inter-compréhension humaine qu'est l'évidence tacite, consiste à savoir si le goût gastronomique était appréciable (trop salé ou pas ? bien relevé le sucre le sel les aromates ou quoi) ; hormis ce qui se fait de 'bien fait' ou 'mal fait' d'un point de vue culinaire, que ce soit par méthode ou au contraire impro intuitive du cuisto, et comme j'ai pas tant la motivation de m'étendre sur mon handicap (surtout qu'il m'a fallu des années avant de juste m'apercevoir que c'en était un), il me faut, comme pour ma psychose et ses effets contre-intuitifs sur le plan social, répondre à la fois vrai et faux, et là je sens que je suis un alien...
beh ouais, c'pas parce que j'ai pas le goût qui sert de référence majoritaire (mais non globale j'en ai conscience) pour la plupart des avis en cuisine, que je n'ai pas mon critère de jugement sur ce que je bouffe, alors je peux répondre à la question, mais tjrs depuis l'autre planète, et comme c'est moi l'alien et que l'humain reste en dessous du I Kardashev, mon scaphandre de survie consiste à faire du parallèle entre les deux sphères, mais j'vois bien qu'on reste sur Terre quoi qu'il en soit
bon, une question fermée comme ça, je serais plus juste à dire juste 'oui' ou 'non', mais j'aime bien me dire que je peux apporter un petit complément d'enquête, même si c'est dénigrer la forme pure de la question en un déploiement que je trouve du coup pas respectueux des mots de qui est sensé questionner ce qu'il souhaite savoir, et alors au 'oui' poli plus ou moins attendu, je rajoute...
- super croustillantes ces frites
- hmmm le fondant de ce chocolat, et la douceur de cette crème anglaise
mais j'vois bien qu'on se comprend pas ; pas la même planète
psychiquement c'est pareil, y'a tout un monde axiologique auquel je n'ai pas accès ; notamment les sous-entendus justement... mais ce n'est pas le sujet
et les gens sont tellement sur leur planète qu'ils imaginent pas un horizon rouge-mars, une atmosphèr enul-lune, une autre temporalité à l'année-rotation héliocentrique, une composition du sol non-tellurique ou quoi... en tant qu'alien pas trop intersidéral non plus, je décèle ces géocentrismes (anthropo sonne trop anthropo par rapport à géo, ajouté-je en langue homme-vert) et ça me rend tristement ou pas incompris ; je vais pas donner d'exemple sur ces 'évidences' terriennes d'humains qui trouvent encore leur territoire trop plat pour ma vision de l'univers, j'en ai plein le cul de l'ignorance sidérale ; et pire, j'arrive pas tant à parler par la métaphore de la cuisine, pas aussi bien que ce que j'envisageais tout à l'heure plus clair mais que j'avais pas l'occas' d'y one-shotir pour parler aussi de l'esprit ; merde...
pis j'suis pas totalement aveugle des papilles, alors je peux qmm différencier des goûts ce qui peut accroitre les malentendus entre espèces, même si justement, comme le 1,5 dioptries avec astigmatie et défaillance des bâtonnets r v ou b, mes critères de jugement à la perception (esthétiques, donc) font que ce que je perçois sensoriellement diverge d'une certaine statistique que je retrouve ailleurs ; genre j'aime pas du tout le goût de l'alcool, à l'inverse de plein, par contre une bière forte ça me dérange bcp moins que pour ces statistiques qui recherchent donc un goût, un raffinement, qui moi me fait gerber quand je veux me torcher au rhum arrangé ou au vodkacoca ; donc on pourrait se dire que j'ai le goût, j'suis sur la même planète ; mais le quasi-aveugle j'pense que même avec sa correction +8,5, il va pas trouver le beau visuel pareil que le type qui n'a pas le choix que de ne pas porter de lunettes...
- qu'ai-je aimé dans ce kinder bueno ? bin surtout la savante chimie du reviens-y qu'on y critique tous mais que les terriens ne sauraient vraiment, je crois, déceler par leurs papilles si confiantes de savoir ce qui est bon ou mauvais, même en toute relativité de chacun...
je me file une excuse pour ne pas avoir confiance en la donnée perceptive d'un bon repas, parce que je me dis que les terriens sont étranges à chercher un raffinement qui a l'air de valoir que du flan qui portant possède toute sa légitimité entre entendus de la bonne cuisine
je grille ma viande pour le croustillant et je flippe de l'assistance à la digestion des plats en sauce horaires à la déperdition cuite des naturalismes de toute matière comestible, juste parce que j'ai aucun intérêt de goût à tel poésie gustative d'un coq-au-vin, à quoi donc, s'ajoute ui le fait que je me dis qu'à force de tout modifier par sophistication, on sait plus rien bouffer qui soit à l'état naturel ; si j'oppose ce naturel à son opposé 'humain', je me dis ouais, c'est cool, mais faut pas s'alarmer de ceux qui voient la suite logique comme la bouffe dans matrix (cf passages avec le mulot et celui avec cypher dans le premier opus)...
tout ça pour parler de ma tête, parce que le psy est un autre secteur axiologique que le phy... et je sais que j'ai toujours pas formulé ce que je voulais quand je l'envisageais tout-à-l'heure et qui m'enferme dans l'instant, hello alienland ; mais j'étais loin de l'ordi éteint, en pleine tentative de sieste, et même si j'ai bien vu que j'allais perdre l'idée et jamais la retrouver, bin mon petit effort là est d'essayer tout-de-même, histoire de voir si l'entrainement mental portera ses fruits l'un plus tard de mon actuelle incompétence, que je me dois de travailler, par la présente forme d'expression ; les idées perdues j'appelais ça un moment, je les acceptais, mais c'est ptetr trop me rendre aveugle que de les accepter comme telles... alors je mets des lunettes sur mon agueusie psychique, et je vais voir si ça porte ses fruits l'un plus tard

prout


dq
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Hors ligne Safrande

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Re : j'entends, les fourmis cro-ondent
« Réponse #1 le: 16 Août 2023 à 23:17:32 »
Salut Dot, toujours un vrai sens du titre...

Je sens dans ton texte une tentative de nous décrire ton décalage en usant non pas de ta langue mais de la notre : comme si tu tentais de montrer ton décalage non plus par le biais d'un style dense/touffu/indéchiffrable qui te traduirait en quelque sorte, mais en essayant de mettre "nos" mots sur tes états, de traduire en quelque sorte ton langage au lieu de le laisser nous évoquer tes états par sa forme "d'un autre monde".

Il y a souvent "pas la même planète", "j'suis un alien", etc., et j'y sens surement à tort un certain plaisir à le répéter, une délectation à nous bien faire comprendre en quoi tu n'es pas comme nous les "humains", comme "tout le monde", et que si ça te fais souvent souffrir, tu l'érige (par l'obstination à le répéter, à nous le dire sans beaucoup approfondir en quoi tu es différent - là où tu le fais bien sur d'autres textes) comme une fierté - ou peut-être est-ce de la misanthropie - ; un certain plaisir, affecté ou non, à montrer comme une simple question est pour toi non pas une simple question comme elle l'est pour les autres, mais un problème que, j'ai l'impression, tu t'évertues, par philosophie, par sur-intellectualisation, par hypersensibilité, par surinterprétation des intentions d'autrui, à rendre insoluble et angoissante de sorte que cette question, inoffensive et futile, de convenance au départ, t'exclue du monde par la force de ta seule rumination, et par un mécanisme (en tout cas présenté comme ça dans ce texte) dont tu sembles te délecter, dont tu es presque content, d'autant qu'encore une fois (présenté comme ça) tu as l'air d'en être l'auteur conscient, et non celui qui le subit - peut-être à cause du ton.

Y'a aussi une espèce d'agacement contre ceux qui "sont tellement sur leur planète qu'ils imaginent pas un horizon rouge-mars", et une espèce de mépris pour ces "ignorants" dont le territoire est "plat", et la critique que tu leur fais peut t'être retournée me semble-t-il. Dans ce passage y'a comme une montée de colère, comme si ton écriture suivait non pas la nécessité de ce que tu avais à dire, mais tes emportements fortuit dont l'intensité, j'ai l'impression, détermine la longueur et le débouché de la suite. J'ai l'impression que ça te dévit du but que tu cherchais au départ, de l'approfondissement d'une impression qui était ton point de départ - comme si ton ressentiment vers les autres (à cause du décalage avec eux, à cause de leur indifférence envers ta personne, à cause de leur incompréhension qui te rend seul) surgissait dans ton introspection et déviais son objet.
J'essaye souvent de lire tes textes et je me retrouve souvent face à la même problématique : ce qui fait que ton écriture peut être géniale est la même chose qui me fais décrocher à chaque fois : l'espèce de déversement sans filtre, sans retenue, sans règle, d'une parfaite liberté, d'un parfait naturel qui te traduit, qui te caractérise, mais aussi dur à ingurgiter, dur à lire, comme il serait dur d'aborder, de lire tous les menus détails de toutes les étoiles d'un autre système solaire parfaitement fonctionnel et qui abriterait la vie. J'apprécie et je reproche à la fois ce manque de concision, de structuration, qui souvent approfondit génialement une idée, fait surgir une fulgurance, mais trop souvent noie, perd, décourage ; ce manque de relecture (dont découle le manque de concision), qui préserve toute la faune et la flore sauvage de ta prose, les garde intactes et brutes dans leur milieu naturel, mais n'est pas toujours accueillant, nous oblige à une lecture active plus que de raison à cause des approximations inévitables - et parfois on se fait bouffer par une bête sauvage qui se cachait dans des herbes hautes qu'il aurait mieux fallu élaguer... Et plus globalement la longueur d'une telle prose (pas pour ce texte évidemment), ta prolixité (de laquelle découle le manque de relecture d'une chose qui a l'air à chaque fois urgemment écrit), qui permet de s'immerger le corps entier dans ton monde, de bien en mesurer l'atmosphère, qui témoigne d'une certaine générosité de ta part, et peut être en même temps d'un manque de considération pour le lecteur, témoigne d'une littérature moins destinée à être comprise qu'à être déversée le plus possible, que tu laisses comme océan sans îles pour qui voudra bien y plonger, et que tu produit (j'ai l'impression) assez distraitement, sans beaucoup de discipline, et sans but apparent sinon celui d'écrire, peut-être de te soulager - mais quel soulagement ! -, et d'une façon comme si tu nous tapais la discute, et non comme si tu voulais produire quelque chose, façonner un objet, construire une maison – et j'ignore si c'est mieux ou moins bien, c'est juste l'impression que j'ai. C'est quand même souvent absurdement long et emmêlé - ce pourrait être plus accessible si ce n'était que l'un ou l'autre : emmêlé mais court, long mais démêlé... Même si je pense qu'il y a une grande part de Je veux être compris, et par rapport aux premiers textes de toi que j'ai commenté il y a une nette amélioration.
J'ai l'impression que ton style se métamorphose constamment, parfois il est très sensoriel, surréaliste, parfois drôle, parfois utra philo, d'une froide réflexion en termes denses, techniques et assez impressionnants et fascinants à la longue, parfois jouant seulement avec les mots (c'est tes textes en prose rimée, d'ailleurs ceux que j'aime le moins car jouant et se perdant infiniment avec les mots, sans créer de sens apparent).
Toutes ces considérations de ma part sont paradoxales, mon appréciation/dépréciation de ton écriture fait qu'à chaque fois que je vois un nouveau texte je saute dessus (même si je n'arrive pas à tous les attraper : certain passent sous le radar), je m'émerveille de leur quotidienne inventivité, de ce qu'ils ont d'unique, mais à chaque fois je suis trop vite bourré (je tiens mal l'alcool), je vais me coucher, pour retenter le lendemain, en buvant un peu mieux, en sentant mieux le goût, mais plus vite que la veille ça devient indigeste.

Globalement j'aime souvent tes images, tes observations minutieuses et rigolotes, mais le discours qui s'éloigne de tes sens, le côté un peu plus philo m’ennuie - on sent souvent une vraie connaissance des sujets mais... je sais pas, qui n'arrives pas toujours, j'ai l'impression, à devenir intéressant littérairement, comme si tu n'arrivais pas à le fondre dans ta littérature, et qu'à chaque fois que tu parles philo tu quittes l'habit du littérateur pour celui du philo, et inversement quand ta philo s'estompe, comme si tu disais au moment de te rhabiller en liteux : Voilà une bonne philo de faite ; faudrait les deux habits l'un sur l'autre, ou la moitié d'un cousu sur la moitié de l'autre, ou un parfait équilibre de la fusion des deux comme dans dragon ball z ; enfin j'dis Faudrait mais selon ce que tes manières me provoquent, et l'espèce d'aride coupure au sein d'un même texte que me provoque cet accointance avec la philo, comme si en plein milieu de tes sensations en mots tout personnels il y avait une récitation de tes pages lues, de tes cours apprit.

J'aime bien le dernier paragraphe qui vient dans le présent, comme pour sortir la tête de toutes tes pensées d'avant, et définir tes intentions initiales que tu avoue avoir perdues en route, ça me fait penser aux rêveries de Pessoa qui finissent toujours par une description de la météo, ou de la clope qu'il fume au bord de la fenêtre, ou de l'état qui précédait sa rêverie et qui en est la cause.

Sur ce, je crois que c'est tout de mes impressions ce soir, j'ai dû dire beaucoup de conneries comme toujours ; je sais plus si je te l'ai dit un jour mais : ta façon d'écrire est contagieuse et libératrice, je crois que ça veut dire quelque chose ; c'est quand même chouette d'avoir un Dot Quote sur le mde  ;)

« Modifié: 17 Août 2023 à 17:19:08 par Safrande »
Il regardait le verre non à sa portée d'une façon de reproche.

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Re : j'entends, les fourmis cro-ondent
« Réponse #2 le: 17 Août 2023 à 18:18:28 »
waw, je crois qu'il serait juste pour moi, d'appliquer ce que tant m'ont soufflé dans une oreille qui paraissait sourde (et ce au risque de les re-agacer) : je ne vais pas surenchérir, ni vouloir avoir le dernier mot, malgré que ce process en moi soit souvent de l'ordre de la simple politesse bienveillante à poursuivre l'échange ; juste donc : merci pour tout ce que j'ai à digérer de ton point de vue, douloureux parfois, honorifique d'autres fois, mais qui non plus ne sombre pas dans l'oeil d'un aveugle

au plaisir, Safrande, et encore merci pour ces mots
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