Bonjour, toujours dans le cadre du spectacle de lecture, voici le texte qui fait suite à Pétronille et Barnabé.
Je précise que le babouin est camé à la fleur de pissenlits.
Je précise également, que les babouches rouges sont une création de l’artiste qui a peint le tableau, les pissenlits, c'est de moi.
Est-ce-que tout est clair dans le récit ?
Bonne lecture.
Pétronille et Barnabé à la recherche du pissenlit perdu
Les babouches rouges
Pétronille et Barnabé avaient décidé de partir à la recherche d'un gisement de pissenlit. Le chemin risquait d'être long et fatiguant, car la chaleur étouffante, conjuguée au vent brûlant venant de l'ouest, oppressaient les organismes. Pétronille et Barnabé avançaient lentement dans la brousse, en suivant à distance un groupe d'éléphants, qui devraient les conduire à un point d'eau. Les éléphants ont un odorat extraordinaire pour trouver de l'eau. Pétronille repensait à la dispute et se disait que, finalement, une fleur de pissenlit ne valait pas qu'ils se fassent la gueule, tandis que Barnabé, ruminait son échec face à cette fleur de pissenlit. Il se disait qu'il été bien peu de chose face à une simple fleur et décida qu'il serait désormais fort et imperturbable, si d'aventure cela devait se reproduire.
Après deux jours de marche, ils arrivèrent enfin à un point d'eau. Un peu boueux, certes, mais avec suffisamment d'onde liquide pour pouvoir s'y abreuver et reprendre des forces. Une fois rassasiés, nos deux rhinos s'étaient mis à l'abri du soleil, sous un magnifique épicéa, pour se reposer. Lorsqu'un babouin s'était approché d'eux avec nonchalance et les avait apostrophés.
– Salut la compagniiie, moi, c'est Babou le babouinnn.
– Moi, c'est Pétronille et lui, c'est Barnabé. Enchantés.
– Ouahhh, tu es magnifique Pétrooo.
– C'est moi, qui l'appelle Pétro, mec !
– Okééé, cool mec, pas d'problèèème. Qu'est-ce-que vous faites dans le coinnn ?
– Nous sommes à la recherche d'un endroit où poussent des pissenlits, dit Pétronille.
– Ouaiii, les pissenlits c'est super coool, j'en prends en infusion, ça me relax un maaax.
– Peut-être même un peu trop, dit tout bas Barnabé.
– Aurais-tu la gentillesse de nous dire d'où ils viennent, demanda Pétronille.
– Ben ouaiii, la gentillesse, c'est mon deuxième prénooom. Attention les amiiis, c'est du pure jaja pissenlicus rubatus, extraordinaruuus et je sais plus quoi, mais ils viennent de l'autre bout de la terre.
Puis il s'était écroulé au sol, et après quelques instant, avait continué.
– Maiiis, il se trouve que j'ai un de mes nooombreux cousins, qui m'a parlé d'un endroiiit où il y en a tellemennnt, qu'il faut plisser les yeux si on ne veut pas être ébloui par leurs fleurs éclataaantes.
– Et où est-il, demanda expressément Barnabé.
– Il se trouve à l'ouest d'éden, dans la région du porc-épic roux, mais vous allez rire, il y a un gros problème, les amiiis.
– Et c'est quoi, ce problème, demanda, inquiète, Pétronille.
– C'est vachement loinnn.
Nos deux rhinos baissèrent la tête, complètement dépités.
– Maiiis j'ai une solution à vous proposeeer !
Ils relevèrent la tête, les yeux pleins d’étoiles.
– Il se trouve que j'ai quatre paires de babouches de sept lieus en réserve, dit Babou avec un très large sourire.
Pétronille et Barnabé le regardèrent avec un air circonspect et soupçonneux, la tête légèrement penchée sur le côté.
– Bougez paaas, dès que j'aurais réussi à me relever, je reviens immédiatement, dit le babouin, un doigt en l'air.
Après être monté difficilement dans l'épicéa, avoir fouillé dans les branches, discuté astronomie avec une feuille, ronchonné sur la déchéance des escargots roses, chantonné faux, bougonné pour rien et j'en passe, il réussit l'exploit de redescendre sans tomber de l'arbre et leur proposa de belles babouches rouges flambant neuve.
– Elles sont beaucoup trop petites pour nos pattes, dit Pétronille.
– T'inquiète pas ma belle, elles sont magiiiques, elles s'adapteront toutes seuuule.
– Et comment ça marche, demanda Barnabé.
– Faciiil, Il suffit de faire des bonds, c'est enfantin et super coool.
Après d'âpres négociations et palabres, entrecoupées par plusieurs discutions entre Babou et l'une des cornes de Pétronille, ils repartirent enfin, babouches aux pattes, en faisant des bonds vers la terre promise.