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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [Défi pas lancé à moi] La Voix du Désert

Auteur Sujet: [Défi pas lancé à moi] La Voix du Désert  (Lu 2672 fois)

Hors ligne Ambrena

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[Défi pas lancé à moi] La Voix du Désert
« le: 15 juin 2011 à 15:14:28 »
Thème de l'atelier d'écriture d'Eric Poindron : désert.
Défi de Jezy à Cocoa : écrire un texte de S-F, avec au moins une fois les mots "albatros", "gelée", "puzzle" et "sable".
Tu devras t'inspirer de la chanson de Craig Armstrong  Weather Storm pour au moins le début du récit.
Contrainte du défi de Kumfu sur LiveJournal : écrire sur une musique.

Résultat de toutes ces contraintes : un jogging. xDD
Y a pas à dire, je sais me vendre.


La Voix du Désert

Sans jeter un regard au désert en contrebas, Ophiuchus se prit la tête dans les mains, désemparé. L’avion solaire planait toujours au-dessus de la planète désolée, dans sa recherche désespérée d’un peu d’eau. Jusqu’ici, ces survols s’étaient avérés vains. Toutefois, les scanners s’étaient montrés si imprécis qu’il demeurait toutefois un infime espoir.

L’albatros de métal se posa enfin. L’homme-lézard sortit de l’appareil, le visage protégé par le long voile qui lui couvrait la bouche et le front, ne laissant apparaître que ses yeux dorés, à la pupille fendue. Certes, son organisme disposait d’un système d’autorégulation de la chaleur, mais de tels vêtements procuraient également une aide certaine à ceux de son espèce.

En observant le camp scientifique, qu’il hésitait à rejoindre par peur des moqueries de ses confrères, tous des humains, Ophiuchus se perdit dans ses pensées.

Lorsqu’ils avaient débarqué sur cette planète, quatre siècles auparavant, les hommes les avaient massacrés. La planète n’était que peu fertile ; pourtant, ses sous-sols regorgeaient de minerais précieux – du moins, de leur point de vue. Ils ne voulaient pas partager cette richesse, bien que les natifs n’en aient cure.

Ensuite, la situation s’était améliorée – elle ne pouvait plus empirer, de toute manière. Après avoir été parqués dans des réserves, les autochtones avaient fini par être acceptés dans les écoles, puis dans les universités du colonisateur. Bien que leur traitement laissât encore à désirer, ils pouvaient apprendre, eux aussi.

Cela n’avait pas été facile, mais Ophiuchus avait ainsi gravi les échelons sociaux, jusqu’à devenir radiesthésiste professionnel. C’était l’un des seuls novosaures à être parvenus à un tel rang social. Même si les talents naturels de sa race le prédisposaient à ressentir la présence de l’eau, y compris sans scanners, la société n’était pas encore prête à leur donner un tel rang.

A l’école, il avait étudié l’histoire de la Terre. Ce n’était pas la première fois que de tels paradoxes se produisaient. S’il avait bien compris, peu d’Amérindiens étaient devenus biologistes, malgré les grandes connaissances de ce peuple envers leur environnement.

En arrivant sur Sabulum (selon son nom terrien, car ses habitants l’appelait autrement, bien que ce ne fût pas prononçable par les nouveaux venus), les étrangers avaient donné aux indigènes le simple nom de « novi lacertae », « nouveaux lézards », un terme qui s’était transformé en « novosaures » dans la langue courante.

Puis, après d’âpres discussions entre savants pour déterminer si ces créatures s’avéraient intelligentes ou non, ils y avaient ajouté le participe présent « sapiens », comme dans leur propre dénomination.

Quelques grains de sable tirèrent le radiesthésiste de sa réflexion, en ricochant contre la paupière transparente qui lui recouvrait les yeux. Certes, le temps où l’on s’interrogeait encore sur leur sapience était révolu, mais l’acceptation n’était pas encore totale pour autant. C’était pour cela qu’il préférait endurer le simoun, dehors, plutôt que de se réfugier sous la tente auprès de collègues qui le haïssaient sourdement.

Ceci dit, la faim le tenaillait. En s’arrangeant pour contourner le groupe, Ophiuchus atteignit l’intendance, où il trouva des provisions de voyage dont il se nourrit subrepticement. Il regrettait la gelée nourrissante de sa tribu natale, au bien meilleur goût, mais lorsqu’on se trouvait au beau milieu du désert, éloigné de tout point d’eau, un tel aliment gaspillerait le précieux liquide.

Il songea avec nostalgie à l’oasis où vivait sa famille. Lorsqu’on y pensait, elle s’apparentait nettement à une réserve. On ne pouvait y pénétrer sans autorisation, et seuls des novosaures y vivaient. Pourtant, il gardait des souvenirs d’enfance assez heureux, dans l’ensemble.

Ceux de son peuple étaient intrinsèquement liés au milieu désertique. C’était heureux que les humains n’aient pas éprouvé le besoin de terraformer Sabulum – c’était trop cher. L’écosystème tout entier de la planète en aurait été bouleversé. Ceci dit, la recherche de minerai polluait déjà beaucoup l’environnement.

« Alors, l’affreux, on lézarde ? » l’apostropha un collègue en entrant à l’improviste dans l’intendance, sans doute dans le but de le surprendre. Cette intrusion ne le fit pourtant pas sursauter, car il avait déjà détecté son odeur.

Il ne répondit rien. Le jeu de mots de mauvais goût n’avait rien d’inédit. Depuis l’académie des radiesthésistes, et même avant, il avait été habitué aux railleries des autres. Bien que ce ne fût pas agréable, et qu’il les évitât le plus possible, il avait perdu l’envie de se battre si on l’insultait. Cette attitude encourageait seulement ceux qui prétendaient qu’ils n’étaient que des sauvages.

« Vous avez trouvé de l’eau ? », s’enquit-il poliment auprès d’Hercule, son agresseur. Ce dernier perdit son sourire goguenard en formulant sa réponse.

« Non, avoua-t-il. Et toi ?
-Pareil », renchérit-il.

La mission des radiesthésistes consistait à sillonner la région aride en quête d’eau, si possible potable. Cette mission s’avérait capitale, car la population de la planète ne cessait de s’accroître, bien qu’il n’existât encore qu’une seule grande ville. Humains comme novosaures avaient besoin de cette ressource – bien que son espèce pût s’en passer plus longtemps.

Hercule afficha un air désolé. Leur camp ne disposait de réserves que pour quelques jours. Et que dire de la cité, dont les puits s’asséchaient les uns après les autres ? Ils ne tiendraient pas longtemps.

Pour l’homme-lézard, c’était parfois difficile de ne pas faire entrer en ligne de compte ses sentiments personnels à ce sujet. L’endroit en question était surtout peuplé de mineurs, des personnes qui n’éprouvaient pas la douleur de la planète lorsqu’ils creusaient.

Son peuple, au contraire, en était capable. Cela ne le rendait pas supérieur pour autant ; simplement, personne de sa race ne travaillait dans les mines. De plus, tous les individus ne disposaient pas du même degré de sensibilité, et elle se concentrait sur des éléments différents selon les personnes. Lui, par exemple, pouvait mieux détecter l’eau que la plupart de ses semblables. En revanche, la souffrance du désert ne lui avait jamais été tangible.

Il considéra que la conversation était achevée et prit donc congé. Dehors, les hommes qui s’étaient rassemblés venaient d’allumer un feu, car le jour était en train de tomber. À ce moment-là, la température du milieu désertique chutait considérablement.

Là encore, son espèce au sang froid s’avérait favorisée, puisqu’elle s’adaptait au climat. Simplement, Ophiuchus n’aurait pas beaucoup envie de bouger tant que le soleil ne serait pas revenu – ce qui était compatible avec le désir des humains, qui s’endormiraient bientôt. Habitués à sa présence, ils ne se moqueraient pas lorsqu’il creuserait son trou dans le sable. Peut-être pas.

En attendant, il resta debout dans le vent chargé de particules à la couleur ocre – la même que celle de sa peau. Ses pieds, qui se terminaient par des griffes recourbées, s’enfoncèrent dans le sol sablonneux, de même que sa queue. Même les yeux fermés, il percevait la lueur du campement.

La torpeur propre à la nuit le gagnait lentement. De manière diffuse, il sentait pourtant autre chose, une émotion qu’il n’avait jamais connue auparavant. Comme si quelque chose l’attendait, caché dans les profondeurs des dunes, à l’instar d’un trésor secret.

Attiré par cette intuition, le novosaure quitta les tentes afin d’errer en direction de ce ressac mental. Ses compagnons l’appelèrent. Il n’entendit pas. Tous ses sens s’étaient concentrés sur cette invitation étrange, celle de l’eau ou plutôt d’autre chose, de plus important. Mais comment pouvait-il exister un élément plus capital que l’eau ? C’était inconcevable.

Il continua tout de même sa marche. C’était la première fois que « la terre lui parlait » vraiment, comme le disaient les siens. Il avait entendu parler de ces êtres élus, en communication directe avec la planète. Son grand-père en avait fait partie, et ses histoires restaient gravées dans sa mémoire.

Lui, le seul langage qu’il savait déchiffrer, c’était celui de la radiesthésie. Une langue plus commune, moins mystérieuse et davantage rationnelle, même si elle prenait parfois ses racines dans une sorte de force instinctive. Ses collègues riaient lorsqu’il tentait de le leur expliquer.

Personne ne tenta de le rattraper. Il n’était pas très aimé au sein de son équipe. De toute façon, on considérait que sa race était si bien adaptée à son milieu que nul ne s’inquiéta à l’idée de le voir partir ainsi, sans carte numérique ni provisions, juste avec une outre pas même pleine.

Comme dans un état second, il marcha des heures entières à la lumière des trois lunes et des étoiles, sans même s’arrêter lorsqu’il buvait. Il semblait oublier que son organisme réclamait le sommeil, qu’il risquait probablement de s’écrouler en plein milieu de nulle part. Toutefois, cela n’arriva pas.

Finalement, il trouva enfin.

Une grotte s’étendait devant lui. Il ignorait comment, mais il savait qu’il s’agissait de son objectif. Sans aucune hésitation, il y entra, en dépit de l’obscurité absolue que sa vision, exclusivement diurne, ne pouvait percer. Son ouïe n’était pas très développée, mais il entendait toutefois un son régulier, qui se répercutait sur les parois de pierre. Un clapotis caractéristique… De l’eau ! Il en avait finalement découvert !
Malgré tout, mêlée à la joie, il lui restait une profonde impression d’anormalité. Il ouvrit la bouche, encore et encore, afin de confirmer l’odeur qui émanait de cet endroit. Oui, c’était bien cela. Ce n’était pas du tout la manière dont sentait l’eau, d’habitude.

Il progressait à tâtons dans l’excavation, soucieux d’éclaircir ce mystère, lorsqu’il parvint soudain à un grand lac souterrain. Emplie d’un liquide bleu, légèrement phosphorescent, cette nappe ne paraissait pas constituée d’eau, mais d’autre chose. C’était de là que l’appel étrange provenait. Des reflets lumineux se réverbéraient sur les murs de granit, dans une danse hypnotique. Après l’obscurité totale, c’était rassurant d’enfin percevoir une lueur, aussi faible fût-elle. C’était impossible de discerner le fond du bassin, tant ce qui le remplissait était coloré.

Jusqu’ici, Ophiuchus s’était montré confiant. Néanmoins, il hésita à boire cet étrange liquide. D’une part, la soif le tenaillait, car son outre était vide depuis longtemps. D’un autre côté, que faire si c’était empoisonné ?

Dans le doute, il décida de ramener un peu du fluide azuré, et d’attendre les analyses de l’un des appareils dont ils disposaient au camp. Il quitta cet espace magique, le cœur empli de révérence envers la beauté du lieu, convaincu d’être entré dans un espace de légende.

Il ne comprit jamais comment il réussit à revenir au campement sans se perdre. Peut-être que la voix intérieure qui l’avait menée jusqu’au lac le guidait encore, subtilement… C’était là un mystère de plus.

Lorsqu’il revint, les autres dormaient depuis longtemps. Sans un bruit, il se glissa dans la tente qui hébergeait le matériel scientifique. Ensuite, il emboîta une éprouvette du liquide recueilli dans l’appareil capable de déterminer si l’eau était potable ou non. En apparence, c’était le cas – même si le reste des résultats ne ressemblait à rien de connu.

Curieux, il prit alors un verre propre et y versa l’échantillon. Puis, après un bref temps d’hésitation, il en avala le contenu. Le goût lui parut minéral, d’une fraîcheur surprenante. C’était comme s’il avait bu l’essence même de la grotte.

La fatigue de cette journée et surtout de cette soirée atypique le submergea d’un seul coup. Il sortit afin de se creuser un trou dans le sable. C’était ainsi que procédaient les novosaures, qui ne se différenciaient pas des simples lézards de ce point de vue.

Une fois couché dans ce lit de fortune, il se rendit compte que le contact des grains contre sa peau n’avait rien de commun avec ce dont il était habitué. Cette fois, ils lui semblaient raconter une histoire, celle d’un temps où l’eau coulait à flots sur Sabulum.

Il clôt les paupières. Le chant du désert s’entendait mieux ainsi.

Auparavant, la planète était fertile. Au lieu d’être brun-jaune, sa surface arborait des tons verts et bleus. Cela, Ophiuchus le savait déjà. Il l’avait appris à l’école, des années auparavant.

Mais ce qu’il ignorait, c’était que la terre sur laquelle il vivait se souvenait de cette époque, et la regrettait. Le sable où il était couché relatait des récits d’érosion et de vent, de montagnes disparues avec le temps.

Ensuite, une série d’éruptions volcaniques avait frappé Sabulum et le climat avait changé, au bénéfice de sa propre espèce. Jusqu’ici, les mammifères menaient la danse. Après la catastrophe (il pouvait entendre le cri de l’astre résonner dans sa tête), ce fut au tour des lézards de dominer.

En somme, l’inverse de ce qui avait eu lieu sur Terre.

Toute la nuit, le sable murmura ses histoires au jeune novosaure. Il en ressentait le moindre chagrin, y compris ceux qui étaient causés par les mines, plaie béante. Jamais il n’aurait pensé que les ravages étaient si profonds. Il s’en voulait de n’avoir jamais lutté contre un phénomène si destructeur.

Le lendemain matin, il se réveilla lié au désert, plus que jamais. Il se précipita vers les autres chercheurs qui mangeaient paisiblement leur petit-déjeuner et leur parla de sa découverte.

Sans surprise, ils lui rirent au nez.

« Une eau qui permet de comprendre le vent ? le railla Hercule. T’es sûr que t’as pas abusé de tes drogues de barbare ?
-Il dit peut-être vrai, l’interrompit Vela. Où se serait-il procuré de quoi se droguer ? Et puis, quel intérêt y aurait-il à nous mentir ? »

Comme la plupart des Sabulumiens, elle portait un nom de constellation terrienne. Même les autochtones comme lui avaient adopté cette coutume. Une superbe preuve d’aliénation, pensait-il désormais. Pourquoi ne pas s’attacher aux étoiles de sa propre région, plutôt ?

La femme qui avait été baptisée d’après les Voiles était une jeune radiesthésiste frêle, qui ne se joignait que rarement au groupe pour se moquer de lui. Elle ne lui avait pas adressé plus de deux mots depuis qu’il était entré dans l’équipe. Malgré tout, en croisant son regard franc, il sut instinctivement qu’il pouvait lui faire confiance.

« Que fais-tu de ton esprit scientifique ? l’apostropha-t-on.
-Justement, j’expérimente, rétorqua-t-elle.
-As-tu perdu la raison ? » s’emportèrent les autres.

Pourtant, sans les écouter, elle suivit le novosaure reconnaissant. Il lui montra le prélèvement, qu’il avait transféré de son outre à un récipient transparent. Le fluide lançait des éclats irisés dans toute la tente.

« Dès que tu en as bu, le monde t’a paru différent, dis-tu ? », l’interrogea-t-elle. Il acquiesça, heureux d’être enfin écouté. Quant à Vela, elle réfléchissait à voix haute.

« Je ne dispose pas des connaissances nécessaires pour en être sûre, mais il s’agit probablement d’une sorte de stimulant naturel à ta réceptivité, continua-t-elle. Tu nous avais déjà expliqué que ta manière de sentir la proximité d’eau était liée à ton instinct, non ?
-En effet, confirma-t-il. Mais je n’ai jamais été aussi sensible qu’un chamane, par exemple. Je ne pouvais pas entendre la terre, lorsqu’elle me parlait. Jusqu’à aujourd’hui, rectifia-t-il en hâte.
-Et aucune légende ne parlerait d’une eau mystérieuse, capable de rendre les gens aussi doués que des espèces de sorciers ? Sans vouloir te blesser, se reprit-elle.
- Aucun problème, la rassura-t-il. Eh bien, non, il ne me semble pas… Je ne m’en souviens plus, c’est trop lointain. » Sa voix se brisa sur ces derniers mots.

Elle se posa le menton dans les mains, songeuse. Brusquement, elle prit une décision.

« Je vais en boire, moi aussi, déclara-t-elle. C’est potable, je ne risque donc rien. » Elle lui fit un clin d’œil. « A part, si ça marche, de changer de regard sur le monde. »

Trop vite pour qu’il pût l’arrêter, elle empoigna le verre qu’il avait utilisé la veille, le rinça brièvement et se servit. Comme lui la veille, elle marqua un temps d’arrêt avant d’avaler l’étrange liquide.

« Alors ? s’enquit Ophiuchus, inquiet.
-Rien », annonça-t-elle, un peu déçue.

Ils sortirent ensemble. A peine Vela avait-elle esquissé quelques pas dehors qu’elle poussa une exclamation de surprise. Tous se dirigèrent vers elle. La jeune femme se tourna vers lui et plongea ses yeux bruns dans les siens. Ils étaient totalement écarquillés.

« Si vous voyiez ce que je vois, ne cessait-elle de répéter. Mais toi, tu comprends, n’est-ce pas ? Toi aussi, tu sais ! »

Elle lui serrait convulsivement les mains, au risque de se blesser sur ses griffes acérées. Il tenta de se dégager, mais elle les lui reprit. Apparemment, chez les humains, la sensation de connexion se révélait de manière encore plus brutale. Peut-être parce qu’ils n’étaient absolument pas préparés à ressentir de telles émotions.

« C’était donc bien de la drogue, conclut Hercule, presque blasé.
-Pas du tout ! le démentit la jeune femme. Si je réagis comme ça, c’est parce que je suis sidérée par ce que je me mets à comprendre, mais ça n’a rien d’un état hallucinatoire.
-Si tu le dis… », répliqua-t-il en haussant les épaules.
-Qui veut tenter d’en boire ? » lança Ophiuchus à la cantonade.

Bien évidemment, après la réaction exagérément forte de la radiesthésiste, personne n’en avait envie. Cette dernière semblait profondément altérée par cette expérience mystique. Elle le prit soudain par le bras, bouleversée.

« Comment peuvent-ils infliger cela à la planète ? »

Il comprenait ce dont elle parlait. Le travail des mineurs venait de reprendre, et liés au désert comme ils l’étaient, c’en devenait extrêmement douloureux. Etait-il possible qu’il ne s’en soit jamais douté auparavant ?

Peu à peu, il reconstituait les pièces du puzzle. Il fallait avoir bu à la source pour être capable d’écouter le désert comme si c’était un ami. Les hypothèses de Vela étaient donc partiellement justes : quelque chose dans ce liquide stimulait les sens. Mais pourquoi cela fonctionnait-il également sur les humains, qui ne disposaient pourtant pas d’une sensibilité particulière envers le désert ?

« Le cerveau reptilien, lui rappela-t-elle lorsqu’il lui fit part de ses réflexions. Nous ne nous en servons presque plus, mais nous en avons tout de même un… »

A cette réponse, le regard du novosaure s’illumina. Une idée, retorse bien que née du souci qu’il portait à Sabulum, était en train de germer dans son esprit. Il en fit immédiatement part à sa collègue.

« Et si nous leur faisions tous boire de cette eau ?
-Tous ? répéta sa compagne sans comprendre.
-Les mineurs, les industriels qui sont sur place, ceux qui provoquent tant de souffrance sans s’en rendre compte… Nous leur ouvririons finalement les yeux ! »

L’idée était séduisante, bien que totalement immorale. Que deviendrait l’économie terrienne, si la planète toute entière cessait d’envoyer du minerai ? Il s’agissait de la dernière source d’énergie dont la Terre disposait maintenant, après l’épuisement complet de ses ressources naturelles, plusieurs siècles auparavant.

« Bah, ils trouverons une autre colonie… », balaya-t-il avec désinvolture.

En temps normal, Vela aurait sans doute cherché plus longtemps ses arguments. Après tout, c’était une humaine. Elle se devait de défendre les intérêts de sa race. Ce n’était pas naturel qu’elle soit du même avis que lui. Même si elle était née ici, comme plusieurs générations de colons, son foyer restait là-bas.

Pourtant, tout se passait comme si la boisson absorbée la détachait totalement de ce type de préoccupations. Pour le moment, le plus important résidait en l’avenir de la planète, en ses cris de douleur. Il s’agissait peut-être d’un liquide hallucinatoire, finalement, s’il était capable de modifier à ce point le comportement de quelqu’un…

Trop captivés par l’élaboration de leur plan, ils ne s’attardèrent pas à cette question cruciale. Ils décidèrent de prendre l’avion solaire jusqu’à la ville, sans oublier le précieux liquide, et de mêler ce dernier à l’eau des rares puits de la cité des mineurs. Ils n’en parleraient à aucun de leurs collègues, évidemment. Ils auraient sans doute tenté de les arrêter – peut-être avec raison, bien qu’eux ne soient pas assez lucides pour y penser.

Ce plan audacieux fonctionna. Personne ne se méfia de membres d’une profession aussi respectable que la leur. Dans le pire des cas, on s’étonna qu’ils ne ramènent qu’une seule outre. En outre, jusqu’ici, ils avaient toujours alimenté la cité en eau potable. Pourquoi penser qu’on voudrait les empoisonner ?

En effet, Ophiuchus et Vela l’ignoraient, mais le fluide qu’ils avaient absorbé s’avérait mortel. Après une stimulation de douze heures des facultés, surtout de celles qui relevaient du cerveau reptilien, le liquide devenait dangereux pour les synapses, jusqu’à provoquer une mort subite. Précédée d’hallucinations auditives, parfois tactiles, celle-ci n’était en revanche pas douloureuse. Étrangement, on ne pouvait détecter ce danger potentiel lors des analyses, car la composition de l’eau changeait selon qu’elle se situe en dehors de l’organisme, ou à l’intérieur de ce dernier.

Voilà pourquoi nulle légende n’en parlait. Personne n’avait pu survivre à l’ingestion de ce qui permettait d’être mieux relié au désert – ou bien d’entendre des voix imaginaires. La grotte avait toujours préservé son secret. En quelque sorte, la planète les avait manipulés.

Les deux victimes n’eurent pas le temps de se rendre compte de ce qu’elles avaient commis. Heureux, les radiesthésistes constatèrent la réaction horrifiée des ouvriers qui s’étaient ravitaillés aux puits contaminés, ainsi que l’arrêt de leur travail. Ils soupirèrent de soulagement en leur compagnie, chantèrent joyeusement la beauté de la planète et s’endormirent dans le sable. Les humains avaient eux aussi adopté la coutume novosaurienne.

Ils moururent dans leur sommeil, bercés par la voix du désert qui leur racontait ses souvenirs de pluie.
"J’ai soudain la sensation limpide d’avoir gaspillé ma jeunesse… L’avoir vue s’échapper de mes mains comme l’anguille effrayée et m’appeler à présent sur le lierre du tombeau, où patiente depuis toujours le chant des enfants, les raisins volés…"

Roi Loth, Kaamelott, Livre V

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Re : [Défi pas lancé à moi] La Voix du Désert
« Réponse #1 le: 16 juin 2011 à 11:23:47 »
Comme promis, me voici !

Alors, désolée, j'ai pas trop accroché. Ne prends pas mal mes remarques :

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Ophiuchus
:D Ça ne s'invente pas xD

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Lorsqu’ils avaient débarqué sur cette planète, quatre siècles auparavant, les hommes les avaient massacrés
C'est qui le "ils" ? Les hommes ou les reptiles ?
J'ai un peu de mal à saisir : c'est la planète natale de l'une des deux espèces ?


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A l’école, il avait étudié l’histoire de la Terre. Ce n’était pas la première fois que de tels paradoxes se produisaient. S’il avait bien compris, peu d’Amérindiens étaient devenus biologistes, malgré les grandes connaissances de ce peuple envers leur environnement.
C'est peut-être juste un goût personnel, mais je trouve cette phrase en trop : on a déjà saisi le parallèle, là ça fait gros clin d'oeil style "ah ah, vous m'avez comprise, hein ?". ^^

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qui le haïssaient sourdement.
joli

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un tel aliment gaspillerait le précieux liquide.
J'ai pas compris pourquoi. ça se fabrique avec de l'eau ?

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C’était heureux que les humains n’aient pas éprouvé le besoin de terraformer Sabulum – c’était trop cher.
C'était x2

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La mission des radiesthésistes consistait à sillonner la région aride en quête d’eau, si possible potable.
Soit tu le dis avant, soit tu le dis pas, parce qu'arrivés à ce stade du récit, on a déjà bien compris ce point...

Citer
Humains comme novosaures avaient besoin de cette ressource – bien que son espèce pût s’en passer plus longtemps.
Peut-être t'arrêter un petit peu plus sur cette différence ? Là ça fait un peu "explication rapide parce que sinon y a un truc qui cloche" ^ ^

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De plus, tous les individus ne disposaient pas du même degré de sensibilité, et elle se concentrait sur des éléments différents selon les personnes.
Je trouve la phrase un peu laborieuse.

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Simplement, Ophiuchus n’aurait pas beaucoup envie de bouger tant que le soleil ne serait pas revenu – ce qui était compatible avec le désir des humains, qui s’endormiraient bientôt.
Un peu pareil, à mon goût. On dirait que tu veux dire trop de choses dans une même phrase et que tu coup ça rend ladite phrase... "fonctionnelle", comme dirait Seven of Nine ^^

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Même les yeux fermés, il percevait la lueur du campement.
Ben... tu viens pas de dire que ses paupières étaient transparentes ?

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il sentait pourtant autre chose, une émotion qu’il n’avait jamais connue auparavant. Comme si quelque chose
chose x2

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à l’instar d’un trésor secret.
Je chipote, mais j'ai vraiment eu l'impression que tu t'étais dit "zut, j'ai déjà mis "comme"... bon, on va mettre à l'instar pour pas faire répétition". Sauf que ça fait assez scolaire comme tournure, je trouve... Mais c'est un avis purement subjectif !

Citer
Ses compagnons l’appelèrent.
Qui ça ? Les humains qui l'accompagnent ? Je croyais qu'ils dormaient + c'est bizarre qu'il les appelle ses compagnons s'ils se détestent. Ou alors, ses semblables novosaures ? Mais c'est pas très clair, alors...

Citer
Ses collègues riaient lorsqu’il tentait de le leur expliquer.

Personne ne tenta de le rattraper.
Tenter x2

Citer
Comme dans un état second, il marcha des heures entières à la lumière des trois lunes et des étoiles, sans même s’arrêter lorsqu’il buvait. Il semblait oublier que son organisme réclamait le sommeil, qu’il risquait probablement de s’écrouler en plein milieu de nulle part. Toutefois, cela n’arriva pas.

Finalement, il trouva enfin.
Trop rapide ! On ne s'y sent pas !

Citer
Jusqu’ici, Ophiuchus s’était montré confiant. Néanmoins, il hésita à boire cet étrange liquide. D’une part, la soif le tenaillait, car son outre était vide depuis longtemps. D’un autre côté, que faire si c’était empoisonné ?
Pareil : ça arrive trop vite comme considérations. Tu ne nous as jamais dit qu'il avait soif ; au contraire, on avait l'impression qu'il pouvait se passer d'eau longtemps comme les Vulcains. Et là, en plus, tu nous présentes juste froidement son dilemne, au lieu de nous faire ressentir à quel point il est écartelé entre sa soif et sa crainte.

Citer
Peut-être que la voix intérieure qui l’avait menée jusqu’au lac
Mené.

Citer
C’était ainsi que procédaient les novosaures, qui ne se différenciaient pas des simples lézards de ce point de vue.
Je chipote, mais c'est bizarre qu'il se compare à un "simple lézar". Quand tu fais un truc, toi, humaine, tu ne te dis pas spontanément "en cela je ne suis pas différente des simples primates"... si ?

Citer
Une fois couché dans ce lit de fortune
Je chipote encore mais "de fortune" me fait bizarre ; ça implique que c'est fait à la va-vite, à la guerre comme à la guerre. Or, ça a l'air d'être la tradition habituelle pour dormir, chez les novosaures, non ? Rien de précaire par rapport à ses façons de dormir habituelles...

Citer
avec ce dont il était habitué
avec ce à quoi il était habitué

Citer
Le sable où il était couché relatait des récits d’érosion et de vent, de montagnes disparues avec le temps.
Joli :)

Citer
Sans surprise, ils lui rirent au nez.
Tu m'étonnes  :D Il est un peu cruchon, ton héros !

Citer
Même les autochtones comme lui avaient adopté cette coutume.
Remplace "lui" par Ophi-truc-muche, peut-être, parce que j'ai cru que ça se rapportait à Vela (et je me suis dit : ah, c'est pas une femme !).

Citer
Malgré tout, en croisant son regard franc, il sut instinctivement qu’il pouvait lui faire confiance.
C'est tout personnel, mais ce genre de procédé a le don de m'agacer. J'ai l'impression que c'est un raccourcis facile pour les auteur, afin de s'éviter de raconter la naissance d'un lien de confiance entre deux personnages ! :P

Citer
Trop vite pour qu’il pût l’arrêter, elle empoigna le verre qu’il avait utilisé la veille, le rinça brièvement et se servit.
Euh, 1) elle prend le verre, 2) elle le nettoie, 3) elle se sert à boire... Et tout ça est trop rapide pour qu'il puisse l'arrêter ?? Sauf si elle va à la vitesse de Superman, ou si les novosaures sont particulièrement lents, ça me semble pas très crédible ^^

Citer
« C’était donc bien de la drogue, conclut Hercule, presque blasé.
-Pas du tout ! le démentit la jeune femme. Si je réagis comme ça, c’est parce que je suis sidérée par ce que je me mets à comprendre, mais ça n’a rien d’un état hallucinatoire.
-Si tu le dis… », répliqua-t-il en haussant les épaules.
-Qui veut tenter d’en boire ? » lança Ophiuchus à la cantonade.
Excuse-moi mais je trouve ce dialogue pas du tout convaincant  :-[ Les répliques sont purement utilitaires pour matérialiser le camp de chacun. Elles ne reflètent pas vraiment des émotions/réactions des personnages. Notamment la dernière qui fait totalement décalé...
Je pense que tu devrais rallonger la scène, prendre le temps de camper mieux les personnages présents...

Citer
après la réaction exagérément forte de la radiesthésiste
Exagérément, ça donne l'impression qu'elle en a rajouté en jouant la comédie...

Citer
Cette dernière semblait profondément altérée par cette expérience mystique. Elle le prit soudain par le bras, bouleversée.
Je pense que tu devrais répéter els noms, au lieu de "cette dernières", "elle", "le". Sinon ça fait un peu maladroit.

Citer
L’idée était séduisante, bien que totalement immorale.
Pourquoi immorale ? ? ? Elle est surtout un peu trop simple pour être réalisable, je trouve ^^

Citer
si la planète toute entière
tout

Citer
Trop captivés par l’élaboration de leur plan, ils ne s’attardèrent pas à cette question cruciale. Ils décidèrent de prendre l’avion solaire jusqu’à la ville, sans oublier le précieux liquide, et de mêler ce dernier à l’eau des rares puits de la cité des mineurs. Ils n’en parleraient à aucun de leurs collègues, évidemment. Ils auraient sans doute tenté de les arrêter – peut-être avec raison, bien qu’eux ne soient pas assez lucides pour y penser.

Ce plan audacieux fonctionna. Personne ne se méfia de membres d’une profession aussi respectable que la leur. Dans le pire des cas, on s’étonna qu’ils ne ramènent qu’une seule outre. En outre, jusqu’ici, ils avaient toujours alimenté la cité en eau potable. Pourquoi penser qu’on voudrait les empoisonner ?
Ouh lala, beaucoup trop rapide ! On dirait que tu en as eu marre de rédiger, alors tu nous livres juste la fin de ton synopsis !

Citer
En effet, Ophiuchus et Vela l’ignoraient, mais le fluide qu’ils avaient absorbé s’avérait mortel. Après une stimulation de douze heures des facultés, surtout de celles qui relevaient du cerveau reptilien, le liquide devenait dangereux pour les synapses, jusqu’à provoquer une mort subite. Précédée d’hallucinations auditives, parfois tactiles, celle-ci n’était en revanche pas douloureuse. Étrangement, on ne pouvait détecter ce danger potentiel lors des analyses, car la composition de l’eau changeait selon qu’elle se situe en dehors de l’organisme, ou à l’intérieur de ce dernier.
Euh... comment dire ? On dirait que tu es complètement sortie du récit pour ce paragraphe ; on n'est plus du tout dans l'histoire, ça fait effet note de bas de page scientifique moyennement crédible, si je peux me permettre  :-[

Citer
Voilà pourquoi nulle légende n’en parlait. Personne n’avait pu survivre à l’ingestion de ce qui permettait d’être mieux relié au désert – ou bien d’entendre des voix imaginaires. La grotte avait toujours préservé son secret.
Pas très crédible : c'est pas parce que le buveur meurt que les gens qui l'entourent ne peuvent pas raconter l'épisode.

Citer
Les deux victimes n’eurent pas le temps de se rendre compte de ce qu’elles avaient commis. Heureux, les radiesthésistes constatèrent la réaction horrifiée des ouvriers qui s’étaient ravitaillés aux puits contaminés, ainsi que l’arrêt de leur travail. Ils soupirèrent de soulagement en leur compagnie, chantèrent joyeusement la beauté de la planète et s’endormirent dans le sable. Les humains avaient eux aussi adopté la coutume novosaurienne.
J'ai carrément pas compris ce paragraphe. Ah ! Si. Je viens de comprendre que "les radiesthésistes" c'est Vela et Ochi-truc-machin. J'avais cru que c'étaient leurs collègues radiesthésistes.
Mouais, mais ce paragraphe ne me convainc vraiment pas. Tout va trop vite. Tu racontes ça comme tu nous raconterais une blague, ou comme tu résumerais un récit en 4ème vitesse. Du coup, le côté tragique ne ressort absolument pas !



D'un point de vue plus global :
- Toute la fin est beaucoup, beaucoup trop expédiée. On dirait que t'en as eu marre d'écrire, alors tu nous fais la fin en accéléré, avec juste les explications nécessaires à la stricte compréhension de l'action. Le lecteur se sent floué !
- Globalement, dans le reste du texte, il y a quelques passages trop rapides. Peut-être pourrais-tu y rajouter quelques descriptions ? Ou, tout du moins, détailler davantage le caractère des personnages. Ton héros est très lisse, il n'a aucun caractère particulier. Vela semble avoir un rôle purement utilitaire, et les autres ne sont qu'une masse non identifiée de figurants... C'est dommage ! Je sais que tu sais camper de beaux personnages. Faut le faire ici aussi !
- L'idée est pas mal, mais j'ai pas trop accroché. Jusqu'à la découverte de l'eau, j'ai trouvé que ça faisait franchement trop transposition de la colonisation avec de gros sabots. En SF, le thème a été souvent traité - pas facile de le renouveler en l'espace d'une seule nouvelle. Mais là, ça fait trop, je trouve. Surtout que les caractéristiques du peuple colonisé font très amérindien ou na'vis, lol (la connexion avec la planète, tout ça... on est dans Pocahontas ! Lol) Tu as lu Le nom du monde est forêt, d'Ursula Le Guin ? C'est aussi une histoire de colonisation, et la connexion avec la nature est très présente, mais le thème est superbement renouvelé, dans ce roman. Peut-être qu'il te plairait ! (et tu pourras shipper des personnages, si ça te tente ; mdr)

Voilà. J'ai plutôt l'impression d'avoir lu un synopsis qu'une nouvelle ; alors tu vas nous la reprendre fissa fissa et nous en faire un vrai texte bien abouti ! Non mais ! ;)

Je suis contente de voir que tu te remets à écrire autre chose que des drabbles :) C'est bien, continue ! Tu es juste un peu rouillée, mais ça va revenir ! Et puis le titre est cool :)
Go go go, Ambrena !
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

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Re : [Défi pas lancé à moi] La Voix du Désert
« Réponse #2 le: 16 juin 2011 à 16:04:28 »
J'fais pas un commentaire super détaillé désolé.

J'ai assez aimé... le début, même si ça reste pas trop original. Tu insistes beaucoup trop sur le fait que Ophiuchus  n'est pas accepté par les humains : plutôt que de dire et répéter "il n'est pas accepté", mieux vaut le faire comprendre par une ou deux mises en scène.
Plusieurs formulations un peu lourdes (trop d'adverbes ou d'ajouts parfois). Par exemple :
Citer
Ensuite, la situation s’était améliorée – elle ne pouvait plus empirer, de toute manière.
le "elle ne pouvait plus empirer, de toute manière" n'est pas utile


Niveau scénario, à partir du moment où il trouve l'eau, je trouve que c'est encore plus caricatural que le début (j'ai sans doute trop lu, désolé  :-[). Si une planète regrette de ne plus être fertile, j'attends une certaine justification, même infime, ou bien un texte qui le prépare dès le début. Parce que c'est pas un truc "naturel" par rapport à ce qu'on connait, et là je trouve que ça fait... expédié.

Citer
Malgré tout, en croisant son regard franc, il sut instinctivement qu’il pouvait lui faire confiance.
très bof

Citer
« Et si nous leur faisions tous boire de cette eau ?
-Tous ? répéta sa compagne sans comprendre.
-Les mineurs, les industriels qui sont sur place, ceux qui provoquent tant de souffrance sans s’en rendre compte… Nous leur ouvririons finalement les yeux ! »
ça ne me parait pas si évident de faire avaler d'une eau précise à TOUS les habitants... Les habitants d'une ville, oui, mais pas d'une planète, à moins d'un circuit très fermé (ce qui ne semble pas être le cas ici). Et si il n'y a qu'une seule ville sur la planète, ça veut dire que les humains n'ont pas modifié grand chose.

Pour le coup du "finalement le liquide est mortel", c'est bien trop gros et expedié. C'est le plus gros point négatif du texte, dommage.


Mon commentaire semble assez dur... Pour la fin, j'assume : je trouve vraiment que la découverte des effets du liquide est mal amenée, et que le "finalement c'est un poison" fait trop "il me fallait une fin".
Pour le début du texte, je suis assez dure car y'a pas si longtemps j'ai terminé Le chaos en marche de Patrick Ness, où il y a entre autres des humains qui colonisent une planète où vivent déjà des êtres intelligents. En résumant beaucoup, ils vont se faire la guerre, et les humains vont réduire les indigènes en esclavage. Au final on apprendra que les indigènes sont aussi intelligents que les humains, bien qu'ils fonctionnent différemment (entre autre, ils sont tous "liés", ton idée de lézard qui entend la planète m'y a fait penser). La différence c'est que ça s'étend sur 3 tomes... et que ton texte est court, donc c'est plus délicat de faire passer des idées qui peuvent sembler "communes" si mal utilisées.



Après avoir lu le commentaire de Milora, je vois qu'elle pense à peu près comme moi ^^ Ce thème est un thème souvent abordé en sf, donc l'utiliser pour une courte nouvelle est délicat, ça fait facilement "expéditif" et ça ne suffit pas à intéresser, il faut quelque chose en plus.
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
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Re : [Défi pas lancé à moi] La Voix du Désert
« Réponse #3 le: 12 juillet 2011 à 13:45:29 »
@ Mil' (qui est juste à côté de moi, d'ailleurs) :

C'est gentil de commenter, pour commencer, d'autant plus qu'il s'agit d'un long commentaire.

Je trouve cela normal que tu n'aies pas accroché, après tout, ce n'est qu'un jogging... De toute manière, depuis "Parmi eux", cela fait très exactement un an que je n'ai rien écrit d'intéressant, en original.

"Ophiuchus", c'est un nom de constellation. Je l'explique plus tard dans le texte.

C'est la planète des reptiles. Comme j'en parle en long et en large après, je n'ai pas ressenti le besoin de préciser, mais c'est peut-être perturbant... Que proposerais-tu ? :)

J'y penserai. Je vais sans doute l'enlever, tu as raison, ce  n'est pas subtil.

Oui, la gelée se fait de l'eau, ce qui me semble logique étant donné la consistance de cet aliment.

En fait, "trop cher" tout court, j'avais peur que ce soit trop familier.

Il a deux paires de paupières, comme la plupart des lézards, l'une transparente et l'autre non. La phrase était trop lourde si je le précisais.

J'aime bien "à l'instar", moi... ;)

De toute manière, je vais enlever ce passage-là, il pose problème sur le point de vue de la cohérence, en effet.

J'avais pas envie de trop répéter les noms pour ne pas être lourde, mais c'est peut-être vrai, ce que tu dis là.

Pour la fin, en effet, j'étais à court de temps pour le défi, ce n'est pas faux - je précise que j'ai compris tous les mots.  :mrgreen:

Je vais enlever le paragraphe dont tu parles : l'une de mes amies scientifiques m'a expliqué que ça ne tenait pas debout.

Je pense que je vais revoir ce texte (si j'en ai le courage) en l'étoffant, etc.

Pour l'intrigue, honnêtement, c'est sur le fond que c'est mauvais, donc je ne sais pas trop comment changer ça sans réformer toute l'histoire, lol.

Mais merci de ton avis ! :)


Je répondrai à Kail' après avoir mangé.  ::)


@ Kail' (qui dort peut-être encore, si je ne l'ai pas réveillée en partant de la chambre) :

C'estvrai que ce n'est pas du tout original, mais en même temps, je ne savais pas trop comment faire. Pour la mise en scène révélatrice (Show, don't tell), je vais voir ce que je peux construire, même si honnêtement, je n'ai aucune idée.

Ok pour les répétitions, tu n'es pas la seule à m'en parler.

Les humains n'ont pas modifié grand-chose, mais le peu qu'ils ont fait est très nocif pour la planète. Je referai un ddeuxième jet plus détaillé, mais il n'y a qu'une seule grande ville, et c'est là que vivent tous les mineurs. Qu'est-ce que tu appelles "circuit fermé" ?

Et oui, la fin n'est pas bonne du tout, je vais changer ça si j'en ai le temps et le courage.

Je n'ai pas lu le roman dont tu parles (je n'ai pas lu beaucoup de sf, en fait).

En tout cas, merci pour ce commentaire, même si/surtout parce qu'il est dur. Tout ceci m'aide à m'améliorer.
« Modifié: 13 juillet 2011 à 09:57:57 par Ambrena »
"J’ai soudain la sensation limpide d’avoir gaspillé ma jeunesse… L’avoir vue s’échapper de mes mains comme l’anguille effrayée et m’appeler à présent sur le lierre du tombeau, où patiente depuis toujours le chant des enfants, les raisins volés…"

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Re : [Défi pas lancé à moi] La Voix du Désert
« Réponse #4 le: 29 juillet 2011 à 17:46:25 »
Citer
Toutefois, les scanners s’étaient montrés si imprécis qu’il demeurait toutefois un infime espoir.
Toutefois x2.

Citer
L’homme-lézard sortit de l’appareil, le visage protégé par le long voile
C'est un Khuprus ? *sort*

Citer
un système d’autorégulation de la chaleur
de la thermorégulation, ça serait moins lourd non ? x') Même si pour le coup, il trahit son espèce, les lézards sont poïkilothermes et régulent rien du tout.

Citer
« Alors, l’affreux, on lézarde ? »
Je serais un lézard, je répondrais « LOL ».

Citer
-Pareil », renchérit-il.
Y a pas vraiment de surenchère.

Citer
En revanche, la souffrance du désert ne lui avait jamais été tangible.
Et les sentiments personnels dont tu parles juste avant ?  ::) Ca peut lui faire mal sans qu'il ressente pas le sable dire "aïe" à chaque coup de pelle.

Citer
nul ne s’inquiéta à l’idée de le voir partir ainsi, sans carte numérique ni provisions, juste avec une outre pas même pleine.
En même temps à part pour les provisions, ils peuvent pas vraiment le savoir non plus.

Citer
Finalement, il trouva enfin.
Un peu trop de finalité pour une si petite phrase.  ::)

Citer
Une grotte s’étendait devant lui.
Je veux bien étendre beaucoup de choses : les plaines, les vallées, les draps... mais les grottes j'ai un peu de mal.  ::)

Citer
D’un autre côté, que faire si c’était empoisonné ?
Et l'étrange luminescence qui s'en dégage ça le dérange pas ? x'D

Alors pour la suite, vela est définitivement trop gentille, alors qu'il nous serine du "personne ne m'aime" depuis le départ... Et à sa place je me méfierai de ce brusque revirement.

La séquence explicative gâche la fin. Il aurait mieux valu l'amener dans la narration, là ça fait spoil avant l'heure et du coup l'effet tombe un peu à plat.

Globalement, j'ai trouvé quelques longueurs , c'est assez convenu dans le déroulement. Ca se lit pas mal, mais ça se voit que c'est un jogging. x')
"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
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Re : [Défi pas lancé à moi] La Voix du Désert
« Réponse #5 le: 29 juillet 2011 à 20:14:46 »
Citer
Sans jeter un regard au désert en contrebas, Ophiuchus se prit la tête dans les mains, désemparé.
si c'est le pilote il n'en n'a pas besoin, de ses mains ?

Citer
le visage protégé par le long voile qui lui couvrait la bouche et le front, ne laissant apparaître que ses yeux dorés,
je chipote mais puisque tu dis qu'on ne voit que ses yeux, pourquoi mentionner que le voile lui couvre la bouche et le front ?

Citer
mais de tels vêtements procuraient également une aide certaine à ceux de son espèce.
je trouve cette partie assez lourde. Supprimer "certaine" ? Ou alors expliquer rapidement en quoi cette aide consiste.

Citer
La planète n’était que peu fertile ; pourtant, ses sous-sols regorgeaient de minerais précieux – du moins, de leur point de vue.
après le tiret : en trop ? Sinon je comprends pas trop le "pourtant", infertilité de la terre et métaux précieux en sous sol ne sont pas incompatibles (enfin, j'imagine).

Citer
Ils ne voulaient pas partager cette richesse, bien que les natifs n’en aient cure.
je ne comprends pas trop

Citer
Ensuite, la situation s’était améliorée – elle ne pouvait plus empirer, de toute manière.
lol

Citer
A l’école, il avait étudié l’histoire de la Terre.
de la terre ou de ses habitants ? ;)

Citer
S’il avait bien compris, peu d’Amérindiens étaient devenus biologistes, malgré les grandes connaissances de ce peuple envers leur environnement.
euh moi j'avais compris le parallèle, c'est peut-être pas la peine de souligner en l'écrivant noir sur blanc  :mrgreen:

Citer
« Alors, l’affreux, on lézarde ? » l’apostropha un collègue en entrant à l’improviste dans l’intendance, sans doute dans le but de le surprendre.
ah ah, pas mal. Sauf "sans doute dans le but de le surprendre" : on lit dans le sens "prendre en défaut/flagrant délit" mais je suis pas sûre que c'est ce que tu as voulu dire. Si ?

Y'a pas de nappes phréatiques sur cette planète ??


Citer
juste avec une outre pas même pleine.
ah, il a quand même pris le temps de choper une outre avant de partir ? xD

Citer
Il semblait oublier que son organisme réclamait le sommeil, qu’il risquait probablement de s’écrouler en plein milieu de nulle part. Toutefois, cela n’arriva pas.
La 2è phrase est inutile je trouve.

Citer
Une grotte s’étendait devant lui.
une grotte, au milieu d'un désert, qui s'étend. Bizarre !!!

Citer
-Qui veut tenter d’en boire ? » lança Ophiuchus à la cantonade.
je croyais qu'il avait juste pris un échantillon.

Citer
Il s’agissait de la dernière source d’énergie dont la Terre disposait maintenant, après l’épuisement complet de ses ressources naturelles, plusieurs siècles auparavant
mmm et comment leurs vaisseaux transportent-ils l'énergie dans ce cas? ^^

Citer
Dans le pire des cas, on s’étonna qu’ils ne ramènent qu’une seule outre. En outre,
outre outre

Citer
Personne n’avait pu survivre à l’ingestion de ce qui permettait d’être mieux relié au désert
OK mais y'a bien des témoins...

Citer
Ils moururent dans leur sommeil, bercés par la voix du désert qui leur racontait ses souvenirs de pluie.
j'aime bien cette dernière phrase


Dans l'ensemble c'est un peu simple (Vela-la-seule-qui-me-comprend, l'affrontement méchant colons / gentils natifs, un peu à la Avatar lol, le comportement finalement assez peu scientifique) et un peu long à se mettre en place (les descriptions de l'arrivée des colons sur la planète justement, faut couper pour donner + de rythme à mon avis). La chute est bien trouvée mais arrive très abruptement, c'est dommage.  En règle générale, j'ai trouvé que tu utilisais beaucoup des marqueurs de contraste comme "bien que" "toutefois" "pourtant", c'est peut-être ça qui rend l'ensemble un peu trop binaire pour être vraiment top. Ceci dit, la lecture n'est pas laborieuse et je trouve la dernière phrase est particulièrement réussie ;)
Bon courage pour le remaniement du texte !

Hors ligne Ambrena

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Re : [Défi pas lancé à moi] La Voix du Désert
« Réponse #6 le: 02 août 2011 à 16:03:08 »
Merci à vous deux d'avoir commenté !

@ Kathya :

- Ah, oui, en effet, répétition. De toute manière, y a trop d'adverbes dans mes textes en général. J'en enlèverai un.
- Tiens, j'y avais pas pensé... En plus, ils ont des têtes de lézard... *sort aussi*
- C'est des lézards extraterrestres, ils peuvent ne pas être poïkilothermes... Y avait bien des dinosaures qui se thermorégulaient, non ? Sinon, pour la lourdeur, c'est noté. ^__^
- C'est vrai. J'ai un peu buggé sur les points de vue. xD
- Encore un adverbe de trop. J'enlèverai !
- Je ne sais pas, la formule me semble correcte... C'est une grotte, profonde et tout, elle peut bien s'étendre, non ? :)
- Lol, en effet.

Je ne sais pas trop que faire pour Vela... La rendre défiante, moins "sympa" ? Pour la fin, on me l'a déjà dit, je la referai, c'est certain. Et oui, c'est un jogging indeed, mdr.

Je te remercie d'avoir commenté !


@ Zach :
- Il ne me semblait pas avoir précisé que c'était le pilote...
- Je ne le précise qu'en fin de phrase, en fait, donc je pensais que c'était bien de dire les deux...
- Pour "l'aide", ça ne me semblait pas utile de préciser, pour le coup. C'est comme pour les humains : il s'agit de vêtements fluides qui laissent passer l'air...
- Ce n'est pas incompatible, certes, mais c'était juste une question d'intérêt pour les humains qui arrivaient.
- Les natifs n'en ont rien à faire de cette richesse (les minerais), mais les envahisseurs ne veulent pas la partager et sont très possessifs.
- "La Terre" au sens de planète, comme si tu disais "l'histoire de l'Amérique".
- C'est noté pour le parallélisme, je vais décidément virer cette phrase qui a semblé excessive à presque tout le monde. xD
- Non, c'était "surprendre" dans le sens "bouh !" mais je ne trouve pas de synonyme...
- Je n'ai pas pensé au coup des nappes phréatiques. Sans doute qu'il y en a, puisqu'il y a une source souterraine... Je ne sais pas trop, honnêtement.
- Non, c'est l'outre qu'il avait déjà sur lui, c'est pour ça qu'elle est pas pleine, lol.
- J'ai oublié de préciser que c'est un désert sablo-montagneux, genre Sahara. Il faudrait vraiment des descriptions de plus...
- Ben... Qui veut boire le reste de l'échantillon ? xD *se raccroche aux branches qui craquent et tombent*
- Avec l'énergie qu'ils viennent de récupérer sur la planète, non ? Mince, dit comme ça, ça fait vraiment Avatar !
- Ok pour les répétitions.

Globalement, tu as raison, c'est assez manichéen et ça ressemble trop à Avatar (que j'ai vu plus de trois fois, aussi, hein, ça imprègne l'imaginaire, ces bêtes-là). Je vais donc remanier ce jogging et je vous montrerai ce que ça donne... Merci d'avoir commenté, en tout cas !

"J’ai soudain la sensation limpide d’avoir gaspillé ma jeunesse… L’avoir vue s’échapper de mes mains comme l’anguille effrayée et m’appeler à présent sur le lierre du tombeau, où patiente depuis toujours le chant des enfants, les raisins volés…"

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