Ajax
Ajax est le plus grand. Il a des cuisses de colosse.
A cette période il n’y a pas de satellite pour voyager plus vite.
Il faut aller à Troie en bateau.
Ajax s’y rend pour se battre contre Hector qu’il parvient à blesser grièvement.
Mais contre Achille, il ne peut que cracher sa colère sans l’atteindre davantage.
Venise n’est encore qu’un marécage de vase. Elle ne fait rêver personne.
On préfère Troie.
Les soldats d’Ajax violent et encloquent les femmes troyennes.
Et avec les porcs de la région les mercenaires se fabriquent de délicieux ciflards.
Les grecs en sont jaloux, eux qui ne connaissent que le végétal ecballium méditerranéen. C’est pour cela, dit-on, que beaucoup de grecs ont embrassé la carrière militaire pour aller conquérir les terres de Troie.
Mais Ajax là-bas perd la tête.
Il devient fou.
Un matin il se réveille et va égorger les troupeaux de bête qui paissent à l’ombre des peupliers blancs Il croyait que c’étaient des guerriers ennemis.
On se moque de lui.
On l’oblige à ingurgiter des cuillères entières de sang de cochon pour le punir.
Ajax répond que si les tanks avaient existé en ce temps-là, cette mésaventure ne lui serait jamais arrivée. Il aurait pulvérisé la ville de Troie en une seule canonnade depuis son tank. Pourtant le cheval de Troie est probablement le premier tank de l’histoire.
De honte Ajax se suicide.
Il se jette sur son épée, sans arracher le moindre cri.
La légende raconte que son sang a donné naissance à une fleur nommée hyacinthe, dont les premières lettres ai, sont aussi celles d’Ajax, (Aias en grec).
Il faut savoir savourer ces histoires anciennes, elles permettent de se souvenir des héros sans les faire disparaître dans les fosses de l’oubli.
En quelque sorte, les légendes les font accéder à l’Olympe imaginaire de chacun.