Petit texte en alexandrins (j'espère ne pas trop les avoir massacrés). Pas vraiment de la poésie, c'est plus pour avoir un style un peu fantasque qui colle au thème.
Vingt ans voilà que le roi s'était assagi. De son mal ne restaient que des belles traces. Depuis qu'il avait renoncé à la magie. On chantait fort les louanges du roi Midas. Des paillettes d'or flottaient dans le Pactole. Et depuis le pays croulait sous les oboles.
Mais depuis peu quelque chose le tracasse. Dans ses mains qui furent jadis aurifères. Il sent venir une raideur mortifère. On fouilla le monde de l'Oural à l'Atlas. Pour le plus savant des sages de la terre. Le meilleur médecin se trouvait sur une île. L'as de l'anatomie, venu d'Anticythère. Passa l'Anatolie pour voir le roi fébrile. Antanocle le grand, devant le souverain. Sait ausculter son cœur en lui prenant la main. Il jauge ses humeurs, le poids de son chagrin. Dénoue dans les étoiles la trame de son destin.
Il vit le plan des moires et fut saisi d'effroi. Car cette fois l'hubris serait puni deux fois.
Midas l'avait eu su mais l'avait oublié. C'est pourtant cela même qu'il avait regretté. Car quant il changeait tout en or de son toucher. Il ne parvenait plus à boire ou à manger. La vérité est là : l'or ne se mange pas. Qu'on le trouve en poussière ou bien en un seul tas. Et chaque bout de pain ou coupe qui l'abreuve. Irrigué ou tirée à même l'eau du fleuve. Porte en elle les traces d'une gloire mortelle. L'or qui partit des mains rejoignait les gamelles.
Le sage roi Midas croula sous le chagrin. Il savait mérité le sort qu'était le sien. Mais pas celui des âmes présentes dans la plaine. Ni à son grand dépit le sort de sa reine. Il posa sur son cou ses mains et serra fort. Souhaitant qu'encore une fois elle purent changer en or...