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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » 8 - Rubicon, ou les déserts qui décident (V2)

Auteur Sujet: 8 - Rubicon, ou les déserts qui décident (V2)  (Lu 7949 fois)

Hors ligne Samarcande

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Re : 8 - Rubicon, ou les déserts qui décident
« Réponse #15 le: 14 Septembre 2021 à 17:10:35 »
Salut Mout 8


je ne suis pas fan de voiture du tout  (je sais , tu n'as vraiment pas de chance avec tes lecteurs  :D ) mais j'arrive bien à comprendre l'attachement pour un objet s'il représente des expériences.
Et effectivement tu expliques bien que c'est lui qui l'a maintes et maintes fois démontée et réparée, qu'il l'a depuis ses 16 ans.

Comme les autres je trouve dommage (mais peut-être est-ce parce que c'est mon point de vue ) que le narrateur donne plus d'importance à conduire dans le désert qu'au désert lui-même.

Citer
À chaque fois il prenait trois jours de carburant, une semaine d’eau, un duvet chaud et sa question. Il préférait conduire la nuit, s’arrêter vers dix heures du matin avant que le moteur ne surchauffe, dormir dans la voiture, repartir quand le soleil était plus bas. Au coucher du soleil, Sandro s’adossait au marchepied, mangeait son repas au réchaut et pensait à sa question. Ensuite, il reprenait la route, guidé par les étoiles.
Il ne roulait presque jamais en ligne droite. Comme si elle suivait ses pensées, la voiture zig-zagait, tournait, s’enchevêtrait jusqu’à ce qu’il eût trouvé sa réponse ; alors, comme son esprit rendu droit et clair, Rubicon allait vers l’aéroport pour être emmenée à la maison.
On a un point de vue très limité de Sandro. On le voit agir, mais on ne voit ni son décor (qui n'est pas décrit), ni ses pensées. On a l'impression qu'il pourrait conduire n'importe où sans que cela change rien à son mécanisme de décision.
Qu'est-ce qu'il apprécie lorsqu'il conduit dans le désert ? Comment se sent-il ?

Citer
À la maison, Amina l’accueillait. Elle était l’une des seules décisions importantes qu’il avait prises tout de suite, sans rien demander aux immensités.
ça c'est cool !

Citer
Ils s’étaient rencontrés par des amis communs
Je n'aime par beaucoup de par : par l'intermédiaire ? chez ? Ils avaient été présentés par ?

Citer
Elle l’avait accompagné une fois dans la vallée de la Mort
Pourquoi une seule fois si elle aime les déserts ?

Citer
Sandro appréciait aussi parler avec elle.
C'est le "aussi" qui tue tout. Je comprends ce que tu veux dire : ils n'ont pas que les déserts en commun, mais la phrase est un peu ambiguë .

Citer
Elle savait avoir des silences longs et calmes, pas comme ces silences catastrophés qui prenaient toute la place.
Là aussi je trouve la phrase un peu maladroite : "elle aimait les longs silences?" , "les silences d'Amina étaient longs et calmes..." ?

Citer
elle savait même lisser les incertitudes.
:coeur: très joli.

Citer
La pression de se débarasser de Rubicon venait de partout. Ses supérieurs au cabinet d’architecture ne voulaient pas que Sandro visite des clients dans ce sac à écrous ; sa famille trouvait qu’il se ruinait pour une lubie ; des amis l’admonestaient de vouloir profaner des espaces vierges. Mais l’idée d’abandonner son drôle de char était au-delà de ses capacités.

Trop triste la pression sociale !

Citer
Un soir alors qu’il ruminait dans Rubicon,
Qu'il ruminait ses pensées ? (sinon ça fait un peu bovin  :coeur:)

Citer
Le sentiment d’avoir fait une énorme erreur lui pesait horriblement.
S'il se sent comme ça, c'est clair qu'il a fait une erreur. :)

Citer
c’était une photo Rubicon,
photo de Rubicon

Citer
dans l’avion "les mains dans les poches".
deux fois c'est peut-être  un peu trop à si peu d'écart. :mrgreen:

Citer
. C’était en vérité une fausse décision ; c’était l’acceptation d’un fait quasi accompli : Rubicon devait partir, disparaître. C’est l’une des premières choses qui fut posée.
ça c'est un point que je comprend pas vraiment. Ou à lui, ou à personne?

Citer
La tergiversation continua, la dialectique se poursuivant entre Sandro et Amina pendant deux jours et une nuit.

Là on a l'impression qu'elle essaie de le convaincre alors que tout le long du récit tu l'as présentée comme une personne qui accepte ses décisions.

Citer
Il se décida même à ne pas ménager les mécaniques, pour s’assurer que la voiture s’éteigne dans son élément. Il fit gronder le moteur sous les rayons ardents, tournant et se retournant pour rester à quelques kilomètres de la ville la plus proche. Une frénésie cathartique le prit et il poussa la voiture jusqu’à ces derniers retranchements, alors qu’Amina gloussait d’excitation. Le moment où les cylindres rendirent enfin l’âme, il eut comme une jubilation.
Et il laisse la carcasse dans le désert !!!!!!

Je comprends l'idée du dernier voyage, un peu moins  de tout faire pour la détruire et la laisser en plan dans le désert. Je crois que j'aurais préféré qu'elle soit donnée à quelqu'un qui en aie vraiment besoin, je ne sais pas, un médecin qui voyage dans le désert de sel entre les petites villes pour porter les premiers soins ou quelque chose de ce genre.

Je pinaille parce que lis ligne par ligne, mais ma premiere impression de lecture est tres positive. Et j'ai bien aimé l'ambiance mélancolique et le désert.

Merci pour ce texte








« Modifié: 21 Septembre 2021 à 19:51:49 par Samarcande »
«Trees are full of songs and we are not shy to seeing them.» (Elif Shafak - The island of missing trees)

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Re : 8 - Rubicon, ou les déserts qui décident
« Réponse #16 le: 19 Septembre 2021 à 19:55:52 »
il y avait la Willis et l'autre, j'ai oublié, tu vois là bas devant c'est carré ou c'est rond ^^ souvenirs d'un ami garagiste.
Le propos se lit bien, mais je n'ai pas suivi l'histoire, je me suis laissé couler juste à lire.

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Re : 8 - Rubicon, ou les déserts qui décident
« Réponse #17 le: 25 Septembre 2021 à 20:10:37 »
Commentaire tardif du coup sans que l'auteur puisse répondre.

Le style se lit bien, par contre c'est un peu trop dense et mériterait un peu d'aération. On se représente bien le vieux taco qui tiens à peine.

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Re : 8 - Rubicon, ou les déserts qui décident
« Réponse #18 le: 19 Octobre 2021 à 14:28:42 »
Surprise ! Je suis l’auteur de ce texte. Je suis tellement désolé ne n’avoir pas pu vous répondre et corriger mon texte à temps. Il ne disparaît pas de mon cœur pour autant (en tout cas pas pour le moment…). Merci à toutes les personnes qui m’ont commenté !

non, justement, je crois qu'aucune des objets que j'aime (ma guitare par exemple) ne m'est cher et irremplaçable à ce point. Du coup, son émotion me parvient mal ! Mais comme je disais, c'est du coup juste pas une histoire pour moi, ce qui n'empêche pas que de nombreux autres lecteurs ont trouvé de l'écho dans ton texte et ont su l'apprécier !
C’est un problème si ce sentiment ne passe pas, je pourrais plus faire l’accent sur la particularité et l’étrangeté du phénomène ? Ou juste le fait que ce ne soit pas commun.


Bon, j'avais un super commentaire (un des meilleurs que j'ai jamais fait), mais j'ai changé de page sans faire exprès en cours de rédaction, et quand je suis revenu il avait disparu.
Une des plus grandes tragédies. Je pense que Sophocle avait fait une pièce à ce sujet, malheureusement perdue.

Au début, j'étais assez prêt à m'investir émotionnellement, la première description m'a vraiment séduite (les pièces cannibalisées c'est chouette comme image si c'est de toi !).
Si c’est de moi ? C’est une expression plus ou moins établie mais encore "fraîche", ça compte ?

On a juste l'impression qu'il aime rouler tranquille sans personne, pas qu'il est amoureux de ces paysages désertique, on n'a jamais vraiment d'explication de côté. L'énumération des lieux qu'il a visité est assez parlante, je crois, on a juste l'impression d'une check-list,[…]
C’est vrai que parlerais bien encore plus de ce qu’il ressent quand il le fait, mais je ne pense que ça soit la même dans autre chose qu’un désert.

J'ai aussi eu un peu de mal avec le traitement d'Amina, très superficiel, qui est un peu là en faire valoir et rien d'autre.
Je pense que c’est par là que le texte pèche le plus, et je n’ai aucune idée de comment réparer ça (c’est pour ça que je ne l’ai pas fait…). D’un côté, le personnage est en crise et sa compagne lui porte secours et assistance. D’un autre, ça en fait un adjuvant très plat…


J'ai ressenti parfois une certaine tristesse et certain attachement pour la voiture, comme celui que l'on aura pour un chat.
Je ne partais pas pour tristesse, peut-être de la mélancolie mais pas c’est pas très voulu… merci pour le passage !


je ne vois pas le rapport de manière claire entre ta première phrase et la suite du paragraphe : si tu pars là-dedans, pour moi, il faudrait expliquer plus clairement ce qui rend ces Jeep suspicieuses.
le fait que ce soit un genre de voitures démontables et qui semblent pas "solides", mais c’est vrai que ça demanderait un retravail ; comme j’ai peut-être mentionné plus haut j’ai hésité entre exposer la voiture d’abord ou bien Sandro, et ça semble être un peu insoluble comme l’œuf ou la poule… parce que surtout suspicieuses pour qui ?

Sinon, je trouve ici qu'il manque une transition plus claire :[…] à partir de cette phrase on rentre dans l'"histoire/l'intrigue" proprement dite, mais ça n'est pas très clairement mis en avant, on ne le sent pas, on ne s'en rend compte qu'en lisant les paragraphes suivants.
je ne suis pas sûr de comprendre ce que tu dis, est-ce que la question sous-jacente est "comment annoncer l’intrigue" ? C’est le traitement trop rapide de la tension qui provoque ce sentiment, tu penses ? Je pourrais tenter de découper et réorganiser le texte, j’ai pas pensé à l’agencement que tu proposes...

Merci pour les retours !


Si je comprends bien, ils sont quelque kilomètre de la ville la plus proche et leur voiture est en panne. Ils sont contents ? Ils n'ont pas peur de la situation ?
Surtout qu'il me semble qu'un désert de sel réfléchi beaucoup la lumière(J'ai vu ça dans un documentaire) et qu'il n'y a a rien dessus
Le coup de la panne était plus ou moins prévu : l’idée que Rubicon "meure" en paix dans son milieu naturel. C’était pas très subtil ni bien amené, mais je trouvais l’idée touchante sur le moment. Pour la luminosité du désert de sel, je suis au courant et je pensais en avoir touché un mot, peut-être qu’il était trop petit…


Me voici à la fin de ma lecture, et je garde le sentiment d'avoir lu un texte sur le consumérisme, décrivant les déserts comme tant de produits touristiques à consommer, […]. Cette lecture m'a bel et bien éloigné d'un supposé désir que tu aurais eu de nous faire aimer les voitures, ça m'a plutôt fait penser aux égarements et excès de la technologie, […].
Ce n’était pas mon désir de te faire aimer les voiture, je te l’assure, ni l’éloge d’un quelconque éloge du consumérisme — la voiture n’étant, du reste, pas achetée neuve mais étant ce qu’on appelle une "project car", une voiture qu’on achète à la casse et qu’on répare progressivement. Au contraire, le désir était de souligner le temps et l’attachement que Sandro a investi dans la voiture (plutôt que de l’argent), à la réparer, reconstruire, bichonner. Mais c’est vrai qu’on peut en faire des lectures très différentes, c’était la mienne !

(Vas-tu favoriser l'action en général ou bien favoriser les descriptions personnifiant cette voiture ?)
J’aurais plus parlé de la voiture, en coupant peut-être même dans les actions, mais mon plus gros problème est, comme rappelé, le traitement de sa relation avec Amina.

C'est comme si l'action tardait à se mettre en place (enfin, là, je parle de la réflexion autour de ses amours passagères plutôt que de l'action en elle-même), c'est comme si on attendait trop avant d'entrer dans le cœur du sujet.
On n’en a peut-être pas parlé, ou peut-être de façon détournée (c’est la même chose que disait Oba ?), mais tu mets le doigt sur quelque chose qui me dérangeait aussi singulièrement. Je pense que c’est ma propension à écrire trop lentement croisée avec ma peur de dépasser le nombre de mots qui a mené à ce déséquilibre.

Désolé de ne pas avoir corrigé ce texte à temps ! Mais j’y penserai encore un peu, et tenterais de le repenser.


Je ne reviendrai ni sur "suspicieuse" que j'aurais remplacé par "suspecte", ni sur "cannibalisé", tout a déjà été dit là-dessus.
Je trouve aussi "érection" discutable, mais c'est la licence poétique, si je puis dire.
Par contre"embaumé par les étoiles", bah en vrai, c'est une image que je ne comprends pas.
Merci d’avoir relevé les mots disgrâcieux, j’aurais tenté… Encore que cannibalisé, je pense que je maintiendrais.
En ce qui concerne le cheminement du personnage, c’est encore brouillon et je le vois. Peut-être que si c’était plus complet, tu aurais trouvé ça mieux construit.


Contrairement à un autre lecteur, j'aime l'image du "silence catastrophé qui prend toute la place".
Je connais quelqu’un qui fait des silences catastrophés, et je peux t’assurer que ça n’a rien d’un silence normal :mrgreen: peut-être que je pourrais trouver d’autres moyens de décrire ces silences…
Merci pour tes pensées !


je ne suis pas fan de voiture du tout  (je sais , tu n'as vraiment pas de chance avec tes lecteurs  :D ) mais j'arrive bien à comprendre l'attachement pour un objet s'il représente des expériences.
Comme j’ai peut-être mentionné, ce texte est un défi de Loïc (@Loïc si tu nous lis) parce que justement personne n’aime sa voiture visiblement ::)

Qu'est-ce qu'il apprécie lorsqu'il conduit dans le désert ? Comment se sent-il ?
Je devrais peut-être allonger un peu ce versant, mais je ne pense pas y accorder tellement. Tu penses que c’est important, considérant le reste des failles de ce texte (notamment les citations où tu pointes les intéractions entre Sandro et Amina) ?

Je comprends l'idée du dernier voyage, un peu moins  de tout faire pour la détruire et la laisser en plan dans le désert.
Dans ma tête ils la cassaient près d’une ville pour pouvoir contacter une dépanneuse et démonter la voiture là-bas, mais les lecteurs ne sont pas dans ma tête :mrgreen:
Content que tu y trouves de belles choses malgré tout.


Le propos se lit bien, mais je n'ai pas suivi l'histoire, je me suis laissé couler juste à lire.
Alors je ne m’y connais pas tellement en voiture, ironiquement. J’ai été inspiré par une jeep dans le parking près de chez moi avec inscrit "Rubicon" sur le capot et j’ai trouvé le nom… assez bien trouvé.
Si la lecture est fluide c’est déjà ça ^_^


Le style se lit bien, par contre c'est un peu trop dense et mériterait un peu d'aération. On se représente bien le vieux taco qui tiens à peine.
Merci ! c’était un des buts en effet.

Hors ligne Samarcande

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Re : 8 - Rubicon, ou les déserts qui décident
« Réponse #19 le: 19 Octobre 2021 à 14:54:14 »
Salut Opercule,

Si je t'ai donné l'idée que ce texte est irrécupérable, j'en suis vraiment désolée.
Ma première impression de lecture était très bonne.
Après, dans un AT, on est super pointilleux, on fait du ligne à ligne (et plein de commentaires à la suite du coup des fois on prend pas trop de gants).
Mais vraiment les maladresses, ça se corrige, les failles, ça se comble, et les personnages ça s'étoffe sans avoir besoin d'en faire des tonnes (quelques mots bien choisis suffisent le plus souvent)
Et ton texte a quand même plein de points forts que je n'ai surement pas suffisamment soulignés dans mon commentaire (une belle lumière, un rythme lent et agréable, une certaine originalité de traitement, de beaux paysages et des ciels étoilés).

Donc oui, je pense que c'est pas un texte à jeter, mais qu'avec un peu de (re)travail, toute cette belle matière pourrait briller.

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Hors ligne Opercule

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Re : 8 - Rubicon, ou les déserts qui décident (V2)
« Réponse #20 le: 07 Juin 2022 à 22:00:36 »
Salut les gens !

J’ai repris ce texte de Chameau, parce qu’il le méritait bien (et je l’ai déplacé tout seul  :-¬?)
J’ai travaillé sur beaucoup d’aspects, enrichi et explicité des passages, je me sentais un peu plus à l’aise niveau nombre de mots — bien que le compte n’ait pas explosé, 300 mots de plus environ.

Un point reste est le rôle d’Amina, que je voudrais être un adjuvant, tout bêtement quelqu’un qui l’aide à réaliser son objectif. J’ai déjà quelques idées — par exemple, elle l’aide à se rendre compte qu’il n’a pas besoin de Rubicon pour être en contrôle de sa vie. Ça demanderait une ou deux scènes en plus, à voir.

(merci @Oba de m’avoir encouragé à reprendre ça  :calin:)

Hors ligne Deofresh

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Re : 8 - Rubicon, ou les déserts qui décident (V2)
« Réponse #21 le: 08 Juin 2022 à 14:09:06 »
Coucou Oper !

Je n'avais pas pu participer au Chameau à l'époque, du coup je n'avais pas pu te lire. Donc voilà mon regard tout frais pour venir apprécier ton texte.

D'entrée de jeu, je dois dire que le sujet résonne avec moi. J'ai moi aussi un vieux coucou que j'adore (un combi VW de 82  :D) et du coup, je me suis senti assez bien aux côtés de Sandro. J'ai assez bien visualisé le côté minimaliste du désert, de la voiture, de Sandro et de sa relation avec Amina. Le tout s'assemble proprement en une fresque d'une beauté relaxante.

Maintenant, tout n'est pas parfait malheureusement. Je trouve que tu t'emmêles un peu les pinceaux dans les temps du récit. Tu commences avec du plus-que-parfait, comme si nous étions dans un flash-back, puis tu passes brièvement par du présent avant de trouver ton rythme et de rester au classique imparfait/passé simple. Si je pouvais te donner un conseil, je te dirais de passer tout le texte à l'imparfait/passé simple : son déroulé est chronologique et je ne pense pas qu'un flash-back pour nous raconter l'entrée de la Jeep dans la vie de Sandro soit nécessaire.

Voilà pour le global, je te laisse avec le détail (j'ai peut-être un peu appuyé, désolé si ce n'est pas ce que tu cherchais)

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


À bientôt !
« Modifié: 08 Juin 2022 à 14:11:27 par Deofresh »
En ce moment, je travaille sur ça : Les cinq masques

Hors ligne Alan Tréard

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Re : 8 - Rubicon, ou les déserts qui décident (V2)
« Réponse #22 le: 09 Juin 2022 à 12:56:15 »
Bonjour Opercule,

Comment vas-tu ?


Ah ! Je suis ravi d'apprendre que tu comptes reprendre ce texte pour donner plus de sens encore à cette idée que tu as eue et que tu as cherché à représenter dans ce texte.

Je n'avais pas directement relancé la discussion sur ton texte ne sachant pas (au vu de tes réactions à nos commentaires) si tu souhaitais t'y atteler sérieusement ou non. Ça peut arriver de laisser en plan un projet le temps de le mûrir, ou même de vouloir laisser en l'état une idée afin de passer à autre chose.

Comme tu viens de signaler ton désir de reprendre ce texte, je me dis que ça peut être pour moi une occasion de développer mon ressenti sur le texte.


J'ai trouvé qu'Amina était énormément décrite à travers ses paroles ou ses actions, comme si ce qu'elle disait ou faisait laissait apparaître la vérité à propos de son intériorité.

Tu trouveras peut-être ici et là des obsessionnels du « show don't tell » qui préfèrent l'action à la description. Cependant, je serais à ta place, et au vu du profond réalisme de ce drame intérieur que tu décris, je m'éloignerais évidemment d'un tel concept inapte à répondre à des besoins d'écriture relatifs au drame.

Dans le genre fantastique, il suffit que quelqu'un se présente d'une certaine façon pour que l'on devine à son allure s'il est un gentil ou un méchant.

C'est ça le « show don't tell » : on sait qu'un personnage est méchant juste à sa façon d'agir... ^^

Pourtant, le drame se joue là où l'on ne sait jamais si un personnage est bienveillant ou malveillant à sa simple apparence. Les codes du drame n'ont rien à voir avec ceux des récits fantastiques !


Dans ce cas, et si c'est vraiment le drame intérieur que tu souhaitais transmettre à tes lectrices & lecteurs, je te conseillerais de décrire plus précisément l'état émotionnel d'Amina en ajoutant une multitude de détails révélateurs : l'excitation, l'angoisse, le trouble, la curiosité. Son visage pourrait être le reflet de ses émotions, ses sourires, ses mimiques, son regard, ses traits tirés.

En apportant des descriptions aussi précises du personnage, tu t'éloignerais de l'imaginaire, car tu apporterais des détails quasi-chirurgicaux, des détails révélateurs. Ce serait donc un pas en avant, un effort réalisé, vers la restitution d'un état émotionnel propre à cette femme si différente des autres. :)


Soit, j'espère ne pas me tromper dans l'analyse que j'ai faite du portrait que tu nous présentes ; en tout cas, mon intention est de t'apporter quelques repères artistiques sur les différences fondamentales qu'il existe entre les différents genres d'écriture et les contraintes qui en ressortent.

Encore merci à toi pour cette lecture, Chameau-Opercule, et bien de l'inspiration pour avancer dans la création de ton écrit. ^^
« Modifié: 09 Juin 2022 à 16:53:33 par Alan Tréard »

Hors ligne ZagZag

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Re : 8 - Rubicon, ou les déserts qui décident (V2)
« Réponse #23 le: 12 Juin 2022 à 10:11:15 »
Coucou ! je repasse, donc
quelques remarques au vol :

Avec elle, il reprit la route des déserts à l’occasion ses premiers dessins pour des appels d’offres.
petit bug

un état et un revêtement différent, veiné de marques de soudures irisées, de renflements et de coups.
je trouve "irisées" de trop, mais je comprends que tu le gardes

Sandro reçut une voiture du cabinet, qui était ravi qu’il puisse enfin se présenter à ses clients dans un véhicule présentable.
Répétition malheureuse.

Il l’ouvrit : une photo de Rubicon, dans une rue non familière.
inconnue ?

Tout à coup c’était devenu une évidence : Amina avait prévu une expédition complète, jusqu’à la liste de courses qu’il n’avait qu’à confirmer.
c'est tellement évident que je ne suis pas sûr que ce soit la peine de mettre cette phrase.

Déjà, C'EST MIEUX ! je trouve :)
Amina est vachement plus impliquée dans l'histoire que dans mon souvenir, c'est chouette. Je trouve que l'on comprend mieux les choix du personnage, ce qu'il ressent etc. même si j'ai toujours un peu du mal à relate, mais c'est normal, vu le sujet, je suis loin de partager cette passion ^^
Mais trouve que le texte fonctionne vachement mieux, c'est du joli retravail !

A pluche
aucun : les artichauts n'ont aucun rapport avec le Père Noël. Ce ne sont pas des cadeaux et on ne peut pas faire de Père Noël en artichaut.

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Re : 8 - Rubicon, ou les déserts qui décident (V2)
« Réponse #24 le: 12 Juin 2022 à 19:11:26 »
Pour "suspicieuse", j'ai cherché un moment (je le sais ! je le sais !) et j'ai fini par conclure qu'il fallait lire "susceptible". On dit parfois d'une voiture qu'elle est susceptible en effet.
Je suis la mauvaise herbe, braves gens, braves gens
C'est pas moi qu'on rumine et c'est pas moi qu'on met en gerbe
La mort faucha les autres, braves gens, braves gens
Et me fit grâce à moi c'est immoral et c'est comme ça  (Georges Brassens)

Hors ligne Opercule

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Re : 8 - Rubicon, ou les déserts qui décident (V2)
« Réponse #25 le: 14 Juin 2022 à 13:57:38 »
hello @Deo Merci pour ton passage !
Ah, dommage que tu trouves que les temps s’embrouillent. J’ai essayé de faire de mon mieux et je me disais justement que je ne m’en étais pas trop mal sorti. Peut-être que je devrais mettre tout au même temps, mais je voulais avoir une cassure entre le temps de la narration et les passages en plus-que-parfait.
Pour ce qui est du présent, je voulais en faire un présent de vérité général, comme au tout début ou en décrivant les esthétiques recherchées par Sandro.
Merci pour le détail, c’était très important et nuancé ; j’ai déjà effectué des remplacements que j’estime corrigent l’erreur.

Merci pour ton commentaire, @Alan !
Effectivement j’ai toujours cette idée en tête, d’être le plus détaché possible et de ne pas donner au narrateur le soin d’introduire les personnages.
Une piste pour donner plus de chair à Amina serait effectivement de lui donner une profondeur émotionnelle plus substantielle, plutôt que le modèle de "résolutrice de problèmes" placide.

Hey @Zag, je n’ai pas à te tirer les oreilles, finalement 👂
Argh, les coquilles, je ne pourrai jamais m’y échapper… Merci d’aider à la chasse :meeting:

Salut @Jadis, merci pour ton passage. Je voulais bien dire "suspicieuse", bien que ce choix de mot ne se retrouve pas dans le texte remanié, justement parce qu’il n’était pas le meilleur.
Mais oui, les Jeeps seraient aussi "susceptibles" ; j’aborde ce sujet plus loin :-)

Pour la suite, je réfléchirais à étoffer Amina, réfléchir sérieusement aux temps et l’importance réelle d’avoir du plus-que-parfait, éventuellement reformuler quelques phrases ici et là. Donc ce n’est pas la fin du remaniement, n’hésitez pas si vous avez d’autres réflexions.

 


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