Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

30 Mai 2026 à 19:49:31
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Sous le soleil des topics » Discussions » Liberté

Auteur Sujet: Liberté  (Lu 1160 fois)

Hors ligne Grégor

  • Calligraphe
  • Messages: 121
Liberté
« le: 01 Juillet 2022 à 09:46:20 »
On peut considérer que l’homme est libre de ses choix.
Ainsi peut-il être méritant, s’il agit pour le bien de ses semblables.
Mais s’il n’est pas libre mais absolument contraint d’agir de telle ou telle manière, alors il n’a aucun mérite à bien agir. Il agit selon sa nature et s’il est bon, ce n’est pas de son fait, il n’est pas causa sui.
La cause finale serait ainsi une illusion des hommes, qui ignorant les causes de leur volonté (leurs pulsions ou désirs), projetteraient sur leurs buts, leurs désirs ignorés.
Ce n’est qu’en tant que nous ignorons que nous appelons bonnes, les choses que nous désirons, que nous croyons être bons par choix.
Nos désirs sont donc déterminés selon leurs causes qui n’est pas notre libre arbitre.
Le libre arbitre serait cette illusion d’avoir choisi de désirer telle chose plutôt qu’une autre.
On ne discute pas dit-on des goûts ni des couleurs. Or, le bien est un goût comme un autre du point de vue de la nature.
Cesserions-nous d’aimer les cerises parce qu’elles seraient considérées comme mauvaises par la société à laquelle nous appartiendrions ?
Peut-être que par égard pour les lois d’une telle société nous nous abstiendrions d’en manger, pour autant notre appétit de cerises et notre intention secrète d’en manger, n’en diminuerait sans doute pas pour autant.
Savons-nous enfin pourquoi nous désirons telle chose plutôt que telle autre ?
Qu’est-ce que le désir ?
Pouvons-nous choisir librement ce que l’on désire ?
Et quand nous désirons, pouvons-nous aller à l’encontre de notre désir ?
Il semblerait que oui, car nous parlons bien de désirs impérieux, par exemple, celui de fumer, alors que nous résistons mieux à d’autres.
Mais l’on pourrait tout aussi bien dire qu’un autre désir l’emporte sur notre désir moins impérieux et que ce dernier, qui vient annuler le désir concurrent, n’est pas plus volontaire que le premier.
Ce conflit des désirs est assez bien exprimé, dans la théorie de Freud, entre le ça, le surmoi et le moi. On pourrait ajouter la conscience du monde extérieur, car finalement le moi est peut-être le lieu où se croisent ses pulsions (le ça), les interdits (surmoi) et la conscience qu’il a du monde extérieur.

Peut-on nier que l’individu ait une certaine liberté ?
Que si je voulais lever mon bras droit, par exemple, je serais libre de le faire ?
L’homme, dit-on, est une partie de la nature.
Mais quelle est la nature de l’homme ?
Supposons qu’elle soit ses gênes.
Alors la nature de l’homme n’a semble-t-il pas changé depuis l’époque préhistorique.
Pourtant son mode de vie a bien changé.
Comme Rousseau l’écrivait : l’homme est perfectible.
Certes les animaux aussi évoluent, ce ne sont pas des essences figées, mais du point de vue de la faculté d’adaptation de l’homme, elles paraissent telles.
Ainsi les possibilités de l’homme n’ont cessé de s’accroître.
Un exemple, si vous voulez, pourrait être l’aviation ou la contraception.
Les hommes ont la possibilité de voyager par-delà les océans plus vite que jamais et cette possibilité n’est pas liée à l’évolution de leur nature, car enfin, il ne leur a pas poussé des ailes.
Pourtant, d’une certaine manière c’est leur nature qui leur a permis, du fait des facultés de leur esprit, de comprendre les lois physiques et la manière dont ils pouvaient s’y prendre pour faire voler un avion.

Le cerveau pourrait être comparé à une machine à calculer : il envisage diverses possibilités et choisit selon les données à sa disposition, la meilleure manière d’atteindre son but.
Lorsque je saisis mon stylo par exemple, sans que je n’en aie conscience, le cerveau prévoit quels muscles contracter afin de réaliser cette tâche et l’accomplit.
Mais je peux avoir conscience de certains de ces calculs, notamment grâce au langage, qui traduit en mots les cogitations mentales (selon l’hypothèse du mentalais).
Je peux aussi réfléchir, d’une certaine manière, sans traduire par des mots ce langage primaire.

Notre pensée suppose l’activité de différents modules, par exemple, celui servant à reconnaître des visages ou celui servant à construire des concepts et bien d’autres encore, dont nous usons sans avoir conscience de leur activité.
Pourtant, ceux qui prétendent que l’homme n’est qu’une partie de la nature et qui l’assimilent, selon moi, à une chose, c’est-à-dire privée de conscience et de liberté, semblent ignorer que l’homme délibère (calcule) aussi à propos de ce qu’il désire accomplir.
Certes, nous ignorons souvent la nature de nos désirs et le matérialisme qui refuse tout asile à notre ignorance est souvent d’une aide précieuse, pourtant, il me semble faux de prétendre que nous sommes totalement ignorants des causes des buts que nous poursuivons.
Lorsque je respecte le code de la route par exemple, je le fais parce que j’ai conscience que mon attitude favorisera la sécurité de tous et parce que je sais que les voitures peuvent être dangereuses quand elles sont conduites par des insensés.
Je connais mon désir, qui est de rester en vie et qui est partagé par la plupart des êtres humains sensés et bien-portants.

Quand un matérialiste dit que la vérité est insensée, que le temps est imaginaire, que seul le présent existe, il dit sans doute quelque chose de juste, pourtant, une telle insignifiance du monde et c’est je crois son propos, serait sans valeur pour nous et donc sans utilité.
Sans parler du problème de l’action. Car si seul le présent existe, comment ne serait-il pas figé ? Quelle est cette durée immobile de l’instant et pourtant mobile, comment le présent peut-il passer sans temps ? Et quelle serait la durée de l’instant ? Une seconde serait déjà le passage de centaines de millisecondes, et même la durée la plus courte jamais enregistrée, qui est je crois de 247 zeptosecondes, est déjà le passage d’une particule de photon à travers une molécule et pourrait donc être décomposée sans doute en plusieurs moments. Donc cet instant le plus court serait le seul réel, pour un matérialiste, car pour lui, le futur est imaginaire et le passé aussi. Le mouvement est imaginaire, seule existe la présence perpétuelle des choses, on ne sait pas trop quand, mais on dit : « maintenant ». Or, nous avons vu que pour le voyage d’un photon, notre maintenant serait excessivement long, bref, que le maintenant aussi est lié à notre imagination. Certes, on n’agit que dans le présent, mais toute action suppose un temps minimum, donc le point de vue instantanéiste de certains matérialistes me paraît un peu absurde. Tout passe et la limite entre deux maintenant successifs quelle est-elle ?
Si je lance une flèche, par exemple, à quel moment passe-t-elle, de mon arc à la cible visée ?
Il y a tout un trajet. Mais peut-on vraiment délimiter un avant et un après ? Jusqu’à cette limite la flèche est dans mes mains, à tel moment elle les quitte, à tel autre, elle vole vers sa cible et enfin elle la touche ? Mais quand quitte-t-elle vraiment mes mains ? Quand je lâche la corde de mon arc ? Et, à ce moment, est-elle déjà partie ? Quand commence-t-elle son vol ? Ou plus généralement quand commence le mouvement, quand s’effectue-t-il et quand se termine-t-il ? La limite entre ces moments peut toujours être affinée, au point où l’on peut imaginer un moment qui soit à la fois pendant le commencement du mouvement et pendant le mouvement proprement dit. Ce laps de temps serait le passage entre ces deux états de l’objet, ici, la flèche. Le mouvement est donc continu. D’une certaine manière, il est toujours entre deux états. C’est donc l’état qui semble abstrait. Nous disons qu’à telle seconde la flèche est par exemple à 5 mètres de l’arc mais en réalité elle est entre deux distances, sinon, elle serait immobile. Cette interpénétration des maintenant est, je crois, la signification du mouvement. N'être ni là, ni là, mais justement entre les deux. Un peu comme un point divisant un segment n'est ni dans le segment sectionné de gauche ni dans celui de droite. Il les divise, sans être ni l’un, ni l’autre, mais il rend l’un et l’autre possible. Si nous ajoutons à ce segment divisé la dimension du temps, allant de la gauche vers la droite (une flèche du temps), alors ce point devient le point de passage entre les deux segments temporels, l’instant. Or, rien de plus abstrait en géométrie qu’un point, qui ne peut absolument pas exister dans la réalité, par exemple sur une feuille de papier et pourtant rien de plus concret, quand il s’agit du temps, que l’instant. Encore, que cet instant n’est intelligible que par ce qu’il n’est pas, à savoir, les deux moments qu’il sépare et réunit tout à la fois.
La vérité, sauf à supprimer en elle tout mouvement, n’est donc pas insensée, elle est le passage entre des maintenant, cette logique même du devenir, qui certes, ne serait pour personne si aucune conscience n’était pas là pour la comprendre, mais qui n’en serait pas moins effective pour autant, l’effectivité même.

Cette compréhension du devenir est ce qui nous permet d’envisager du possible.
La liberté pour nous, est le choix que nous faisons entre divers possibles.
Ces possibles sont contraignants en ce qu’ils dessinent les contours de ce que nous pouvons librement choisir.
Cela signifie que nous ne pouvons pas choisir de faire quelque chose au-delà de nos capacités. Je veux dire, que je peux bien vouloir m’envoler en battant des bras mais cela ne me donne aucunement la possibilité de m’envoler de cette manière.
Cette liberté n’est pas déterminée a priori et échappe en cela aux lois nécessaires de la nature.
Ainsi vouloir chercher d’autres causes que mon libre choix de faire ceci plutôt que cela, aboutira toujours à cette impasse que ces causes ne pourront jamais être totalement déterminantes.
Sauf à pouvoir suivre la manière dont ma pensée légifère en temps réel. Or, il me semble évident et tout le monde peut en faire l’expérience en lui-même, que nous agissons, au moins partiellement, sur notre esprit. Cela signifie que nous dirigeons, en partie, les connexions qui se font dans notre cerveau, et que nous ne sommes pas totalement passifs vis-à-vis des cogitations que nous formulons.

Pourtant nous agissons souvent en vue de raisons qui justifient notre action.
Nous pourrions penser que ces raisons d’agir sont déterminantes, pourtant cette délibération nous appartient et c’est nous qui sommes responsables du choix que nous faisons de nos raisons.
Si nous ignorons les raisons contraires qui auraient pu nous faire agir différemment, nous ne sommes pas totalement responsables du choix que nous n’avons pas fait d’agir autrement. C’est pourquoi la connaissance de nos diverses possibilités augmente notre liberté.
Or, nous n’agissons pas uniquement du fait de causes raisonnables mais plutôt pour satisfaire des désirs et le pouvoir de notre raison est souvent bien faible quand il est confronté à des pulsions désirantes.
Mais la sagesse consiste justement à éduquer ses désirs afin qu’ils deviennent plus raisonnables et plus maîtrisés.
Ce n’est donc pas seulement un libre choix instantané mais une habitude prise par une accumulation de choix pertinents qui mène à la vertu.
Certains prétendent que la liberté est hors du monde.
Mais ce n’est certainement pas le cas, elle est une possibilité d’influencer par ses choix le cours de sa vie.
Cette possibilité est naturelle, elle est due à la constitution de notre esprit, qui n’est rien d’autre que notre cerveau, elle n’est donc pas hors du monde.
Pourtant ce que nous avons appelé du nom de nature est un enchaînement de causes absolument nécessaires, c’est-à-dire, déterminantes.
Mais cette définition de la nature ne comprend pas la liberté naturelle de l’homme, qui peut envisager l’avenir et choisir entre différentes possibilités.
Certains adeptes du déterminisme diront que les hommes ne choisissent qu’en fonction de ce qu’ils sont et que s’ils étaient autres ils choisiraient autrement.
Le problème vient du fait que ce que les hommes sont, semble pour eux surgir totalement indépendamment de leur volonté.
Or, si tel était le cas, nous pourrions prévoir les mauvaises actions et il serait possible d’enfermer les criminels avant qu’ils ne commettent leurs forfaits, simplement parce qu’ils ne pourraient pas dévier de la mauvaise route qui les aurait façonnés.
Le seul fait que nous puissions vivre a priori en liberté témoigne de ce pouvoir, certes relatif, que nous pouvons avoir sur nous-mêmes.
Rien pour l’homme n’est écrit à l’avance.
Si certains faits sociologiques nous enseignaient que certaines catégories sociales, par exemple, étaient plus enclines à commettre des crimes ou à exercer telles professions ou à avoir tels comportements, cela ne changerait pas tellement la possibilité de la liberté. Car la liberté bien comprise ne nie pas ces déterminismes, au contraire, elle essaie de les comprendre afin de pouvoir être plus libre qu’elle ne le serait sans cette compréhension des phénomènes du monde.
J’emploie le terme phénomène à dessein, car je reprends en cela la leçon de Kant, les phénomènes sont ce que nous saisissons de la réalité quand nous essayons de la comprendre en vertu du principe de causalité. Or, ce qui échappe au principe de causalité, c’est justement ce moment de délibération en l’homme où il peut, quoique ce pouvoir soit limité, choisir entre diverses possibilités, celle qui lui conviendra le mieux.
Cette capacité d’envisager l’avenir contredit temporellement la notion de causalité, qui elle, va du passé vers le présent, en ce qu’elle tire de l’avenir, tel qu’il est envisagé, le présent.
Bien sûr la liberté est limitée et d’autant plus qu’on connait moins les causes qui nous déterminent à agir de telle ou telle façon.
Cette capacité est bien en nous, dans le monde, mais ne pourra pas être saisie si l’on cherche les causes qui l’ont déterminée, ailleurs que dans la libre volonté.
Voilà pourquoi ceux qui se cherchent des excuses ou en cherchent pour les autres en trouveront toujours.
Pourtant nous savons bien dans notre for intérieur que nous choisissons d’agir de telle manière et pas autrement.
Quand nous délibérons nous accordons notre préférence à telle raison qui justifie à nos yeux notre action.
Cette raison choisie fait ce que nous sommes.
Ceux qui disent qu’ils n’ont pas choisi d’être celui-ci plutôt qu’un autre, n’ont tout simplement pas su prendre leurs responsabilités. Ils se sont laissés guidés par les déterminations extérieures à leur volonté.
Il est vrai que les hommes ne naissent pas libres, que leur liberté de choisir dépend des possibilités qu’ils ont et que nous ne sommes pas tous égaux vis-à-vis de ce qu’il nous est possible de faire.
Nous ne naissons pas libres et il peut arriver que nous comprenions trop tard et seulement avec l’expérience de la vie, ce que nous aurions voulu faire. Ainsi l’expérience du monde et de nos désirs nous enseigne ce que nous voulons vraiment.
Aussi, nos possibilités ne sont pas égales, c’est ainsi que beaucoup de parents conseillent à leurs enfants de faire de bonnes études afin de pouvoir choisir le métier qu’ils voudront faire, le jour où ils auront suffisamment de maturité pour savoir ce qui leur plaira vraiment.
Cela signifie que les bons élèves ont plus de possibilités, donc plus de liberté que les mauvais élèves.
La liberté n’est donc pas absolue et est limitée par le possible et la connaissance que nous avons de nos possibilités.
Ceux qui défendent l’idée du déterminisme n’ont donc pas tort, car la connaissance que nous avons de nos possibilités dépend de notre passé et nous n’envisageons l’avenir qu’à partir de ce que nous avons appris.
Là encore, nos choix sont de peu de poids dans nos jeunes années, nous croyons aisément ce que nos éducateurs nous ont appris, ce n’est qu’avec l’expérience et le temps que nous apprenons à avoir un regard critique sur notre éducation et que notre jugement gagne en autonomie.
Il est vrai que sans ce travail critique et réflexif il n’est pas ou peu de liberté.
Peut-être même que notre liberté ne dépend pas entièrement de nous. En effet, celui qui aura une éducation libérale l’engageant à réfléchir par soi-même, à la lumière de sa raison, aura peut-être plus de chance d’être libre que celui qui est élevé sous le joug de la superstition et de l’obéissance passive.
De même avec l’argent, celui qui a beaucoup de moyens peut s’acheter ce qu’il veut, alors qu’avec des moyens limités nos achats le sont aussi.
Donc la liberté dépend des possibilités qu’elle peut envisager mais n’est déterminée a priori par aucune.

Enfin, il m’a semblé en relisant ce texte et notamment la fin, que la liberté reposait pour moi sur une évidence. Et si cette évidence était une illusion ? En effet, j’ai parlé de choix. Or, plus haut dans le texte, j’avais comparé notre cerveau à une sorte d’ordinateur, capable d’effectuer des calculs, même et c’est là le point essentiel, en dehors de la conscience que nous avons d’effectuer ces calculs. Ce que nous appelons liberté ou choix pourrait bien être le résultat de calculs nombreux et inconscients. Donc, pas vraiment une liberté, puisque le résultat que nous choisissons ne dépend pas de nous mais est déterminé pas des calculs qui se font sans nous. Sous cette nouvelle perspective, le moi est une illusion. L’illusion de choisir, alors que nous avons seulement conscience de certains résultats qui nous incitent à aller dans telle direction plutôt que telle autre. J’ai en tête l’exemple d’une femme, qui à la suite d’un accident, ne connaissait pas la peur. Ainsi lorsqu’elle fut agressée par un voyou, qui la menaçait d’un couteau, au lieu de lui donner son sac, elle l’invectiva si fort qu’il fut contraint de fuir. A-t-elle choisit d’être courageuse ? Certainement pas, me direz-vous, son cerveau lui a dicté son choix d’action, incapable qu’il était de détecter la moindre menace.
Pourtant, on peut aussi considérer que cet état pathologique lui a ôté la possibilité d’être courageuse.
La question est de savoir si nous (à condition que le moi existe) avons la possibilité d’orienter nos pensées. Si notre cerveau est en quelque sorte un ordinateur dont nous pouvons user en tant que quelque chose d’autre que notre cerveau (pourtant logé dans le cerveau) ou si nous sommes l’activité même de ce cerveau, consciente, en partie, d’elle-même.
Je me demande à quoi pourrait bien servir cette conscience, si elle n’était qu’un reflet partiel et passif de sa propre activité.
Je suis donc allé lire quelques articles de vulgarisation scientifique afin de voir si par exemple une région de notre cerveau pourrait être responsable du libre arbitre. Mais il semblerait plutôt que la conscience soit seconde par rapport à nos choix. Ainsi le cerveau prend une décision et nous informe ensuite de ce que nous allons faire.
Pourquoi a-t-il cette bonté envers nous (même si vous reconnaîtrez que ce nous n’est plus grand-chose et certainement plus un sujet) ?
Peut-être, suggérait cet article, afin de pouvoir communiquer avec les autres. Mais si la décision de communiquer avec eux ainsi que le contenu de cette communication se fait, pour ainsi dire, sans nous, à quoi nous sert-il d’en avoir conscience ?
Si la conscience n’est en rien déterminante dans nos actions, qu’elle est pure contemplation de nos actes et du monde, du moins est-elle un beau voyage dont il nous faut profiter.

Je reconnais que ce texte, qui se voulait une critique du matérialisme et notamment du livre d’André Comte-Sponville, Traité du désespoir et de la béatitude, finit par se contredire complètement et que son titre même, Liberté, semble s’évanouir.
Et je dois pourtant partir travailler et me préparer, j’attends que mon cerveau décide de lui-même de fermer mon ordinateur, mais rien ne se passe. J’attends déjà depuis plusieurs minutes. Alors en dépits du matérialisme, des neurosciences, de l’illusion du moi, je décide d’achever ce texte. La liberté serait-elle une illusion nécessaire afin de ne pas demeurer immobile, sur son canapé, à attendre la venue d’un improbable non-moi ?

Hors ligne Dot Quote

  • Équipe Mammouth - Maquette
  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 6 174
  • ?
Re : Liberté
« Réponse #1 le: 01 Juillet 2022 à 20:31:17 »
quelle highline ! entre de tels sommets ! c'est stratosphérique

sûrement de nombreuses bonnes références qui transpirent, avec une capacité de synthèse en la forme de ces entre-entrée-s, ça segmente efficacement j'ai l'impression, ton process de révélation interne du contenu, et celui de formulation de celui-ci, oui j'ai rebondi sur ce qui m'apparaissait assez sécurisé dans le développement, tout le long on sent ta mixture de nombre de données plutôt bien traduites lexicalement, et la fluide articulation du touti ; un vertige me prend alors car si faille il y a dans ton propos, je ne peux hélas t'aider à la dénicher, trop complexe ; pour ce qui s'ouvre avec honnêteté coole à la fin, lorsque tu te mets à douter, à constater la porte ouverte, et à y jeter un oeil qui clôt ton texte avant de changer de salle : en apportant ainsi une ouverture à tout cet amas réflexif, tu me permets merci, de peut-être tenter une bafouille, que je suis timide à tenter auprès du sérieux de la tienne

la liberté en philo c'est un gros truc, tu as cité Kant qui est je crois bien fortement, le théoricien de la morale cette discipline singulière et universelle qui juge du bien et du mal, tu as cité Freud qui pour moi se limite juste à l'un tier du trio des philosophes du doute, pour avoir émis l'idée que notre cerveau pourrait se regarder lui-même pour piger le corps, l'individu, la société, le touti articulé tout bien, bon après pour la liberté j'ai pas tant glosé dans ce qui se fait de distingué : les Modernes depuis quatre cents ans, je connais pas des masses, sans pour autant être expert des Anciens, pour la philo occidentale, les deux se crêpant le chignon là où toi ou tes références nuancez mieux, entre l'intérêt social ou l'intérêt de l'individu... mais à l'épineux problème des multi-canaux conceptuels, dont les plus simples sont à regarder au début de l'arithmétique, dès qu'un mot ou un concept possède plusieurs facettes, deux minimum donc, et c'est déjà bien assez complexe, je crois que liberté de penser, déterminisme de pensée, cadres de jugements efficaces et ou de goût, seraient à penser vraiment autrement qu'en nos formes d'incarnation de cette pensée ; mais alors je n'envisage que de très flous progrès qui demandent pour solver le truc, d'autres trucs que j'ai pas, mais qui peuvent se raisonner dans l'idée au moins de ce qu'on est sûr de pouvoir gérer par causalité, une déontologie des valeurs par travail des outils de pensée, je re-cite les Logiques de l'Agir pour leur idée d''opérateurs fonctionnels', quelle que soit leur délirante nature en apport à l'expression, seraient pour moi un truc à viser pour les dimensions de liberté que j'imagine aux âmes et esprits... la différence est importante, et peut-être parlante ? les deux termes cartésiens autorisent de penser la polarité de la conscience, entre le matérialisme qui étudie la causalité, et les métaphysiques divergentes face aux irréductibles questions sans réponses, à ce moment la croyance je crois, prend une importance dans la réalité autrement que la certitude, et donc ce qui est intéressant par exemple avec le concept d'inférence, que je ne saurais développer, c'est, par conscience de la polarité qui passe de l'univers à l'au-delà, mais aussi du contingent au réel, le meilleur outil je crois à ce moment, pour 'sentir' ce truc qui se nomme bien phénomène mais qui impose le constat d'une altérité à ce paramètre, que tu abordes pas trop mal avec les notions d'action, heu... je sais plus trop là je me paume ej stoppe et trop long de te faire un retour pour l'instant poussé...

dsl du brouillon, à la lecture, qui m'a piquée, je tentais de garder mes fraiches réactions, mais j'ai bcp moins rendu procédurale cette réponse à tes mots que ce qui du coup, je me dis, aurait aussi fait trop prout prout depuis le humble moi ; je lui préfère ce semi-conv-de-comptoir, mais c'est toi le patron ! tu me sers un verre ? ^.^'
.

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.012 secondes avec 16 requêtes.