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Auteur Sujet: Le temps d'une nuit  (Lu 1301 fois)

Hors ligne Pachna

  • Plumelette
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Le temps d'une nuit
« le: 27 Janvier 2022 à 22:44:26 »
Un frêle souffle sortit de ma bouche et trouva une réalité physique en se dissipant dans la nuit noire. J’aime bien l’hiver juste pour ça, le simple fait de voir ma respiration devenir vivante m’est agréable. L’observer est apaisant, elle rappelle l’exhalaison des cigarettes de ténors d’Hollywood pendant leurs scènes de western, ne fumant pas je n’ai pas souvent l’habitude de profiter d’un tel panache de la part de mes poumons. Mais si l’aspect esthétique m’importe, j’ai aussi l’impression qu’il me rassure parce qu’il me rappelle que je suis vivant quand tout autour de moi est immobile et que j’ai pour seule compagnie le froid de la ville, sans vie. Ceci n’est pas forcément une critique négative, c’est au contraire appréciable car lorsque nous nous arrêtons dans nos mouvements c’est encore la seule chose qui nous ramène à notre existence tangible.

Je détournai le regard de ma vapeur d’eau pour regarder le paysage qui m’entourait, une rangée de lampadaires à la lumière blafarde donnait une allure étrange à la Plaza de armas, centre de Salmilla, la ville des trois montagnes. On avait le sentiment d’être dans un réceptacle fantomatique, d’être arrêté dans le temps. Voilà, c’était précisément là où je voulais en venir, la nuit, seul endroit et seul lieu qui peut nous donner la sensation que le temps s’arrête. Parce que c’est l’heure du repos biologique et donc du repos de la vie, en ce sens que celle-ci est constituée du mouvement qui lui est nécessaire pour que nous puissions la voir et l’apprécier. Sans traces de mouvements, il n’y a plus de vie possible. Je balayais du regard autour de moi, je ne voyais pas de mouvements, c’est que la vie était partie. A ce propos, si je parle de la nuit en lieu et non seulement en moment, c’est parce que je confonds les deux. La nuit marque le moment par son temps qu’elle instaure mais elle devient aussi un lieu puisque ce n’est qu’à l’intérieur de celle-ci que l’on peut se rendre compte de l’importance de la vie.

Lorsque nous sommes dans la nuit, nous nous rendons compte du vide, ce n’est que dans une forêt noyée dans le noir que nous éveillons notre ouïe pour en repérer les moindres signes, que nous sursautons de peur lorsque nous pensons en entendre une autour de nous, qui murmure à notre oreille… Alors que pourtant, ne devrions-nous pas être heureux de l’entendre bruisser ? Ne devrions-nous pas être rassurés d’entendre que malgré la nuit, la vie, elle, continue d’exister même dans le noir ? Or, là où je parle d’une forêt, à l’inverse, nos villes qui sont quadrillées, organisées, structurées, effacent tous les pores de la vie lorsque la nuit tombe. Elle tombe, mais pas seulement sur nous, elle tombe pour effacer nos vies un court instant. Au milieu de la place si j’avais regardé en face de moi la cathédrale majestueuse, d’un style gothique assez pompeux, je n’aurais su dire si j’étais vivant ou pas, si je rêvais ou non. Ces lampadaires s’étaient-ils seulement éteints une seule fois ? Cette nuit se terminerait-t-elle ? A-t-elle-même débuté un jour ? Le teint blanchâtre des balcons autour de la place semblait bien inexpressif, les projecteurs qui avaient été placés pour donner du corps à la cathédrale et faire ressortir toutes ses aspérités fournissaient un bon travail.

Toutefois malgré sa beauté, la grande dame me paraissait bien fade, presque absente, ou peu encline à s’accommoder de son devoir d’acte de présence. En réalité, la seule personne qui réussissait malgré tout à donner un peu de vie au cœur de cette place, c’était encore moi. Et on pouvait en douter, moi le premier, car si j’avais voulu ne plus bouger, fermer les yeux quelques secondes, retenir mon souffle, écouter attentivement les alentours, je n’aurais rien entendu, rien d’autre que le silence. Mais il ne faut pas croire que c’est le signe d’une mort quelconque, c’est bien le silence de la vie que j’aurais entendu, d’une vie qui se repose, qui attend son heure. Simplement, on pourrait bien croire qu’elle n’ait jamais existé tellement le temps de ce moment semble s’étirer et que sa durée s’allonge sans cesse, sans s’arrêter, sans ralentir jusqu’au moment où…

-    Pourquoi t’es tout seul au milieu comme ça ?

J’expirai d’un seul coup laissant la vie sortir un peu plus de mon corps pour entacher l’air vide grâce au froid de la soirée. Simon arrivait en sautillant de loin, il essayait de se réchauffer sous son manteau, c’était lui que j’attendais, il arrivait avec mon père. Les deux venaient de se rencontrer dans la soirée, moi aussi je venais de rencontrer Simon, à moins que ce ne soit mon père. Jamais je ne l’avais vu si heureux de pouvoir échanger avec quelqu’un. On s’était croisés dans un restaurant non loin de la Plaza de armas quelques heures plus tôt, un endroit où les pizzas étaient cuites dans un authentique four qui crépitait devant nous, il y avait un côté distrayant à voir les pâtes entrer et ressortir, cette dextérité artisanale que je voyais à l’œuvre à travers son brasier, comme tentant d’en percevoir son secret durant les petits moments où le pizzaiolo mettait son œuvre en devenir à l’intérieur pensais-je, lorsqu’une voix m’interpella :
-   Vous êtes des touristes non ? demanda-t-elle d’un ton brusque.

Je me retournai, Simon était sur la table d’à côté, je n’aimais pas beaucoup les intrusions de ce genre-là, surtout quand on était en train de manger, enfin, ça doit venir du fait que je sois…
-   Français, non ? dit-il en nous pointant mon père et moi du doigt, un œil amusé.
-   Oui, lui répondis-je sèchement.
-   Haha je l’aurais parié, s’exclama-t-il avec un petit air triomphant sur le visage.
-   Comment en étiez-vous sûrs ? lui rétorquais-je un peu piqué par son intervention.
-   Vous avez vu comment vous contemplez la nourriture ? Il n’y a que des français pour regarder autant ce qu’ils vont manger, asséna-t-il avant de partir dans des gloussements.

Je ne réagis pas, mais à ma grande surprise, mon père qui d’habitude était assez taciturne partit dans un rire sonore. Pour tout dire je l’avais tellement peu vu se prêter à ce genre d’exercice que je commençais à me demander s’il avait à sa disposition les muscles adéquats au niveau du visage pour pouvoir rire, sourire, pincer ses lèvres ou au moins tirer ses traits d’une quelconque manière. La suite est assez simple, Simon et mon père ont commencé à discuter, je me suis finalement apaisé et on a terminé le repas ensemble. La conversation était fluide, et drôle, si drôle ; rarement dans ma vie je n’avais croisé quelqu’un comme Simon qui était capable de provoquer le rire sur tous les sujets qui pouvaient passer sous son jugement. Le tout avec deux inconnus qui avaient une maîtrise partielle de l’espagnol et qui eux, au contraire, n’avaient de l’humour que son rythme.

Le rythme du receveur en humour est plutôt aisé, il suffit de prendre et de ne rien envoyer, on écoute et si on trouve cela drôle, on doit s’exprimer par le rire. Sinon, on garde le silence, preuve de notre incompréhension, colère, retenue, ou les trois à la fois. Alors que Simon avait le rôle ingrat : il proposait. Il donnait à chaque fois un peu plus de lui-même et nous comme des bœufs en pleine période d’engraissage, on se gavait et on riait. Il nous offrait tout le spectacle et nous l’observions au coin du feu, en train de nous raconter ses histoires, histoires dont nous n’avions ni les tenants ou les aboutissants mais qui étaient bien rythmées, sans embûches et avec un but bien précis, celui de faire rire.

Nous sommes restés deux bonnes heures qui furent bien plus qu’agréables, il nous expliqua les raisons de son retour au sud, oscillant entre contentieux familiaux et opportunités professionnelles. Cet homme aux cheveux grisâtres d’une quarantaine d’année avec un teint mat avait des reflets bien communs, mais il avait une telle façon de s’exprimer, de vivre qui me semblait étrangère, il n’était pas dans la même dynamique que moi. A côté de lui je n’avais pas l’impression de me ressentir. J’étais comme une flaque insipide, comment pouvait-il procéder ? Comment se livrer aussi facilement devant deux inconnus, trouver les mots justes pour toucher ? Une nuit et il avait réussi, une nuit toute simple et pourtant il était désormais parmi nous. Au centre de la place, j’attendais leur venue, Simon devait y retrouver son taxi, moi et mon père avions proposé de le raccompagner et d’attendre avec lui dans le froid, j’avais pris de l’avance et je m’étais posé au centre, observant la buée que je formais avec mon souffle en réfléchissant quand Simon arriva et me demanda :

-   Pourquoi t’es tout seul au milieu comme ça ?
-   J’ai pris de l’avance, répondis-je en souriant.
   
Il se posta en face de moi, mon père se mit à mes côtés, nous restâmes quelques secondes ainsi sans bouger, trois cheminées actives qui laissaient peu à peu leur fumée s’envoler dans la nuit noire. J’aimais bien les silences, c’est là que je m’en rendis compte, il n’y avait pas de meilleur moment pour réfléchir, notre cerveau est une belle machine, si quelque chose ne se déroule pas comme prévu, il fait tout pour le combler. En réalité, le silence est le bruit du cerveau, quand on pense que tout est arrêté c’est là qu’il se met en marche au moins pour nous rappeler à notre être, mais d’autres personnes ne le comprennent pas ou moins parce qu’encore une fois, alors que je réfléchissais sur ce que je ressentais on me rappela que…
-   Vous aimez bien les silences vous, non ? amena Simon.
-   Pourquoi cette question ? répondis-je cette fois plus intrigué et moins sur la défensive.
-   Je ne vous trouve pas particulièrement bavard entre vous, fit-il en me désignant moi et mon père du menton.

Nous nous échangeâmes un bref regard amusé du coin de l’œil, Simon n’avait pas tort mais ça ne nous ennuyait pas outre mesure, nous avions toujours eu un rapport père-fils assez distant, le sud-américain reprit la parole sans nous laisser le loisir de répondre :
-   Vous savez, moi aussi j’étais assez distant avec mon père, pendant très longtemps, et je n’osais jamais l’approcher. Vous savez ce qu’on se dit : « Non je peux pas venir près de lui, parler de ce que j’ai sur le cœur, le serrer dans mes bras ». Vous voyez des choses comme ça, parce qu’on est des vrais hommes vous comprenez, des « machos ». On a toujours fait en sorte de se tenir éloignés, dit-il pendant que mon père et moi le fixions intensément du regard, sans sourciller. Mais voilà, un jour le père d’une amie proche est mort, et c’était horrible parce que… Enfin, lorsqu’elle m’en parlait on sentait que son père et elle ne s’étaient pas tout dit, qu’il manquait quelque chose. Vous comprenez ?

On n’osait plus s’échanger un seul regard avec mon père on se contentait simplement d’offrir des hochements de têtes approbateurs comme si nous partagions et trouvions évident le point de vue de Simon. Il reprit rapidement :
-   Et c’est à ce moment-là que j’ai décidé d’améliorer ma relation avec mon père parce que je n’ai pas voulu connaître ça. Alors j’ai pas commencé tout de suite par l’embrasser hein, j’y suis allé petit à petit, un jour je suis rentré chez moi et je l’ai pris dans mes bras, quelques secondes. Au début il était surpris, il n’aimait pas du tout ça, il devenait bougon, il se renfermait sur lui parce que c’était pas naturel, et j’ai pris sur moi aussi parce que c’était pareil de mon côté. Mais bon j’ai commencé avec ça, puis une petite accolade, puis une vraie embrassade, un baiser, puis deux, puis trois. Aujourd’hui, je ne passe pas le pas de la porte sans qu’il ne m’ait déjà pris dans ses bras, croyez-moi, il n’est jamais trop tôt pour se témoigner l’amour qu’on se porte. Surtout entre père et fils, avec mon père on n’a plus aucun tabou de ce type là et on s’entend à merveille, on s’est beaucoup rapprochés. Et pour ça, il faut réussir à passer cette étape… il me regarda fixement en prononçant ces derniers mots.

Mais c’est mon père qui lui répondit en insistant sur le fait que ce n’était pas tout le temps facile et que parfois cela dépendait des familles, tout en éludant que c’était bien sûr le cas dans la nôtre, c’était sa manière à lui d’évacuer le léger malaise qui s’était installé dans la conversation. Plus qu’un malaise pendant tout le monologue de Simon on s’était arrêtés d’exister, nos organismes respectifs se pilotèrent automatiquement et le fameux souffle de vie que je vante depuis le début s’était très rapidement transformé en une fonction mécanique, comme deux soupapes qui se levaient à intervalles réguliers dans la nuit, deux soufflets qui éjectaient un pauvre mélange de dioxyde de carbone, d’oxygène et d’azote sans qu’il n’y ait rien d’autre derrière si ce n’est un voile de gêne.

Cette pudeur pestilentielle qui nous empêchait de nous parler en face à face, de nous regarder dans les yeux et de nous dire que l’on s’aimait parce qu’il est en définitive bien plus primitif de se l’exprimer par diverses attentions tant qu’elles ne passent pas par la parole ou par des gestes d’affection. C’est pour ça que j’apprécie la solitude, elle, au moins, a l’obligeance de ne pas m’encombrer avec toutes ces niaiseries, et je suis certain que mon père au fond, pensait la même chose. Néanmoins, en écoutant ce que Simon déblatérait, cette sale impression qu’il disait la vérité ne parvenait pas à quitter ma tête, encore une fois pour lui, tout avait l’air plus simple, non pas plus facile mais plus simple, c’était limpide, chaque problème avait une solution à appliquer, j’allais lui demander comment il réussissait à percevoir toutes ces caractéristiques chez nous quand une lueur vint rompre le froid glaciale et la blancheur fantomatique de la place, Simon la vit et nous lança un :
-   Rentrez bien, c’était un plaisir ! avant de courir vers la lumière et de disparaître comme une ombre dans la noirceur de la ville, ne laissant comme trace de son passage que le vrombissement d’un moteur usé qui s’égara entre les façades mortes de Salmilla.

Nous restâmes seuls au milieu de cette place, plantés comme des piquets, avec encore le dernier message que l’hémisphère sud venait de nous lancer en tête. Après tout, si nous étions là cette nuit, peut-être que Simon n’était pas complètement dans le faux, c’était idiot de ne pas se dire les choses quand ces choses ne demandaient qu’à sortir. Et derrière les choses c’est bien le mot « sentiments » que j’avais en tête et qui me répugne au plus haut point parce qu’il me met à nu, moi et ma fierté peut-être mal placée. Simon devait avoir raison après tout, pourquoi perdre son temps lorsque justement la nuit nous offrait cette solution d’en gagner dans le sien ?

Si je commençais à enclencher le premier pas, ce serait plus facile de tout décoincer ensuite, mon père et moi avons toujours été très éloignés c’est vrai, comme beaucoup de familles je suppose, mais il est certain que nous aurions pu nous comporter différemment dans notre relation si nous nous étions décidés à nous traiter en adultes, et de reconnaître que oui, nous avons des sentiments l’un envers l’autre et qu’il est difficile de se les avouer, parfois impossible. Mais au moins commencer, au moins faire des efforts, et potentiellement… Non, sûrement qu’avec du travail des deux côtés nous réussirions à avancer pour briser ces barrières que nous nous étions placées et ne pas rester dans une amertume ou un mutisme dû à un déficit de parole lorsque les moments cruciaux arriveront, ce serait trop…
-   Il était marrant mais un peu spécial le type, fit mon père en s’éloignant du centre de la place, on y va ou tu préfères rester planté là ?

Question rhétorique, il avançait déjà vers une des artères de la ville, je voyais son dos qui s’éloignait et je me retrouvais à nouveau seul mais je connaissais bien ça. Il n’y avait plus que mon expiration dans la nuit, je le regardais une dernière fois s’enfoncer dans le noir puis, avant de lui emboîter le pas, je glissais pour moi-même :

-   Oui spécial… Mais marrant.
« Modifié: 03 Février 2022 à 14:51:17 par Pachna »

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Re : Le temps d'une nuit
« Réponse #1 le: 29 Janvier 2022 à 07:46:00 »
Bonjour PAchna,

j'ai bien aimé cette promenade dans la nuit en compagnie de ces types.

Un commentaire au fil du texte derrière le rideau

B

[spoiler][Ce qui m’a gêné dans ce texte c’est les deux temps , temps de la narration, temps de la rencontre… parfois il y aune confusion dans les deux. Peut-être à cause des temps de conjugaison et des référents que tu places ou oublies de placer. Un autre souci pour moi, c’est peut être certaines phrases un peu trop complexes, un peu assemblages. C’est pourtant ces deux temps et ces phrases un peu complexes qui donnent son intérêt à ce texte.

orthographe
forme
fond


Un frêle souffle sortit de ma bouche et trouva une réalité physique en se dissipant dans la nuit noire. J’aime bien l’hiver juste pour ça, le simple fait de voir ma respiration devenir vivante m’est agréable. L’observer est apaisant, elle rappelle l’exhalaison des cigarettes de ténors d’Hollywood pendant leurs scènes de western, ne fumant pas je n’ai pas souvent l’habitude de profiter d’un tel panache de la part de mes poumons. Mais si l’aspect esthétique m’importe, j’ai aussi l’impression qu’il me rassure parce qu’il me rappelle que je suis vivant quand tout autour de moi est immobile et que j’ai pour seule compagnie le froid de la ville, sans vie. Ceci n’est pas forcément une critique négative, c’est au contraire appréciable car lorsque nous nous arrêtons dans nos mouvements c’est encore la seule chose qui nous ramène à notre existence tangible.

J’aime beaucoup l’idée de ce narrateur qui intervient dans le récit, l’incessant va et vient entre deux moments, celui de l’action et celui du commentaire. Je me demande si il ne pourrait pas y avoir un décalage plus marqué, il y a déjà la conjugaison mais ça pourrait être une typo…

Je détournai le regard de ma vapeur d’eau pour regarder le paysage qui m’entourait, une rangée de lampadaires à la lumière blafarde donnait une allure étrange à la Plaza de armas ( peut être un peu lourd cette suite de mots à propos des lampadaires), centre de Salmilla, la ville des trois montagnes. On avait le sentiment d’être dans un réceptacle fantomatique, d’être arrêté dans le temps. Voilà, c’était précisément là où je voulais en venir, la nuit, seul endroit et seul lieu qui peut nous donner la sensation que le temps s’arrête. Parce que c’est l’heure du repos biologique et donc du repos de la vie, en ce sens que celle-ci est constituée du mouvement qui lui est nécessaire pour que nous puissions la voir et l’apprécier. Sans traces de mouvements, il n’y a plus de vie possible. Je balayais du regard autour de moi, je ne voyais pas de mouvements, il n’y avait plus de vies. D’ailleurs, si je parle de la nuit en lieu et non seulement en moment, c’est parce que je confonds les deux. La nuit marque le moment par son temps qu’elle instaure mais elle devient aussi un lieu puisque ce n’est qu’à l’intérieur de celle-ci que l’on peut se rendre compte de l’importance de la vie. ( je trouve ces quatre dernières lignes un peu laborieuses, intéressant concept sur la nuit par contre. Ensuite si c’est si important pourquoi l »le temps d’une nuit » et pas « le lieu d’une nuit »)

Lorsque nous sommes dans la nuit, nous nous rendons compte du vide ( le vide ou le silence?), ce n’est que dans une forêt noyée dans le noir que nous éveillons notre ouïe pour en repérer les moindres signes, que nous sursautons de peur lorsque nous pensons en entendre une autour de nous, qui murmure à notre oreille… Alors que pourtant, ne devrions-nous pas être heureux de l’entendre bruisser ? Ne devrions-nous pas être rassurés d’entendre que malgré la nuit, la vie, elle, continue d’exister même dans le noir ? Or, là où je parle d’une forêt, à l’inverse, nos villes qui sont quadrillées, organisées, structurées, effacent tous les pores de la vie lorsque la nuit tombe. Elle tombe, mais pas seulement sur nous, elle tombe pour effacer nos vies un court instant. Au milieu de la place si j’avais regardé en face de moi la cathédrale majestueuse, d’un style gothique assez pompeux, je n’aurais su dire si j’étais vivant ou pas, si je rêvais ou non. Ces lampadaires s’étaient-ils seulement éteints une seule fois ? Cette nuit se terminerait-t-elle ? A-t-elle-même débuté un jour ? Le teint blanchâtre des balcons autour de la place semblait bien inexpressif, les projecteurs qui avaient été placés pour donner du corps à la cathédrale et faire ressortir toutes ses aspérités fournissaient un bon travail.

Toutefois malgré sa beauté, la grande dame me paraissait bien fade, presque absente, ou peu encline à s’accommoder de son devoir d’acte de présence. En réalité, la seule personne qui réussissait malgré tout à donner un peu de vie au cœur de cette place, c’était encore moi. Et on pouvait en douter, moi le premier, car si je m’étais mis à ne plus bouger ( m’étais mis à ne plus bouger… peut-être lourdingue), à fermer les yeux quelques secondes, à retenir mon souffle, à écouter attentivement les alentours, je n’aurais rien entendu, rien d’autre que le silence. Mais n’allez pas croire que c’est le signe d’une mort quelconque, ( il y a eu le je, le nous et maintenant une adresse direct au lecteur… est ce que ça ne fait pas trop?) c’est bien le silence de la vie que j’aurais entendu, d’une vie qui se repose, qui attend son heure. Simplement, on pourrait bien croire qu’elle n’ait jamais existé tellement le temps de ce moment semble s’étirer et que sa durée s’allonge sans cesse, sans s’arrêter, sans ralentir jusqu’au moment où…

-    Pourquoi t’es tout seul au milieu comme ça ?

J’expirai d’un seul coup laissant la vie sortir un peu plus de mon corps pour entacher l’air vide grâce au froid de la soirée. Simon arrivait en sautillant de loin, il essayait de se réchauffer sous son manteau, c’était lui que j’attendais, il arrivait avec mon père. Les deux venaient de se rencontrer dans la soirée, moi aussi je venais de rencontrer Simon, à moins que ce ne soit mon père. Jamais je ne l’avais vu si heureux de pouvoir échanger avec quelqu’un. On s’était croisés dans un restaurant non loin de la Plaza de armas, un endroit où les pizzas étaient cuites dans un authentique four qui crépitait devant nous, il y avait un côté distrayant à voir les pâtes entrer et ressortir, cette dextérité artisanale que je voyais à l’œuvre à travers son brasier, comme tentant d’en percevoir son secret durant les petits moments où le pizzaiolo mettait son œuvre en devenir à l’intérieur pensais-je, lorsqu’une voix m’interpella :
-   Vous êtes des touristes non ? demanda-t-elle d’un ton brusque.
( la rencontre est assez confuse entre Simon et une autre personne on ne sait pas trop, il y a un peu télescopage des deux moments ou entre la voix et Simon. C’est une peu plus tard que j’ai compris qu’il n’y avait que Simon en gros dans le paragraphe  «  Je ne réagis pas… même plus tard on ne sait pas trop, on finit par comprendre qu’il y a deux temps de narration, celui de la rencontre/ celui du moment ou le père et le narrateur ont rendez vous avec Simon pour l’accompagner à la gare… du moins c’est ce que j’ai compris)
Je me retournai, Simon était sur la table d’à côté, je n’aimais pas beaucoup les intrusions de ce genre-là, surtout quand on était en train de manger, enfin, ça doit venir du fait que je sois…
-   Français, non ? dit-il en nous pointant mon père et moi du doigt, un œil amusé.
-   Oui, lui répondis-je sèchement.
-   Haha je l’aurais parié, s’exclama-t-il avec un petit air triomphant sur le visage.
-   Comment en étiez-vous sûrs ? lui rétorquais-je un peu piqué par son intervention.
-   Vous avez vu comment vous contemplez la nourriture ? Il n’y a que des français pour regarder autant ce qu’ils vont manger, asséna-t-il avant de partir dans des gloussements.

Je ne réagis pas, mais à ma grande surprise, mon père qui d’habitude était assez taciturne partit dans un rire sonore. Pour tout dire je l’avais tellement peu vu se prêter à ce genre d’exercice que je commençais à me demander s’il avait à sa disposition les muscles adéquats au niveau du visage pour pouvoir rire, sourire, pincer ses lèvres ou au moins tirer ses traits d’une quelconque manière. La suite est assez simple, Simon et mon père ont commencé à discuter, je me suis finalement apaisé et on a terminé le repas ensemble. La conversation était fluide, et drôle, si drôle ; rarement dans ma vie je n’avais croisé quelqu’un comme Simon qui était capable de provoquer le rire sur tous les sujets qui pouvaient passer sous son jugement. Le tout avec des inconnus ( il parle de lui et de son père, c’est ça ?, qui avaient une maîtrise partielle de l’espagnol et qui eux, au contraire, n’avaient pas en soi une grande connaissance de l’exercice humoristique à part celui du rythme. (un peu longuet cette phrase)

Le rythme du receveur en humour est plutôt aisé, il suffit de prendre et de ne rien envoyer, on écoute et si on trouve cela drôle, la société exige que l’on s’exprime par le rire ( person, je supprimerais la référence à la socièté, ta démonstration est assez ironique pour passer toute seule sans sociologie). Sinon, on garde le silence, preuve de notre incompréhension, colère, retenue, ou les trois à la fois. Alors que Simon avait le rôle ingrat : il proposait. Il donnait à chaque fois un peu plus de lui-même et nous comme des bœufs en pleine période d’engraissage, on se gavait et on riait. Il nous offrait tout le spectacle et nous l’observions au coin du feu, en train de nous raconter ses histoires, histoires dont n’avions (il doit manquer le nous) ni les tenants ou les aboutissants mais qui étaient bien rythmées, sans embûches ( faut y un s à embûche?) et avec un but bien précis, celui de faire rire.

Nous sommes restés deux bonnes heures qui furent bien plus qu’agréables, il nous expliqua ses récentes mésaventures qu’il avait eues, obligé de retourner dans le sud du pays pour régler des contentieux familiaux ( peut-être reformuler cette phrase qui fait un peu assemblage). Cet homme aux cheveux grisâtres d’une quarantaine d’année avec un teint mâte (teint mat) avait des reflets bien communs, mais il avait une telle façon de s’exprimer, de vivre qui me semblait étrangère, il n’était pas dans la même dynamique que moi. A côté de lui je n’avais pas l’impression de me sentir (  de me ressentir, je ne sais pas si sentir le fait!). J’étais comme une flaque insipide, comment pouvait-il procéder ? Comment se livrer aussi facilement devant deux inconnus, trouver les mots justes pour toucher ? Une nuit, et il avait réussi, une nuit toute simple et pourtant il était désormais parmi nous ( ici aussi, je pense que cette phrase est peut être à réassembler). Au centre de la place, j’attendais leur venue, Simon devait y retrouver son taxi, moi et mon père avions proposé de le raccompagner et d’attendre avec lui dans le froid, j’avais pris de l’avance et je m’étais posé au centre, observant la buée que je formais avec mon souffle en réfléchissant quand Simon arriva et me demanda :
-   Pourquoi t’es tout seul au milieu comme ça ?
-   J’ai pris de l’avance, répondis-je en souriant.

Il se posta en face de moi, mon père se mit à mes côtés, nous restâmes quelques secondes ainsi sans bouger, trois cheminées actives qui laissaient peu à peu leur fumée s’envoler dans la nuit noire. J’aimais bien les silences, c’est là que je m’en rendis compte, il n’y avait pas de meilleur moment pour réfléchir, notre cerveau est une belle machine, si quelque chose ne se déroule pas comme prévu, il fait tout pour le combler. En réalité, le silence est le bruit du cerveau, quand on pense que tout est arrêté c’est là qu’il se met en marche au moins pour nous rappeler à notre vivant ( vivant, je ne sais pas si ça le fait!), mais d’autres personnes ne le comprennent pas ou moins parce qu’encore une fois, alors que je réfléchissais sur ce que je ressentais on me rappela que…

-   Vous aimez bien les silences vous, non ? amena Simon.
-   Pourquoi cette question ? répondis-je cette fois plus intrigué et moins sur la défensive.
-   Je ne vous trouve pas particulièrement bavard entre vous, fit-il en me désignant moi et mon père du menton.

Nous nous échangeâmes un bref regard amusé du coin de l’œil, Simon n’avait pas tort mais ça ne nous ennuyait pas outre mesure, nous avions toujours eu un rapport père-fils assez distant, le sud-américain reprit la parole sans nous laisser le loisir de répondre ( tu as de la chance qu’on aime bien ce personnage parce que perso je n’avais pas compris que nous étions en amérique du sud) :
-   Vous savez, moi aussi j’étais assez distant avec mon père, pendant très longtemps, et je n’osais jamais l’approcher. Vous savez ce qu’on se dit : « Non je peux pas venir près de lui, parler de ce que j’ai sur le cœur, le serrer dans mes bras ». Vous voyez des choses comme ça, parce qu’on est des vrais hommes vous comprenez, des « machos ». On a toujours fait en sorte de se tenir éloignés, dit-il pendant que mon père et moi le fixions intensément du regard, sans sourciller. Mais voilà, un jour le père d’une amie proche est mort, et c’était horrible parce que… Enfin, lorsqu’elle m’en parlait on sentait que son père et elle ne s’étaient pas tout dit, qu’il manquait quelque chose. Vous comprenez ?

On n’osait plus s’échanger un seul regard avec mon père on se contentait simplement d’offrir des hochements de têtes approbateurs comme si nous partagions et trouvions évident le point de vue de Simon.

-  ( il manque peut être un rappel de qui parle) Et c’est à ce moment là que j’ai décidé d’améliorer ma relation avec mon père parce que je n’ai pas voulu connaître ça . Alors j’ai pas commencé tout de suite par l’embrasser hein, j’y suis allé petit à petit, un jour je suis rentré chez moi et je l’ai pris dans mes bras, quelques secondes. Au début il était surpris, il n’aimait pas du tout ça, il devenait bougon, il se renfermait sur lui parce que c’était pas naturel, et j’ai pris sur moi aussi parce que c’était pareil de mon côté. Mais bon j’ai commencé avec ça, puis une petite accolade, puis une vraie embrassade, un baiser, puis deux, puis trois. Aujourd’hui, je ne passe pas le pas de la porte sans qu’il ne m’ait déjà pris dans ses bras, croyez-moi, il n’est jamais trop tôt pour se témoigner l’amour qu’on se porte. Surtout entre père et fils, avec mon père on n’a plus aucun tabou de ce type là et on s’entend à merveille, on s’est beaucoup rapprochés. Et pour ça, il faut réussir à passer cette étape… il me regarda fixement en prononçant ces derniers mots.

Mais c’est mon père qui lui répondit en insistant sur le fait que ce n’était pas tout le temps facile et que parfois cela dépendait des familles, tout en éludant que c’était bien sûr le cas dans la nôtre, c’était sa manière à lui d’évacuer le léger malaise qui s’était installé dans la conversation. Plus qu’un malaise pendant tout le monologue de Simon on s’était arrêtés d’exister, nos organismes respectifs se pilotèrent (PS tu es sûr?)automatiquement et le fameux souffle de vie que je vante depuis le début s’était très rapidement transformé en une fonction mécanique, comme deux soupapes qui se levaient à intervalles réguliers dans la nuit, deux soufflets qui éjectaient un pauvre mélange de dioxyde de carbone, d’oxygène et d’azote sans qu’il n’y ait rien d’autre derrière si ce n’est un voile de gêne.

Cette pudeur pestilentielle qui nous empêchait de nous parler en face à face, de nous regarder dans les yeux et de nous dire que l’on s’aimait parce qu’il est en définitive bien plus primitif de se l’exprimer par diverses attentions tant qu’elles ne passent pas par la parole ou par des gestes d’affection. C’est pour ça que j’apprécie la solitude, elle, au moins, a l’obligeance de ne pas m’encombrer avec toutes ces niaiseries, et je suis certain que mon père au fond, pensait la même chose. Néanmoins, en écoutant ce que Simon déblatérait, cette sale impression qu’il disait la vérité ( il doit manquer la deuxième virgule)ne parvenait pas à quitter ma tête, encore une fois pour lui, tout avait l’air plus simple, non pas plus facile mais plus simple, c’était limpide, chaque problème avait une solution à appliquer, j’allais lui demander comment il réussissait à percevoir toutes ces caractéristiques chez nous quand une lueur vint rompre le froid glaciale et la blancheur fantomatique de la place, Simon la vit et nous lança un :
-   Rentrez bien, c’était un plaisir ! avant de courir vers la lumière et de disparaître comme une ombre dans la noirceur de la ville, ne laissant comme trace de son passage que le vrombissement d’un moteur usé qui s’égara entre les façades mortes de Salmilla.

Nous restâmes seuls au milieu (de quoi?), plantés comme des piquets, avec encore le dernier message que l’hémisphère sud venait de nous lancer en tête. Après tout, si nous étions là cette nuit, peut-être que Simon n’était pas complètement dans le faux, c’était idiot de ne pas se dire les choses quand ces choses ne demandaient qu’à sortir. Et derrière les choses c’est bien le mot « sentiments » que j’avais en tête et qui me répugne au plus haut point parce qu’il me met à nu, moi et ma fierté peut-être mal placée. Simon devait avoir raison après tout, pourquoi perdre son temps lorsque justement la nuit nous offrait cette solution d’en gagner dans le sien ( d’en gagner dans le sien, un peu elliptique peut-être) ?

Si je commençais à enclencher le premier pas, ce serait plus facile de tout décoincer ensuite, mon père et moi avons toujours été très éloignés c’est vrai, comme beaucoup de familles je suppose, mais il est certain que nous aurions pu nous comporter différemment dans notre relation si nous nous étions décidés à nous traiter en adultes, et de reconnaître que oui, nous avons des sentiments l’un envers l’autre et qu’il est difficile de se les avouer, parfois impossible. Mais au moins commencer, au moins faire des efforts, et potentiellement… Non, sûrement qu’avec du travail des deux côtés nous réussirions à avancer pour briser ces barrières que nous nous étions placées et ne pas rester dans une amertume ou un mutisme dû à un déficit de parole lorsque les moments cruciaux arriveront, ce serait trop…

-   Il était marrant mais un peu spécial le type, fit mon père en s’éloignant du centre de la place, on y va ou tu préfères rester planté là ?
Question rhétorique, il avançait déjà vers une des artères de la ville, je voyais son dos qui s’éloignait et je me retrouvais à nouveau seul mais je connaissais bien ça. Il n’y avait plus que mon expiration dans la nuit, je le regardais une dernière fois s’enfoncer dans le noir puis, avant de lui emboîter le pas, je glissais pour moi-même :
-   Oui spécial… Mais marrant.
/spoiler]
Tout a déjà été raconté, alors recommençons.

Page perso ( sommaire des textes sur le forum) : https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=42205.0

Hors ligne Pachna

  • Plumelette
  • Messages: 16
Re : Le temps d'une nuit
« Réponse #2 le: 03 Février 2022 à 14:47:50 »
Bonjour Basic, merci beaucoup de ta réponse et de tes corrections, elles m'ont été très utiles.

Pour répondre à quelques unes de tes interrogations, le genre d'histoire que je voulais monter ici relevait vraiment de l'introspection, le narrateur se trouve être le personnage principal, il est jeté au cœur du récit sans précisions et on l'observe évoluer avec ses pensées. Ce que j'essaye toujours de faire est de perdre le lecteur dans la narration c'est pourquoi j'aime ce support, c'est pour cela que je donne peu d'indices concernant l'endroit même si on finit par le deviner (Amérique latine car je trouve que ça donne un cachet un peu "fantastique" voire "brumeux" ce que j'ai d'ailleurs voulu faire ressentir avec la place, peut-être un héritage du réalisme magique).

 Parce que ce n'est pas ça qui m'importe, les pensées du narrateur et sa vision du monde qui l'entourent sont le plus importants. Ainsi, la chronologie du récit se déroule comme suit : le narrateur et son père rencontrent un sud-américain dans un restaurant la nuit, ils passent une bonne soirée, puis le père et le fils décident de le raccompagner jusqu'à son taxi qui le récupérera sur la Place.  Après, je suis bien d'accord, avoir envie de faire ce genre de récit c'est sympa, mais bien le mener c'est autre chose et comme tu l'as relevé il y a encore des précisions à apporter pour ne pas rendre le récit trop confus. (Je me heurte souvent à cette difficulté dans ce genre de tentative : comment rendre la situation claire pour le lecteur si le narrateur n'a pas besoin de se la réexpliquer à lui-même ? Cela n'aurait pas non plus de sens dans l'histoire).

Si j'ai choisi "Le temps d'une nuit" c'était pour jouer sur le génitif objectif et subjectif, d'un côté la nuit qui possède son temps propre (le narrateur en donne une explication) et de l'autre montrer que juste le temps d'une nuit un père et son fils auraient pu faire évoluer drastiquement leurs rapports, mais ça n'est pas allé au-delà du simple souhait.

Encore une fois merci beaucoup pour ton retour, je tâcherai de modifier mon texte encore un peu pour l'améliorer !

« Modifié: 03 Février 2022 à 19:23:28 par Pachna »

Hors ligne Michael Sherwood

  • Prophète
  • Messages: 997
Re : Le temps d'une nuit
« Réponse #3 le: 03 Février 2022 à 16:44:32 »
Bonjour Pachna,

Le sujet de la pudeur dans la relation père-fils, plus  généralement père-enfant, amené de façon imprévue, par cet étranger bavard mais observateur, au cours d'une nuit elle aussi rendue étrange, sur cette plaza de armas où seule la cathédrale semble éclairée, veillant indifférente aux destins des hommes. On sent que le fils a été ébranlé par le discours de l'homme, mais le père y va d'une boutade :

Citer
-   Il était marrant mais un peu spécial le type, fit mon père en s’éloignant du centre de la place, on y va ou tu préfères rester planté là ?
à laquelle il est obligé de répondre au bout d'un moment :
Citer
-   Oui spécial… Mais marrant.
Le père  a choisi de  ne rien changer, de ne rien montrer de ses sentiments pour son fils, et le fils n'a pas osé faire le premier pas.
Merci pour ce récit, je me suis reconnu dans ce père ! (Et me suis revu la nuit sur la place de la basilique Sainte Marie de Alicante, mais c'était sans mes enfants !)

MS

It's not because you're paranoid that they aren't after you.

Hors ligne Pachna

  • Plumelette
  • Messages: 16
Re : Le temps d'une nuit
« Réponse #4 le: 03 Février 2022 à 20:41:49 »
Bonsoir Michael,

Merci beaucoup pour le retour, c'est vrai que c'est un sujet qui n'est pas simple à traiter, j'ai essayer de le faire d'une manière détournée. En tout cas c'est une grande satisfaction de voir que l'on a pu se reconnaître dans mes personnages, mes situations et que cela ait pu faire ressurgir des souvenirs. En espérant que ce ne soit pas la dernière fois !

 


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