J'aimais beaucoup les arbres qui bordaient les routes. Aujourd'hui on les coupe... pour plus de sécurité paraît-il. Je voudrais parler pour eux.
Vieux, trop vieux...
Je suis trop vieux
On n’aime plus les vieux...
Jusqu’à présent, on n’osait pas nous abattre tant que nous avions la santé. Maintenant c’est fini.
Je suis d’une autre époque.
Celle des longues veillées.
Des histoires qu’on raconte au chaud de l’âtre.
Un peu pour avoir peur, un peu pour la douceur, un peu tout simplement pour être bien ensemble.
Je suis né d’un autre siècle.
De mon temps, sous ce ciel-là, les sources coulaient pures, les jeunes filles savaient encore rougir...
De mon temps, les hommes trimaient dur mais ils en étaient fiers.
Et les femmes aussi qui faisaient des enfants qui tenaient droit debout et regardaient devant.
Vieux, trop vieux
Je suis vieux et perclus.
Mes membres endoloris rêvent encore de soleil et d’enfance.
Mais ILS ne veulent plus, ILS n’aiment pas les vieux.