Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » haut clocher (Revu)

Auteur Sujet: haut clocher (Revu)  (Lu 1962 fois)

Hors ligne Paul.t

  • Tabellion
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haut clocher (Revu)
« le: 16 Novembre 2021 à 18:01:43 »
Bonjour
cet après midi je me suis sentis particulièrement inspiré et en voici le fruit, n'hésitez pas à me faire vos retours !


ATTENTION: vous trouverez plus bas la version corrigée de ce texte

ma voiture s'arrachait à la brume, griffée par l'étreinte du vent et du froid et la mélancolie désespérée s'élançait à ma suite. Je croyais qu'elle était loin. je n'étais jamais venu ici. J'ai roulé, vu défiler des kilomètres, la ville qui s'étendait devant moi m'était inconnue. Je claquai la portière de ma voiture, la regardai, sa carrosserie argentée montrait de grandes entailles, je fis glisser mes doigts le long de la portière jusqu'à ce qu'ils s'écorchent sur l'une de ces plaies. Je reculai ma main avec un mouvement vif, la coupure provoqua une douleur vive. Une goutte de sang s'écoula de mon doigt et le bruit singulier qu'elle produisit en touchant le sol résonna tout autour de moi, écoutant l'écho je portais enfin le regard sur ce qui m'entourait. La ville était vide, les immeubles anciens se courbaient au-dessus de moi, fixant le sommet de mon crâne comme pour en deviner les pensées, l'imposant hôpital élançant un haut clocher à travers les bas nuages se tenait impassible au bord de l'eau. je marchai sur les pierres froides et arrivais au sommet d'un petit pont qui chevauchait le fleuve. Je n'entendais pas un autre bruit de la triste ville que l'eau qui s'écoulait en ses veines. j'arrivai en face d'une plus vaste rue, je marchai au milieu, la rue montait raide et ressemblait à un tremplin tendant vers l'horizon, une épaisse brume apparut en haut, le ciel s'assombrit et la nuit tomba. La nouvelle obscurité porta mon attention sur la lumière chaude et dansante des lampadaires qui bordaient la rue comme une haie d'honneur. Mon attention se porta à nouveau vers la brume qui brillait maintenant d'une pâle lumière bleue. Soudainement, comme si un barrage invisible venait de céder, la brume dévala la rue, éteignant un à un les lampadaires sur son passage, à mon niveau le flot sembla dévié et s'écoula autour de moi.
Je continuais ma lente procession, les rues étaient sinueuses et devenaient parfois si étroites que je ne pouvais m'y glisser. j'arrivai à une sorte de place , une petite gare prenait position en son centre. Aucun rail ne passait au sol, en allant sur les quais et en regardant dans la direction où devraient s'étendre les rails je constatais une succession d'immeubles tenants encore debout comme par miracle malgré des trous béants. Les ouvertures de chaque immeuble s'alignaient et semblaient former une trajectoire parfaitement droite à travers les gravats. je retournai sur la place, en me retournant je jetai un œil à l'horloge, elle indiquait 3h47, je fermai les yeux, elle indiquait maintenant 26h03.

En face de la gare se trouvait un musée. l'enceinte du musée était protégée du reste du monde par une lourde porte en fer forgé. je la poussai mais elle ne bronchait pas, je remarquai une serrure, j'y glissai mon doigt et tournai le poignet d'un coup sec sur le côté, un claquement de métal se fit entendre et la porte s'ouvra avec un grincement caricatural. le musée vu du ciel aurait sûrement ressemblé à un U. Je pénètre dans la cour enlacée par le musée et son patio. l'herbe était haute et à gauche de la porte deux vélos rouillés disparaissaient engloutis. en suivant l'allée je tombai nez à nez avec une imposante fontaine d'où coulait la même brume que dans la grande rue. Je plaçai ma main dans l'écoulement de la fontaine, la brume m'évitait à nouveau. un éclair déchira le ciel d'une large grimace, peu après le tonnerre émis une longue plainte suivie par des trombes d'eau, je me réfugiai sous le patio. J'entendais de lointains murmures et discernais par moments des silhouettes immobiles, je me dirigeai vers la porte, un mot y était collé '' fermé définitivement ", je soupirai et m'installai sur un banc sur lequel trônait déjà la statue d'un vieillard." il est déjà 4h", je sursautai, j'ignorais d'où venait cette voix, tétanisé je ne parvins pas à me lever du banc.
-Vous attendez pour le musée ?
- Il est écrit qu'il est fermé définitivement, répondis-je machinalement.
-Définitivement ? c'est long comment ?
-Aussi long que l'éternité je dirai.
-Alors il faudra être patient.
Cette fois ci la voix venait d'un point plus précis, juste à côté de moi, je tournai la tête et croisai le regard de la statut, arborant un sourire jovial.
- Je ne suis pas patient
- Je sais
- Je suis trop jeune pour prendre le temps
- Alors parce que tu es jeune, tu ne voudrai pas t'arrêter et souffler ?
- Si, j'ai fait ça, à un moment, mais il fait froid maintenant et je n'en ai plus envie.
- Plus envie ?
- Non pas tout seul.
- Que fais-tu ici ?
- Je ne sais pas, je me cache.
- De quoi te caches-tu ?
- La mélancolie, la solitude.
- Crois tu pouvoir les semer ?
-  Je ne sais pas, Où somme-nous ?
- Je l'ignore, je suis né sur ce banc et je ne connais rien d'autre que ce patio et cette fontaine.
-Cette ville est hantée
- Tu es le seul à hanter cette ville
- Vous êtes fou
- Dis celui qui parle à une statue
- C'est vous qui m'avez adressé la parole.
il cessa de répondre et se figea.
j'entendis la porte du musée s'ouvrir.
Je me levai et saluai le vieillard impassible.
Alors que je poussais la porte, des lampes à huiles s'allumèrent et dévoilèrent un petit accueil lugubre et désespérément vide, sur le mur face à la porte il était inscrit' 'sens de la visite' '  le dessin d'une flèche y était épinglé, la flèche se tordait de douleur et n' indiquait alors aucune direction précise. Il y avait le choix entre deux porte, l'une menait à un mur de brique il n'y avait alors en vérité qu'un seul choix. La. pièce suivante était plus petite que l'accueil et ne comprenait qu'un petit pupitre sur lequel était posé un petit appareil avec des écouteurs (qui eux étaient de taille tout à fait normale) , la pancarte apposée indiquait '' guide audio". Je mis alors les écouteurs et appuyai sur l'unique bouton. Une voix grave retentie et annonça '' Schubert, trio numéro deux, opus cent" suivi de l'opus cent du trio numéro deux de Schubert, même si ce n'était pas ce à quoi je m'attendais je gardai le guide. la pièce suivante était démesurément grande et plongée dans l'obscurité, à l'exception d'un endroit . Il y avait à cet endroit une vitrine avec un vieu doudou, en tout point ressemblant à celui qui m'avait accompagné mes premières années, perdu lors de notre déménagement à la fin de mon adolescence. La pièce suivante était semblable à la précédente sauf que la vitrine renfermait une photo de mon chien, décédé des années plutôt. La salle d'après exposait des jouets, celle d'après la clé de ma maison d'enfance. Une pièce attira mon attention, sous la vitrine se trouvait une trompette, recouverte de poussière, à l'inverse de ce qui était présenté dans les salles précédentes je n'avais jamais perdu de trompette. En fait, je n'en avait jamais possédée, cette trompette était à... elle était à Elle. Une larme coula le long de ma joue, je brisai le verre de la vitrine avec mon coude, un éclat s'y plenta en lieu et place d'une cicatrice laissée par une chute pendant une course. Je saisis la trompette, la portai à mon cœur et avançai vers la pièce suivante. C'était la dernière, elle n'avait ni pupitre ni vitrine, seulement une chaise, je m'assis quelques temps avant de pousser la dernière porte, je me retrouvait sur la place. un sifflement semblable à celui d'un train se fit entendre depuis la gare, je couru vers la grille du musée et elle était à nouveau fermée, la statue me fit un signe de tête amical et pointa la gare du doigts. J'en pris alors la direction. Il y avait là un énorme train à vapeur dont la porte s'ouvrit à mon approche , la brume bleue coula hors du train, une silhouette plus précise que les autre sorti, je cachai la trompette derrière mon dos de peur qu'elle ne me reproche de l'avoir volée. '' Viens, il est temps '' dit-elle chaleureusement d'une voix grave et masculine, je devinait les traits d'une casquette de contrôleur à la hauteur de son crâne, le train  avait un intérieur semblable à l'image que je m'étais toujours fait de comment l'intérieur d'un train à vapeur devait être. Des fauteuils, en feutre rouge, étaient disposés de part et d'autre de l'allée, je pris place dans l'un d'entre eux et regarda par la fenêtre, la place était à présent pleine d'une foule de silhouettes. le train s'arracha difficilement à son statisme, je fermais les yeux. Enfin je n'ai plus froid.

« Modifié: 14 Décembre 2021 à 22:07:54 par Paul.t »

Hors ligne Delnatja

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : haut clocher
« Réponse #1 le: 17 Novembre 2021 à 11:32:37 »
Bonjour Paul.t, je trouve ce texte trop long.
Toutes ces descriptions qui n'en finissent plus alourdissent le texte.
Je pense que tu ne devrais garder que les choses indispensables à la narration.
J'ai trouvé le dialogue intéressent mais il n'aboutit à rien pour moi.
Bonne journée.
Michèle

Hors ligne Paul.t

  • Tabellion
  • Messages: 26
Re : haut clocher
« Réponse #2 le: 17 Novembre 2021 à 13:21:01 »
Bonjour Paul.t, je trouve ce texte trop long.
Toutes ces descriptions qui n'en finissent plus alourdissent le texte.
Je pense que tu ne devrais garder que les choses indispensables à la narration.
J'ai trouvé le dialogue intéressent mais il n'aboutit à rien pour moi.
Bonne journée.

Merci pour ton retour !
Je ne crois pas que le texte gagnerait à être raccourci, j'ai voulu accorder autant d'importance à l'ambiance qu'à l'histoire (si ce n'est plus) . Évidemment il serait plus accessible et plus rapide à lire s'il était plus court mais ça ne m'intéresse pas pour être honnête.
Je comprends qu'on puisse vouloir un petit texte simple mais ce n'était pas mon objectif.
Le dialogue est volontairement lunaire et laissé en suspend, en revanche il n'est pas sans intérêt pour ceux sui auront le sens du détail (pour l'ambiance et pour certains éléments faisant sens par la suite)

J.

  • Invité
Re : haut clocher
« Réponse #3 le: 17 Novembre 2021 à 17:12:22 »
Bonjour. Gros pavé indigeste. Pas de paragraphes clairement identifiés, donc pas de retrait, je me suis essoufflé. D'accord avec Michèle, les descriptions sont trop délayées donc inutiles. J'ai lu ton retour. Bon, c'est ton avis mais si c'est très bien d'écrire pour se faire plaisir, il faut aussi penser au lecteur, car, avant tout, et c'est un auteur qui le dit, c'est un peu (!) pour lui que tu proposes tes textes sur le Forum. PS Les cadratins, pas avec le tiret du 6 mais ALT0151 — M'enfin, tu fais comme tu le sens.

Hors ligne Claudius

  • Modo
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  • Miss green Mamie grenouille
Re : haut clocher
« Réponse #4 le: 18 Novembre 2021 à 18:23:32 »

Tu as demandé la suppression de ce texte, par curiosité avant d'agir je l'ai lu et je me permets ce retour.

Je ne comprends pas pourquoi tu souhaites le soustraire à la lecture des auteurs de ce lieu. Je le trouve poétique, un peu hors du temps et surtout, il s'en dégage une note de romantisme. Entre le réel et la réalité.

J'aurais à reprocher l'écriture un peu gauche parfois, quelques tournures à revoir. Des fautes d'orthographe et de temps à corriger, alléger le texte en supprimant certains passages qui alourdissent.

Certes le commentaire de Jonathan est un peu rude, mais c'est sa façon de voir, de lire et d'appréhender un texte, nous sommes tous différents et tu dois accepter la critique, qu'elle soit négative ou positive. Accepter aussi de reprendre un texte lorsque des lecteurs prennent le temps de te commenter, de t'aiguiller pour que tu t'améliores. Nous sommes tous ici pour ça : chercher à progresser.

Je ne saurais trop te conseiller aussi de lire d'autres auteurs, de commenter aussi, non seulement cela te permettra de voir ce qui s'écrit ailleurs, mais aussi d'échanger, de recevoir si tu donnes.

Ce forum est un forum d'entraide à l'écriture, il porte bien son nom : il est fait pour celles et ceux qui souhaitent avancer dans leurs projets d'écriture, dans leur style, leur vocabulaire... s'aidant les uns les autres.

Je te laisse lire ce commentaire avant de supprimer ton texte, si tu le souhaites vraiment alors je le supprimerai.

 ;) ;)
Usage de la fenêtre : inviter la beauté à entrer et laisser l'inspiration sortir. Sylvain Tesson

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Hors ligne UNSOda

  • Buvard
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Re : haut clocher
« Réponse #5 le: 18 Novembre 2021 à 21:45:02 »
J'apprécie beaucoup l'ambiance (le "mood" comme on dit aujourd'hui) de ton texte. J'aime ces détails vus comme "inutiles" par d'autres lecteurs ; peut-être n'ont-ils jamais lu de ces œuvres de grands auteurs reconnus ? Je trouve d'ailleurs que certains commentaires de sont clairement pas les bienvenus. Un manque de bienveillance flagrant de la part d'un auteur pourtant... Intriguant. Ne t'arrête pas à ce manque de pédagogie et continue d'écrire. Bien sûr, ton texte gagnerait peut-être à être plus structuré et à être un peu corrigé. Je trouve qu'il y a un grand potentiel ! Je verrais bien un recueil de tes écrits sur ma table de chevet ;-) Ne supprime pas ta création !

Hors ligne Paul.t

  • Tabellion
  • Messages: 26
Re : haut clocher
« Réponse #6 le: 18 Novembre 2021 à 22:24:10 »
Bonjour,
Je ne me refuse pas à la critique, je l'ai déjà acceptée plusieurs fois. J'en ai surtout conclu avec l'absence total de points positifs (à en lire les retours) que je ne l'avais pas assez retravaillé, je l'aurai sûrement entièrement revu, je lis vos commentaires à toi et à Unsoda et je constate que finalement tout n'est peut être pas à jeter, je le reprendrai mais laisserai cette version en ligne.
« Modifié: 18 Novembre 2021 à 22:33:07 par Paul.t »

Hors ligne Claudius

  • Modo
  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 12 093
  • Miss green Mamie grenouille
Re : haut clocher
« Réponse #7 le: 18 Novembre 2021 à 22:49:56 »
 ;) Voilà une bonne décision.

A savoir qu'il sera préférable de poster ton écrit revu ici.

 ;D
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Ma page perso si vous êtes curieux

J.

  • Invité
Re : haut clocher
« Réponse #8 le: 19 Novembre 2021 à 09:46:28 »
Bonjour.@UNSOda détails vus comme "inutiles" par d'autres lecteurs ; peut-être n'ont-ils jamais lu de ces œuvres de grands auteurs reconnus ? La comparaison me paraît un peu osée, mais passons. J'avoue que je suis parfois un peu rude (dixit Claude) et encore, je me suis amélioré. Michèle avait raison dans son commentaire que @Paul.t a balayé en disant (en gros) c'est mon texte, donc je n'accepte pas de me remettre en question et je ne changerai rien. Je ne pollue pas au delà mais je tenais à préciser le pourquoi de ma réaction. À +
« Modifié: 19 Novembre 2021 à 09:48:17 par jonathan »

Hors ligne Paul.t

  • Tabellion
  • Messages: 26
Re : haut clocher
« Réponse #9 le: 19 Novembre 2021 à 15:20:31 »
Bonjour.@UNSOda détails vus comme "inutiles" par d'autres lecteurs ; peut-être n'ont-ils jamais lu de ces œuvres de grands auteurs reconnus ? La comparaison me paraît un peu osée, mais passons. J'avoue que je suis parfois un peu rude (dixit Claude) et encore, je me suis amélioré. Michèle avait raison dans son commentaire que @Paul.t a balayé en disant (en gros) c'est mon texte, donc je n'accepte pas de me remettre en question et je ne changerai rien. Je ne pollue pas au delà mais je tenais à préciser le pourquoi de ma réaction. À +

Je me permets de revenir sur ce que tu dis, je n'ai en aucun cas balayé le commentaire de Michèle parce que je ne voulais rien toucher de mon texte. Ces conseils, je les gardes à l'esprit. Mais je ne souhaites pas (puisque c'était l'idée de son message) "garder que l'essentiel à la narration" parce que même si c'est un très bon conseil pour un texte relatant des faits ou avec une intrigue, ce n'est pas ce que j'ai voulu faire ici. Même s'il y a un fil rouge, comme pour '' nos univers contrariés '' l'important n'est pas '' où'' on va mais '' comment ''.
Bonne journée
« Modifié: 19 Novembre 2021 à 15:29:52 par Paul.t »

Hors ligne Paul.t

  • Tabellion
  • Messages: 26
Re : haut clocher (revu)
« Réponse #10 le: 14 Décembre 2021 à 21:51:56 »
Bonjour,
Voici la version revue de ce texte, dans l'attente de vos retours. J'espère que cette version aura la chance d'être lue malgré celle qui l'a précédée.


Ma voiture s'arrachait à la brume, griffée par l'étreinte du vent, La mélancolie elle-même était à mes trousses.
Je trouvai finalement en un lieu une certaine accalmie.
Je n'étais jamais venu ici.
J'ai roulé, vu défiler des kilomètres, la ville qui s'étendait devant moi m'était inconnue.
 Je claquai la portière de ma voiture, la regardai, sa carrosserie argentée montrait de grandes entailles, je fis glisser mes doigts le long de la portière jusqu'à ce qu'ils s'écorchent sur l'une de ces plaies. Je reculai ma main avec un mouvement vif, la coupure provoqua une douleur cinglante. Une goutte de sang s'écoula de mon doigt et le bruit singulier qu'elle produisit en touchant le sol résonna tout autour de moi, écoutant l'écho je portais enfin le regard sur ce qui m'entourait.
 La ville était vide, les immeubles anciens se courbaient au-dessus de moi, fixant le sommet de mon crâne comme pour en deviner les pensées, l'imposant hôpital élançant un haut clocher à travers les bas nuages se tenait impassible au bord de l'eau.

Je marchai sur les pierres froides et arrivais au sommet d'un petit pont qui chevauchait le fleuve. Je n'entendais pas un autre bruit de la triste ville que l'eau qui s'écoulait en ses veines. J’arrivai en face d'une plus vaste rue, je marchai au milieu, la rue montait raide et ressemblait à un tremplin tendant vers l'horizon, une épaisse brume apparut en haut, le ciel s'assombrit et la nuit tomba. La nouvelle obscurité porta mon attention sur la lumière chaude et dansante des lampadaires qui bordaient la rue comme une haie d'honneur. Alors que j’y portais à nouveau mon regard, je constatai que la brume qui brillait maintenant d'une pâle lumière bleue.
Soudainement, comme si un barrage invisible venait de céder, la brume dévala la rue, éteignant un à un les lampadaires sur son passage, à mon niveau le flot sembla dévié et s'écoula autour de moi.

Je continuais ma lente procession, les rues étaient sinueuses et devenaient parfois si étroites que je ne pouvais m'y glisser. J’arrivai à une sorte de place, une petite gare prenait position en son centre. Aucun rail ne passait au sol, en allant sur les quais et en regardant dans la direction où devraient s'étendre les rails je constatais une succession d'immeubles tenants encore debout comme par miracle malgré des trous béants. Les ouvertures de chaque immeuble s'alignaient et semblaient former une trajectoire parfaitement droite à travers les gravats. Je retournai sur la place, en me retournant je jetai un œil à l'horloge, elle indiquait 3h47, je fermai les yeux, elle indiquait maintenant 26h03.

En face de la gare se trouvait un musée dont l’enceinte était protégée du reste du monde par une lourde porte en fer forgé. Je la poussai mais elle ne bronchait pas, je remarquai une serrure, j'y glissai mon doigt et tournai le poignet d'un coup sec sur le côté, un claquement de métal se fit entendre et la porte s'ouvra avec un grincement caricatural.
Le musée vu du ciel aurait sûrement ressemblé à un U.

Je pénètre dans la cour enlacée par le musée et son patio. L’herbe était haute et à gauche de la porte deux vélos rouillés disparaissaient engloutis. En suivant l'allée je tombai nez à nez avec une imposante fontaine d'où coulait la même brume que dans la grande rue. Je plaçai ma main dans l'écoulement de la fontaine, la brume m'évitait à nouveau. Un éclair déchira le ciel d'une large grimace, peu après le tonnerre émis une longue plainte suivie par des trombes d'eau, je me réfugiai sous le patio.
J'entendais de lointains murmures et discernais par moments des silhouettes immobiles, je me dirigeai vers la porte, un mot y était collé '' fermé définitivement ", je soupirai et m'installai sur un banc sur lequel trônait déjà la statue d'un vieillard.
" il est déjà 4h", je sursautai, j'ignorais d'où venait cette voix, tétanisé je ne parvins pas à me lever du banc.
-Vous attendez pour le musée ?
- Il est écrit qu'il est fermé définitivement, répondis-je machinalement.
-Définitivement ? c'est long comment ?
-Aussi long que l'éternité, je dirai.
-Alors il faudra être patient.
Cette fois ci la voix venait d'un point plus précis, juste à côté de moi, je tournai la tête et croisai le regard de la statut, arborant un sourire jovial.
- Je ne suis pas patient
- Je sais
- Je suis trop jeune pour prendre le temps
- Alors parce que tu es jeune, tu ne voudrai pas t'arrêter et souffler ?
- Si, j'ai fait ça, à un moment, mais il fait froid maintenant et je n'en ai plus envie.
- Plus envie ?
- Non pas tout seul.
- Que fais-tu ici ?
- Je ne sais pas, je me cache.
- De quoi te caches-tu ?
- La mélancolie, la solitude.
- Crois-tu pouvoir les semer ?
-  Je ne sais pas, Où sommes-nous ?
- Je l'ignore, je suis né sur ce banc et je ne connais rien d'autre que ce patio et cette fontaine.
-Cette ville est hantée
- Tu es le seul à hanter cette ville
- Vous êtes fou
- Ce n’est pourtant pas moi qui parle à une statue
- C'est vous qui m'avez adressé la parole.
- Ah ! enfin, on vient à la porte.
il se figea.
j'entendis la porte du musée s'ouvrir.
Je me levai et saluai le vieillard impassible.

Alors que je poussais la porte, des lampes à huiles s'allumèrent et dévoilèrent un petit accueil lugubre et désespérément vide, sur le mur face à la porte il était inscrit « sens de la visite » le dessin d'une flèche y était épinglé, la flèche se tordait de douleur et n’indiquait alors aucune direction précise.
Il y avait, en principe, le choix entre deux portes bien que l'une d'entre elles ne donnait que sur un mur de brique . La pièce suivante était plus petite que l'accueil et ne comprenait qu'un petit pupitre sur lequel était posé un petit appareil avec des écouteurs (qui eux étaient de taille tout à fait normale) , la pancarte apposée indiquait '' guide audio". Je mis alors les écouteurs et appuyai sur l'unique bouton. Une voix grave retentie et annonça '' Schubert, trio numéro deux, opus cent" suivi de l'opus cent du trio numéro deux de Schubert, même si ce n'était pas ce à quoi je m'attendais je gardai le guide.
La pièce suivante était démesurément grande et plongée dans l'obscurité, à l'exception d'un endroit. Il y avait à cet endroit une vitrine avec un vieux doudou, en tout point ressemblant à celui qui m'avait accompagné mes premières années, perdu lors de notre déménagement à la fin de mon adolescence. La vitrine de la pièce suivante renfermait une photo de mon chien, décédé des années plutôt. La salle d'après exposait des jouets et celle d'après la clé de ma maison d'enfance. Une pièce attira mon attention, sous la vitrine se trouvait une trompette, recouverte de poussière, à l'inverse de ce qui était présenté dans les salles précédentes je n'avais jamais perdu de trompette. En fait, je n'en avait jamais possédée, cette trompette était à... elle était à Elle. Une larme coula le long de ma joue et s'écrasa sur le verre, le brisant en milles éclats.
Je saisis la trompette, la portai à mon cœur et avançai vers la pièce suivante. C'était la dernière, elle n'avait ni pupitre ni vitrine, seulement une chaise, je m'assis quelques temps avant de pousser la dernière porte, je me retrouvais sur la place.

Un sifflement semblable à celui d'un train se fit entendre depuis la gare, je couru vers la grille du musée, elle était à nouveau fermée, la statue me fit un signe de tête amical et pointa la gare du doigts. J'en pris alors la direction. Il y avait là un énorme train à vapeur dont la porte s'ouvrit à mon approche, la brume bleue coula hors du train, une silhouette plus précise que les autres sorti, je cachai la trompette derrière mon dos de peur qu'elle ne me reproche de l'avoir volée. '' Viens, il est temps '' dit-elle chaleureusement d'une voix grave et masculine, je devinais les traits d'une casquette de contrôleur à la hauteur de son crâne, le train avait un intérieur semblable à l'image que je m'étais toujours faite de comment l'intérieur d'un train à vapeur devait être. Des fauteuils, en feutre rouge, étaient disposés de part et d'autre de l'allée, je pris place dans l'un d'entre eux et regarda par la fenêtre, la place était à présent pleine d'une foule de silhouettes. Le train s'arracha difficilement à son statisme, je fermais les yeux. Enfin je n'ai plus froid.
« Modifié: 14 Décembre 2021 à 22:16:46 par Paul.t »

 


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