Je rentrais du travail. Il était tard.
C’était l’heure exquise où tous les chats sont gris.
Il faisait noir. C’était la nuit.
Une douce nuit de fin d’été.
Elle était là, qui m’attendait…
Dedans la nuit !
Elle avait les jambes croisées,
Sur un fauteuil de jardin…
Non, ce n’était pas du rotin !
Trois bougies se consumaient lentement.
Quelques volutes parfumaient les embruns.
Sur le mur ondoyait comme une ombre charmante !
Dans la nuit,
J’ai rien dit...
Me suis assis !
…
Instant de trêve...
Ô le chant de la nuit !
Non, ne dis rien, c’est si bien…
Ecoute…
C’est la mélancolie du soir.
Il n’y a plus d’espoir !
Le bruissement des ailes.
Gracile pipistrelle.
Tous les bruits indistincts…
Mille saveurs sans couleurs !
Un oiseau noctambule.
C’est le chant du hibou.
Ou bien la chouette hulotte.
Forêt sombre et discrète.
Tous les vers de la terre,
Tous les sons, les mystères...
Criquets et sauterelles !
Ecoute…
C’est le chant de la nuit !
C’est la taupe au labour,
Lérots et campagnols,
Discrète farandole !
Un renard qui glapit,
Et la poule s’enfuit...
Les sabots du chevreuil,
La queue d’un écureuil,
Et le loup aux aguets,
Les moutons apeurés !
Ecoute…
Quelques notes au piano,
La méli-mélodie,
La valse d’Amélie...
Et le cri du fusain,
D’une fille au dessin…
…
Mais les feuilles s’agitent…
Une brise inconnue :
Un frisson dans la nuit !
…
Elle était là,
Qui m’attendait !
Instant de trêve…
Non ! Ne dis rien,
C’est si bien…
Ecoute…
…
…
…
Mon oiseau rare,
(Cet oiseau-lyre !)
A tout compris…