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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » L'homme qui n'était pas revenu de la mort

Auteur Sujet: L'homme qui n'était pas revenu de la mort  (Lu 2112 fois)

Hors ligne Thom

  • Troubadour
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L'homme qui n'était pas revenu de la mort
« le: 16 Juillet 2021 à 09:17:16 »
Pour cette trente-deuxième contribution, écrite sur fond de l’album Felt Mountain de Goldfrapp, j’ai effectué de passionnantes recherches d’après les témoignages des expérienceurs, ceux qui sont revenus de la mort, au terme d’une Expérience de Mort Imminente. Le plus troublant tient à la diversité des expérienceurs, laquelle côtoie la similarité de leur expérience, au-delà des cultures, de l’éducation, des religions, des pathologies, des âges, des sexes, de la connaissance du sujet lui-même, des conditions de l’expérience. De ce fait, a-t-on repoussé les limites de la mort, dont la définition évolue au fil de nos découvertes scientifiques, ou repousse-t-on simplement celles de notre ignorance ? Je suis curieux de vos avis sur ce moment que nous connaîtrons tous sans exception, rassurez-vous…

Alors que je quittai mon cabinet pour des vacances bien méritées, j’étais soulagé de m’extraire de cette aventure qui m’avait tant occupé ces deux dernières années. En tant que scientifique, j'ai été formaté à l’école rationnelle de la preuve. Mais en toute honnêteté, j’avoue que j’étais un peu perdu depuis des mois d’enquête auprès de ma patientèle. Les témoignages m’avaient agacé au point de vouloir mettre en évidence le truc comme on dit en prestidigitation. Bien décidé à lever le voile sur cette arnaque, je me suis jeté, corps et âme, dans l’énigme policière de la vie cachée après la mort. Comme je le dis souvent à mes étudiants : « Tout ça : c’est des conneries !!! ».

Tout commença lorsque l’œil brillant d’un de mes patients parmi les plus âgés et certainement les plus avancés dans la phase terminale de son cancer traduisit plus de malice que d’inquiétude devant sa fin prochaine. J’avais déjà l’habitude d’accompagner les patients et d’assister à l’évolution de leur posture devant l’inévitable à laquelle notre condition humaine ne s’est toujours pas habituée.

Mais mon vieux patient, auparavant grincheux et si amer, s’était transformé en un enfant impatient d’en finir, comme pour un départ vers un parc d’attractions. Il parlait, et parlait beaucoup à l’inverse de tous ceux que j’interrogeais par la suite avec force diplomatie, ceux-ci cachant parfois des années leur expérience, de peur de passer pour des fous. Et ils ont bien raison : tout ça, c’est des conneries !!!

Je peux aujourd’hui retracer les principaux éléments que livrent la plupart des 4% des patients qui ont connu, pendant un arrêt cardio-respiratoire, une « expérience » ; le mot est pudique et si j’étais mystique, je dirais leur voyage dans l’au-delà. Cependant, il faut garder la tête froide et n’avancer qu’à pas de loup dans cette quête où le merveilleux s’impose implacablement avec une force probante qui fait peur.

Depuis son changement d’humeur, nous nous sommes rapprochés : il s’intéresse à moi, ce qui est inédit et assez déconcertant. C‘est le mourant qui rassure le médecin, alors même que ma science s’avère inefficace à retarder l’issue. La mort reprend la main et d’un coup, le mourant s’embarque dans la joie ! Il me parle de sa grand-mère qu’il a vue lors de son arrêt, alors qu'il était à cette instant sur la table d’opération ! Il décrit, en le revivant, l’appel de cette lueur bleutée pleine d’amour, d’un sentiment de bien-être indicible, d’une vision à 360 ° et d’une omniscience instantanée. A ce moment, il ne me parle plus : il le revit et s’interrompt pour des larmes que jamais je ne l’avais vu verser, même à l’annonce du pronostic fatal. Il me décrit le massage cardiaque prodigué par les médecins et son retour dans son corps, aussi douloureux que d’enfiler des chaussettes sales et étroites !

Ma seconde patiente était une petite fille, amenée après un accident de la route. En arrêt cardio-respiratoire pendant près de 6 minutes ; je m’attendais à des lésions cérébrales et pensait que l’équipe médicale qui était intervenue avait certes sauvé le corps, mais non l’esprit. Quelle erreur là encore ! Ses dessins enfantins de silhouettes auréolés de couleurs représentent ce qu’elle appelle sans complexe un « jardin de doudous dans le ciel ». A l’écouter, on s’y sent tellement bien qu’on a envie d’y rester mais on l’a prise par la main et une voix amicale mais ferme lui a « dit » - sans mot - que ce n’était pas encore son heure et qu’elle devait encore accomplir des choses sur la Terre. C’est très mignon, mais tout ça : c’est des conneries !!!

Que dire de ma troisième patiente, cette boulangère au vocabulaire coloré… Fauchée par un camion, en arrêt cardio-respiratoire pendant près de trois minutes, elle me raconte qu’elle s’est vue soulevée dans les airs et retomber comme une poupée de chiffon et qu’elle est allée « engueuler » le conducteur, pour lequel elle a eu une grande compassion par la suite.
Elle me dit pouvoir maintenant sortir de son corps à volonté, faire des rêves prémonitoires et pouvoir dire mieux que moi si quelqu’un est malade et quel organe exactement est en souffrance ! Le disant, elle me désigne du doigt : elle nargue le médecin. D’un air entendu et important, elle me dit également que les services de gendarmerie la consultent périodiquement en cas de disparition.

C’est cette énormité qui m’a conduit à saisir l’occasion : je suis allé voir la gendarmerie ! J’entrais d’un pas décidé pour rencontrer l’officier en charge de cette brigade de province ; nous nous connaissons bien, puisque je fais divers constats à sa demande. Seulement voilà, à ma question hilare, « Dis donc, la boulangère qui s’est fait renverser me dit qu’elle vous aide parfois dans vos enquêtes ??? Tu m’avais caché cette nouvelle recrue ! Franchement, tout ça : c’est des conneries !!!», il me regarde et baisse les yeux. Je poursuis : « Non, pas toi…».

Il répond, penaud : « Ben... Elle tombe juste à 99 %. On n’a pas le droit d’en parler mais le taux d’élucidation augmente, comme si elle avait assisté à tout ! En revanche, on retrouve toujours les victimes, mais jamais les auteurs. Elle nous dit que c’est pas important ».

Sonné par cet aveu, je décidai d’approfondir mon enquête et de commencer à tenir le cahier des expériences. Je recherchais toujours ce qui pouvait amener des gens parfaitement sains à croire qu’ils ont vécu un moment « divin », mot que peu emploient d’ailleurs. Et les éléments concordants arrivèrent dans le même ordre : la sortie de corps, la vision du corps inanimé, la sensation de bien-être, le fait d’assister à la scène en spectateur totalement passif et serein. Entendre aussi clairement que si elle était prononcée la pensée du secouriste qui, pendant qu’il pratiquait le massage cardiaque, pensait rater la fête de l’école du fait de l’intervention, se demander pourquoi les fleurs poussaient ainsi et en avoir instantanément la réponse, être la réponse, être la fleur elle-même… Et parfois, les rencontres.

A ce stade, je me souviens avoir été plus intrigué qu’agacé et m’être cette fois vraiment pris au jeu de l’enquête, à charge ou à décharge. J’allais toujours traquer le mirage, le shoot ultime du cerveau qui libère des endorphines en bouquet final pour adoucir le grand saut. Mais une discussion avec un confrère neurologue vint stopper cette rassurante hypothèse dans son élan : si le patient est en arrêt cardio-respiratoire, ces souvenirs ne peuvent pas venir du cerveau qui ne fonctionne plus, puisqu’il n’est plus irrigué.

Troublé par la vérité simplissime de cette constatation, pour le coup parfaitement scientifique, je décidai de me focaliser sur les personnels médicaux. Je découvris que les infirmières, bien que côtoyant de près les médecins, en savent bien plus qu’eux, mais taisent le phénomène qu’elles connaissent à peu près toutes, dès lors qu’elles ont travaillé en soins palliatifs.

Je repense justement à cette infirmière de 50 ans qui vient de faire une mauvaise chute à vélo, avec trauma crânien et coma de 7 jours. Elle me dit sans honte et en me fixant de son regard azuréen, qu’elle n’a pas peur de la mort, plus peur en tout cas et que son heure venant, elle sera heureuse de rejoindre ceux qu’elle a déjà vus.
Je me rassure en me disant précisément qu’elle est infirmière, pas médecin, mais son témoignage si précis sur la manipulation maladroite de son vélo tout neuf par le témoin de l’accident me laissa interdit. Il s’y est repris à plusieurs fois, balançant le vélo à l’intérieur de son pick-up, jurant et donnant des coups de pieds dans le vélo pour qu’il tienne sur la plateforme. Comment pouvait-elle, dans son état, avoir quelque conscience de ce moment consécutif à l’accident ?

Je vérifie, par acquis de conscience, auprès du témoin de l’accident, lequel commence à débiter des excuses et me dit qu’il fallait agir vite et que quelques rayures ne comptent pas dans ces situations d’urgences. De son regard rond, je comprends qu’il s’interroge sur la façon dont j’ai eu connaissance de ce chargement un peu viril du vélo, puisqu’il était seul avec la victime inconsciente.

Et l’infirmière me parle de son père qui est venu la voir et lui a montré une jeune femme très souriante qu’il lui a présentée comme sa sœur. Une sœur qu’elle n’a jamais eue, mais interrogeant sa mère, qu’elle aurait dû avoir, si la grossesse avait été à terme, ce que ses parents avaient gardé pour eux en un silencieux deuil commun.
Je suis plus qu’intrigué, je mange moins, ce qui explique que j’ai considérablement maigri, j’avale la littérature très fournie sur le sujet, je découvre que le monde est bien plus informé que moi, qui suis pourtant, en quelque sorte, un professionnel de la mort.

Un neurologue a fait l’expérience, lui qui riait avec ses collègues de ces légendes, ne rit plus du tout et a changé de discours. Ses collègues, non. Eux le croient fou, lui les sait ignorants : ils seront irréconciliables jusqu’à l’arbitrage final. Un prêtre a produit de nombreux ouvrages, se démarquant de sa hiérarchie qu’on aurait pu croire plus enthousiaste à l’idée de prouver la survie après la mort.

Je devins de plus en plus excité, parfois même obsédé à l’idée de mettre à jour cette vérité naturelle d’une vie après la mort. Car cela reviendrait à prouver l’existence de Dieu, la légèreté de la vie, l’insignifiance de la mort, qui ne serait plus une impasse mais un simple sas, la vacuité de l’égo et de la recherche du pouvoir ou du matériel. Et pourquoi pas ? Encore faut-il le prouver.

Je décidai d’ajouter une donnée à mes relevés : que sont devenus les expérienceurs après leur EMI ? Tous, sans exception confirmèrent avoir perçu le vrai sens de la vie, qu’ils résument, sans gêne, par : l’amour. Cela sonne un peu niais à mes oreilles matérialistes mais j’avais le net sentiment qu’il y mettaient quelque sens que je ne percevais pas, comme s’il y avait un tout, dont nous faisons partie malgré nos différences et que l’important était de comprendre les effets de nos actions sur les autres, quelque chose comme ça. Certains ont développé des dispositions qu’on dirait para-normales… Tout ça, c’est des conneries !!!

Enfin un patient qui dénote : il témoigna d’une sortie de corps, la vision de son corps inanimé, la sensation d’une aspiration au travers d’un tunnel, l’attraction irrésistible de la lumière bienveillante mais là, il me fixa et s’arrêta. Je tenais peut-être quelque chose : il allait flancher, m’avouer qu’il avait reconstitué son témoignage après des consultations sur internet ! Non, il me dit simplement de surveiller mon foie ! Mon foie qui allait très bien !

Mon foie qui n’avait aucune raison d’aller aussi mal que l’ont finalement révélé les examens : cancer foudroyant, évolution incompatible avec un traitement ou même une greffe. Bordel !  J’ai 51 ans, je ne fume pas, je ne bois pas, je fais du sport et cette saloperie me rattrape, alors que je la traque chez les autres et souvent, je les sauve. Si Dieu a de l’humour, je m’en vais lui dire qu’on n’a pas le même… Je passais plusieurs semaines à cafarder, à finalement reconnaître les symptômes que j’avais décelés chez les autres bien plus vite, sans les voir sur moi-même. Je diagnostique maintenant parfaitement ce cancer, mais je ne l’accepte pas : il est injuste. Je me décide à me lancer plus avant dans mon enquête, puisque le temps m’est compté.

Je fatigue vite, les nausées sont fréquentes mais je peux conduire et poursuivre mes interviews. Ce monde fantasmé est passionnant et, avouons-le, rassurant. Je reste persuadé qu’il s’agit d’un processus physiologique du corps qui sentant sa fin prochaine, se raccroche à ce qu’il peut. C’est une douce ironie : je me rassure en me disant que le merveilleux n’existe pas. Au moins, je ne trahis pas mes professeurs de médecine. Pourtant au fond de moi, au-delà de l’envie d‘y croire, je ne peux expliquer autrement le faisceau d’indices menant à la survie de l’esprit. Ce qui m’ennuie le plus : je ne connaîtrai pas d’EMI.[/justify]

Ouest France, 17 juillet 2021, avis de décès.

Notre bien aimé camarade, le Dr Pierre Tourmailleux a rejoint sa dernière demeure. Lui qui a été le compagnon de tant d’habitants dans notre région s’est montré si humain et aussi bien médecin du corps, que de l’âme. La cérémonie qui s’est tenue en l’Église de Notre Dame de Lorette a été riche en émotions, digne, si ce n’est ce SDF indésirable sur le parvis qui s’évertuait à ponctuer les propos du prêtre de « Tout ça, c’est des conneries !!! ».
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« Modifié: 19 Juillet 2021 à 14:02:21 par Thom »

Hors ligne Cendres

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Re : L'homme qui n'était pas revenu de la mort
« Réponse #1 le: 16 Juillet 2021 à 09:30:13 »
Merci pour ton texte.
Je vais plus répondre a l'idée de ton texte que a ton écriture.

Si je ne me trompe pas, normalement si notre cerveau a été sans oxygène 6 minutes, on est mort ou devenu un légume au mieux.

J'ai lut ton texte car tu parles de EMI, un sujet qui m'intéresse, car la sortie du corps, sa ce fait aussi par dissociation
La dissociation, pour résumé, c'est lorsque ton esprit et ton corps se scinde  en deux.  Tu peux vivre cela "grâce" a des drogues ou pendant des agressions.
J'avais aussi partage un texte sur le sujet, parlant de la dissociation.

En fonction des cultures les EMI peuvent varier, des gens voient des choses  variables(des proches, des dieux...), et même, une minorité, peuvent faire une expérience négative.

Personnellement je pense que c'est juste notre cerveau qui nous donne cette illusion. Voila mon avis.
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

Hors ligne Delnatja

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Re : L'homme qui n'était pas revenu de la mort
« Réponse #2 le: 16 Juillet 2021 à 10:16:25 »
Bonjour Thom, j'ai beaucoup aimé ton texte, plein de nuances, de bienveillance et facile à lire.
Bonne journée.
Michèle

Hors ligne txuku

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Re : L'homme qui n'était pas revenu de la mort
« Réponse #3 le: 16 Juillet 2021 à 18:20:21 »
Bonsoir

Une fin et un texte bien optimiste .........  :)


Et pourquoi pas ? :-¬?
Je ne crains pas d etre paranoiaque

"Le traducteur kleptomane : bijoux, candelabres et objets de valeur disparaissaient du texte qu il traduisait. " Jean Baudrillard

Hors ligne Samarcande

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Re : L'homme qui n'était pas revenu de la mort
« Réponse #4 le: 16 Juillet 2021 à 23:22:40 »
Salut Thom,

ça fait un petit moment que je n'étais pas tombée sur un de tes textes.
C'est toujours rafraîchissant à lire.
J'ai beaucoup aimé la chute.

Ton texte m'a beaucoup fait penser (pour le thème) à Les Thanatonautes de B. Weber. Tu connais ?
«Trees are full of songs and we are not shy to seeing them.» (Elif Shafak - The island of missing trees)

Hors ligne Ocubrea

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Re : L'homme qui n'était pas revenu de la mort
« Réponse #5 le: 17 Juillet 2021 à 16:39:56 »
Bonjour Thom ! :)

Bon, je vais commencer par mes petites remarques au fil de la lecture :

Citer
Alors que je quittai mon cabinet pour des vacances bien méritées, j’étais soulagé de m’extraire de cette aventure qui m’a tant occupé ces deux dernières années.
"quittais" (il faut un imparfait ici, tu ne dirais pas "alors qu'il quitta" mais "alors qu'il quittait"). Pour la concordance des temps, idéalement, il faudrait aussi dire "cette aventure qui m'avait tant occupé").

Citer
Je suis un scientifique, formaté à l’école rationnelle de la preuve. Mais en toute honnêteté, j’avoue que j’étais un peu perdu depuis des mois d’enquête auprès de ma patientèle. Les témoignages m’ont agacé au point de vouloir mettre en évidence le truc comme on dit en prestidigitation. Bien décidé à lever le voile sur cette arnaque, je me suis jeté, corps et âme, dans l’énigme policière de la vie cachée après la mort. Comme je le dis souvent à mes étudiants : « Tout ça : c’est des conneries !!! ».
De manière générale, attention aux temps employés et à leur utilisation : on a dans ce premier paragraphe du passé simple, de l'imparfait, du passé composé et du présent et je trouve qu'ils ne fonctionnent pas trop en harmonie.

Citer
Il me parle de sa grand-mère qu’il a vue lors de son arrêt, sur la table d’opération. Il décrit, en le revivant, l’appel de cette lueur bleutée pleine d’amour, d’un sentiment de bien-être indicible, d’une vision à 360 ° et d’une omniscience instantanée.
Là, j'ai cru que tu parlais de la grand-mère qui était en train de faire un arrêt cardiaque et lui qui y assistait de l'extérieur, du coup j'ai eu du mal à comprendre la suite... ^^

Citer
A ce moment, il ne me parle pas : il le revit et s’interrompt pour des larmes que jamais je ne l’ai vu verser, même à l’annonce du pronostic fatal.
Tu dis dans la phrase précédente qu'il parle, et dans celle-ci qu'il ne parle pas, ça fait un peu bizarre, même si on comprend ce que tu veux dire.

Globalement, je n'ai pas beaucoup d'autres remarques au fil du texte, si ce n'est que ce problème de temps m'a un peu dérangée tout au long de ma lecture, on y  passe trop du présent au passé sans raison claire, et du coup ça rend confus le déroulement exact et l'ordre des évènements.

Par ailleurs, j'ai trouvé ton narrateur un peu caricatural, je trouve qu'à part son côté "hyper scientifique", il n'a pas beaucoup de substance, de choses qui permettent de le caractériser et de l'individualiser. Je trouve aussi qu'on sent que toi, en tant qu'auteur, tu essayes de semer le doute ou de faire croire à ton lecteur que "ce ne sont pas des conneries", alors que ton narrateur n'y croit pas, et du coup ça crée un décalage qui fait qu'on ne sait plus trop où on en est.

Mais sinon, pour ce qui est des points positifs, j'ai trouvé ce texte facile à lire, intéressant et intriguant, surtout. Il donne effectivement un peu d'espoir et ça fait du bien ;) J'ai bien aimé les différents témoignages dont tu as parlé. J'aurais trouvé ça intéressant d'appuyer un peu plus sur tous les arguments "pour" et "contre", d'avoir aussi des témoignages où une explication "rationnelle" avait été trouvée (et même, éventuellement, commencer par des témoignages qui peuvent être expliqués et puis ensuite ceux qui ne le peuvent pas...). J'ai bien aimé les petites touches d'humour et l'obstination, qui devient bientôt une obsession, de ton narrateur, qui cherche à tout prix à se raccrocher à la science.

Merci pour ce chouette moment ! A plus sur le forum ! ;)
« Modifié: 17 Juillet 2021 à 16:44:27 par Ocubrea »
"Il est plus facile de jouer au mikado avec des spaghettis crus qu'avec des spaghettis cuits.” - Philippe Geluck.

Hors ligne Thom

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Re : L'homme qui n'était pas revenu de la mort
« Réponse #6 le: 19 Juillet 2021 à 13:40:44 »
Bonjour et merci de ce mot intéressant, Cendres,
Chacun est libre de croire ou non...ce qui n'empêche de chercher.

Merci Delnatja, si ce bref instant j'ai pu apporter quelque contentement, j'en suis heureux.

Merci Txuku : tout est là en effet : pourquoi pas ?

Hello Samarcande, je connais bien les Thanatonautes, un des meilleurs d'après moi. Il a pour habitude d'enchevêtrer deux histoires en chapitres, un peu comme le firent les feuilletons américains des années 1980, ce qui tonifie le récit en lui donnant cette double dimension. B Weber ne cache pas ses croyances et s'affiche en explorateur. L'amusant dans ce livre était l'exploitation marchande faite par les publicitaires. Quelques autres écrits qui m'ont guidé, à titre d'exemple : La Source noire, les écrits du Père Brune, qui depuis en sait plus que tous puisqu'il est passé de l'autre coté, du Dr Carbonnier qui propose des expériences, d'Elisabeth Kübler-Ross qui s'etait spécialisée dans l'accompagnement, il y en a trop pour les citer tous mais si le sujet vous intéresse, ceux ci me paraissent solides.

Merci de cette relecture attentive Ocubrea !
Pour le coup, c'est une action passée, courte et je vois mal un imparfait sur ce premier membre de phrase : "alors que je quittai".
Pour tous les autres : tu as parfaitement raison !
Je vais remettre cette grand mère à sa place mais elle est peu mobile du fait de son grand âge...
Idem je vais trouver une meilleure description sur cette parole qui n'en est pas une.  C'est un trait commun des témoignages : l'absence de mot pour décrire l'expérience, parfois les larmes qui coupent court à tout discours ou la flamme qui s'empare de celui qui revit le moment.
Mon narrateur est caricatural mais je le voulais humain donc faible : il veut tordre le coup à cette légende puis son esprit scientifique est ébranlé puis la vie dévide pour lui ce qui sera la vérité et l'important. Il est le portrait de plusieurs médecins dont j'ai attentivement regardé les témoignages, mais peut être n 'est il de ce fait pas assez incarné, ce qui serait un comble au vu du sujet.
« Modifié: 19 Juillet 2021 à 13:53:36 par Thom »

Hors ligne meynaf

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Re : L'homme qui n'était pas revenu de la mort
« Réponse #7 le: 26 Juillet 2021 à 15:01:04 »
Je suis curieux de vos avis sur ce moment que nous connaîtrons tous sans exception, rassurez-vous…
Ben se rassurer, c'est pas évident. J'avoue que l'anéantissement, c'est pas bandant.
Pour ma part, j'ai plutôt décidé d'être immortel : pour l'instant ça se passe comme prévu.


Comme je le dis souvent à mes étudiants : « Tout ça : c’est des conneries !!! ».
C'est peut-être des conneries, n'empêche que le phénomène de la conscience n'a toujours pas été expliqué.
Il y a aussi cette drôle d'histoire des 21 grammes...


Elle me dit pouvoir maintenant sortir de son corps à volonté, faire des rêves prémonitoires et pouvoir dire mieux que moi si quelqu’un est malade et quel organe exactement est en souffrance ! Le disant, elle me désigne du doigt : elle nargue le médecin. D’un air entendu et important, elle me dit également que les services de gendarmerie la consultent périodiquement en cas de disparition.
Il y a un truc bizarre avec ce genre de personnes : elles disparaissent dès que je tente de les rencontrer. Comme les fantômes qui refusent de fantomer, les aliens qui redécollent au plus vite, etc.


si le patient est en arrêt cardio-respiratoire, ces souvenirs ne peuvent pas venir du cerveau qui ne fonctionne plus, puisqu’il n’est plus irrigué.
Il paraît pourtant que l'activité électrique du cerveau perdure bien après l'arrêt de l'irrigation, voire même de la mort.


Car cela reviendrait à prouver l’existence de Dieu
Sûrement pas, non. La vie après la mort, dût-elle exister, n'a nulle besoin d'un dieu pour cela.


Je diagnostique maintenant parfaitement ce cancer, mais je ne l’accepte pas : il est injuste.
Est-ce que quelqu'un en a déjà vu un qui soit juste ?
La clarté est la politesse de l'homme de lettres.
(Jules Renard)

 


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