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07 Juin 2026 à 20:21:41
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Silence radio [Pour AT] [Nouvelle noire - 2000 mots]

Auteur Sujet: Silence radio [Pour AT] [Nouvelle noire - 2000 mots]  (Lu 3863 fois)

Hors ligne Rémi

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Silence radio [Pour AT] [Nouvelle noire - 2000 mots]
« le: 15 Avril 2021 à 22:16:56 »
Salut,
Voici une nouvelle que je compte envoyer en réponse à un appel à textes.
J'aimerais des retours sur :
* la forme, j'ai tenté des choses assez inhabituelles pour moi.
* la structure (mise en place, progression, chute)
* les coquillettes que j'ai certainement laissées en route et autres menus détails
* le titre, je suis pas convaincu

Bien sûr, un retour rapide me fera plaisir aussi : qu'est-ce qui fonctionne bien ? qu'est-ce qui est plutôt raté ?

Merci d'avance ^^

Nouvelle version (j'ai laissé la V1 en spoiler en dessous).



Silence radio



Edgard Saint-Hilaire traine ses souliers usés rue Pasteur. Il marche vouté, observant à chaque pas le rebond de ses lacets sur le cuir beige. Ce côté de la rue offre l’ombre bienfaisante des grands immeubles bâtis deux siècles plus tôt, à l’époque de la première révolution industrielle. Chirurgien à la retraite, il a commencé à exercer avant l’invention de l’IRM, au milieu des années 60, et n’a pas connu la chirurgie robotisée.
Sur son pied gauche, la boucle du lacet danse de plus en plus librement, le nœud se détend peu à peu. Saint-Hilaire soupire. S’accroupir sur le trottoir n’est plus de son âge, il préfère le confort d’un fauteuil pour attacher ses lacets. Faute de siège moelleux, il se satisferait d’un banc, malheureusement, les urbanistes de la ville savent planter des arbres, installer des potagers urbains, des parcs où les enfants gambadent, grimpent sur des structures d’escalade, glissent sur des toboggans, mais de simples bancs entre les platanes, voilà une mode qu’ils ont choisi de dédaigner. Alors Edgard se résigne, repère une volée de marches devant un immeuble cossu et décide de s’y asseoir pour souffler un instant et y renouer son lacet. Une rampe métallique court le long du mur ; il l’empoigne et s’aide de ses bras pour éviter de poser ses fesses trop durement sur le marbre veiné.
Aucun nuage dans le ciel, les feuilles tremblent à peine au bout des branches immobiles, la chaleur est accablante. Saint-Hilaire écoute le sifflement de ses poumons, plus fort qu’hier, un chuintement régulier, celui de l’échappement d’un moteur fatigué, le vieux soufflet percé d’une forge décrépite. Il se penche vers ses souliers et, du coin de l’œil, aperçoit l’envol d’un merle, une tache furtive sur la surface lisse du ciel, une marque noire vite disparue entre les branches qui laisse une empreinte sombre sur sa rétine. Ses mains se figent, ses lèvres se pincent et il ferme les yeux. La petite tache dans les entrelacs noueux du bouleau résonne amèrement dans sa mémoire. Comment ne pas la voir ? Comment négliger cette petite nébuleuse obscure au milieu du tableau net des ramifications complexes du vivant ?
Edgard Saint-Hilaire frotte son visage de ses paumes rugueuses. Les bruits de la rue se sont évanouis, les passants n’existent plus, même la chaleur est oubliée ; il ne reste que cette petite marque foncée au milieu de la géométrie froide des branchages dans le ciel, comme une anomalie sur une radio pulmonaire, un indice immanquable pour l’œil exercé du chirurgien qu’il était. Et pourtant, il est passé à côté, le patient a décédé sur la table d’opération et lorsqu’il avait compris son erreur d’interprétation, il ne l’avait jamais révélé à quiconque. Au fond de la tête du vieil homme, le tam-tam de ses pulsations cardiaques grimpe crescendo. Il serre les dents, grimace, lutte contre le rythme sourd qui frappe derrière ses yeux, dans ses tympans, comme un poing lourd qui s’abat encore et encore sur la porte verrouillée de sa conscience. Saint-Hilaire respire difficilement, pousse un cri, le gémissement rauque d’un animal traqué.
Lorsqu’il ouvre enfin les yeux, il lui semble qu’il est assis sur ces marches depuis de longues heures. Face à lui, une jeune femme inquiète.
— Ça va, Monsieur ?
Edgard ne la voit pas vraiment, tout est encore flou et la chaleur lui tombe dessus, d’un coup. Il grommelle une réponse.
— Je fais mes lacets.
La jeune femme ne peut deviner le tourment qui ronge le vieil homme, les images qui tournent en boucle dans sa tête, celles d’un chirurgien fautif qui ment à la famille du défunt, qui cache la vérité à son équipe.
— Je peux vous aider ?
Ses mots parviennent à Edgard comme venus d’un autre monde, un monde où des gens souffrent et le regardent.
— Foutez-moi la paix, grogne-t-il en se penchant vers ses chaussures.
La passante hausse les sourcils, contemple un instant le vieux Monsieur, ne sachant trop que penser. Finalement, elle tourne les talons et poursuit son chemin.

La clochette de l’ascenseur tinte lorsqu’il s’arrête au troisième étage. Saint-Hilaire pousse la porte métallique et traverse le palier. Dans la pénombre de l’appartement, le parquet à chevrons grince à chaque pas. Les longs rideaux pourpres resteront tirés jusqu’à l’heure du crépuscule. Alors, Edgard ouvrira les fenêtres en grand : celles qui donnent sur la rue et celles au-dessus de la cour de l’immeuble. Avec un peu de chance, la température sera plus clémente et l’air frais pourra s’engouffrer de la cuisine à la chambre. En attendant, le vieil homme saisit une bouteille d’eau restée sur la table, s’affale dans son fauteuil, reprend des forces et habitue ses yeux à l’obscurité.
Peuplant le silence parfumé à la cire d’abeille, l’horloge murale égrène les secondes. Bientôt, le tintamarre des cloches de l’église Saint-Michel toute proche emplit la pièce. Dix-neuf heures. Edgard pose ses mains sur les accoudoirs de cuir, se penche en avant, pousse sur ses bras et se lève. Il traverse l’appartement, ouvre le réfrigérateur et en sort une assiette de jambon, une plaquette de beurre et un sachet de laitue qu’il pose sur la table. Une de ses mains flétries saisit une bouteille de Bordeaux, l’autre un verre à pied et le reste d’une baguette entamée.
Saint-Hilaire écrase le beurre sur un morceau de pain, plante sa fourchette dans une tranche de jambon. « Ce sont des fibres musculaires », pense-t-il en levant son couteau. « Et là, le fascia, la membrane fibro-élastique qui enveloppe le fessier du cochon ». Il fait la moue, remarque une artère sectionnée, ferme les yeux et secoue imperceptiblement la tête. La tache ne réapparaît pas devant ses yeux ; elle ne doit pas réapparaître ! Edgard se verse un verre de vin en tremblant, le porte à ses lèvres. L’image du curé de la paroisse se forme dans son esprit et quatre mots résonnent : « Le sang du Christ ». Il pousse un râle d’énervement.
— Assez !
Saint-Hilaire pose le jambon sur la baguette et y plante ses dents. Le bruit de la mastication couvre celui de la pendule face à lui. La lumière décroit, il va être temps d’ouvrir les rideaux. Le vieil homme quitte sa chaise, marche jusqu’à la chambre et ouvre la fenêtre ; il revient au salon où il fait de même avant de se rasseoir devant son jambon et sa salade. Maintenant, ce sont les nervures de la laitue qui lui sautent aux yeux, qui s’imposent à lui ; une large cote blanche qui va en s’affinant, en se ramifiant, distribuant les fluides à l’intérieur de la peau plus fine vers l’extérieur, là où se joue la photosynthèse, là où la plante fabrique ses éléments nutritifs. Belle mécanique du vivant, mais un parasite ou un coup a abimé la feuille et une tache brunâtre s’est formée, à l’endroit même où Edgard commence à plier la salade. Ça y est. La tâche est là, elle s’insinue, grandit, prend toute la place dans son esprit.
Le vieil homme laisse tomber son couteau et frappe du plat de la main la table en chêne. Il grogne, repousse violemment son assiette qui cogne le verre. De ses poings serrés, il se tambourine le front.
— Ça ne finira donc jamais ? s’écrie-t-il.
Le verre a basculé et le vin – le sang – forme une petite flaque d’où dépassent des ossements de cristal brisé. Alors, le flux des images submerge le pauvre Edgard. D’abord la petite tâche, omniprésente au milieu des ramifications, et ensuite les flots de sang, intarissables, qui giclent entre ses doigts tandis qu’il crie des ordres à ses assistants autour de la table d’opération ; un sang trop liquide qui noie la plaie ouverte et masque son origine par son abondance sans cesse renouvelée. L’hémoglobine remonte jusqu’à ses poignets, éclabousse sa blouse et son masque. Et puis surgit une nouvelle image, celle de tissus nécrosés, noirs et odorants sous son scalpel, inattendus sous la peau comme un nuage de sauterelles ou de cafards déferlant sur la plaine, ne laissant aucune chance aux organes que l’on croyait sains. Les chairs en décomposition s’étendent en surface, plongent en profondeur. La puanteur lui saute à la gorge.
Saint-Hilaire pousse un hurlement, recule sa chaise, se déplie et rejoint en trois pas l’armoire sous la pendule. Son corps tremble, ses poumons sifflent comme jamais. Du tiroir central, il extrait une épaisse pochette de carton rouge. À l’intérieur, une dizaine de dossiers subtilisés à l’hôpital. Les mains agitées d’Edgard effectuent un tri rapide et jettent sur la table deux grandes enveloppes de papier kraft. « Masquelier – 1993 » et « Girardin – 1998 ». Saint-Hilaire les ouvre et étale leur contenu à côté de la tâche de vin qui n’a cessé de s’étendre. La table se couvre d’IRM, de photos, de scanners et de comptes-rendus. Le vieux chirurgien suffoque maintenant sous le coup de l’émotion ; ses doigts parcourent les notes qu’il a prises vingt ou trente ans plus tôt. Il pointe de l’index une conclusion erronée et se frappe le crâne ; il place devant le lustre une radio thoracique et marmonne entre ses dents, postillonne une injure contre lui-même. Trop tard pour apprendre de ses erreurs, inutile également de se torturer, ça ne fera pas revenir ces gens d’entre les morts. Mais sa mémoire ne le laisse pas en paix, il revoit les deux corps allongés sous leur drap mortuaire, les visages décomposés des familles et il entend les paroles mensongères qu’il a prononcées à l’époque. Edgard ferme les yeux, debout, appuyé contre la table, la tête pendante. Il respire à grandes goulées et son rythme cardiaque redescend lentement. Lorsqu’il ouvre les paupières, son regard se pose sur le jambon, puis sur la flaque de vin. Saint-Hilaire veut résister, ne plus subir. Il détourne les yeux et reprend entre ses mains la radio qu’il fixe attentivement, comme un exutoire, une réalité passée, factuelle et inerte.
Un moustique passe près de son oreille, vibration suraigüe fugace. Il ne bronche pas. L’insecte tournoie et grimpe vers l’ampoule, la touche et grille sur le coup. Petit grésillement électrique. Et voici que du plus profond de ses entrailles, Saint-Hilaire sent monter à la vitesse de l’éclair le bruit nauséeux du défibrillateur qui se charge avant le choc. Il ne voit plus la radio devant ses yeux, mais la courbe affolée sur le monitoring. La salle d’opération se révèle, toute entière, vue de dessus : le jeune chirurgien qu’il était se tient debout, immobile au milieu de l’équipe qui s’agite. L’anesthésiste, les infirmiers et l’interne coordonnent leurs mouvements et le Saint-Hilaire du vingtième siècle s’écarte, groggy, incapable de quitter des yeux la jambe amputée du patient : les muscles tranchés, la graisse rosie, l’os scié, les tendons découpés. La macabre nature morte s’imprime pour toujours sur sa rétine.
La radio glisse entre les doigts d’Edgard qui se retourne mécaniquement. Comme un pantin, il attrape la pochette rouge et la retourne au-dessus de la table. Les huit dossiers restants s’étalent et se mélangent ; les dix abominations de sa carrière, dix morts de sa faute, dix erreurs lâchement dissimulées. Il ouvre le tiroir de gauche de la commode, en sort une petite boite oblongue de laquelle il extrait un scalpel. Ses gestes sont saccadés, sa respiration un chuintement humide.  Sa vue se trouble, il se frotte le visage du revers de sa manche. Les lèvres tremblantes, le vieil homme se plie en deux, remue les feuilles de papier, tente d’accommoder pour distinguer les images et les textes qui glissent devant ses yeux. Le scalpel tranche une première fois ; il arrache des morceaux de papier, découpe à nouveau des lettres, des morceaux d’image. Son souffle s’accélère, son cœur aussi et sa bouche écume. Du bout des doigts, il prélève la salive mousseuse qui coule sur son menton, la plaque sur le verso blanc d’un compte-rendu. « Sécrétion de mensonge », ce sont les mots qui traversent son esprit tandis qu’il tartine le papier de cette bave épaisse. Il colle dans le liquide poisseux les produits de son découpage. Ses veines grossissent sur son cou, sur ses tempes et un vacarme assourdissant emplit sa tête. Encore quelques éléments à assembler, ses mains répondent de façon chaotique. Sa peau ridée se colore de rouge et de bleu ; finalement Edgard chancèle et s’effondre sur le parquet.

La poitrine du vieil homme étendu se soulève à peine ; la pièce résonne du sifflement de ses poumons que le tic-tac de l’horloge découpe d’un son mat et claquant, comme un paysage sonore de collines rugueuses barré par la verticalité de pylônes métalliques régulièrement espacés. La flaque de vin a fini de s’étaler sur la table de chêne, une goutte en a atteint le bord, s’est précipitée sur la chemise d’Edgard, formant une tâche ronde à droite de son cœur, à peine perceptible sur le tissu sombre.
Au milieu des dossiers en charpie, la feuille blanche salie de bave, où le collage de fragments de scanners, d’extraits d’imagerie et de comptes-rendus dessine une mosaïque ramifiée. Par dessus l’image fragmentée, les morceaux de mots déchirés forment une phrase : « serment d’hypocrite de Saint-Hilaire ».


Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
« Modifié: 18 Avril 2021 à 17:39:18 par Rémi »
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne Earth son

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Re : Silence radio [Pour AT] [Nouvelle noire - 2000 mots]
« Réponse #1 le: 16 Avril 2021 à 13:01:21 »
Bonjour Rémi,

J’ai lu ton écrit avec plaisir.
Je dois avouer avoir eu un peu de mal à comprendre où tu voulais nous emmener mais au final la progression est claire. Je mets juste un petit bémol sur la chute qui, à mon avis, manque d’un petit quelque chose mais je ne sais pas quoi (et ce n’est peut-être que moi, en fait j’ai été un peu déçue par la toute fin, la petite phrase, à moins que je sois passée à côté du truc, c’est possible aussi).
Pour les coquilles, pas d’omelette à l’horizon pour ma part, je n’en ai pas trouvé.
J’ai juste un petit doute sur la feuille de salade  ;)
Je m’explique
« une large cote blanche qui va en s’évasant »
Pour moi, s’évaser, c’est s'élargir. Dans le cas présent, la feuille s’élargit mais la cote, elle, rétrécit quand on va vers le bout de la feuille.
Voilà, ça ne va pas beaucoup t’avancer mais bon...
Bon courage pour ton AT
« Modifié: 16 Avril 2021 à 13:05:21 par Earth son »

Hors ligne Vivi

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Re : Silence radio [Pour AT] [Nouvelle noire - 2000 mots]
« Réponse #2 le: 16 Avril 2021 à 13:11:48 »
Plop ^^

Un petit coup de main à mon guitariste préféré :mrgreen:

Je trouve le style pas trop mal. Trop d'incises, par contre. Dans un petit dialogue c'est pas nécessaire, surtout avec aussi peu de complexité dans les propos.
J'aime bien l'augmentation du rythme dans la deuxième partie, à l'opposé de la première scène assez lente.

Pour le fond de l'histoire et le personnage, par contre, j'ai pas vraiment accroché.
Le deuxième partie me semble un peu fouillie. Ca hésite entre souvenirs de jeunesse et hallucination prendant une opération ; le cul entre deux chaises quoi. A voir si d'autres lecteurs ont mieux capté le contenu. Ce trouble m'a donc emmener vers la chute sans grande révélation. C'est après coup que j'ai compris le jeu de mots. Ce ne marche que si on est dans le cas du  souvenir. Là aussi, la culpabilité se comprend, mais j'y trouve pas mon compte. En fait, si je comprend qu'il a fauté, je sais pas pourquoi/comment. Au-delà de l'aspect technique qui n'est pas vraiment nécessaire, j'arrive pas à cerner comment ça s'est passé (on opère pas seul, donc qui du personnel qui l'accompagnait ?).
Je vois aussi le jeu de mot avec le titre (radio du patient toussa). Mais je trouve pas le texte vraiment "noir".

Bref, pas vraiment emporté par le perso/sujet/histoire :-\.
Mais j'aime bien le texte et la structure (changement de rythme). :)
Donc seul truc pertinent à retenir de mon intervention : plein d'incises à virer :D
Je suis capable du pire comme du meilleur, mais c'est dans le pire que je suis le meilleur (^.^)v

Hors ligne Samarcande

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Re : Silence radio [Pour AT] [Nouvelle noire - 2000 mots]
« Réponse #3 le: 16 Avril 2021 à 18:32:38 »
Salut Rémi,

Je n'ai pas trouvé ton texte si noir que ça. Comme d'hab, c'est bien écrit, le personnage principal est tout à fait crédible et tu évites avec habileté les écueils des lieux communs.

Un peu de pinaillage au fil du texte.

Citer
Ce côté de la rue offre l’ombre bienfaisante des grands immeubles bâtis deux siècles plus tôt, à l’époque de la première révolution industrielle. Chirurgien à la retraite, il a traversé la fin du vingtième siècle et les premières décades du suivant : révolutions du scanner, de l’IRM, de la chirurgie robotisée et autres merveilleuses découvertes qui ont permis aux praticiens des gestes toujours plus précis, moins intrusifs
Je sais que le format nouvelle oblige  à mettre en place les personnages, le décors et l'intrigue rapidement, mais je trouve ce passage un peu artificiel, d'autant plus que tu nous donnes plein de détails dans le paragraphe suivant qui nous font bien comprendre qu'il est âgé, pas en très bonne santé et dans un décors urbain. Il en faudrait peu pour comprendre qu'il est un ancien chirurgien.


Citer
Faute de siège moelleux, il se satisferait d’un banc, malheureusement, les urbanistes de la ville savent planter des arbres, installer des potagers urbains, des parcs où les enfants gambadent, grimpent sur des structures d’escalade, glissent sur des toboggans, mais de simples bancs entre les platanes, voilà une mode qu’ils ont choisi de dédaigner.
J'aime bien ce passage par exemple: il en dit pas mal sur le personnage.

Citer
il ne reste que cette petite marque foncée au milieu de la géométrie froide des branchages dans le ciel
:coeur:

Citer
— Ça va, Monsieur ? demande-t-elle.
Edgard ne la voit pas vraiment, tout est encore flou et la chaleur lui tombe dessus, d’un coup.
— Je fais mes lacets, grommelle-t-il.
— Je peux vous aider ? insiste la jeune femme.
— Foutez-moi la paix, grogne Edgard en se penchant vers ses chaussures.
La passante hausse les sourcils, contemple un instant le vieil homme, ne sachant trop que penser. Finalement, elle tourne les talons et poursuit son chemin.
Je me demande quelles info ce passage nous apporte vraiment : qu'il a un sale caractère ? qu'il n'accepte pas de vieillir ? Qu'il est trop plongé dans ses souvenirs et ses remords pour accepter une intrusion ?

Citer
Peuplant le silence parfumé à la cire d’abeille, l’horloge murale égrène les secondes.
:coeur:

Citer
Il colle dans le liquide poisseux les produits de son découpage. Ses veines grossissent sur son cou, sur ses tempes et un vacarme assourdissant emplit sa tête. Encore quelques éléments à assembler, ses mains répondent de façon chaotique.
Revoilà la thématique du puzzle . :D

Citer
« serment d’hypocrite de Saint-Hilaire ».
:coeur:

J'aime bien la fin, mais je ne suis pas tout à fait convaincue par ce sentiment de culpabilité. Il me semble qu'un chirurgien à la retraite aurait du voir défiler sous ses doigts des centaines de patients, et assisté à pas mal de décès.
Tu nous décris un jeune chirurgien (j'imagine inexpérimenté) mais de bonne foi. Je crois que j'aurais mieux accroché à cette réaction si violente si Saint-Hilaire avait fait preuve de négligence, plutôt que d’inexpérience.
De même, il me semble qu'il manque un réel élément déclencheur de cette crise de rage. Pourquoi maintenant et pas avant ?

Je suis critique parce que c'est un AT, hein, pas parce que le texte ne m'a pas plu. ;)
Y'a plein de choses que j'ai aimé (par exemple le rythme crescendo, la tache et le sang qui réapparaissent un peu partout dans les éléments les plus communs...etc)


«Trees are full of songs and we are not shy to seeing them.» (Elif Shafak - The island of missing trees)

Hors ligne Thom

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Re : Silence radio [Pour AT] [Nouvelle noire - 2000 mots]
« Réponse #4 le: 16 Avril 2021 à 18:44:23 »
C'est un joli petit film.
On voit bien l'immeuble, l'homme âgé et on découvre son tourment actuel et celui qui est passé mais qui revient.
De très bon éléments gagneraient à être fouillés :
- la spécialité du chirurgien (ortho ? apparemment non viscéral)
- la suite de sa carrière : il a planté, comme tous les médecins, un cas lorsqu'il était jeune et s'en veut mais : et après ? En quoi ce cas le tourmente-t-il particulièrement ? Quel était l'enjeu, mis à part le cas médical ?
- savoureux : la description du jambon ! trop drôle. Ce regard professionnel est à exploiter.
- la jeune femme. personnellement, s'agissant de ce genre de personne, j'incline à penser qu'il n'y en a jamais trop. Je comprends qu'elle tourne les talons mais est il insensible à son empathie ? visiblement agacé mais elle n'y est pour rien et s'inquiétait.
Des interrogations :
- pourquoi l'appelle-t-on indifféremment Edgard, Saint Hilaire, ESH ?
- nouer son lacet défait : j'aurait simplifié pour renouer son lacet.
-ossements de cristal brisé. Cela surprend, on y revient, on comprend qu'un mélange arrive mais on reste dubitatif sur l'expression s'agissant de morceaux de cristal.
- des marches de marbre veiné en entrée d'immeuble : cossu l'immeuble...ou alors refaire un clin d'oeil à l'anatomie humaine et à son réseau veineux ?
Joli coup d'archet.

Hors ligne Rémi

  • ex RémiDeLille
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Re : Silence radio [Pour AT] [Nouvelle noire - 2000 mots]
« Réponse #5 le: 17 Avril 2021 à 10:53:42 »
Salut,
C'est cool d'avoir vos retours aussi vite, merci !

@Earth son

Citer
Je mets juste un petit bémol sur la chute qui, à mon avis, manque d’un petit quelque chose mais je ne sais pas quoi (et ce n’est peut-être que moi, en fait j’ai été un peu déçue par la toute fin, la petite phrase, à moins que je sois passée à côté du truc, c’est possible aussi).
bon, c'est un truc à deux balles, hein...
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Citer
Pour moi, s’évaser, c’est s'élargir. Dans le cas présent, la feuille s’élargit mais la cote, elle, rétrécit quand on va vers le bout de la feuille.
tout à fait vrai ! je corrige, merci !

Merci pour ta lecture, c'est cool si tu as lu avec plaisir :)

@Vivi
sympa de passer par ici, petite sorcière ^^
Citer
Trop d'incises, par contre. Dans un petit dialogue c'est pas nécessaire, surtout avec aussi peu de complexité dans les propos.
tu parles que des incises sur le petit dialogue ou d'autres incises ?

Citer
Ca hésite entre souvenirs de jeunesse et hallucination prendant une opération ; le cul entre deux chaises quoi. A voir si d'autres lecteurs ont mieux capté le contenu.
c'est vrai que c'est pas clair ^^

Citer
C'est après coup que j'ai compris le jeu de mots.
ça, c'est cool

Citer
En fait, si je comprend qu'il a fauté, je sais pas pourquoi/comment.
ouaip, faut clairement que j'en dise plus sur sa culpabilité ; ça rendra la chute plus forte aussi

Citer
Bref, pas vraiment emporté par le perso/sujet/histoire :-\.
:-\

Citer
Mais j'aime bien le texte et la structure (changement de rythme). :)
:)

Merci pour ton commentaire, je vais essayer de faire progresser le truc.

@ Samarcande

Citer
Je sais que le format nouvelle oblige  à mettre en place les personnages, le décors et l'intrigue rapidement, mais je trouve ce passage un peu artificiel, d'autant plus que tu nous donnes plein de détails dans le paragraphe suivant qui nous font bien comprendre qu'il est âgé, pas en très bonne santé et dans un décors urbain. Il en faudrait peu pour comprendre qu'il est un ancien chirurgien.
ouaip, et ma fille a fait la même remarque, je vais revoir cette phrase un peu trop lourdingue

Citer
Je me demande quelles info ce passage nous apporte vraiment : qu'il a un sale caractère ? qu'il n'accepte pas de vieillir ? Qu'il est trop plongé dans ses souvenirs et ses remords pour accepter une intrusion ?
oui, les trois (surtout le dernier point à vrai dire)

Citer
Revoilà la thématique du puzzle . :D
>< mes perso font souvent de l'art plastique de façon originale... un peu facile, faudrait que je me renouvelle  :D

Citer
Tu nous décris un jeune chirurgien (j'imagine inexpérimenté) mais de bonne foi. Je crois que j'aurais mieux accroché à cette réaction si violente si Saint-Hilaire avait fait preuve de négligence, plutôt que d’inexpérience.
oui, ça rejoint la remarque de mon cher Viviane au-dessus ; je vais retravailler le texte dans ce sens, mais je voudrais ne pas trop en dire et ne pas le dire frontalement

Citer
De même, il me semble qu'il manque un réel élément déclencheur de cette crise de rage. Pourquoi maintenant et pas avant ?
pareil, je pourrais faire comprendre de cette crise n'est pas la première
(et l'élément déclencheur, c'est juste la tache entre les arbres)

Citer
Y'a plein de choses que j'ai aimé (par exemple le rythme crescendo, la tache et le sang qui réapparaissent un peu partout dans les éléments les plus communs...etc)
cool

merci pour ton commentaire, ça va aider et ça confirme des trucs

@ Thom
Citer
C'est un joli petit film.
tant mieux si le visuel fonctionne bien

Citer
De très bon éléments gagneraient à être fouillés :
je crois que je vais rester flou pour la spécialité du chirurgien

Citer
il a planté, comme tous les médecins, un cas lorsqu'il était jeune et s'en veut mais : et après ? En quoi ce cas le tourmente-t-il particulièrement ? Quel était l'enjeu, mis à part le cas médical ?
faut que je donne plus d'éléments, Vivi et Samarcande ont fait la même remarque ; par contre, il a une pochette avec 10 dossiers (pas un), faudrait que ce florilège de ses erreurs soit plus clairement exposé

Citer
- la jeune femme. personnellement, s'agissant de ce genre de personne, j'incline à penser qu'il n'y en a jamais trop. Je comprends qu'elle tourne les talons mais est il insensible à son empathie ? visiblement agacé mais elle n'y est pour rien et s'inquiétait.
exact, il est insensible (et oui, elle n'y est pour rien !)

Citer
- pourquoi l'appelle-t-on indifféremment Edgard, Saint Hilaire, ESH ?
y a pas de raison (à par éviter les répétitions)

Citer
- nouer son lacet défait : j'aurait simplifié pour renouer son lacet.
bien vu, j'adopte

Citer
-ossements de cristal brisé. Cela surprend, on y revient, on comprend qu'un mélange arrive mais on reste dubitatif sur l'expression s'agissant de morceaux de cristal.
- des marches de marbre veiné en entrée d'immeuble : cossu l'immeuble...ou alors refaire un clin d'oeil à l'anatomie humaine et à son réseau veineux ?
ossements et veines... effectivement, les clins d'oeil sont là ;)

Merci pour ta lecture et tes remarques, yapuka !



Encore merci à tous les quatre, les avis convergents, ça va m'aider.

A++
Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne Earth son

  • Calame Supersonique
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Re : Silence radio [Pour AT] [Nouvelle noire - 2000 mots]
« Réponse #6 le: 17 Avril 2021 à 11:03:25 »
Hello,

Pour ce que tu as mis en spoiler, j’avais pas capté car mon petit cerveau a mis un « a » à la place du « i » tout seul comme un grand.
Du coup, forcément, ça marche moins bien  :)

Sinon, j’avais aussi l’impression qu’il avait fait quelques erreurs dans sa carrière mais le fait que ça le ronge autant n’est pas clair (après, ça ne m’a pas trop gênée non plus j’avoue, on peut être obnubilé par quelque chose qui est insignifiant pour d’autres).
« Modifié: 17 Avril 2021 à 11:05:34 par Earth son »

Hors ligne jenny-alb

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Re : Silence radio [Pour AT] [Nouvelle noire - 2000 mots]
« Réponse #7 le: 17 Avril 2021 à 12:29:13 »
Bonjour,

J'ai aimé ce texte, je l'ai trouvé très réel, j'ai tout de suite senti que quelque chose tourmentait ce pauvre monsieur, mais effectivement nous ne savons pas quoi exactement, j'ai d'abord pensé à une maladie, qui lui a fait perdre la vision lorsqu'il était assis sur les marches, l'intervention de la fille est je pense pour montrer que Edgard était perdu et ne voulait pas le montrer.

Je n'ai pas compris tout de suite qu'il avait mis fin à ses jours car, on ne s'imagine pas vraiment quels sont les raisons de cet actes, il faudrait approfondir ses remords ou ses erreurs pour savoir quel mal le ronge.

Pour le  "Hypocrite" je l'ai compris de suite et j'ai trouvé cela très drôle mais encore une fois on ne sais pas vraiment ce qu'Edgard à fait pour mériter une telle fin
N'oubli jamais qu'au bout du tunnel, il y a la lumière.....

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Re : Silence radio [Pour AT] [Nouvelle noire - 2000 mots]
« Réponse #8 le: 17 Avril 2021 à 13:02:55 »
Je te fais une correction type comme je verrai (je quote les passages)
D'ailleurs "une jeune femme apeurée" qui veut s'enquiert du type qui l'effraie, ça fait bizarre ; si je mets "inquiète" à la place, ça coule plus naturellement avec la question qui suit, et comme il y a "monsieur" dedans, on sait forcément qui parle)
Lors de sa deuxième réplique, le "mais" suffit à comprendre l'insitance (du coup, plus besoin d'incise, tu vois)
Pour la dernière, remaniement simple : point d'exclamation et déplacement de l'incise en texte. Bon, ça grogne pas (me demande si y pas répétition sémantique avec le "grommelle" précédent d'ailleurs :mrgreen:), mais le sens global est respecté (il l'envoie balader lol), et ça passe crème (rythme du dialogue).

Citer
...Face à lui, une jeune femme inquiète.
— Ça va, Monsieur ?
Edgard ne la voit pas vraiment, tout est encore flou et la chaleur lui tombe dessus, d’un coup.
— Je fais mes lacets, grommelle-t-il.
Mais, je peux vous aider ?
— Foutez-moi la paix !
Edgard en se penche de nouveau vers ses chaussures. La passante...


Citer
Il pousse un râle d’énervement.
— Assez !
(on pousse rarement un râle "pas à voix haute" lol ; donc on vire la redondance)


Citer
— Ça ne finira donc jamais ? s’écrie-t-il.
Bon, celui-là, ça passe.


Pour les incises, une description adéquate de la situation ou de l'état émotionnel/gestuel de celui qui s'exprime permet souvent de les virer, même pour savoir qui parle (au début du moins).Tant qu'il n'y a que 2 personnes, on comprend vite qui à la parole (sauf s'il y a des reprises par le même personnage). Mais le pire, c'est d'en mettre à chaque réplique comme tu l'as fait, ça surcharge trop la lecture. J'avais lu un super article là-dessus y longtemps mais je ne le retrouve pas :( .


Dernier point (assez violent pour toi désolé :s) ; mais on est plus sur du regret que de l'hypocrisie pur jus dans ton texte. Limite, la chute de fin c'est presque HS :/
Telle qu'elle est écrite, je verrais plutôt le perso pendant son activité à faire plein de trucs hypocrites dans sa clinique (genre faire des faux diagnostiques pour faire des opérations pas vraiment nécessaires : un mal de gorge ? hop, opération des amygdales ! etc...). Sa conscience finit par le titiller, il se rend compte de ce qu'il fait (trouver un déclencheur) ; et au final, cette phrase se retrouve sur sa lettre après son suicide. Ce serait bien "noir" justement, et très fort. Et s'il fait toutes ses arnaques en trifouillant des radiographies, on garde le titre :P
Mais ça demanderait de tout recommencer  ><
« Modifié: 17 Avril 2021 à 13:07:34 par Vivi »
Je suis capable du pire comme du meilleur, mais c'est dans le pire que je suis le meilleur (^.^)v

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Re : Silence radio [Pour AT] [Nouvelle noire - 2000 mots]
« Réponse #9 le: 18 Avril 2021 à 08:28:38 »
Salut,

Une chose sur laquelle je ne rejoins pas forcément les autres lecteurs sont les incises. Ca a exactement son rôle : elle est agaçante cette jeune fille, et devoir lire les incises la rend encore plus agaçante, comme si elle s'accrochait. La seule que je trouve en trop est la dernière, ça aurait mérité une coupure nette (un point ou un point d'exclamation, comme dans l'exemple de Vivi).

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Sinon, un détail qui m'a un peu décrochée, même s'il m'a faite sourire sur le moment :
Citer
Peuplant le silence parfumé à la cire d’abeille, l’horloge murale égrène les secondes.
"parfumé à la cire d'abeille" : qui qui fait le ménage ?
Le personnage me semble trop alourdi par ses regrets, trop concentré sur lui-même, sur son passé pour penser à entretenir une horloge. Après, je peux me tromper et donner l'impression de voir là un gros cliché du mec qui par sa définition de mec n'aime pas le ménage.

Au niveau du ressenti général, ça m'a semblé long au niveau des phrases, très détaillé, parfois technique (pas compliqué hein, juste technique) je sais pas trop en fait. Il y a de ce que j'ai barré avant, mais c'est logique, donc peut-être juste moi à qui ça parle pas des masses. Par contre, j'ai bien aimé le début, l'amertume envers tout et tout le monde - pas de banc dans une rue, c'est un scandale !.

En te souhaitant une bonne journée et bonne chance pour cet AT !
If the day comes that we are reborn once again,
It'd be nice to play with you, so I'll wait for you 'til then.

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Re : Silence radio [Pour AT] [Nouvelle noire - 2000 mots]
« Réponse #10 le: 18 Avril 2021 à 17:37:37 »
Salut chers lecteurs :)

J'ai repris le texte sur les points suivants :
* Clarifier souvenir / hallucination
* Rendre la culpabilité plus évidente (négligence) ; plus de mensonge ou de non dits
* Simplifier / virer le début avec l’histoire de la chirurgie
* Faire comprendre le fait que la crise n’est pas la première
* Les 10 dossiers, 10 patients, on doit comprendre que ce sont ses plus noires erreurs
* Développer dans la scène avec la femme qu’elle ne peut pas voir ses remords et virer les incises

@Earth son

Citer
Sinon, j’avais aussi l’impression qu’il avait fait quelques erreurs dans sa carrière mais le fait que ça le ronge autant n’est pas clair (après, ça ne m’a pas trop gênée non plus j’avoue, on peut être obnubilé par quelque chose qui est insignifiant pour d’autres).
j'ai donc clarifié la chose :)

@ jenny-alb
Citer
J'ai aimé ce texte, je l'ai trouvé très réel,
cool :)
Citer
j'ai tout de suite senti que quelque chose tourmentait ce pauvre monsieur, mais effectivement nous ne savons pas quoi exactement
c'est beaucoup plus clairement exprimé dans cette nouvelle version

Citer
l'intervention de la fille est je pense pour montrer que Edgard était perdu et ne voulait pas le montrer.
je me suis appuyé sur cette remarque (et celle de Viviane) pour faire évoluer le texte à cet endroit, merci ;)

Citer
Je n'ai pas compris tout de suite qu'il avait mis fin à ses jours car, on ne s'imagine pas vraiment quels sont les raisons de cet actes, il faudrait approfondir ses remords ou ses erreurs pour savoir quel mal le ronge.
j'ai explicité les remords ; par contre, il ne met pas fin à ses jours, il respire encore à la fin !

@ Vivi
Je voulais juste savoir si tu parlais des incises de dialogues ou autres incises ; effectivement, c'était lourdingue, j'ai réorganisé le truc ; et j'ai gardé le "inquiète" plutôt que "apeurée", merci :)

Citer
mais on est plus sur du regret que de l'hypocrisie pur jus dans ton texte.
j'ai clarifié la chose, et explicité les mensonges et le vol des dossiers qui étaient sous-entendus dans la première version.

Citer
et au final, cette phrase se retrouve sur sa lettre après son suicide.
c'est marrant que vous voyiez un suicide là où il n'y en a pas ^^
(j'ai justement voulu éviter la classique mort du perso à la fin)

Citer
Mais ça demanderait de tout recommencer  ><
bah en fait, non, juste de clarifier.

Merci d'être repassé, c'est très cool de ta part

@ Luna Psylle
Citer
Serait-ce cette tâche qui est à l'origine de tout ?
oui, bien sûr ! Dans la version initiale, le lecteur s'en doutait, maintenant c'est plus clairement dit

Citer
Auquel cas, à mon sens, ça accentue l'hypocrisie : il aurait pu se soigner
la tache est sur une radio d'un patient, lui n'est pas malade (en tout cas, c'était pas l'idée), il est juste très vieux

Citer
"parfumé à la cire d'abeille" : qui qui fait le ménage ?
:D

Citer
Au niveau du ressenti général, ça m'a semblé long au niveau des phrases, très détaillé, parfois technique (pas compliqué hein, juste technique) je sais pas trop en fait.
ouaip, j'ai pas l'habitude de travailler les phrases longues, j'ai tenté ici ; je me doute que certains lecteurs doivent pas trouver ça terrible.



Encore merci pour vos retours,
au plaisir,

Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne Earth son

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Re : Silence radio [Pour AT] [Nouvelle noire - 2000 mots]
« Réponse #11 le: 18 Avril 2021 à 18:04:50 »
Hello Rémi,

Je trouve ça plus clair mais du coup peut-être trop clair.
J’ai du mal avec quelques passages qui, du coup, me semblent alourdir la narration.

Citer
Et pourtant, il est passé à côté, le patient a décédé sur la table d’opération et lorsqu’il avait compris son erreur d’interprétation, il ne l’avait jamais révélé à quiconque

Citer
La jeune femme ne peut deviner le tourment qui ronge le vieil homme, les images qui tournent en boucle dans sa tête, celles d’un chirurgien fautif qui ment à la famille du défunt, qui cache la vérité à son équipe.

Et
Citer
Le verre a basculé et le vin – le sang – forme une petite flaque
Dans celui-là, je pense que la mention du sang est superflue. On peut comprendre l’analogie tous seuls.

Voili voilo

Hors ligne GameMaster

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« Réponse #12 le: 18 Avril 2021 à 19:45:08 »
Bonjour bonjour !

Au fil de la lecture (je pinaille pas mal parce que tu parles d'AT et que tu sembles ok :) ) :

Citer
Il marche vouté,
voûté ? (sauf orthographe réformée)
Citer
Chirurgien à la retraite, il a traversé la fin du vingtième siècle
Ici ça ne passe pas bien d'un point de vue grammatical : "Chirurgien à la retraite" doit se rapporter soit au dernier nom masculin... qui remonte un peu syntaxiquement et qui serait techniquement le côté de la rue ^^ ; soit ça se rapporte à ce qui suit la virgule, mais ici c'est juste le pronom "il", qui, du coup, se rapporte lui-même au dernier nom qui est un peu loin et qui n'est pas le bon... On comprend l'idée mais c'est un peu + laborieux et incorrect. Proposition : remettre son nom ou son prénom.
Citer
Sur son pied gauche,
Même type de réserve pour "son"... (d'autant + pour débuter un paragraphe).
Citer
Faute de siège moelleux, il se satisferait d’un banc, malheureusement, les urbanistes de la ville savent planter des arbres, installer des potagers urbains, des parcs où les enfants gambadent, grimpent sur des structures d’escalade, glissent sur des toboggans, mais de simples bancs entre les platanes, voilà une mode qu’ils ont choisi de dédaigner.
Point-virgule avant "malheureusement" ?
Citer
il l’empoigne et s’aide de ses bras pour éviter de poser ses fesses trop durement sur le marbre veiné.
Je pense qu'on comprendrait l'idée sans le "s'aide de ses bras" qui sonne un peu étrange, un peu lourd.
Citer
Il se penche vers ses souliers et, du coin de l’œil, aperçoit l’envol d’un merle, une tache furtive sur la surface lisse du ciel, une marque noire vite disparue entre les branches qui laisse une empreinte sombre sur sa rétine.
J'aime bien cette phrase détaillée, cette impression de ralenti...
Citer
Ses mains se figent, ses lèvres se pincent et il ferme les yeux. La petite tache dans les entrelacs noueux du bouleau résonne amèrement dans sa mémoire. Comment ne pas la voir ? Comment négliger cette petite nébuleuse obscure au milieu du tableau net des ramifications complexes du vivant ?
Oui, décidément, j'aime bien :) .
L'ambiance est bien rendue dans ce qui suit aussi...
Citer
— Foutez-moi la paix, grogne Edgard en se penchant vers ses chaussures.
Oh :(
Citer
Peuplant le silence parfumé à la cire d’abeille,
Un peu beaucoup de métaphores d'un coup (surtout qu'on a pas la fin de la première qu'on est déjà emmêlé dans la seconde). Why not.
Citer
La lumière décroit
décroît ? (sauf orthographe réformée).
Citer
Maintenant, ce sont les nervures de la laitue qui lui sautent aux yeux, qui s’imposent à lui ; une large cote blanche
Deux-points plutôt que point-virgule ?
Citer
abimé la feuille et une tâche brunâtre s’est formée
tache
Citer
Ça y est. La tâche est là.
tache
Citer
submerge le pauvre Edgard. D’abord la petite tâche
tache
Citer
Comme un pantin, il attrape la pochette rouge et la retourne au-dessus de la table.
Ici, je n'ai pas compris de quelle pochette il s'agissait. Il me semblait qu'il n'avait sorti que deux pochettes de l'armoire et qu'il les avait déjà toutes les deux vidées de leur contenu.
Edit : en relisant, j'ai vu que c'était une pochette rouge dont on extrait deux enveloppes et ensuite on revient donc sur la pochette rouge ! je laisse quand même le commentaire au cas où d'autres personnes auraient eu le même bug...
Citer
tente d’accommoder pour distinguer les images et les textes qui glissent devant ses yeux.
J'ai buté sur "tente d'accomoder"... sans contexte ophtalmologique évident, je trouve cela étrange...

Hop, tout lu !

Pour ce qui est de la fin... Je n'ai pas compris qu'il s'était réellement suicidé  ><  :-[ (j'ai lu ça dans les commentaires ensuite). Du coup, j'ai trouvé qu'il manquait quelque chose pour que ce soit une vraie "chute". Je pensais que la chute résidait dans le mot "hypocrite". Du coup, j'étais un peu mitigée... L'ampleur de la culpabilité m'étonnait s'il n'y a pas eu de faute évidente. Le fait d'être hanté par les patients décédés, je le comprends très bien même sans faute particulière ; de même que le fait que le mot "hypocrite" puisse tourner dans la tête d'une personne qui se sentirait coupable même s'il n'a rien fait d'hypocrite en soi. Mais le fait de faire de ce mot la chute de ton texte, cela sonnait un peu étrange pour moi. Il n'y avait pas de révélation particulière.
Du coup, j'essaye de relire ça avec l'idée d'un suicide effectif (et non juste suggéré par les images), et je pense que ça fonctionne mieux... dans la mesure où le suicide serait la chute, et le mot "hypocrite" ne serait qu'un détail douloureux de son sentiment de culpabilité.

Pour le reste, j'ai beaucoup aimé l'écriture :) j'aime bien le fait que tu prennes ton temps au début : pour les descriptions, pour l'interaction avec la jeune femme, pour le retour chez lui et le repas... Je trouve que le rythme fonctionne très bien et les images médicales m'ont plu aussi (pas d'effet de lassitude ; j'ai trouvé ça bien adapté au regard de ce chirurgien plongé dans ses souvenirs).

Sur la forme j'ai trouvé le texte très chouette :) juste cette réserve sur la chute et le fond.
"Tout dépend du hasard, et la vie est un jeu."

-Jean de Rotrou-

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Re : Silence radio [Pour AT] [Nouvelle noire - 2000 mots]
« Réponse #13 le: 20 Avril 2021 à 20:03:32 »
Salut Rémi !

Comme un.e mystérieux.se commentateur.ice t'a choisi, je viens voir si je suis d'accord avec les points soulevés.

D'abord, les trucs au fil du texte :

Citer
Chirurgien à la retraite, il a commencé à exercer avant l’invention de l’IRM, au milieu des années 60, et n’a pas connu la chirurgie robotisée.

Je n’aime pas trop la répétition chirurgien/chirurgie.

Citer
ur son pied gauche, la boucle du lacet danse de plus en plus librement, le nœud se détend peu à peu.

La partie après la virgule est un peu une redite. On comprend bien avec la danse qui se fait lâche.

Citer
une tache furtive sur la surface lisse du ciel,

Il voit le ciel penché sur ses souliers ?

Citer
où Edgard commence à plier la salade.

Plier la salade ? Je ne comprends pas. Aussi, je mettrais « la plier », plutôt que de mentionner à nouveau la salade.

Citer
Le verre a basculé et le vin – le sang – forme une petite flaque d’où dépassent des ossements de cristal brisé.

J’enlèverais l’incise pour donner à cette superbe image la même subtilité que celle du merle dans le platane. Le mot ossements est un indice suffisant à mon sens.

Citer
a salle d’opération se révèle, toute entière, vue de dessus : le jeune chirurgien qu’il était se tient debout

En 1993, les IRM existent depuis 13 ans (d'après wiki), pourtant tu nous dis dans l’introduction qu’il a commencé à exercer avant. 13 ans d'expérience au moins, il n'est plus tout jeune ;)


Pour l'avis général :

Globalement j'aime bien, tu manies les métaphores avec une subtilité rafraichissante, on dirait du Murakami  :). Mais tout n'est pas rose, deux trois choses m'ont chiffonné.
Tout d'abord, je suis d'accord avec GameMaster : le suicide n'était pas clair. Pour moi, il faisait simplement une attaque. Je pense que ce fait pourrait être rendu plus clair pour accroitre son impact.
Pareil pour la culpabilité. Pourquoi ne pas garder le fait qu'il ait menti comme révélation. Ainsi, le lecteur se questionnerait sur la raison de son tourment, il ressentirait de l'empathie pour ton personnage jusqu'à ce qu'il comprenne que c'est le mensonge plus que les erreurs qui le torture.
D'un point de vue structure, je ne comprends pas la première partie. Qu'apporte-t-elle au récit si ce n'est une occasion de placer la métaphore du merle, que j'ai beaucoup aimé d'ailleurs. Je veux dire, on comprend qu'il est vieux et lent, acariâtre peut-être, mais tout cela, tu aurais pu nous le faire comprendre sans qu'il quitte son salon. Je sais que là je questionne vraiment quelque chose de fondamental dans ton récit et je ne m'attends pas à ce que tu changes le tout, mais je voulais juste te faire part de mes pensées.

Sinon, puis-je te demander à quel AT tu participes ?

Voilà, un bien beau texte et un bien bon commentaire, mais de qui cela peut-il bien être ?

À bientôt Rémi.

En ce moment, je travaille sur ça : Les cinq masques

Hors ligne Rémi

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Re : Silence radio [Pour AT] [Nouvelle noire - 2000 mots]
« Réponse #14 le: 21 Avril 2021 à 18:26:39 »
Salut :)

@ Earth son

Citer
Je trouve ça plus clair mais du coup peut-être trop clair.
|-| oui, et je dirais que tu as raison
J'aime beaucoup qu'un texte dise des choses sans le dire, sur celui-ci, c'était sûrement trop flou au départ et trop net maintenant.

Je supprime une partie et je laisse :
Citer
il ne reste que cette petite marque foncée au milieu de la géométrie froide des branchages dans le ciel, comme une anomalie sur une radio pulmonaire, un indice immanquable pour l’œil exercé du chirurgien qu’il était. Et pourtant…

Puis :
Citer
La jeune femme ne peut deviner le tourment qui ronge le vieil homme, les images qui tournent en boucle dans sa tête, celles d’un chirurgien fautif qui ment à la famille du défunt, qui cache la vérité à son équipe.
je supprime aussi

Idem pour " - le sang- " que j'ai supprimé.

Merci d'être repassée, c'est bien sympa de ta part.



@Gamemaster (Gamillarianester ?)

Citer
voûté ?
ouaip, je préfère

Citer
Ici ça ne passe pas bien d'un point de vue grammatical
exact, bien vu, j'ai corrigé

Citer
Même type de réserve pour "son"... (d'autant + pour débuter un paragraphe).
mouais, vu qu'on est vraiment en train de s'intéresser à ce perso, ça me semble pas poser trop de pb

Citer
Point-virgule avant "malheureusement" ?
d'accord Ariane (Ariane aime les points virgules ^^)

Citer
Je pense qu'on comprendrait l'idée sans le "s'aide de ses bras" qui sonne un peu étrange, un peu lourd.
c'est lui qui est lourd  :D (en vrai, je voulais effectivement être insistant)

Citer
Un peu beaucoup de métaphores d'un coup
oui, c'est deux pour le prix d'une ^^ (c'était un peu le but aussi de ce texte, d'être plus lyrique que je ne le suis d'habitude, les amateurs apprécieront, j'espère.

Citer
décroît
yep, je maîtrise pas l'ortho réformée, alors mieux vaut rester cohérent

Citer
Deux-points plutôt que point-virgule ?
oui, je pensais l'avoir changé, déjà

Citer
sans contexte ophtalmologique évident, je trouve cela étrange...
il "accommode pour distinguer des images" et juste au-dessus, on a "sa vue se trouble"
ça me semble clair (mais ouais, ce verbe qui a des sens tellement différents  |-|)

Citer
Hop, tout lu !
merci Milla :mrgreen:

Citer
Je n'ai pas compris qu'il s'était réellement suicidé  ><  :-[ (j'ai lu ça dans les commentaires ensuite).
dans mon esprit, y a pas suicide... "sa poitrine se soulève à peine"

Citer
Je pensais que la chute résidait dans le mot "hypocrite". Du coup, j'étais un peu mitigée... L'ampleur de la culpabilité m'étonnait s'il n'y a pas eu de faute évidente. Le fait d'être hanté par les patients décédés, je le comprends très bien même sans faute particulière ; de même que le fait que le mot "hypocrite" puisse tourner dans la tête d'une personne qui se sentirait coupable même s'il n'a rien fait d'hypocrite en soi. Mais le fait de faire de ce mot la chute de ton texte, cela sonnait un peu étrange pour moi. Il n'y avait pas de révélation particulière.
j'imagine que tu as lu la V1, dans la V2, la culpabilité est plus évidente (trop d'ailleurs)

Citer
Du coup, j'essaye de relire ça avec l'idée d'un suicide effectif (et non juste suggéré par les images), et je pense que ça fonctionne mieux...
bon, va falloir me décider : je le suicide ou pas ce type ? (c'est un peu trop classique, je pense qu'il se suicide à la fin, assez cliché... ou alors faudrait un suicide d'un type qui soit en cohérence avec la nouvelle, son métier toussa... bref, j'y réfléchis)

Citer
Pour le reste, j'ai beaucoup aimé l'écriture
:) j'en suis ravi

Donc, à voir pour cette chute.

(et tu me diras si tu avais commenté la version originale ou la V2, du coup)



@Déo
Citer
Comme un.e mystérieux.se commentateur.ice t'a choisi, je viens voir si je suis d'accord avec les points soulevés.
en fait, c'est toi qui as commenté au-dessus et tu viens brouiller les pistes !  :ninja:


J'ai modifié : "Chirurgien à la retraite, Edgard a commencé à exercer avant l’invention de l’IRM, au milieu des années 60, et n’a pas connu l’essor de la robotisation." pour éviter de répéter "chirurgien / chirurgie". Merci ;)

Citer
La partie après la virgule est un peu une redite. On comprend bien avec la danse qui se fait lâche.
c'est vrai, c'est pour le visuel

Citer
Plier la salade ? Je ne comprends pas.
alors, chez moi, la salade ça ne se découpe pas, ça se plie avec la fourchette et le couteau

Citer
J’enlèverais l’incise pour donner à cette superbe image la même subtilité que celle du merle dans le platane. Le mot ossements est un indice suffisant à mon sens.
Yep, done !

Citer
Il voit le ciel penché sur ses souliers ?
en se penchant, et du coin de l'oeil...

Citer
En 1993, les IRM existent depuis 13 ans (d'après wiki), pourtant tu nous dis dans l’introduction qu’il a commencé à exercer avant. 13 ans d'expérience au moins, il n'est plus tout jeune
j'ai viré le mot "jeune", effectivement

Citer
Globalement j'aime bien, tu manies les métaphores avec une subtilité rafraichissante, on dirait du Murakami
c'est cool que tu penses ça, d'autres n'ont pas forcément apprécié

Citer
Tout d'abord, je suis d'accord avec GameMaster : le suicide n'était pas clair. Pour moi, il faisait simplement une attaque. Je pense que ce fait pourrait être rendu plus clair pour accroitre son impact.
voir ci-dessus, mais oui pour moi il n'y a pas suicide, en l'état (à voir donc)

Citer
Pareil pour la culpabilité. Pourquoi ne pas garder le fait qu'il ait menti comme révélation.
au départ, c'était une révélation implicite (le lecteur devait deviner), en V2, j'avais rendu le truc explicite, certainement trop, du coup j'ai allégé pour n'en parler (du mensonge) qu'à la fin.

Citer
D'un point de vue structure, je ne comprends pas la première partie. Qu'apporte-t-elle au récit si ce n'est une occasion de placer la métaphore du merle, que j'ai beaucoup aimé d'ailleurs. Je veux dire, on comprend qu'il est vieux et lent, acariâtre peut-être, mais tout cela, tu aurais pu nous le faire comprendre sans qu'il quitte son salon.
la première partie fait environ un tiers de la nouvelle, elle place le perso comme tu le dis et lance l'intrigue avec effectivement notre petite tache qui apparaît pour la première fois. J'imagine que partir de l'extérieur puis s'enfermer dans ses pensées avant de s'enfermer dans l'appart et de partir en vrille est une progression... là encore, je comprends que ça puisse ne pas trop fonctionner, l'idée c'est aussi de partir du plus banal (marcher dans la rue) pour finir sur le plus chelou (son collage).

En tout cas, un grand merci pour ton retour.



Je poste une nouvelle version qui sera la dernière à moins que je ne me décide à le suicider, le bonhomme  >:D

Et l'AT, c'est celui de la revue "L'ampoule" des éditions de l'abat-jour.

++
Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

 


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