Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
un texte ; pas inédit
attention c'est rare
et pour de multiples raisons*
j'y pense et puis le voici
ici soumis à votre raison
il s'appelait planche#
re-edit #
fiction hallucinée #
normal stream #
héros
– T’as du tabac ?
Le mec me regarde.
Une tête de poisson, mort ou vivant selon le fruit de la pêche de la veille, activité hypothétique qui en tous cas régnait sous une météo épuisante, quoiqu’en fusse les relents et reflux d’une actuelle réminiscence de son être en ces bas-fonds de son propre vécu d’animal doué d’une limite mémorielle conséquemment indifférente à l’état psychique relatif à la répercussion d’une temporalité qui se voudrait démesurée dans ma réalité, moi, requin qui vient le déranger pour m’allumer un solistique d’herbe bien verte, bien fraîche, aux effluves chargés, saturés de toxiques enfants d’un démon opérant psychiquement sur mes illusions entretenues par diffraction d’intrusion, mais nécessitant un combustible de type diluant à fumer innocemment de légalité affligeante.
Heu ouais, qu’il me répond, comme s’il était indifférent à l’équivalent d’avoir gagné à une quelconque loterie opérant des sommes catastrophiques à l’ivresse des importunés. Il cherche un peu dans les poches desquelles ne se sont extraites ses mains refroidies par l’hiver, qui finissent par sortir, bredouilles en l’instant, plongeant alors dans un autre orifice de rangement vestimentaire, farfouillant rapidement et de manière agitée pendant que je reste calme, savourant cet instant à venir d’un pronostique presque fataliste qui m’enjoint à m’approcher d’un but que je ne saurais exulter autrement que par un regard neutralement passif, froid, distant et plat, car seulement motivé par l’inéluctable d’un transport d’états de ma constitution vers autre chose que mes élucubrations.
Il finit par me sortir un paquet tout abîmé par les quelques jours de vie intensive d’un plastique dans une poche abrasive d’un tissu écorcheur sorti des tentacules de satan, qu’il me tend en me disant pas trop quand même.
Je lui en pète une bonne dose.
– T’as des feuilles aussi ?
Le poisson semble exprimer un début de musculature faciale appliquée à une expression qui se voudrait peut-être autrement différente que le néant marbré de sa précédente incapacité à affronter le réel dans une dimension qui ne soit pas aquatique, ce que je lui aurais souhaité s’il n’y avait eut cet élan de friture dans les profondeurs abyssales de mes irresponsabilités.
Je lui pète quatre petites feuilles.
Le fixant après avoir soigneusement plié mes reliures de joint préalablement à l’élaboration de celui-ci et en l’attente de celle-ci, par nécessité pertinente de cette dernière attente qui profite d’un instant de répit dans mes errances organisées, je l’ausculte intérieurement, à vitesse extrême dense, saisissant son âme dont je ne vois qu’un reflet liquide et polaire, horripilant d’absence, morbide dans sa quiétude angoissée. Il n’en a pas.
Pas la peine de discuter avec lui, il ne discute pas avec moi. Je voudrais rire mais il n’est pas dans cette zone avec moi. Les accointances avec nos atomes ne correspondent pas à cette incidence du réel. Il n’est pas adéquat. Pour moi.
Alors je m’éloigne de l’arrêt de tram.
La nuit blanche m’éclaire de ses luminaires de rue, et j’arpente le long des rails un chemin qui m’est pédestre par démission, les lassitudes d’une patience trop déchaînée d’illusion pour acquiescer sa validation de mes voyages.
Sur la route, un autre monde. Je suis transporté musicalement par une mélodie retransmise dans les ondes de mon cerveau par mécanique technologique et avancée, dernier cri, pas trop démocratique mais surtout hors de compétition capitaliste, sans quoi je perdrais ma face qu’oraculeusement je reprends d’attaque violente et initialement délirante, sur fond de ce son harmonieusement organisé afin de procurer la destructuration de mes neurones enflammés, déplacés par agitation, vibration quantique me dodelinant la tête les yeux au fond du crâne, la langue pendante, les sourcils financés par mes cheveux de rideau, ces illusions sonores abandonnées à mes perceptions, que je restitue en action immédiate sur le coup d’une fluctuation de ma substance, jamais aussi déconstruite que par le souvenir de cette truite aux yeux ronds et sans paupières grâce à laquelle je vais bientôt pouvoir interagir avec les illuminés de mon chemin, ces lampadaires vivants, ces humains, ces dilutions progressives d’une expérience à venir, que je prendrai d’essence sans en saisir le devenir, pour le construire, lendemain de mes artistiques répliques, que je masque de mon unicité corporelle trop indéniablement limitante à mon activité cérébrale, que je subis comme on porte un ciré au jaune du soleil que jamais on ne verrait, car trop loin enfoncé dans le regard de l’oscillant atlantique, ce frétillant pacifique qui n’avait de défense qu’une faible attaque aux pertinences de mon angle de braquage arbitrairement nié par dit, ce flippant être visqueux que j’abandonnai dans sa mare après avoir taxé ce que dû à ma quête, lui laissant le loisir de barboter pendant qu’une épopée se préparait à la portée de mes irresponsabilités, bornées tant que jouit l’instant à venir, celui que j’attends, celui qui prétend voyager dans le temps, et que je scrute au gré de la musique hallucinée de mon ouïe psychique neuro-stimulée par mon lecteur favori, mon accointance avec l’habilité régulée à limiter des acouphènes trop tôt annoncés dans mes hémisphères, je persévère dans la marche de mes pas aux pieds bottés pour ne pas trébucher, sur le long d’un rail entre deux stations, la nuit de cette hiver où mes pantalons me grattent légèrement de caleçon augmenté de la substance illicite que je dois impérativement façonner en un agglomérat optimisé de mes récentes acquisitions, issues du troc avec le poisson et de mes possessions, et ce dans un cadre non réglementé par l’omniprésence des autorités que je me dois d’esquiver du moins le temps de l’élaboration de cette structure de drogue qu’il me conviendra de siroter amicalement dans un autre temps, à venir.
J’arrive en ville.
Un irresponsable traîne, et un autre. Je les capte sur mon radar. Ils sont tous, chacun, dans leurs petites bulles que je pénètre sans percer. Leurs vapeurs me parviennent lorsqu’ils les pètent sans s’en rendre compte, et je ris maintenant et auparavant. Je suis à l’affût de ce qui se produira. Ma capuche et mes pans tombant, emplis de poches dans lesquelles fluctuent mes outils d’adéquation avec le réel. J’écris en marchant, les idées ne se permettent pas d’attendre pour naître avec moi, et je les transpose dès qu’elles apparaissent, je les formule et les pose en vue de les traquer par la suite, dans leur complexité de réverbération, application de mes irraisons follement pratiquées.
Encore des irresponsables dans cet océan d’irresponsables. Je suis une goutte submergée, et je tente de voyager ma synthèse vers ce qui fut protégé de mes prothèses, moi, prototype d’un monde que je verbalise.
J’arpente rapidement la distance qui me sépare de ma destination, l’instant est vite là. À point dans ce bar, je subis la pression de la chaleur ambiante. Début de nuit, pour moi. Pour les autres, c’est une soirée qui sèche l’ancre. Lever les amarres, je cherche une table pour m’installer, après avoir commandé ce que me permettent mes fonds de monnaie disséminés dans l’inventaire de mes possessions.
Je tape un numéro et appelle.
– Ouais. Je suis au fond de la salle. T’es où ?
Un type me rejoint après avoir raccroché, après avoir répondu, après avoir décroché. Je n’ai pas loupé un instant de la scène autour du comptoir. C’était forcément lui.
Il s’installe, je sors mon sac, et du sac je sors l’objet de notre rencontre, l’objet manufacturé, technologique, que je me propose de lui vendre, pour une modique somme exorbitante de sincérité, majorée pour mes illusions mais minorée par défocalisation de la durée de vie de cet objet, de type machine interactive de gestion du réel et notamment de l’information, par lequel je me fis quelques mois durant un fervent utilisateur mais que je me devais dorénavent d’abandonner au profit d’autres biens et matérialités qu’il me plut un jour de posséder en toute tranquilité.
– J’ai tout mis à jour, c’est la dernière version.
Il diagnostique visuellement mes dire, sans pouvoir le vérifier.
– J’ai fait une remise à zéro totale, ça veut dire qu’il est pas pollué par des trucs d’utilisation. Genre il est comme neuf, propre et réinitialisé. Et j’ai quand même tout réinstallé pour que t’aies juste à l’utiliser. En gros.
Au final, il me dit qu’il va prendre le temps de réfléchir, mais que vu l’état de la bête, il va sûrement accepter. J’aurai quelques billets.
On se quitte, mais avant je lui pète une cigarette. Je n’ai pas fini ma consommation lorsque je repars immédiatement.
Dehors, ma liberté s’exprime. Je suis ce corps qui navigue sur fond d’écran de buée hivernale. En mon intérieur, un flux constant de multiplicités limbiques, mes neurones en action débridant mes actions, sans lesquelles je ne serais que perdition, en ces instants venus et à venir, dont les tribunes auraient quelque chose de flamboyant, surtout si elles étaient mises en relation les unes aux autres, ce que je m’efforce de faire par ma synthèse activement nihiliste. Il n’y aurait en cet instant, dans les rues et dans leur temps, un olibrius présentement personnel déambulant au gré de méandres orthogonaux, et duquel une aura subliminale embaumerait les eaux environnantes.
La faune sous-marine, l’illusion sentimentaliste de mes irraisons liées à la perception de leur âme. Ils flottent.
Au fond du fond, des crabes et des étoiles de mer croisent des oursins et des soles. Au dessus de leurs têtes, lévitent quelques pieuvres et des tortues. Il y a des serpents d’eau, des plantes animées de cinétique aquatique.
Le plancton volette dans l’eau troublée.
J’arrive devant cet établissement institutionnel regroupant une tranche de population, en une forme de masse et de consistance inconnue, dans lequel je me plonge, masqué de mon tuba en cône déluré, imaginaire dans mes arythmies cellulaires, le cortex déchaîné par la haine, que je leur adresse et régurgite dans la tambouille, nous nageons tous, nous sommes là dans la flaque, des têtards haïssables.
– Ouais. T’as pas un filtre steuplait ?
Elle finit par me taxer une de mes quatre feuilles. On fume ensemble. Je lui raconte que je m’invente des vies, que j’aime le discours pour son côté spéculatif autant que narratif, autant que ludique, et lucratif d’un point de vue relationnel.
J’ai ma vie de fauteur de trouble, j’aime la haine qui se dédouble dans mes veines dès que je redouble de graine de souffre abrasif, ces pépites que je ponds dans le creux de ton oreille qui tombe des nues devant un tel aplomb dérisoirement nul et aléatoirement non avenu, s’il n’est pas délogé par une oraison non significative mais évocative, alors je lui raconte qu’elle a des gymnastiques premières de type allergique à la lumière de l’humanité, ce que je repère parce que j’y suis expérimenté, et que dès lors que j’aperçois un de mes confrère, une de mes consoeurs, je ne peux que tendre vers un peu de candeur envers ces acidités qui me dirigent vers ce vers quoi je me dirige, la boussole orientée vers le cap que mon navire entreprend sous cape, sans que ni le vent ni les tempêtes ne viennent à bout du bout du monde que je promets à tous les matelots qui embarquent, volontaires ou non, dans ce vaillant esquif qui pourfend la vague et le remous, une danse qu’elle semble connaître même si elle ne le sait pas, ce que je me propose de lui révéler du moins le temps d’un filtre et d’une feuille.
– J’attends un gamin, tu l’aurais pas vu ?
Elle me dit que quelque part, on est tous des gamins. Je ne lui en veux pas. Mais avant le cadet de mes soucis, ce prénom que je risque offrir de variation à des illusions de jeunesse que perdurent les millénaires de mes ancêtres, si jamais présents dans mes veines cérébrales, parce que je les ai lus, ces frères de lames qui aiguisent mes harpons à solutions aqueuses, désabu d’un prélude, primat de l’arpège clinique que je lui déblatère en attendant le gamin, ce fantassin des humains débridés par convulsion dégradée. J’attends qu’il vienne, l’injoignable. Et il vient quand elle est partie.
Il est musicien gamin, le gamin.
– Je peux être ton prémisseur.
Je lui dis qu’il est peut-être un révélateur de ce que sera son époque, et qu’il n’a qu’à tendre la main pour construire ce qu’il provoque, car c’est d’un mouvement équivoque que s’assemblent nos décisions, lâchetés organisées d’un monde qui s’enlise et qu’on se doit d’agiter, d’accélérer, de rendre fou de vitesse hallucinée, ce qu’il nous est permis d’imaginer, lui et moi quand je lui parle de sa potentielle destinée, de ce qu’il pourrait accomplir, et ne jamais regretter, sans quoi le monde tournerait rond et plus rien ne serait carré. C’est moi, la ruse.
Malicieusement insidieux, j’omets quelques irritabilités lorsque défenestre un attentat à mes limbes. Le gamin boit et fume et pilule. Il cartonne et respire, mais ne s’injecte pas. C’est pas très sain.
Je remarque son âme, je la respire, et sa puanteur m’indique pourtant qu’une belle entité risque des énormités pour vaincre les démons de nos empires, la motricité d’un individu révolté, comme moi, qui conspire pour la volonté de l’accomplissement de l’humanité, par projection instantanée de nos opportunités, s’il en est logique de simplicité, et il renifle également ma vapeur qui se calque sur ses mouvements fluides, nous rendant ainsi membres du vent de nos emmurements, à nos deux essences niant les aspérités minimes d’un monde à amplifier de résonances en relief, de dents de scies et de marteaux pointus, comme son âme et la mienne en affrontement de nos paradigmes, son âme que je digère d’illettrisme, non sans mal vomir de sa différence qui s’exprime et qui contrevient à mon plan, je lui explique, je lui implique, c’est dérisoire comme je m’applique à lui donner la dialectique de nos têtes pensantes, nos grosses têtes dirigées par elles-mêmes, par je-ne-sais-pas-quoi mais je te le dirai, c’est de ça que son âme est faite et j’en suis tout aise.
Et puis on a palabré, et je me téléporte.
Le crépu n’a pas de cheveux, mais je lui en invente et m’esclaffe intérieurement quand il m’appelle, énervé, pour savoir ce qu’il en est de son blé. Je lui réponds que j’arrive, y’a pas de quoi s’énerver ou je m’énerve aussi. J’ai pété vingt balles à un apparenté de proximité, pour rendre au crépu ce que je lui devais. Il n’y a ni limite ni regrets dans ce que je fais. Je vis de grenier, plafond de mes célébrités, je ne fais pas rançon mais agite la cité, de mes farces on rit parce qu’on dit que mon discours est farfelu, mais pas déconvenu. Il y a toujours un fond de ressemblance avec toi, qu’il me dit. Je ne sais ce qu’est moi.
Le crépu est là, sous la pluie, les épaules haussées d’humidité, mais carrées contre l’hostilité. Nos capuches orientent nos pas, et au détour d’un coin, je lui tends les deux billets rouges.
– Ouais. Allez ciao.
Je le laisse à son imbroglio.
Il est l’heure d’aller à mon rendez-vous.
Celui que je n’ai pas pris.
Mais que je vais honorer.
Je marche, toujours, éternelle machine à dévaler la route. Dans ma poche, un tromblon à pipelette, ou je ne sais quel instrument rocambolesque qu’il conviendrait de nommer mais que je dénichai quelques temps auparavant dans un endroit sans nom, et qui prévalait à une existence anonyme. Un passant s’affole lorsque je le surprend avec le bruit d’un canard.
– C’est le son d’un pet cosmique venu de la galaxie du centaure, fais gaffe mec !
Ils me regardent tous de cet air de méduse, comme si je les crucifiais du regard, par mes mots et mes actes, mes provocations systémisées en un rire gras et profond, un plaisir saturé de la vibration de leur effarement jamais stabilisé tant que je n’ai pas apaisé quelque peu par mes mots de biens grands maux pour leurs cerveaux lovés dans un confort de croisière, leur misère qu’ils traînent et que je pêche au filet, mignon petit canard aurait fait l’effet d’un met que je leur partage, mais qu’ils régurgitent, ineffable serpent je suis vociférant.
– Bvuit !
La métallique de l’instrument a quelque chose de dérangeant pour ce deuxième itinérant de la rue, que je surprends par derrière en beuglant à travers lui, sans qu’il ne comprenne d’où lui vient cet assaut de rire que j’aurais un jour cru prendre autrement que pour moi seul. Qu’aurait fait ce marchant aux semelles crantées ? Je ne sais.
Je rebranche la musique.
L’épicerie exotique est ouverte la nuit.
J’y entre, sors avec quelques centimes en moins, mais moins que ce qu’il n’aurait réellement manqué si j’avais réglé le règlement capitaliste.
Or ce n’est pas le cas, et mon cola se trouve quelque part dans la zone de transit entre le registre des comptes de la production et le néant de mon estomac. Les bulles noires vont bientôt satisfaire l’obscurité de mon tube digestif. Elles attaqueront mes muqueuses intestinales alors que le sucre aura déjà provoqué mille fourmillements dans mon entendement.
Avant mon rendez-vous, je bifurque.
Je passe chez Isabelle, ou Clémence, ou n’importe lequel de ses prénoms parce que c’est sur ma route et au fond qu’importe ce normes d’étiquettes, elle les connaît, ils sont sur sa carte d’identité. Mes pantalons me grattent.
L’interphone, les escaliers, la porte, la chambre, un joint, une caresse et un rire.
– Tu me les casses je me casse.
Je sors.
Je marche.
Encore.
Encore quelques podométries à parcourir et je serai à mon rendez-vous. Il est tard, il dort. Il ne sait pas ce qui l’attend. Je lui ferais bien frire la cervelle, mais il l’a déjà complètement carbonisée. Alors je vais agiter la braise, de mon tison misanthrope que nul n’arrête, pas même le sommeil ou la mort.
Je marche, le son dans les oreilles, le son de la mer, du sang dans mes tympans, qui résonnent de ma raison.
J’arrive au rendez-vous.
Le digicode, la porte en bois massif. Le couloir crépit au plafond de traverses. À droite la cour, l’interrupteur au lampadaire nain, le premier escalier, aléatoire. Le balcon, puis le couloir et avant la deuxième cour, le deuxième escalier. J’arrive enfin.
Chez le paranoïaque.