Petit plaisir de lecture avec les enquêtes du juge Ti(encore une idée de Noël). C'est dans la collection 10/18 dans la série roman policier historique " des grands détectives ".Ce magistrat de la cour impériale de Chine, sous la dynastie des T'ang, a été revisité par le grand sinologue Robert Van Gulik.Cet auteur était un touche à tout. Il composait des textes en chinois classique, jouait de la cithare, mais était aussi calligraphe à ses heures et peintre également : les couvertures des livres en poche sont autant de dessins réalisés par Van Gulik. Le juge Ti, donc, a réellement existé entre l'an 600 et 700 et fut renommé en son temps. Van Gulik s'appuyant sur des faits toujours réels a brodé de délicieuses histoires. Généralement, deux trois intrigues recoupent le roman et notre juge est amené à enquêter sur des meurtres crapuleux dans des districts de l'empire chinois où il siège dans le Yamen, tribunal de justice où il officie. Le juge Ti est entouré de son fidèle sergent Hong et flanqué de ses deux lieutenants issus des Chevaliers de la Forêt Verte:Tsiao Taï et Ma Jong. Ces hommes de confiance sont sa force et ses bras pendant que lui s'ingénie d'un esprit clairvoyant à reconstituer le mobile du crime et à dénicher l'assassin. Le magistrat est un homme érudit, un disciple de Confucius et de sa philosophie. Méfiant à l'égard du mouvement boudhiste il reste intransigeant dans ses décisions de justice. Dans ces temps reculés les frontières sont fragiles et permissives à l'ennemi. Il s'y noue parfois des complots mafieux, des intrigues, des liaisons amoureuses compromettantes et autres histoires surnaturelles où un meurtre amène le juge à poursuivre ses investigations. L'application de la justice est un moment très solennel et il en va des tortures pour obtenir les aveux du prévenu jusqu'à sa condamnation à mort plus où moins lente( le chatiment est tel que parfois on découpe au sabre la chair de la victime en lamelles ) selon la sanction prononcée.Outre cette éxecution capitale, il en demeure pas moins que la justice et le droit demeurent. Aussi, la loi peut se retourner contre le juge s'il apparait que sa décision est tant soit peu contestable par manque de preuves irréfutables. Auquel cas la peine prononcée envers le condamné se reporte alors sur le juge. On comprend mieux alors pourquoi le magistrat Ti s'évertue à déméler les enquêtes avec circonspection. Les audiences ne sont ouvertes que quand il peut s'appuyer sur des faits pour faire preuve de persuasion.
Au travers des enquêtes du juge Ti, je ne saurai vous conseiller un livre plutôt qu'un autre. Pour ma part, j'ai pêché au hasard et on peut les lire indifféremment. Ceci dit, il apparait qu'au cours de ses pérégrinations une chronologie existe véritablement. De magistrat le juge Ti est affecté à Peng-lai avec " trafic d'or sous les T'ang " comme premier titre à ses aventures(celui que je lis actuellemnet) puis finira en tant que président de la cour métropolitaine de justice pour resider alors dans la capitale de Canton.