De tout mon coeur, j'ai adoré ce petit bouquin, cet espèce d'immense injure proférée au ciel, sans aucun nuage pour l'écouter.
Avec quatre personnages-narrateurs, tous à la vie bien marquée, chacun à sa façon, et une intelligence diablement débonnaire, on se retrouve plongés dans un monde auquel on ne comprend rien, un double-monde et un royaume utopique qui tombe en morceaux sous l'action du... Sous quelle action, vraiment ? Des événements s'enchaînent au creux d'une écriture tressée en chapitres découpés, numérotés, redénombrés 1. 2. 3. 4. Et à chaque saut de numéro un nouveau frémissement accompagne notre lecture.
L'auteur, Ian M. Banks, Ian Banks seulement lorsqu'il n'écrit pas de la science-fiction, est lassé du genre, alors il se moque, mais il se perd dans sa moquerie et le résultat me stupéfie. J'ai ADORÉ
Effroyabl Ange1 !
Comme, pour une fois, la quatrième de couverture est très sympathique, je la laisse présenter l'ouvrage :
Une femme nullement humaine, une autre qui s’entête à porter son nom d’homme, un militaire huit puis sept fois mort, un enfant au verbe particulier - tels sont les héros qui doivent sauver la Terre. Ils rencontreront, au cours de leur quête, des vivants comploteurs, des morts bien renseignés, une fourmi farceuse, quelques paresseux chuinteurs et nombre d’oiseaux bavards et d’outre-cieux. Efroyabl ange1, plus qu’un récit de science-fiction, est un conte narquois, peuplé d’êtres étranges, d’univers imbriqués et de rebondissements joyeux.Je le conseillerais particulièrement à des gens que les noms propres n'amusent plus, qui n'ont que faire des genres de robots que l'on peut construire dans un empire galactique qui ne fait aucun sens de toute façon, et qui recherchent une nouvelle science-fiction, à taille humaine.
J'ai trouvé ce livre d'une humilité réconfortante, le lire a été une expérience très chaleureuse, où l'impression de partager avec les personnages m'habitait bien mieux que ce sentiment d'attente ou d'émerveillement que j'ai l'impression que la Science-Fiction a tendance à vouloir me soutirer.
Ce partage, cette incongruité permanente a un prix : les personnages ne sont pas attachants, ils se fichent bien que vous les suiviez ou non, et d'ailleurs vous lecteur n'importez pas. La preuve : avant deux cent pages, je doute que vous ayez seulement une vague idée de ce qui est en train de ce tramer.
Mais, si vous lisez jusqu'à deux cent pages, c'est que vous êtes prêts à payer ce prix, et comme moi vous finirez certainement paisiblement la lecture le sourire aux lèvres.
Je crois que je lis peu, mais j'ai un coup de coeur chaque année, et celui-ci est définitivement mon coup de coeur de 2020.
Si vous le lisez et qu'il vous plaît, faites-moi signe ! Je serais ravi d'échanger mon sourire avec les vôtres.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Malgré qu'il soit traduit, et mon très mauvais caractère vis-à-vis de la qualité d'écriture, je l'ai trouvé remarquablement bien rédigé, dans l'ensemble.
Et certaines citations sont juste magiques. Le plus beau, c'est qu'elles sont insortables sans contexte. C'est je trouve une très belle chose à propos de l'écriture.
Randonneusement,
Nacas !