Sans comprendre pourquoi, je m'étais retrouvée
Tel un âne ambulant devant la triste auberge
Où l’espoir étonnant de l’amoureux algèbre
M’avait amenée à ne plus vouloir douter
Mais je n’aimais plus l’anathème acidulé
Que l’on m’assénait quotidiennement
Ces coupants et abrasifs astérisques
Que l’on m’accolait définitivement
Depuis que je suis partie, apeurée,
Comme une analphabète sans cesse apostrophée,
J’ai foulé de mes pieds l’amas ardu, aigri,
Que l’on voulait faire de moi à vie
Il faut bien admettre que j’ai amalgamé
L’ange à l’aède pour enfin permettre
À l’ardeur d’avant amputée de renaître
Par-dessus le fiel diffus de trop longues années
Petit à petit, pas à pas, je reconstruis
La lente arabesque de l’aulne ami
J’apporte, porte et emporte avec moi
L’arbre apaisé, ancré dans ses racines de soie