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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Pleasant Pace Motel

Auteur Sujet: Pleasant Pace Motel  (Lu 758 fois)

Hors ligne maxime626266

  • Buvard
  • Messages: 3
Pleasant Pace Motel
« le: 26 Octobre 2020 à 22:16:26 »
Bonjour à tous !

Voilà quelques temps que j'écris par-ci par-là sans jamais vraiment prendre le temps de soumettre mes travaux à l'opinion des autres. Alors aujourd'hui, je voudrais vous présenter le début d'une nouvelle que j'ai entamé il y a quelques jours et pour laquelle j'aimerais avoir votre ressenti. J'espère que vous prendrez le temps de me dire ce que vous pensez du premier chapitre. Bonne lecture.

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Quand Glenn Ackerly coupa le moteur, il s’affaissa dans son siège et poussa un soupir de soulagement. Le voyage avait été long depuis Saint-John et il n’avait même pas encore fait la moitié du chemin. Il avait roulé plus de trente heures sans presque jamais s’arrêter et parcouru pas loin de 3300 kilomètres avant d’atterrir sur le parking du Pleasant Place Motel, la tête lourde et les jambes anchylosées par la conduite. Devant lui, le long perron qui abritait l’allée menant aux portes des chambres était plongé dans l’obscurité. Le panneau BIENVENUE qui ornait le haut de la porte de l’accueil sonnait faux, tant l’endroit en lui-même n’avait rien d’accueillant. La vieille bâtisse semblait tout droit sortie d’un film d’horreur et aurait fait passer le Bates Motel pour une somptueuse maison de campagne.
   — Putain, un endroit comme je les aime, soupira-t-il.
Glenn prit sa sacoche sur le siège passager et releva le col de son trench coat avant de sortir sous une pluie battante.

Le hall d’entrée n’était pas des plus accueillant et la faible lueur du vieux lustre peinait à repousser l’obscurité ambiante, mais au moins la chaleur de la pièce lui apportait un maigre réconfort. Il n’avait parcouru que les quelques mètres qui le séparait de la porte mais il était trempé jusqu’aux os et son manteau gouttait sur la vieille moquette verte. L’accueil, ou plutôt ce qui semblait en être un, ne devait pas avoir été entretenu depuis des lustres. La poussière avait pris possession de toutes les surfaces, même celles qui auraient dû en être épargnées comme les deux colonnes en acajou qui entouraient le comptoir. La pièce toute entière, encombrée d’un nombre impressionnant de bibelots qui pour la plupart n’avaient même pas leur place dans un tel endroit              ( Glenn en lista au moins huit sans compter le magazine Playboy  de mai 82 posé sur le comptoir ) semblait avoir traversé patiemment les époques. Le jeune homme regarda autour de lui, posant les yeux sur les quelques décorations qui ornaient les murs — de vieux cadres de familles pour la plupart — et s’arrêta sur une photo qui semblait avoir été prise devant le Pleasant Place, quelques décennies auparavant. Un couple, entouré de ses deux enfants, fixait l’objectif sans sourire. Sans vie. Leur regard avait quelque chose d’étrange, que les nuances de noir et blanc rendaient encore plus malsain, comme toutes ces veilles photos du temps passé, à une époque où la vie des hommes était rude et où les femmes n’avaient d’autre loisir que l’entretien d’une baraque qui tombe en ruines et l’éducation de leurs enfants qui, avec un peu de chance finiraient par quitter assez jeunes un foyer que l’amour avait décidé d’abandonner. Les autres photos, non moins flippantes aux yeux de Glenn, avaient été prises au même endroit. Des jeunes couples, des moins jeunes, des photos d’hommes seuls, de femmes, d’enfants. Toutes en noir et blanc. Elles semblaient avoir été prises à la même période mais quelque chose clochait. Le décor était identique sur chaque photo et pourtant les vêtements des personnages ne s’accordaient pas avec l’époque. Sur l’une d’elle on pouvait y voir un homme qui portait une redingote et un chapeau haut-de-forme, tenant une cane sous le bras. Sur l’autre, une jeune femme et son fils, tous deux vêtus d’une veste à capuche, le garçon tenant entre ses mains un ballon de football américain. Sur une autre, un couple d’étudiants assis sur le capot d’une Mustang cabriolée des années soixante. Un patchwork de photos incohérentes qui, mises les unes aux côtés des autres, rendaient l’atmosphère malsaine. Si on ajoutait à cela la vieille tapisserie décrépie et jaunies par les années et le tabac qui servait de support, l’endroit était digne de planter le décor d’un nouveau stephen king. Le jeune homme avança lentement près du mur et continua d’observer ces vestiges, souvenirs d’une époque révolue, quand une voix derrière lui le fit sursauter.
— j’peux vous aider ?
Glenn se retourna brusquement et fit face à l’homme qui venait de l’interpeller. Son âge, même s’il était difficile à déterminer, devait se situer aux alentours de soixante ou soixante-dix ans à en juger par la peau flétrie de son visage que ses mâchoires semblaient retenir depuis bien trop longtemps. Son crâne était recouvert d’un mince tapis blanc et des tâches brunâtres apparaissaient par endroits. Il était mince mais avait malgré tout une carrure assez robuste. Ses épaules larges témoignaient d’une force qui pouvait surprendre, Glenn en était persuadé. Mais c’était son regard qui était le plus surprenant. Des iris d’un bleu électrique semblables à deux billes d’énergie qui rendaient son regard foudroyant. Un regard qui pouvait à la fois en dire long et cacher bien des mystères qu’il ne valait mieux pas essayer de percer. De là où il était, le jeune homme pouvait sentir l’odeur du tabac à chiquer qu’il mâchouillait lentement dans un bruit qui aurait rendu fou n’importe quel misophone. Le jeune homme se ressaisit.
   — Désolé, je ne voulais pas…
   — Vous voulez une chambre ? trancha le vieillard.
   — J’aurais besoin de me reposer une nuit ou deux s’il vous reste de la place.
L’homme se retourna et jeta un rapide coup d’œil au tableau de clefs derrière lui.
   — J’dois avoir ça, répondit-il. Suivez-moi.
Glenn opina du chef, ne voulant pas contrarier son interlocuteur et le suivit jusqu’au comptoir. Le maître des lieux observa le tableau comme s’il passait en revue toutes les clefs et s’arrêta sur un petit casier. Il hésita, puis tendis la main lentement. Il en sortit une dans un tintement métallique, l’observa et fit face au jeune homme.
    — Chambre douze ça ira ?
Oh non je vais plutôt me laisser tenter par la quinze pour ce soir et si le service de chambre ne me convient pas demain je prendrai la vingt-six ! Vieux débris, j’en ai rien à foutre de ta chambre tout ce que je veux c’est prendre une douche et pioncer tranquille ! Il força un sourire de circonstance.
   — Parfait !
Le jeune homme ouvrit son portefeuille et sortit sa carte de crédit qu’il tendit entre ses deux doigts. Le vieux posa les yeux sur la visa un instant et les replanta dans ceux de Glenn.
   — J’ai l’air d’avoir de quoi enfourner votre truc ? Z’êtes bien d’la ville vous ! Tous les mêmes. Je prends que du cash jeune homme. Vingt dollars la nuit, payable d’avance.
Je t’enfournerais bien mon poing dans la gueule papy, mais là j’ai juste envie dormir.
Glenn déglutit péniblement et rangea sa carte. Il sortit deux billets de vingt dollars flambant neuf et les posa sur le comptoir.
   — J’imagine que le petit déjeuner n’est pas compris dans le tarif ? dit-il en forçant une touche d’humour.
A son grand étonnement, le vieux con lui dévoila une rangée de dents pas aussi abîmée qu’il ne l’aurait imaginé, esquissant ce qui ressemblait à un sourire.
   — Ma foi, si vous arrivez à vous contenter de quelques toasts et d’une tasse de café, j’pourrais peut-être faire quelque chose.
Sa réponse fut si inattendue qu’elle le laissa sans voix.
   — oh, et bien merci…
   — Harold.
   — Et bien merci Harold !
Glenn prit la clef sur le comptoir et tourna les talons, jetant un dernier coup d’œil aux photos sur les murs. Il y en avait vraiment partout. Une bonne quarantaine de visages tous aussi blêmes les uns que les autres qui le dévisageaient. Il se dirigea rapidement vers la porte pressé de fuir cet endroit qui le rendait nerveux. Quand il posa la main sur la poignée de porte, Harold l’interpella.
   — Si vous avez besoin de quelque chose, vous avez le téléphone dans la chambre. Vos machins sans fil passent pas ici.
Glenn ouvrit la porte et sortit sous une pluie battante.

Hors ligne Cendres

  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 009
Re : Pleasant Pace Motel
« Réponse #1 le: 27 Octobre 2020 à 07:54:54 »
Merci pour ton texte.
Je trouve la description du halle de l'hôtel trop appuyé sur le coté "malsain", tout ce que tu décris, c'est pour conclure que c'est bizarre et inquiétant.

Sinon, une chose étrange, si l'hôtel est plein de poussière, donc sale, vu qu'ils ne font pas le ménage, il ne doit pas avoir beaucoup de client et les gens ne doivent pas avoir envie d'y aller. Je pense même qu'il fermerait peut-être avec le service d'hygiène.


Tu nous décris une ambiance et non une histoire pour le moment.


Ce que je te dis sont des avis personnels qui n'engage que mon point de vue ;)
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

Hors ligne GeGinger

  • Troubadour
  • Messages: 284
Re : Pleasant Pace Motel
« Réponse #2 le: 28 Octobre 2020 à 16:17:45 »
Bonjour Maxime,

Eh bien, j'attends la suite...
Ton texte est bien écrit, agréable à lire. La description des différentes photos est un peu longue à mon gout et j'aurais plus développé le ressenti du personnage principal à ta place.

Qq coquilles que je me suis permis de relever :
Citer
jambes anchylosées
ankylosées, je crois

Citer
Sur l’une d’elle on pouvait y voir un homme
le "y" est inutile, je pense

Citer
la vieille tapisserie décrépie et jaunies
sans "s" à jaunies

Citer
stephen king
avec des majuscules au nom et prénom

Citer
— j’peux vous aider ?
une majuscule en début de phrase

Au plaisir.
« Modifié: 28 Octobre 2020 à 16:20:36 par GeGinger »
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 Une souris aux épices

 


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