Quand la fête s'achève,
Quand la tête devient une tombe
Quand la came s'achète
Et que l'âme fait sa ronde,
Où est ta bouche ?
Où est la mienne ?
Alcool de mangue et ange blonde
Etoffe de corps et langue de colle,
Elle picole bien, et elle s'entête
Elle vit pour faire briller le monde
Des seins d'idole, vernis de lèvres,
Elle gît suante, pâle colombe,
Elle rit par terre, ses yeux sont sombres,
Son sang est mien, comme d'une seule onde.
Hélicoptères, Patrouilles de chars
Ils nous recherchent, ils nous pourchassent
Toutes ces lumières, pour nos silhouettes
Pour les cimetières de nos armes,
Il y a en nous, le feu des bombes
Il y a des fous, et le surnombre,
Et les cimeterres de ces gendarmes
Veulent notre pouls, et nos cachettes
Le napalm qui nous inonde
Est la seule pluie qu'il reste au monde.
J'ai une peau décollée
Comme des vêtements arrachés
Une mémoire d'hécatombe
L'ivoire des secondes
Nos âmes dévastées
Nos sourires pulvérisés
Le jaguar de mon espoir
Le brûloir du premier soir
Le napalm qui nous incombe,
Est tout ce qui luit dans les ombres.
Quand la sueur revient chanter
Au nom de la peur ou des entiers
Avale la liqueur, noie ton honneur
J'ai l'impression d'en avoir trop fait.
Mais tu m'élèves aux cieux brûleurs.
Je te donne toute ma chaleur,
Homme d'osier, homme d'horreur,
Homme de tout les brasiers.