Hello
Il s'agit de l'introduction d'un texte que je remanie. Je suis pas contre quelques avis. Merci####################
Ancienne intro
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Puisque l’heure me paraît venue, et même si raviver ce songe ne suffira pas à le réécrire, je consens à vous l’avouer. Mais surtout n’allez pas croire qu’à travers ce récit je cherche à expliquer. Ou pire, que je cours après une quelconque rédemption. Dès lors que l’averse tombe, s’efface à terre toute trace.
Toutefois si je meurs, je voudrais aujourd’hui libérer mon âme de ce fardeau. Je n’ai pas l’espoir de comprendre. Mes sens eux-mêmes réfutent leur propre témoignage. Alors comment pourrai-je y voir quand mon horizon se limite à l’image que vous m’en faites ?
Ils me restent mes impressions bien sûr. Une série d’événements sordides. La fatalité pour certains, une succession de faits ordinaires, et pour d’autres l’expression d’une démence. La vérité est sans doute à nuancer.
Môme comme il en existe des milliers, je développais un esprit des plus pragmatiques où les vôtres n’avaient guère de place. L’œil vif, mon attention aimait à se porter sur tout, et la nature m’offrit un terrain d’étude et d’expérimentation sans limites. Rien d’illogique alors à ce que depuis mon enfance, mon amour immodéré pour les sciences ne cessa de croître. A mon actif des mélanges de poudre, tantôt médicinales, tantôt explosives, mais aussi potions, baumes et cataplasmes. La vieille console en chêne en garde les parfums et les stigmates.
Une soif insatiable pour le savoir m’amena à sillonner les provinces alentours en quête du moindre monastère, de la plus petite bibliothèque ou parfois antiquaire. Les parchemins, et les ouvrages ayant trait à la médecine, et de façon plus générale aux sciences, furent mes premiers amours. Puis tout naturellement, l’histoire m’aimanta à son tour, contextualisant et ancrant mes lectures à des époques qui devinrent plus précises dans mon esprit.
Avec les faits, mon regard aimait à se figer sur les objets du passé. Une fois adulte, cette propension m’amena à exercer le métier de brocanteur. Mon échoppe ne payait pas de mine du dehors, mais à l’intérieur il s’agissait d’un petit local composé d’un comptoir et d’une réserve, et bien qu’exigu, rempli d’un immense savoir. Cela ne suffisait pas à mettre le pain sur la table chaque soir. Aussi, à la demande, il m’arrivait de confectionner quelques remèdes et élixirs contre les maux du quotidien. Il faut croire que je n’étais pas mauvais, puisque cette activité me conféra une renommée jusqu’à près d’une dizaine de lieues. Le bouche à oreille conduisait à mon commerce femmes et hommes, jeunes et vieux, m’assurant le complément qui m’offrit l’équilibre depuis un an ou deux.
Sur le plan personnel, cela me soulagea, et me fit entrevoir la noce comme quelque chose de palpable ; bien que je n’eusse aucune femme en tête à ce moment précis. C’est là que la magie opère, et que le destin se met en branle. De millions de voies, certaines sont à jamais parallèles, quand quelques fois d’autres se croisent en tout ou partie du chemin. Sans que l’on sache, des possibles nous échappent, et l’on fait réalité seulement de certains.
C’est ainsi qu’au gré des rencontres, ma promise se fit plus proche, lorsqu’une nonne d’un couvent voisin vint me commander une décoction pour la mère supérieure. Cette dernière se portait mal depuis plusieurs semaines, et face aux limites de la médecine traditionnelle, l’un de leur fournisseur : un ancien de mes clients ou une connaissance de l’un d’entre eux sans doute, glissa mon nom à l’oreille de l’une des religieuses.
Après quelques semaines, et ayant épuisé toutes les voies se présentant à elles, elles se décidèrent à se tourner vers moi. C’est ainsi que des mois durant, l’une d’entre elle vint chaque semaine me commander un remède de ma composition. Cela soulagea la mère, et me conféra auprès de la ségrégation une reconnaissance. De là, une confiance s’instaura, si bien qu’avec le temps sœur Jeanne et moi, nous découvrîmes intérieurement. Avide de savoir, je la laissais feuilleter et découvrir les objets à la vente, tandis qu’elle écouter mes peurs et mes espoirs, si bien qu’un jour elle me parla de celle qui ne tarderait plus à devenir ma moitié.
La sœur me parla de cette jeune femme menue à la peau opaline, à la chevelure et au regard empreint de teintes ocres et orangées. Elle leur était apparue comme au sortit d’un doux songe, lorsque l’on est encore à se demander si l’on est ou non éveillé, et que l’on voudrait que l’instant ne trouve de fin. Endormie sous l’un des pommiers encore épargné par la récolte, l’une des nonnes en cueillette la trouva au matin avec sur elle que haillons et chiffon pour foulard.
Les sœurs la prirent au couvent sans hésitation, lui offrant gite et couvert. Les os sous la peau se firent moins visibles au fil des jours au fil des jours, à mesure que le gras lui recolle. Mais elles comprirent très vite qu’aucune réponse ne serait à attendre, que leur belle inconnue ne pourrait guère en donner. Bien qu’elle comprît ce qu’on lui dit, elle parût muette, sans que cela ne l’empêche de participer aux tâches et aux autres activités quotidiennes. On parla d’elle aux alentours, afin que quiconque la connaisse puisse se manifester, mais personne ne vint.
La mère supérieure choisit alors de la prénommer Aglaée, et de l’intégrer à la congrégation, subodorant que la malheureuse était orpheline. Les premiers temps furent bénis, puis quelque chose changea. Sœur Jeanne ne voulut pas me le détailler. Des sœurs manquaient à l’appel depuis peu, si bien que les priorités changèrent. Elle me dit juste que la vie au couvent ne sérierait pas sur le long terme avec leur version de Moïse au féminin, et je ne cherchai pas à comprendre.
Elle me vanta les qualités de ménagère d’Aglaée, et sa beauté comparable à un suave crépuscule d’été ; son humanité infinie. Et tandis que je m’inquiétais de son mutisme, la sœur me fit entendre que cela en serait un autre atout, puisque point de cancan ou de persifflage.
Je me donnai le temps de la réflexion, puis au passage suivant de la sœur, acceptai finalement de rencontrer Aglaée, et de la prendre pour épouse à la condition qu’elle-même soit ouverte à l’idée. Sœur Jeanne me parut si heureuse à l’énoncé de mes paroles.
Je m’exécutai donc le dimanche suivant, et me rendit au couvent dans mes plus beaux vêtements. Dès lors que mon regard se posa sur elle, je fus comme aveuglé par la lumière qu’elle dégageait, hypnotisé par ses traits si parfaits et par ses formes si gracieuses. Elle éclipsait tout autre présence.
Je lui promis de revenir, et tenu parole. Pendant près de quinze jours, nous nous rencontrâmes cinq à six fois, mais je pense que l’affaire était entendue dès la première pour tous les deux. Alors que son mutisme m’était apparu d’abord comme un handicap, la voir en face de moi avait chassé cette idée de mon esprit. Certains ne comprirent pas mon choix, s’imaginant qu’il m’aurait été aisé de trouver une femme normale. Mais ce n’est pas ce que je cherchais, et Aglaée avait quelque chose d’unique. Je savais sans qu’elle n’ait besoin de parler, un peu comme si nous étions connectés, voire prédestinés, et à mon plus grand étonnement elle savait écrire.
Nous convînmes ensuite de nos fiançailles, et d’un mariage des plus simples dans la foulée. Elle, orpheline, et moi sans famille à des centaines de lieues à la ronde, la cérémonie fut célébrée par un prêtre dans l’église voisine, sœur Jeanne et un ami forgeron pour seuls témoins. Je lui passai au doigt une alliance, gage de mon amour immortel à son endroit. Quant à nos cadeaux de mariage, ils furent modestes, à l’image de notre noce : une parure confectionnée par les sœurs, et un couteau de mon ami à la lame ciselée et gravée de mes initiales.
Lorsque je raccompagnai à la paroisse celle qui devint alors mon épouse, dire au revoir à la mère supérieure et récupérer ses affaires, je ne pus m’empêcher de voir les sourires irradier les visages de toutes ces femmes. Elles étaient toutes autant heureuses que nous, peut-être davantage. Mais je vis aussi dans le jardin de la terre retournée fraichement à deux endroits distincts : et sur chacun une croix en bois. Sur le moment, je ne fis pas de lien.
Une fois à la maison, Aglaée trouva rapidement ses marques, et elle devint le centre de tout mon univers. C’était une ménagère hors pair, une épouse dévouée, une femme à l’amour infini. Elle aimait à prendre un ouvrage ou deux dans la boutique, et s’en aller le lire au coin du feu. Et à la nuit tombée, elle me préparait de succulents repas. Elle savait aussi y faire niveau pâtisserie. Je n’aurais sans doute jamais pu rêver meilleure moitié. Mais j’avoue que sa beauté commença bientôt à m’inquiéter, au point de faire naitre en moi l’un des pires pêchés : la jalousie.
Elle n’avait que moi, de même que je n’avais qu’elle, pourtant je ne pouvais m’empêcher de penser à son passé, me demandant sans cesse si un jour quelqu’un ne ferait pas irruption dans nos vies pour me la reprendre. Cette pensée m’était insoutenable, aussi je la cachais de plus en plus, fermant chaque jour davantage son horizon.
Aucun homme ne devait poser ses yeux sur elle. Le cas échéant, j’entrais dans une rage folle, une colère que j’arrivais toutefois à garder intérieure. Je ne saurais dire si elle s’en était rendu compte ou pas. Par égoïsme, j’avais fini par la mettre en cage. Se faisant, j’étais moins à mon affaire, si bien que l’argent redevint bientôt un problème
Un jour, ou plutôt une nuit, comme je rentrais au logis très ivre, au sortir d’un de mes repères habituels des faubourgs, je perçus chez moi, à travers les carreaux, une silhouette masculine.
Une fureur de démon s’empara soudainement de moi. Je ne me connus plus. J’enfonçai bruyamment la porte d’entrée, et ne trouvant personne, me dirigeai hâtivement dans la chambre à coucher. J’étais comme possédé. Je me souviens juste de son regard, l’effroi qui le parcourut lorsque je la saisie franchement avant de la pousser au lit.
Quand la raison me revint avec l’aube, quand j’eus cuvé les vapeurs de ma débauche nocturne, j’éprouvai un sentiment moitié d’horreur, moitié de honte. J’étais allongé devant la cheminé, tout débraillé. Cela avait-il été autre chose qu’un songe ? Comment savoir ? Il y avait ce mal de tête, mais pour le reste, je me sentais trop piteux pour lui demander. La regarder me parût dès ce jour comme une épreuve. J’avais en moi cette interrogation, et elle seule sans doute la réponse.
Tourmenté, je décidai de changer d’air. Mais une fois sur le pas de la porte, j’esquissai un sourire contrarié. Elle semblait intacte, mais mon épaule endolorie ravivait mes doutes. J’étais là sans plus, comme on sort d’un mauvais rêve. Dehors, l’aurore ne l’avait pas encore emporté. J’avais l’impression d’avoir déjà vécu tout ça avant. C’était sans doute hier.
Je me laissai mener par mon inconscient, errant au gré de vulgaires impressions, quand brusquement quelqu’un m’interpella. Il s’agissait d’un homme à la voix rauque. A l’accent, je reconnus quelqu’un du continent, sans doute d’Europe centrale. Il se tenait dans un recoin près de ma boutique, feignant l’indifférence, il semblait pourtant m’attendre. Le crépuscule ne permettait pas encore de le discerner distinctement.
Je m’approchai peu à peu, quand il me fit brusquement signe de m’arrêter. Il me demanda alors de lui confirmer mon identité, bien qu’il me parût déjà la connaître. Il me dit ensuite m’avoir laissé à l’intérieur un vieux manuscrit, un ouvrage que je devais à jamais conserver, une œuvre que nul n’était appelé à connaître, pas même ma femme. On aurait même peut-être cru surtout pas elle, tant il insista lourdement à ce sujet. Il me rappelait quelqu’un maintenant que ses traits commençaient à renvoyer la lumière. Il avait un visage androgyne, les cheveux châtain ou roux. Mais je n’eus pas le temps d’en avoir la certitude. Il s’abrita dans la pénombre. Et alors que je m’apprêtai à le régler, il piqua une colère noire et s’écria que je n’avais rien compris avant de disparaître soudainement.
Le soleil se levait, et avec lui, j’étais pressé de savoir de quoi il en retournait. La serrure de la boutique était intacte, pourtant une fois à l’intérieur, j’avais la preuve du passage de mon inconnu. Il y avait bien quelque chose sur le comptoir. Les premiers rayons du soleil semblaient s’y réfléchir. Il s’agissait d’un livre d’aspect sinistre, noirci comme par les flammes. Il ne m’en fallut pas plus pour pressentir la nature de l’œuvre à laquelle j’étais confronté. J’en eus la confirmation en feuilletant les premières pages parcheminées. Il était inscrit : Grimoire d’Ahriman.
Les caractères étaient gothiques. Quant au texte, il était consacré à des recettes de magie noire. Tout abondait dans le même sens. Le dangereux ouvrage, dont la trace s’était estompée avec les décennies, ressurgissait comme cela s’était déjà produit trois ou quatre fois à travers les siècles. On raconte que ce manuscrit, feuillets et couverture, est entièrement fait de peau humaine : la peau d’une sorcière suppliciée sans doute au IXe siècle. Où ? L’histoire ne le dit pas, mais probablement dans quelque pays enveloppé dans les bruines du nord ou de l’est.
Après le supplice, un homme, probablement sorcier lui-aussi, se serait approché du bûcher auquel les restes de la sorcière, noircis par les flammes, pendaient encore. Le visage calciné montrait une expression terrifiante de haine et de douleur. L’inconnu aurait alors décrochait puis emportait le corps de la femme martyrisée. Pourquoi ? Nul ne le sait réellement, mais des années plus tard, est apparût sur le marché ce livre comme tout droit sorti des cendres, comme si le feu avait été ravivé.
Cela ne pouvait pas être un hasard. Mais pourquoi diable être venu me remettre ce livre ? En saisissant l’œuvre, je fus frappé de constater qu’elle avait laissé son empreinte sur le comptoir. Il y avait une zone sombre et une odeur de brûlé, comme si le bois avait été attaqué par des flammèches. A la fois effrayé et enthousiasmé, je plaçai le livre en lieu sûr, au fond d’un coffre verrouillé, avec mes plus belles pièces.
Deux jours entiers s’écoulèrent, sans que mon esprit ne parvienne à chasser de ses pensées le vieux grimoire. Le vendre m’aurait rapporté. Mes dettes auraient été épongées. Pourtant quelque chose m’en empêchait, peut-être ma parole donnée. Tout aurait été plus simple. Mais il me fallait le conserver dans le plus grand secret.
J’avais une mine d’or, et l’interdiction d’en extraire le minerai. Cela me rongeait de l’intérieur. J’avais le sentiment d’être piégé. Tout en moi tournait autour du manuscrit, notamment mes interrogations et mes craintes. Le reste de mes affaires était en suspens, comme dans l’attente d’une improbable résolution. A l’aube du troisième jour, j’eus un pressentiment étrange. Sur le coup des quatre cinq heures du matin, je me rendis de façon instinctive à mon bureau. J’y restai un moment, mais ne me souvins pourtant pas y avoir œuvré avant de rentrer tout aussi naturellement.
Cette nuit-là ne m’apporta, ni sommeil, ni conseil. Elle me tenue à l’inverse éveillée. On aurait dit qu’il y avait dehors une chose terrible à redouter. Je me levai plus tard en sueur, sans un bruit, puis jetai un coup d’œil à travers la fenêtre. Il me parût y avoir quelqu’un en face, mais avec le brouillard matinal, il me fut impossible d’en voir davantage. Nous restâmes là, cette silhouette et moi, chacun de notre côté, jusqu’aux premières lueurs.
Une fois la brume dissipée, je ne trouvai plus rien à observer. C’était comme si tout s’était passé dans ma tête. A son réveil, mon épouse sembla anxieuse de me trouver dans le salon mon couteau à la main. Je me souviens de cette image fugace : elle le visage baissée sur le pas de la porte de la chambre, un bras le long du corps et l’autre comme rougie comprimant son ventre. Ne souhaitant pas rajouter à ses tourments, je décidai alors de lui parler du livre. Mais à peine eu-je le temps de mentionner le nom d’Ahriman que l’alarme retentit dans la ville.
J’entrai soudainement en transe. Quelque chose, ou peut-être quelqu’un, m’attirait vers lui. Je sortis sur le pas de la porte commandé par mes pulsions. Il y avait au loin un épais voile de fumée. Un sourire aux lèvres, je suivis cette odeur de brûlé, remontant la piste à la manière d’un félin traquant sa proie. Alors que je m’approchai de cet incendie d’une rare violence, mon ouïe fut meurtrie par une atroce complainte. Les cris d’un monstre. Une voix qu’on aurait jurée d’outre-tombe. Un son mi- bête, mi- animal. Cela sortait tout droit de ma boutique. Elle était ravagée par les flammes qui menaçaient à présent les habitations voisines, pourtant je ne parvins pas à m’en émouvoir.
Pire, il me sembla éprouver un malin plaisir devant la scène, et tous ces gens qui tentaient de circonscrire l’incendie. Il y avait quelqu’un à l’intérieur. Je discernai une ombre immobile au premier, sans doute pris au piège. A cette pensée, un frisson me parcouru le corps. Les hurlements se firent plus prégnants avec l’intensité croissante des flammes. Il me sembla alors reconnaître dans ce tumulte comme une vieille langue d’Europe centrale. Au bout de quelques heures, une fois le feu maîtrisé, mon excitation retomba.
Je gardai toutefois en moi un sentiment étrange, comme celui d’un aboutissement là même où la raison, si elle ne m’avait pas abandonnée, n’aurait trouvé que des ruines. J’entrai en riant dans ce qu’il restait de mon commerce. Il y avait un corps au premier, ou tout du moins ce qui en restait, ficelé à une chaise, une main sur le cœur et l’autre plongé dans le vide. Le feu n’avait rien épargné. Tout était à jeter. Je pensai bêtement qu’il me restait encore le coffre, mais celui-ci était ouvert, et non pas forcé. Je tiens à le préciser.
Il n’y avait évidemment plus rien, pas même la trace de quelconque combustion. Cela me rendit perplexe. Au-dedans, ni métaux fondus, ni papiers brûlés. Juste un coin moins brulant que les autres, à l’emplacement même du grimoire. Pour ce qui est de la victime, au vu de l’alliance à son annulaire, les premiers indices amènent à penser qu’il s’agit de ma femme. Le coupable, me direz-vous ? Il semble que vous l’avez écouté disserter. Planté dans le dossier à travers la morte, c’est bien mon couteau, mes initiales gravées dans la lame, mon père, que la police a retrouvée plongée dans son cœur. Et il paraît qu’au couvent, les sœurs égarées ont été retrouvées ; toutes deux apparemment poignardées et reposant là où j’avais vu ces deux croix chez les sœurs. Alors pour ce qui est de mon sort, je l’attends sereinement.