Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

05 Septembre 2026 à 13:41:57
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Le piano

Auteur Sujet: Le piano  (Lu 1234 fois)

Hors ligne marrailla

  • Tabellion
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Le piano
« le: 13 Septembre 2020 à 14:11:38 »
                                                                                                                               
  Le piano

Aussi loin qu'il se le rappelle, Monsieur Durand avait toujours été pauvre. Il était né dans la pauvreté et n'avait jamais réussi à en sortir. Il avait passé sa vie entière à essayer de changer cela sans jamais y parvenir. Arrivé au crépuscule de sa vie, il avait fini par se faire une raison. La richesse n'était pas pour lui. Ce qui lui faisait le plus de peine, et qui le réveillait parfois la nuit, c'était le souvenir d'une vieille promesse qu'il avait faite à sa femme. Il lui avait promis le jour de leur mariage qu'elle ne manquerait jamais de rien et qu'il lui offrirait les plus belles choses. Cette promesse, il n'avait pu la tenir mais jamais elle ne lui reprocha quoique ce soit. Elle avait toujours eu tout ce qu'elle désirait à savoir l'amour, la santé et un toit sur la tête. Elle était comblée de bonheur depuis ce jour de printemps où dans la petite église de son village natale, ils s'étaient dit oui. Mais ça, Monsieur Durand l'ignorait, et il l'ignora jusqu'à sa mort.

Un jour de novembre, pluvieux et froid, alors que le vieil homme se promenait en ville, quelque chose attira son regard. Il s'arrêta net de marcher, ce qui contraria plusieurs personnes qui arrivaient derrière lui. Mais il n'y prêta aucune attention car celle-ci était entièrement accaparée par ce qu'il avait devant les yeux. Il s'était arrêté devant une boutique d'antiquités. Dans la vitrine, on pouvait voir un magnifique piano en bois. Malgré les années, celui-ci était encore tout à fait présentable et il émanait de lui une élégance, qui plu immédiatement à Monsieur Durand. Sans hésiter, il franchit le seuil de la boutique, plus déterminé qu'il ne l'avait été ces dix dernières années.
Le soir, quand Madame Durand rentra chez elle, une surprise l'attendait. Monsieur Durand avait passé le reste de la journée à tourner en rond, attendant impatiemment le retour de sa chère épouse. Quand celle-ci franchit le seuil de la maison, il se précipita dans l'entrée avec tant de force qu'il la heurta de plein fouet et la fit tomber à la renverse. Après maintes et maintes excuses, il l'entraîna dans le salon où trônait le piano. Sur les touches, il avait déposé un bouquet de roses rouges. La vieille dame se précipita sur le piano, attrapa le bouquet, le porta à son visage et en huma le délicat parfum. Elle se tourna vers son mari, les yeux remplis de larmes et sans le quitter des yeux, laissa danser ses doigts sur les touches. Le son qui émanait de l'instrument et qui se répandait dans la pièce était la plus belle mélodie, la plus douce musique qu'ils leur avaient été permis d'entendre.

Les jours suivants, Madame Durand les passa à jouer. Mozart, Beethoven, Bach, Chopin, Debussy et bien d'autres faisaient désormais partie de leur quotidien. Monsieur Durand était comblé de bonheur. Il pouvait passer de longues heures à écouter sa femme jouer. Cette musique était si belle, si douce, si pure qu'elle semblait être joué par un ange. Madame Durand faisait danser ses doigts sur les touches avec une aisance et une dextérité que son époux ne lui connaissait pas. Elle progressait de jour en jour. Plus les heures passaient, et plus son jeu s'améliorait, se perfectionnait.

Plus d'une semaine après l'achat du piano, au beau milieu de la nuit, toute la maison était plongée dans l'obscurité et le silence. Monsieur Durand dormait profondément, son corps se soulevait régulièrement au rythme de sa respiration. Soudain, brisant le silence nocturne, une musique forte résonna entre les murs de la maison. Le pauvre Monsieur Durand brutalement arraché à ses rêves, se réveilla en sursaut, perdu et déboussolé. Il se tourna et chercha sa femme dans le lit mais il était seul. Au salon, le piano jouait de plus en plus fort. Monsieur Durand jeta la couette et sortit de son lit aussi vite qu'il le pouvait, étant donné son âge. Il descendit l'escalier en titubant, pas encore tout à fait réveillé. Il alluma la lumière du salon en arrivant en bas de l'escalier et s'arrêta sur le seuil stupéfait. Sa femme, en chemise de nuit, les cheveux en désordre jouait du piano. Mais elle n'en jouait pas comme d'habitude. Il n'y avait rien de pure, ni même de beau dans sa manière de jouer. Il y avait quelque chose de brutal et de violent dans sa façon de frapper les touches. Elle ne semblait pas avoir remarqué l'arrivé de son époux, ni même que celui-ci venait d'allumer la lumière. Comment pouvait-elle jouer du piano dans le noir, se demanda Monsieur Durand. Mais il chassa cette pensée, il était fatigué et ne souhaitait qu'une chose, retourner se mettre au lit.
-Anne, Anne ma chérie ? Appela-t-il.       
Aucune réponse. Elle ne se retourna même pas. C'était comme si, elle ne l'entendait pas. Il s'approcha, en soufflant d'impatience. Elle continua à jouer, malmenant les touches sans même un regard vers son mari. Celui-ci posa une main sur son épaule afin de lui manifester sa présence. Mais elle continua à jouer sans y prêter attention. Mais que lui arrive donc ? Se demanda le vieil homme inquiet. Il secoua légèrement son épaule dans l'espoir d'attirer son attention mais elle continua de jouer. Elle fait peut-être une crise de somnambulisme, s'interrogea-t-il. Bien sûr après toutes ces années de mariage, il s'en serait forcément rendu compte si son épouse était somnambule. A moins, que cela soit causée par la vieillesse, comme bien d'autres choses qui lui faisait regretter ses jeunes années. Exaspéré par cette musique assourdissante, il poursuivit ses efforts pour réveiller son épouse. Il l'appela de plus en plus fort, allant jusqu'à crier mais sa voix semblait bien faible comparer au piano. Après de longues minutes à essayer de la réveiller sans résultat, le vieil homme commençait à être à court d'idées. Il attrapa les mains de son épouse, essayant par la même occasion de l'empêcher de jouer. Sans même le regarder, elle lutta, cherchant désespérément à se défaire de son emprise. Elle étirait ses doigts, longs et fins jusqu'aux touches, comme si cela lui était vital. Il réussit néanmoins à lui maintenir les mains suffisamment longtemps pour qu'elle émerge de sa torpeur. Quand elle le regarda enfin, ses yeux étaient remplis de surprise, d'incompréhension et même de peur. Elle n'avait aucun souvenir de ce qui venait de se passer. Et c'est avec toutes les peines du monde, qu'elle dû se rendre à l'évidence et croire sur parole ce qui lui avait raconté son mari.

Il se passa plusieurs jours avant que Madame Durand ose retoucher au piano. Elle l'avait d'abord considéré avec méfiance, évitant de le regarder et de se retrouver à moins d'un mètre de lui. Le vieux couple n'avait plus reparlé de ce qui c'était passé cette nuit-là, depuis que Monsieur Durand avait raconté toute l'histoire à sa femme. Mais même s'ils n'en parlaient jamais, chacun d'eux y pensaient très régulièrement.
Le jour où Madame Durand se remit à jouer du piano fut comme une libération. Pour elle, mais aussi pour son époux qui commençait à regretter son achat impulsif. Bientôt la musique refit partie de leur vie et c'était comme s'il ne s'était rien passé. Chacun oublia, ce qui avait été qualifié de petite crise de somnambulisme. Madame Durand quittait parfois le piano à contrecœur et son époux devait insister pour qu'elle vienne se coucher mais rien de comparable. Non, vraiment ce n'était pas comparable.
Du moins, c'est ce que pensait Monsieur Durand jusqu'à cette fameuse journée de décembre. Monsieur et Madame Durand avaient passé la journée dehors, à arpenter les magasins de jouets, guidés par des listes écrites par leurs petits-enfants dans des couleurs criardes et avec quelques fautes d'orthographe attendrissantes. La journée avait été parfaite. Monsieur Durand se surprit plusieurs fois à observer sa femme du coin de l’œil, elle n'avait jamais été aussi belle pensa-t-il. Ses cheveux blancs étaient impeccablement peignés, elle portait ses plus élégants vêtements et ses yeux bleus pétillaient. Il remarqua néanmoins qu'elle avait perdu un peu de poids. Pas grand chose mais  suffisamment pour qu'il le remarque. Il ne s'en inquiétait pas outre mesure, avec les fêtes qui approchaient, elle reprendrait bien vite ses quelques kilos perdus. Il l'a soupçonnait même de les avoir perdus volontairement et cette coquetterie de sa femme l'amusa. Ce qui l'inquiétait davantage c'étaient les cernes qui s'étaient dessinées sous ses jolies yeux et qui contrastaient avec son teint de porcelaine. Il s'agissait là sans doute d'une fatigue passagère et il se promit de tout faire pour y remédier.
A leur retour à la maison, ils avaient à peine franchi le seuil que Madame Durand se précipita sur le piano. Monsieur Durand quoiqu'un peu étonné par l'attitude de sa femme, ne s'y intéressa que faiblement. Ce n'est que plus tard dans la soirée, alors que sa femme n'avait pas cessé de jouer depuis leur retour qu'il s'interrogea plus intensément. La musique avait pris une telle place dans leur quotidien qu'il ne la remarquait presque plus. Pourtant, elle était bien là, sa présence ne faisait que croître. Le piano connaissait peu de moments de repos désormais. Monsieur Durand s'approcha de son épouse et resta dans son dos à la regarder jouer comme il le faisait parfois. Elle se retourna vers lui et lui sourit. Encouragé par cette marque d'affection, il se rapprocha et prenant une chaise au passage, s’assit à côté de son épouse. Il regardait ses doigts voler de touches en touches, il n'avait jamais rien vu de pareil, sauf à la télévision peut-être.
-Les pianistes professionnels n'ont rien à t'envier, dit-il sans quitter ses mains des yeux. Tu pourrais m'apprendre, je ne serai jamais aussi doué que toi mais …
Il approcha ses doigts tordus des touches mais sa femme d'un geste l'arrêta. Elle ne parla pas mais elle lui lança un regard si sombre et dur que ses beaux yeux bleus semblaient noirs à présent. Monsieur Durand était dans un tel état de surprise qu'il ne dit mot. Il se leva et sortit de la pièce, quand il eut franchi le seuil le piano recommença à jouer. Cependant, la musique n'était plus tout à fait la même, elle s'était durcie.

Monsieur Durand était un homme rationnel. Il n'avait jamais été très porté sur la religion et encore moins sur la superstition mais il devait se rendre à l'évidence, quelque chose clochait avec ce piano.
Le lendemain matin, il se rendit dans la boutique d'antiquités où il avait acheté le piano afin d'en apprendre plus. Bien sûr personne ne pus le renseigner. Le piano avait atterri dans la boutique suite à  un décès et c'était à peu près tout ce qu'ils savaient et étaient en mesure de lui dire. Monsieur Durand s'emporta contre les vendeurs, ce qui ne lui ressemblait pas, lui qui était d'un naturel si calme et doux. Le patron qui attiré davantage par une opportunité que par le désarroi de ses employés et la colère du vieil homme, pointa le bout de son nez. Il proposa à Monsieur Durand de racheter le piano qu'il lui avait vendu, moins cher bien évidemment. Pour celui-ci, c'était le bouquet, il sortit de la boutique en trombe en claquant la porte derrière lui.
Quand il rentra chez lui, c'est Mozart qui l'accueilli à la porte et pour la première fois depuis près de quarante ans de mariage, il hésita à faire demi-tour.           

Les jours passant, l'apparence de Madame Durand se dégrada. La vieille dame, d'habitude si coquette se négligeait. Elle ne se coiffait plus, ne se maquillait plus, ne se parfumait plus et parfois ne s'habillait même plus. Elle restait des journées entières en chemise de nuit, les cheveux en bataille, à jouer du piano. Ces jours-là, elle allait jusqu'à refuser de s'alimenter ce qui avait entraîné la perte de nombreux autres kilos. Son mari était désemparé. Il avait tout essayé pour la faire manger, s'habiller, la divertir mais rien de ce qu'il pouvait dire ou faire arrivait à diminuer cette obsession qui l'a liait au piano. Le vieil homme avait appelé le médecin de famille, qui avait d'abord parut dubitatif avant de parler de dépression. Le docteur resta sourd à toute les insinuations plus ou moins subtiles que Monsieur Durand avait faites sur la responsabilité du piano dans le comportement de sa femme. C'est en pleurs qu'il avait fini par raccrocher le téléphone. Il serrait encore le combiné entre ses doigts quand une idée lui vint. Il se reprocha d'y penser mais il éprouvait un tel sentiment d'impuissance qu'il ne voyait pas comment régler la situation autrement. Il se dirigea sur la pointe des pieds jusqu'au salon et ouvrit le tiroir du bureau avec autant de délicatesse que possible. Sa femme qui jouait du piano avec force et passion ne s’aperçut de rien. Il attrapa l'annuaire téléphonique et retourna dans la cuisine à pas de loup. Il repoussa la porte derrière lui et commença à feuilleter les pages jaunes. Quand il trouva ce qu'il cherchait, il composa le numéro d'une main tremblante. Il reconnut immédiatement la voix de celui qui décrocha, il pouvait imaginer son sourire satisfait et hypocrite. 
-C'est pour le piano, dit simplement Monsieur Durand, il ne prit pas la peine de se présenter.
-Je suis toujours acheteur, en revanche, je ne pourrai pas le reprendre pour le prix …
-Oui, je sais, le coupa-t-il passablement agacé. Vous me l'avez déjà dit.
-Et ce que j'essaie de vous dire aujourd'hui, c'est que je ne peux le racheter pour le prix que je vous en ai donné l'autre jour à la boutique.
Monsieur Durand donna un coup de poing dans les airs. Ce geste lui donnait peut-être un air ridicule mais il le défoula suffisamment pour l'empêcher d'insulter son interlocuteur.
-Combien ? Demanda-t-il au prix d'un grand effort.
De l'autre côté du combiné, le patron de la boutique, sourit de toutes ses dents.
Quand il raccrocha le téléphone, Monsieur Durand se sentit plus fatigué qu'il ne l'avait jamais été.  Sa vieillesse lui paraissait maintenant si évidente, qu'il se demandait comment il faisait encore pour se mouvoir sans tomber en poussière.
-Tu veux vendre mon piano, l'accusa une voix dans son dos.
Monsieur Durand sursauta et se plaqua une main contre la poitrine. Il avait été si absorbé par sa conversation téléphonique, qu'il n'avait pas remarqué que le piano avait cessé de jouer. Sa femme, plutôt ce qu'il en restait, se tenait dans l'encadrement de la porte. Ses yeux lançaient des éclairs, ses lèvres retroussées laissaient apercevoir ses dents comme si elle était prête à se jeter sur lui pour le mordre.
-Écoute chérie, je fais ça pour ton bien. Tu n'es plus la même depuis que je t'ai acheté ce piano... Je ne sais pas comment l'expliquer … Il est forcément possédé ou démoniaque. Il faut nous en débarrasser, oui il faut nous en débarrasser c'est la seule solution, la seule.
Le pauvre homme suppliait sa femme du regard de comprendre. Mais elle était aveugle à ses prières muettes.
-Jamais, jamais je ne me débarrasserais de ce piano ! Hurla-t-elle.
Furieuse, elle retourna jouer, frappant les touches avec force. Dans la cuisine, Monsieur Durand frissonna quand le piano se remit à jouer. Cette musique lui glaçait le sang, la chair de poule recouvrait ses maigres bras. Il n'avait jamais rien éprouvé de tel. Tout ce qu'il voulait c'est que ça s'arrête, ça devait s'arrêter. Il fouilla les tiroirs de la cuisine à la recherche de... il ne le savait pas lui-même mais il était persuadé qu'il le reconnaîtrait quand il le verrait. Après avoir vidé le contenu de deux tiroirs entiers sur le sol, il posa la main sur le rouleau à pâtisser. Il s'en saisit et se précipita dans le salon où la musique était assourdissante. Sans prévenir il donna un puissant coup de rouleau à pâtisser sur les touches. Madame Durand plus furieuse qu'elle ne l'avait jamais été se jeta sur son mari. Elle lui griffa le visage, les bras, en essayant désespérément de s'emparer du rouleau. Elle l'insultait copieusement, le pauvre homme ne reconnaissait plus sa femme. Il la repoussa brutalement ce qui la fit chuter sur le sol. Il ne prit pas le temps de s'en émouvoir et frappa le piano de plus belle avec son arme improvisée. Sur l'instrument, les stigmates de cette agression commençaient à se dessiner. Madame Durand hurlait dans son coin comme une démente. Elle se releva et se jeta sur son époux de toutes ses forces, celui-ci perdit l'équilibre, il lâcha le rouleau à pâtisser sur le sol et se retint au piano pour ne pas tomber. Quand ses doigts heurtèrent les touches, les notes émises par le piano attirèrent son attention. Elles étaient si belles, si pures qu'il pensa qu'il n'y avait pas de plus beau son sur terre. Il s'assit alors face au piano et commença à jouer. Il n'avait jamais pris de cours de musique et pourtant, c'était comme s'il avait joué toute sa vie. Ses doigts dansaient sur les touches, comme guidés par la musique. Il n'arrivait pas à croire que c'était lui qui créait quelque chose d'aussi beau. S'il n'avait pas été si accaparé par la musique, il aurait sûrement pleuré devant tant de beauté. Soudain, deux autres mains se joignirent aux siennes. Ils jouaient à quatre mains, assis devant le piano, s'échangeant parfois des regards amoureux. Ils n'avaient jamais été aussi heureux qu'à ce moment précis. D'ailleurs, il n'y eu bientôt plus que ce moment. L'avant et l'après disparurent, tout ce qui les entourait disparût. Il n'y avait plus que la musique. Celle-ci continua plusieurs jours avant de s'arrêter, définitivement. Quand on retrouva Monsieur et Madame Durand, ceux-ci étaient morts, assis devant le piano, leurs mains posées sur les touches. Seule la mort avait pu les empêcher de jouer.   

   


«Il n’y a pas de réussite facile ni d’échec définitif.» Marcel Proust

Hors ligne Cendres

  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 104
Re : Le piano
« Réponse #1 le: 13 Septembre 2020 à 16:19:08 »
Bonjour marrailla,
Merci pour le partage de ton texte, qui est un conte "maléfique".
Je ne vais pas te donner des conseils pour le français vu mon niveau médiocre.

Il y a trois éléments dans ton histoire qui ne me semble pas logique:

Tu nous apprends que la famille Durand est modeste. Hors un piano coûte relativement chère et c'est plutôt inutile a acheter, surtout si on est pauvre. En plus, sachant qu'ils sont pauvres, ils doivent avoir une maison modeste et petite. Ton piano doit prendre de la place, même si c'est un sans queue.
Le mari est illogique dans son achat et sa femme trouve cela normale.

Bien que tu expliques par la suite du texte, lorsque j'ai lu :
"Mozart, Beethoven, Bach, Chopin, Debussy et bien d'autres faisaient désormais partie de leur quotidien"
Je me suis demandé comment Madame Durand connaissait toutes ses musiques sans avoir des partitions et aussi sans avoir eu des cours de piano.
Tu devrais indiquer dans le texte que c'est surprenant, car la personne n'est étonné, même pas le narrateur.

Sinon ma dernière remarque tu fais dire a madame Durand :
"-Jamais, jamais je ne me débarrasserais de ce piano ! Hurla-t-elle."
Je ne pense pas qu'elle dirait débarrasser, car c'est son mari qui veut cela.

Voila mes remarques ;)
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

Hors ligne marrailla

  • Tabellion
  • Messages: 45
Re : Le piano
« Réponse #2 le: 17 Septembre 2020 à 11:55:36 »
Bonjour Cendres,

Je te remercie pour ta lecture et pour ton avis.
Après lecture de ton commentaire, je me rends compte que je n'ai pas apporté suffisamment de précisions sur certains éléments. Quand j'ai écrit l'histoire, je m'imaginais que le prix de ce piano était extrêmement bas, ce qui en aurait fait une excellente affaire. La raison aurait été son histoire macabre et la peur qu'il suscite chez ses propriétaires successifs. Pour Madame Durand, je la voyais comme une femme née dans un milieu aisé, qui aurait renoncé à cette vie pour vivre avec l'homme qu'elle aimait. Cela venait également expliquer la culpabilité de Monsieur Durand.

Ton commentaire a été très constructif pour moi, j'espère que tu auras l'occasion de commenter d'autres de mes écrits.

A bientôt.
«Il n’y a pas de réussite facile ni d’échec définitif.» Marcel Proust

Hors ligne Feather

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 066
Re : Le piano
« Réponse #3 le: 17 Septembre 2020 à 14:12:00 »
Bonjour Marrailla,

Un couple d'apparence ordinaire, voit son destin perturbé par un piano donné en cadeau et empreint d'un lourd mystère.

Le sujet est intéressant et selon moi bien mené,
Il reste cependant de légers déséquilibres qui me font dire que sur ce texte assez long finalement il serait judicieux d'élaborer une trame à l'écrit avant de se lancer dans la rédaction, si cela n'a pas été fait.

Sinon la lecture reste agréable, joli style sur un sujet au dénouement improbable.

Bravo
Les larmes sans pleurs sont une lanterne.

Hors ligne Augustin

  • Plumelette
  • Messages: 17
Re : Le piano
« Réponse #4 le: 17 Septembre 2020 à 18:08:19 »
Bonjour,

J'aime beaucoup cette construction à laquelle rien ne manque selon moi !

Contrairement à ce qui est évoqué un peu plus haut, il ne m'apparaît pas nécessaire de tout expliquer et je pense que le fait que l'épouse apprenne très rapidement à jouer convient parfaitement pour faire ressortir le côté inquiétant d'une telle facilité de jeu pour une femme de milieu modeste. C'est beaucoup plus intéressant que de l'imaginer venant d'une famille aisée selon moi. En effet, ou serait l'étonnement admiratif de l'époux en tel cas ?

Cette histoire est très bien contée et me fait penser aux contes de Maupassant (pour le fond inquiétant, pas nécessairement pour le style.)

Hors ligne Mathieu

  • Calligraphe
  • Messages: 103
    • Liste de mes textes sur MDE
Re : Le piano
« Réponse #5 le: 17 Septembre 2020 à 18:48:40 »
Vraiment sympa cette petite histoire !

J’ai bien accroché, je trouve le scénario intéressant.

 

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


 

A te lire.


Hors ligne Vesper

  • Scribe
  • Messages: 91
Re : Le piano
« Réponse #6 le: 17 Septembre 2020 à 18:57:21 »
Intrigué par l'accroche (je corrige: par le début, il n'y a pas d'accroche, mais n'y vois pas reproche!),  j'ai poursuivi jusqu'au dénouement, je n'ai pas eu à me forcer.

Stylistiquement parlant, il y a à mon goût, des lourdeurs, et des jolies trouvailles, comme des petites pépites, des mots en relief et des phrases simples qui sentent bon la tendresse, des ruptures de rythme placées pile-poil au bon endroit.

Le genre que tu abordes, je ne l'aime pas. C'est comme ça. Et pourtant j'ai apprécié ton texte, peut-être en partie (en-dehors de ses indéniables qualités intrinsèques) parce que tu n'as pas eu la grossièreté de me dire trop tôt où tu voulais m'emmener. Là je te parle de mes goûts de lecteur, je te dis de quel public je ne fais pas partie, pour que tu sois plus à même de tirer partie de la remarque qui suit:
Citer
Il est forcément possédé ou démoniaque
Nom de bleu quel dommage! C'est obligé de souligner à gros traits? Je le répète, ce n'est pas mon genre de littérature, je suis nul en trucs qui font peur, mais j'ai néanmoins remarqué que les textes les plus efficaces - quelque soit le genre d'ailleurs - sont ceux qui évitent de dire au lecteur ce qu'il doit penser (ou plutôt: ceux qui évitent d'orienter trop ostensiblement la pensée du lecteur). Vois-tu une des choses que j'ai aimée dans ton texte, c'est justement qu'il m'a laissé l'impression, au moins jusqu'à ses deux tiers, de ne pas rester confiné dans un genre littéraire. Ton texte, je l'aime tellement plus sans cette phrase! (je ne sais pas ce qu'ils en pensent, les autres bêta-lecteurs?) Ça aussi c'est comme ça, les coups et les douleurs, ça se discute pas.

J'ai une deuxième remarque, plus une question en fait.
Mais après la pause.
...

Bon en fait non, pas la peine, j'ai dit assez de bêtises.
Merci marailla, pour le charme inattendu de ce texte.


(Edit: Permets que je précise ma pensée, pis après j'arrête:
Et s'il me plaisait à moi, d'imaginer qu'au lieu du piano, c'est madame et monsieur D qui étaient possédés? En une phrase, l'auteur me ferme cette porte. Il a tout gâché :'(
Amicalement.)
« Modifié: 18 Septembre 2020 à 14:15:07 par Vesper »

Hors ligne Henka

  • Tabellion
  • Messages: 49
Re : Le piano
« Réponse #7 le: 26 Septembre 2020 à 20:39:44 »
Bonjours marrailla,

J'ai bien aimé ton texte, qui se lit facilement en dépit de quelques lourdeurs ; je l'ai trouvé fluide et bien mené.

J'aurais quelques remarques, linguistiques pour la plupart :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Voilà, j'espère que ça te sera utile :).

Hors ligne Zouli

  • Tabellion
  • Messages: 30
Re : Le piano
« Réponse #8 le: 27 Septembre 2020 à 09:59:56 »
Histoire bien menée qui donne envie d'être lue jusqu'au bout !
Je rejoindrais les autres avis où je trouve qu'il y a quelques lourdeurs dans la manière d'écrire mais ça n'enlève en rien le plaisir de te lire ! :)

 


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