Un matin s'est insinué depuis de la rue, par-dessus le muret, jusqu'aux racines du rhododendron dont il a ouvert les bourgeons, en ce mois d'avril 10° après la nuit une belle journée en gestation, le matin a rampé dans ma chambre, s'est enroulé à mon corps, j'ai pensé à un homme, puis je me suis levée, par la fenêtre on apercevait la masse de l'arbre parsemé de taches roses (je n'avais pas mis mes lunettes), je suis descendue boire mon café près des fleurs, il faisait à peu près 15° dans cette cour humide qui conserve la fraîcheur, et je me suis dit en pyjama que tout était comme prévu, sans variation aucune (si ce n'était la floraison), mon célibat, le café trop amer (je le rate à chaque fois), la cour humide et fraîche, un rêve qui m'accompagne, qui est assis exactement en face de moi, avec mes propres lunettes et un sérieux d'épousé.