Absurde princesse, voila qui je suis,
dévore ma bouche, avale mes baisers,
toi qui ris quand je sanglote
un jour tu finiras noyé,
car si aimante je suis, démente je serai.
Les tourments de ton désir me jettent à tes pieds
et je m'y pâme moi qui t'adore dans la boue
aucune offrande à la déesse et tu n'offres à ta maîtresse
qu'un tapis de mensonges rédempteur.
Mon bel amant, Adam chagrin et trop tenté
je suis la seule fautive, le paradis ne t'échapperas pas,
mais tous mes maux d'amour te déclare pêcheur.
Heureux sois-tu, il n'y a ici aucun dieu vengeur,
ce n'est qu'un vieux manoir aux fenêtres closes,
aux chambres vides où traînent les fantômes d'anciennes beautés
et où tu peux entrer et sortir sans être inquiété
par un quelconque amour.
Tu es là maintenant, un autre viendra tout à l'heure
et aucun ne m'emmène sur son cheval blanc
mais tous me chevauchent et poussent de grands cris
quand ils meurent dans mes bras et repartent ravis.
Trois sous pour effacer et ils s'en vont immaculés
tels des anges de pureté, loin de ma chambre vide
où je reste seule au fond du lit où jamais je ne dors
aussi souillée que les draps sales où défilent tant de corps.
Mais je viendrai un jour beau prince, avec mon sourire charmant
frapper à ta porte vêtue comme Vénus
pour compter à Ève les exploits de mon amant.
(Dernier poème en date, déjà publié sur brouillond'écriture mais bon, je vous l'offre quand même!

)