Salut Loup,
Tout d'abord, merci d'avoir lu mon hommage à Charlie.
ça me fait bizarre d'en parler car j'ai écrit ce texte il y a 5 ans, et aujourd'hui, j'ai totalement bifurqué vers un autre style d'écriture.
A cette époque, j'écrivais des chansons poétiques assez simples et tout public, alors qu'aujourd'hui j'essaie d'écrire de la "vraie" poésie visant un public plus littéraire.
Comme l'a compris Manu, quand j'ai écrit ce texte, j'étais sous le coup de l'émotion, j'étais en état de choc, et c'était plus une écriture spontanée que analytique. J'avais besoin d'écrire quelque chose, et je me rappelle m'être levée en pleine nuit pour écrire ce texte d'un trait.
Voilà, c'était une écriture réactive. J'ai également écrit un texte suite à l'attentat du 14 juillet à Nice. Je n'avais pas pu bien suivre les infos car j'étais en vacances. Quand je suis rentrée, j'ai visionné des vidéos sur youtube, et je me rappelle avoir vu des images de corps étendus et recouverts d'un drap, c'était surréaliste de telles images. Je sais qu'il y a des pays en guerre, mais moi, je n'avais jamais vu ça, surtout en France, et à notre époque...
Je viens d'aller relire ce texte, ça me fait tout aussi bizarre, c'est un style encore différent. Je le posterai à la fin.
Enfin, voilà, il n'y avait rien d'ambitieux dans ce texte. Je pense aussi que l'on évolue artistiquement avec les années, on s'améliore...Mais bon, j'assume, il y a quand même de bonnes choses dans ce texte, j'en parlerai plus bas, en répondant au commentaire de Manu.
Sinon, pour la chute avec "à genoux", c'était juste pour faire un clin d'œil à Charb qui a dit:
«Je n'ai pas de gosses, pas de femme, pas de voiture, pas de crédit. C'est peut-être un peu pompeux ce que je vais dire, mais je préfère mourir debout que vivre à genoux.».
Je sais que tu aimes les débats d'idées, mais moi je considère que je n'ai pas les compétences pour me lancer là-dedans. Je n'ai pas la prétention de détenir des réponses ou d'avoir un quelconque savoir.
Dans d'autres contextes, j'observe juste que des gens se comportent parfois comme des moutons, adoptent une pensée commune au lieu de faire preuve d'indépendance d'esprit. J'observe souvent cela au travail...Tout le monde n'est pas courageux...
Salut
Manu,
C'est vrai que dans ce texte, une chose dont j'étais fière, c'était ce parallélisme de construction avec tout l'implicite qu'il y a derrière:
"Tes idées fusent et se diffusent/ les balles fusent et se diffusent"
Je ne sais pas si je serai capable d'écrire un jour le texte dont tu parles, car aujourd'hui je me suis lancée dans une poésie plutôt hors sol dont l'univers est plutôt sombre et mystérieux.
Enfin, je n'écris pas du tout des textes réalistes, alors de la poésie engagée...
Avant, j'étais un peu plus d'un tempérament révolté, aujourd'hui, je me sens plutôt blasée et fatiguée, mais bon, qui sait, peut-être qu'un jour le feu reprendra...
En tout cas, un grand merci pour ce commentaire rempli de bienveillance et d'encouragements. Je suis extrêmement touchée

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Voilà, je termine en partageant le poème-chanson que j'avais écrit en réaction à l'attentat du 14 juillet 2016.
Fol artifice14 juillet
La mort déboule
Elle a la couleur d'un linceul
Fonce dans la foule
Le sang s'écoule
Plante un drapeau couleur de deuil
Et puis soudain
Le ciel s'éteint
Ne retentissent que des cris
Bouquet final
De chrysanthèmes
Tachés par le sang de la haine
Et le sang coule sur le trottoir
Indélébile goût lacrymal
Marque à jamais d'un drapeau noir
14 juillet Deuil national
Un jeu de quilles
A taille humaine
la mort ainsi banalisée
Croyance factice
Fol artifice
Fruit d'un Etat désincarné
Etoile sanguine
Qui dégouline
Rougie par le sang des victimes
Fol artifice
Feu de l'enfer
Idéologie mortifère
Et le sang coule sur le trottoir
Indélébile goût lacrymal
Marque à jamais d'un drapeau noir
14 juillet Deuil national