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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Plaisir instantané (rectifié)

Auteur Sujet: Plaisir instantané (rectifié)  (Lu 1427 fois)

Nathalie Marie

  • Invité
Plaisir instantané (rectifié)
« le: 29 Mai 2019 à 20:54:26 »
Je glissais sur le sol en quelques secondes et sursautais au contact de la fermeture éclair de mon sweat sur le plancher.
Je me retrouve quasi allongée, la tête contre le logo de mon déménageur fraichement raturé.
Je suis épuisée. Mon corps a tenu, rompu, jusqu’à charger cet énième carton trop lourd comme une urgence vitale.
Je ferme les yeux quelques secondes et m’autorise un long soupir, une sorte d’échappée d’aise
qui me laisse vidée, aplatie, toute engourdie.

Il faut dire que le gros marqueur noir vient de me lâcher ; son crissement s’est d’abord fait pâle puis s’est tu à la moitié d’un soulignement.
Il est presque 18 heures. Je n'ai rien avalé depuis ce matin. Mon ventre m’adresse de longs et bruyants rappels à l’ordre qui m’indiffèrent.
Ce n’est pas comme ce deuxième rouleau de scotch, presque neuf et idiopathique, qui se déchire inévitablement à chaque coup de ciseaux.
 
Désarmée, j’abandonne…
Solidaire, la télévision s'est mise en veille automatique. Et entre borborygmes et tic-tac de l’horloge, je somnole, les yeux mi-clos, jusqu’à ce que mon regard s’accroche au couvercle d’une petite boite glissée entre deux sacs poubelle.

J’hésite de longues minutes avant de bouger.
Je suis bien. Pourtant une indicible impression de déjà-vu me pousse à glisser davantage.
Maintenant un appui branlant sur mes coudes, j’allonge les jambes pour ramener vers moi du bout des pieds, un coup poussant, un coup tirant, l’objet en question. Cette petite boite que je caresse lentement du bout des doigts est lourde de sens. Je la connais.
Je la reconnais.

Comment a-t-elle bien pu se trouver là ?
Je l’avais perdue puis oubliée.
J’avais oublié cette période de ma vie où je courrais sans cesse.
Le soir après l’école.
Chaque semaine si bien chronométrées.
Ces longs week-end déambulant en autobus chargés d’espoir, ici dans l’Aude, là-bas dans l’Hérault ou dans le Gard. Je courrais dans tout le Languedoc et j’aimais cela.

Reprenant mes esprits, j’ouvre la petite boite de mes doigts impatients et retrouve intacte ma récompense, solidement harponnée à son support de velours beige.
Je la sors de son étui, je la tourne pour admirer le blason régional moulé dans le bronze puis la retourne… 1978…
Mon attention vacille. Ou bien moi peut-être.
Avec quelques efforts, je soutiens du regard nos belles retrouvailles.
Elle et moi, depuis tout ce temps. Je savoure.
C’est alors que cette médaille gagnée au prix de tant d’efforts affiche un sourire radieux.
Bizarre. Déroutant.
Les sourcils froncés, je cligne des yeux plusieurs fois comme pour effacer le mirage.
Rien n’y fait. Je vois toujours un sourire franc et entendu.
Je dirais même que je le vois distinctement.
Je me dresse davantage, et tandis que ma raison s’affole, perdue à mi-chemin entre veille et sommeil, j’entends susurrer tel un écho du temps passé :

« RES PI RE- NE LÂCHE RIEN ».

Ces mots rassurants viennent apaiser comme par magie mon pouls troublé par l’illusion.
Je ne saurais jamais si j’ai succombé à un songe d’après-midi inattendu ou si mon esprit a identifié une rayure profonde de mon génome.
Je sens à cet instant précis que tout prend sens et je me surprends à sourire.
A mon tour de sourire large et profond.

Assise là contre mon énième carton de la journée, je referme précieusement l’objet et le glisse dans la poche arrière de ma salopette, tapotant légèrement le couvercle en signe de remerciement.
Je m’étire et déroule lentement chacune de mes articulations comme un échauffement bien rodé et dans un élan efficace je me relève. Je fixe quelques secondes mon stock de cartons vides et sors de la pièce encombrée l'esprit tranquille.

Emportant un peu d’eau et quelques amandes au passage, je quitte la maison en petites foulées régulières qui m’éloignent du devoir.
Amusé, mon corps se souvient des enjambées, ne faisant cas ni de cette douleur installée au creux des reins, ni des fourmillements qui s’immiscent entre les omoplates.
Posant de temps à autres la main sur la poche arrière de mon pantalon, j’avance à la juste cadence.
Légère.
Longtemps.
Je cours à nouveau ce soir et je RES PI RE l’air tendre et sucré du pur plaisir instantané.
Cà aussi, je l’avais oublié…

Hors ligne Loïc

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Re : Plaisir instantané (rectifié)
« Réponse #1 le: 10 Juin 2019 à 00:07:30 »
Noooooooon, un texte sans commentaire qui file en page deux.
J'arrive !


Bonjour :mrgreen:

Citer
sursautais au contact

sursautai ?

Citer
Je glissais sur le sol en quelques secondes et sursautais au contact de la fermeture éclair de mon sweat sur le plancher.
Je me retrouve quasi allongée, la tête contre le logo de mon déménageur fraichement raturé.

Pourquoi le changement de temps soudain ?
J'ai pas compris l'histoire du logo de déménageur.

Citer
Chaque semaine si bien chronométrées.

chronométrée

Citer
Je sens à cet instant précis que tout prend sens et je me surprends à sourire.
A mon tour de sourire large et profond.

C'tun peu rude, la phrase coupée par un point

Citer
Cà aussi, je l’avais oublié…

Ça

Premier truc qui est vraiment gênant à la lecture, ces retours à la ligne à chaque phrase voire au plein milieu d'une phrase. Un retour à la ligne, un changement de paragraphe, ça doit avoir un sens et pas être le fruit du pur hasard.

Sinon j'ai plutôt bien aimé pendant une grosse moitié. Après c'est devenu plus quelconque à mon sens, peut-être plus répétitif.
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

Nathalie Marie

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Re : Plaisir instantané (rectifié)
« Réponse #2 le: 12 Juin 2019 à 23:42:00 »
Ooooh un message et observations !
Merciiiiiiii Loic de s'être penché sur mon texte  :coeur:
Ton intro m'a  fait sourire. J etais tellement contente que j'aurais toléré toutes les critiques. :D
J ai pris note de la conjugaison et pour ce qui est de l'histoire du déménageur, évidente pour moi après 12 déménagements, ma protagoniste s'est effondrée épuisée contre 1 carton dont elle venait de renseigner le contenu. On rature souvent au gros feutre et chaque carton est marqué du logo de l'entreprise choisie pour le transport.

J aimerai savoir si le message suggéré est inintéressant ou si je suis passé à coté.

Pour les sauts à la ligne je pensais donner de l air à mon texte pour qu il soit plus facile à lire...et j ai perdu  :/ le fils

La question est : comment rattraper la mayonnaise ici ?

Encore merci pour ton passage

Hors ligne Loïc

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Re : Plaisir instantané (rectifié)
« Réponse #3 le: 13 Juin 2019 à 20:17:40 »
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'histoire du déménageur, évidente pour moi après 12 déménagements, ma protagoniste s'est effondrée épuisée contre 1 carton dont elle venait de renseigner le contenu. On rature souvent au gros feutre et chaque carton est marqué du logo de l'entreprise choisie pour le transport.

Je suis trop pauvre : je déménage sans déménageur et récupère mes cartons où je peux :mrgreen:
Et du coup pour moi c'est pas clair :
- que raturer c'est écrire le contenu (pour moi ça veut dire barrer le logo du déménageur)
- qu'elle est en déménagement, rien ne prépare à ça du coup pour moi c'est peu compréhensible.

Pour le ssauts de ligne, non, ça n'aère pas, ça fait juste des ruptures, comme dans un poème. Un texte est fait pour être lu en bloc et un paragraphe a un sens, la mise en page a un sens ^^

Même là encore, trop de retours à la ligne, une phrase une ligne ça n'est pas bon du tout. Moi ça me fait m'arrêter à chaque fois.

Je suis pas sûr d'avoir saisi le message suggéré.
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Arundhati Roy

Nathalie Marie

  • Invité
Re : Plaisir instantané (rectifié)
« Réponse #4 le: 13 Juin 2019 à 23:37:15 »
Merci Loic pour avoir pris le temps de me répondre :-[. Je vais reprendre ce texte auquel je tiens mais qui ne restitue à l évidence pas mon intention. :/


 


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