Les étoiles restent seules contractées au fond de leur
Fièvre
Avec leur aveu dans la gorge
Et l'horreur de ne pouvoir
Imaginer une rose
Dans leur mémoire qui brûle...
Jules Supervielle
But white and see !
Dans une salle, quelques boys s’abandonnent sur la voix de J.S.
Euh...euh...euh...
Elle roule le cri en boule.
Les boys se déchaînent --elle enchaîne sur un tempo actif script activé--
« Let my body be my soul ! »
Un incendie.
La bouche de Melissa me happe et creuse mon ventre.
Nos cheveux s’amourent, s‘arrachent, s'amourachent.
Plongés dans la lumière, nos yeux filtrent le fer musical.
Un type, à côté de nous, déguste un blini Russe entre les cuisses de celle qui l’accompagne.
Champagne à perfusion sous les lampes, Mozart boude.
Je traîne en souffrière mon éruption, aux verres fumés et bus.
Melissa tient mon sexe dans sa main.
Alors, au très loin de la voix de J.S, je pisse mes munitions inutiles contre le mur.
Elle se lave les mains puis me quitte.
Chercheuse.
Orbitale.
Dans l’écho de ce corridor, souterrain noir, ne survivra que mon ego.
Sui Generis : EGO ! EGO ! EGO !
Avarié, « HÔ » , le mot résonne.
Usé.
Loosé.
Veineux sans consanguinité.
Le vagin percé de mille mots d’amour, Melissa m’a abandonné. C'est une crâneuse.
Du mur, en démiurge à la démarche gauche, le pantin est tombé.
Ne survivra que le souvenir de ses mains dans une flaque.
Échec et mate.
Mate le flux du marécage.
Soap-Opera, dans les douves, génératrices de billets doux.
Des chiennes, des saucisses, Joss Stone... et autres maux de la vie courante.
L'argent fait le bonheur : je suis devenu un voyou.
Chaque jour me suffit. C'est mon aubaine. Mon salut.
J'y ai droit parce que je me le suis accordé.
Grâce à ma banque, ode à de nombreux crédits.
On démarre à la verticale, on finit à l'horizontale.
Dis-moi qui tu es, je te dirai comment faire. Dis-moi qui tu es, je te dirai ce que tu dois faire.
Est-ce l’odeur de la marée ou... de mon âme à genoux ?
Je bois, j’écris, j’écris, je bois. A l’infini.
Je salope la mémoire de ceux qui m’ont vu naître.
Je salope la terre entière.
Je suis un nu, vivant dans le brouillard.
J’ai oublié de vivre sans oublier de boire.
Mes doigts s’entrechoquent sur le piano de ma mémoire.
Je fume l’horizon, l’horizon noir.
Je prends le masque, j’enlève le masque, puis je remets le masque.
Parce que Dieu ne m’a pas créé à son image.
Dieu, oui, c’est le plus grand fumier de la terre.
Et Moi, je suis le fumier le plus ordinaire.
Dis-moi qui tu es, je te dirai comment faire. Dis-moi qui tu es, je te dirai ce que tu dois faire.