Hey !
Voici une nouvelle que j'ai écrite récemment pour le cours de français, donc sous contraintes :
- Humaniser un monstre
- Ne dévoiler son identité qu'à la fin du texte
J'espère qu'elle vous plaira, les commentaires sont, bien-sûr, les bienvenus.
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Au fil du temps
Tisser, tisser, courir, grimper, se cacher…
Dans l’obscurité de Nyx je me faufile parmi les colonnes de mon ancien foyer. Chacune d’elles semble avoir crû depuis ma dernière visite, la façade est humblement sculptée, j’y distingue les gardiens de l’univers.
Une chouette se pose, gracile, sur une branche non-loin, je cours, je me cache.
Vieille, défi, métier…
Je pénètre habilement les remparts de la demeure et me hâte vers un endroit connu. Autrefois un havre de paix et d’amour, de sécurité…
Maintenant seul le char d’Artémis m’en accorde l’entrée ; seules les étoiles de la voûte céleste éclairent le visage meurtri de mon père tandis qu’il se laisse sombrer dans le murmure envoûtant d’Hypnos.
Le jour venu, il bravera à nouveau les susurrements imbus de pitié : « Voilà le teinturier dont la fille s’est pendue… » Plus jamais ses douces paumes ne cajoleront mon visage, car dorénavant mon seul parent est le souffle lointain du palais d’Eole. Les nymphes, elles aussi, ont regagné leurs eaux et leurs vignobles, laissant sans écho mes cris désespérés.
Roi, trident, égide, cheval, olivier…
La solitude me ronge, personne pour me divertir, me prêter oreille, ou même me sermonner. Bien que je me sois évertuée à converser avec mes semblables, aucune parole ne semble les atteindre ; ils me scrutent avec des yeux emplis d’incompréhension, avant de filer dans le creux d’un mur.
Malgré mes hurlements, mes pleurs et gémissements, nul ne m’entend, nul ne répond. Je suis impuissante face à ce monde gigantesque et dangereux où chaque pas peut s’avérer le dernier.
La seule chose que je sois capable de faire c’est filer…
Taureau, dauphin, lion…
Tout cela causé par l’orgueil ! C’est mon arrogance la raison de cet exil !
Ou serait-ce l’envie de la déesse ? Sa jalousie ? Serait-elle l’unique responsable de mon injuste punition ?
Un rameau d’olivier tremble, des serres m’entourent, un bec fond sur moi.
Une chouette tachetée déguste son repas devant la maison d’Idmon dans la ville de Lydie.
Tisser, tisser, mon nom est Arachné…
NB : Si vous n'avez pas compris grand chose je vous conseille de lire le mythe d'Arachné des "Métamorphoses" d'Ovide.