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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Semaine X

Auteur Sujet: Semaine X  (Lu 1566 fois)

Hors ligne Sarah Okant

  • Buvard
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Semaine X
« le: 22 Novembre 2018 à 12:17:28 »
Le vent a réchauffé mes mornes prairies lorsque le soleil, de nouveau s’est mis à briller sur cette vie.

Il reste des traces de ces nuits d’horreur où la grêle violente et caustique venait s’abattre sans répit sur cet îlot devenu désertique. La pâture avait fait place à la déconfiture, au syndrome du vide qui nourrit la pourriture. L’averse certainement trop acide sous le fouet d’une tempête de déconvenue, claquait sur le flanc de l’espoir sans solution réparatoire. J’étais nue dans ce champ de misère, nue face au petit cimetière et la nuit sans fin éclairerait la pierre invisible du parvis de ma solitude. L’air y régnait froid mais n’anesthésiait pas.

J’y reviendrai quelques fois. J’y prierai sans la foi.

Alors que l’orage avait décidé de gronder, les éclairs s’attelaient à tout pardonner. La tempête ne créé pas systématiquement le néant même si l’on ne peut pas toujours faire face au bouleversement. J’avançai, sans plus de peur que de mal ; j’avançai pour raviver l’éclat des fleurs pâles. Il avait déjà trop plu et la terre n’absorberait pas plus longtemps, les déboires d’un destin qui ne connait que trop bien son chemin.
Les jours se sont écoulés dans le petit sablier, et les nuages ont blanchis dans l’azur d’un ciel plus pur. Près du banc en face du champ, les maïs ont grandi et j’y voyais presque ce signe qu’on attend à l’orée de toute chose qui s’affaiblit. Pourtant il était encore tôt, disons à peine midi. Il n’était pas trop tôt, mais pas encore assez tard pour se dire qu’il serait déjà temps de jeter les amarres.
Je me suis levée et j’ai commencé à traverser, piétinant quelques feuilles. Je savais où je devais me rendre même si aucune certitude ne me retenait. Il faisait juste jour et cette assurance déjà me suffisait.
Je progressai pas après pas, avec l’idée de ne pas me retourner, de ne pas ressasser, ni chercher à désenfouir le ruisseau de l’inanimé. Il avait déjà fui dans les limbes, loin des intempéries de cette réalité. Je titubais finalement malgré la certitude d’avoir choisi le bon chemin.

Il faisait chaud dans mes mornes prairies. L’air était sec ; l’herbe tendait tendrement à repousser. J’ai marché encore un peu pour humer l’odeur de ce brin de bonheur. Ce n’était pas un leurre, il était juste à l’heure.
Je ressentais le souffle de la terre glisser contre la plante de mes pieds, je découvrais le mouvement de la glèbe fertile docile, envieuse de se réaliser.
La nuit était loin et les rais de l’astre lumineux abondaient, transperçant la clarté même du jour au sein d’une vallée de nouveau en éveil. 
Je me sentais bien, bercée par cette délicate mélodie au creux de mes reins.
L’herbe verte et plus encore protégeait les premiers bourgeons d’un nouveau monde au bord de l’éclosion. Les petites fleurs colorées donnaient le ton sur les courbes réconfortantes des tiges fermes et gorgées d’eau. L’ascension des couleurs ravivait progressivement les battements atténués de ce microcosme en sommeil. Les pistils sucrés se joignirent à cette fête qui tendait à vouloir faire virevolter mille monts et merveilles. La nature s’était mue en confettis bariolés laissant valser les végétaux sur un rythme mesuré de joie et de félicité.

Près d’un grand chêne, j’ai finalement décidé de me poser un peu. Il était grand, fort et dans son corps se répandait la sève qui inspire les bienheureux. L’ombre qui m’abritait enfin, n’entachait en rien le tableau. Il y avait cette délicate lumière enluminant l’horizon lointain par sa constante brillance destinée à réchauffer ma peau. Que d’onctuosité, d’apaisement et de sécurité au moment où le soleil brille au plus haut. Sous le grand chêne j’ai alors retrouvé une certaine forme de repos, même s’il induit plus de mouvement qu’une veine inertie au sein du chaos. Un repos qui embrasse la paix de l’esprit mais n’endort jamais, ni ne nuit à autrui.   




Hors ligne Loïc

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Re : Semaine X
« Réponse #1 le: 25 Novembre 2018 à 20:22:33 »
Tagazok

Citer
Il reste des traces de ces nuits d’horreur où la grêle violente et caustique venait s’abattre sans répit sur cet îlot devenu désertique.

Quel îlot ? Autant le "ces" pour les nuits peut fonctionner sans référence précédente, autant pour "ilôt", pas du tout

Citer
La pâture avait fait place à la déconfiture, au syndrome du vide qui nourrit la pourriture

Je ne comprends pas ce que ça veut dire.
Les rimes internes, en prose, c'est rarement une bonne idée.

Citer
L’averse certainement trop acide sous le fouet d’une tempête de déconvenue, claquait sur le flanc de l’espoir sans solution réparatoire.

déconvenues, il me semble
Ça va pas dans la ponctuation dans le sens où tu ne peux pas séparer le verbe de son sujet. Donc soit tu fais de "certainement (...) déconvenue" une incise avec une virgule à averse, soit tu supprimes celle à déconvenue

Citer
éclairerait la pierre invisible du parvis de ma solitude.

éclairait, non ?

Citer
La tempête ne créé

crée

Citer
J’avançai, sans plus de peur que de mal

Que veux-tu dire ?

Citer
Il avait déjà trop plu et la terre n’absorberait pas plus longtemps, les déboires d’un destin qui ne connait que trop bien son chemin.

Pareil, on ne sépare pas le verbe de son complément
(Si tu veux mettre un accent à ilot, il en faut un à connait)

Citer
, et les nuages ont blanchis

blanchi

Citer
Pourtant il était encore tôt, disons à peine midi. Il n’était pas trop tôt,

La répétition est malvenue

Citer
Il n’était pas trop tôt, mais pas encore assez tard pour se dire qu’il serait déjà temps de jeter les amarres.

à part pour la rime, je ne comprends pas ce que tu veux dire

Juste après : deux fois certitude en quatre lignes

Citer
Il faisait chaud dans mes mornes prairies.

Pourquoi l'inversion ?

Citer
Ce n’était pas un leurre, il était juste à l’heure.

je ne suis guère convaincu par ce jeu sur l'homonymie

J'ai pas franchement aimé parce que j'ai eu l'impression - probablement fausse, mais c'est comme ça que je l'ai ressenti - que derrière les tentatives poétiques, il n'y avait rien. Parfois, j'étais vraiment (pour moi) en face de phrases posées les unes à côté des autres pour faire bien, mais je me demande ce qu'elles racontent.
Et les rimes en prose, non, ou alors avec parcimonie, une, deux fois maximum.

Je suis curieux de te lire expliquer ce que tu as voulu faire !
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

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Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
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Hors ligne Sarah Okant

  • Buvard
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Re : Semaine X
« Réponse #2 le: 29 Novembre 2018 à 12:12:11 »
Coucou,

Merci pour la lecture et les petites corrections que je vais noter. Certaines de tes annotations n'ont pas de sens pour moi mais je pense que c'est parce que tu n'as pas du tout capté l'essence du texte.
Effectivement, c'est une prose poétique peut-être trop alourdie par certaines rimes. Disons que c'est un texte brute qui est trop gavé d'une forme d'émotion non maîtrisée.

Hormis les erreurs de temps et les fautes apparentes, je pense qu'on ne peut que difficilement décortiquer ce texte avec une pure analyse des mots et de leur positionnement dans les phrases.

Concernant l'îlot je n'ai pas compris ta remarque avec "cet îlot".  Il s'agit bien de cette parcelle qui accueillait quelque chose et qui est devenue vide. Je ne vois pas quel article aurait pu traduire "cet îlot".

"La pâture avait fait place à la déconfiture, au syndrome du vide qui nourrit la pourriture"

Cette phrase veut simplement dire que le bonheur imagé par une belle prairie, a fait place à la tristesse soit un lieu vide, voir au désespoir.

"J’avançai, sans plus de peur que de mal"

La phrase est peut-être mal tournée, c'est fort probable mais ça veut simplement dire que la peur ( psychologique) et le mal (physiologique) avaient le même degré.

"Il n’était pas trop tôt, mais pas encore assez tard pour se dire qu’il serait déjà temps de jeter les amarres."

Cette phrase fait référence au temps qui passe et notamment à l'horloge biologique pour être précise. Il n'était pas trop tôt c'est simplement que l'âge commençait à être avancé mais pas encore suffisamment pour renoncer à enfanter. Effectivement rien n'est donné directement dans le texte et l'analyse est extrêmement compliquée voir impossible pour une personne qui ne connait pas l'auteur. mais c'est bien légitime donc je comprends le non sens que peut avoir ce texte à tes yeux. 

Pourtant, je ne veux pas révéler toute l'essence du texte car je le trouve juste noyé comme il faut dans ce peut-être trop plein et c'est ainsi qu'il a toute sa valeur émotionnelle à mes yeux.
Mais tes remarques étaient intéressantes et je pense que je vais tester ce texte pour voir s'il n'a de sens qu'à mes yeux où si il est possible de le comprendre et de le décrypter entièrement.

Je reste encore dans le flou mais merci pour les petites corrections, l'orthographe et la ponctuation me font souvent défaut:) 




 


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