Bonjour à tous !
Je vous propose ce petit texte qui est un petit défi personnel. Depuis quelques temps je ne suis pas très productive. Je pensais que me donner pour objectif d'écrire et surtout de finir ce texte - si court soit il - m'aiderait à avancer sur mes autres projets, me prouver que j'étais capable de quelque chose.
Ce fut une douleur fulgurante. Un trait de souffrance pure. Puis, plus rien. Seul le souvenir vivace de ce supplice éphémère demeurait. L’homme se releva précautionneusement, les muscles encore crispés de leur soudaine contracture. Pourtant, il n’était pas prêt à reprendre son chemin. Il hésita – un laps de temps qui lui parut une éternité – oscillant entre la nécessité d’avancer et une insurmontable appréhension.
Un moment s’écoula. Peut-être était-il de l’ordre des secondes, ou peut-être bien de la minute. Il ne pouvait le savoir. Peu lui importait du reste. Quand, enfin, il mit un terme a sa tergiversation, il prit le parti de l’avenir. Alors, doucement, il souleva son pied droit, le laissant quelques instants en suspens. Remua ses orteils avant de reposer son pied à terre. Rassuré, il reprit sa route. Il ne s’agissait pas d’arriver en retard au travail !
Quand Antoine entra dans son bureau, il mit de côté ses sentiments et se plongea dans ses dossiers. Inconsciemment, il ne voulait pas que son incident affecte sa journée. Pourtant, inlassablement, il ne pouvait s’empêcher d’y revenir. Sa main venait effleurer sa poitrine, là où la douleur l’avait transpercé. Se rassurer, s’assurer qu’elle était bel et bien évanouie.
Les heures s’égrenèrent lentement. Antoine traversa sa journée dans un brouillard. Heureuses sont les habitudes ! Nul ne s’aperçut de son trouble. Sa routine inchangée, comment remarquer son tourment ?
Il attendit impatiemment son heure de départ usuelle. Pressé de rentrer chez lui, de pouvoir se changer les idées. Pressé d’être soulagé de cette lancinante inquiétude. Ici, il n’avait guère d’amis. Des connaissances, tout au plus, cohabitant au même étage, faisant vivre la même entreprise. Qui se soucierait de son émoi ? En y pensant, une seule personne au monde saurait écouter.
Instinctivement, il porta sa main à son téléphone. Il savait qui appeler. Son plus proche compagnon, son compère de toujours. Son jumeau, son besson. C’est alors qu’il sut, qu’il comprit cette douleur, qu’il mit un doigt sur ce vide soudain et brutal. Julien n’était plus.