Bonsoir BadBeast.
Claudius par son grand âge n'a pas je pense lu la même chose que moi, et a pris pour des fautes de sens ou d'autres maladresses des choses qui n'en sont pas, ou peut-être. J'ajouterai que quelqu'un qu'on estime comme un individu ne mérite pas qu'on 'détaille pour l'aider', mais c'est un avis un peu plus personnel.
Toujours est-il que ça m'est arrivé de mater des animes, que Sangatsu no lion te détendra que tu ferais bien de t'aventurer dans Made in abyss, et que Mob psycho 100 aurait vocation de te rassasier. Que je vois trop bien ce que tu écris, en somme. On me connaît ici pour mes commentaires acrimonieux que je préfère dire mordants, parce j'aime ce qui a du croc mais, soyons honnêtes, ce n'est pas à moi de les décrire voyons. Prouvons ensemble donc à ces dicteurs la douceur, le soyeux d'un commentaire. Dit-on. Reprenons.
Bonsoir, BadBeast.
Je pense que tu as du potentiel, je pense aussi que tu es très timide, et que malheureusement tu as besoin de briser un peu toi-même pour goûter de la saveur d'un texte. De toute évidence, tu n'oses pas. Malheureusement que dis-je, c'est la plus providentielle des chances que cela : pour te plonger dans l'écriture tu dois t'abandonner toi-même ; tu as le droit. S'abandonner soi-même, c'est fou la place que ça nous laisse.
Je pourrais aussi te conseiller de la lecture. Je vais te présenter quelques règles, intuitions d'écriture qui sont les miennes. Je n'aime pas trop décortiquer un texte, j'essaierai d'être soigneux.
La première phrase est très jolie, c'est une bonne entrée en matière.
Il existe tellement de peur que tout le monde en a une cependant le plus difficile c’est de se défaire de son emprise.
Il est important de garder toujours en tête que une phrase, c'est une idée. Si tu en places plus, elles vont se chevaucher, ce sera disgracieux et elles n'auront pas la place de s'épanouir. "Cependant", ici, en milieu de phrase, c'est un grumeau. Déjà parce qu'il n'exprime pas ce qu'il est sensé exprimer, c'est à dire une opposition de juxtaposition, jargon de mon cru, et aussi parce qu'il coupe l'élan de l'emprise de la peur et fait mordre celle de chacun : c'est dommage. Tu accroches en entrée d'appétit sur une remarque intéressante : "connaissons-nous la peur de vivre ?" Moi, je la trouve intéressante ; allons, touches-m'en.
Pose-toi. Nous te lisons, tu as notre attention, ne te précipites pas. On ne connaît pas de conteur qui se dépêche de conter une histoire... "La peur de l'inconnu est si évidente mais connaissez-vous la peur de vivre ? Il existe tellement de peurs que tout le monde en a une. Souvent, trop souvent, il est si difficile de se défaire de leur emprise. Parfois, on y arrive, petit à petit, on s'extirpe, on respire, presque normalement, on respire. Parfois l'emprise est si forte qu'il n'y a aucune issue."
Alors on essaye de cacher cette peur au plus profond de nous même pour qu’elle ne ressurgisse plus mais, elle reviendra toujours vous tourmenter. C’est comme si la peur devenait une véritable personne et qu’elle s’obstinait à vous faire du tord. A un tel point qu’une jeune fille ressentit une forte douleur dans sa tête, sans pouvoir expliquer cette souffrance.
Lorsque l'on cache quelque chose, souvent on utilise le décor, pour le faire. Ici, on ne la cache pas la peur : on la repousse. On a un problème de congruence sur la seconde partie de la phrase : présent et conditionnel puis futur, et un 'vous' qui ne se porte pas bien. Je suis intrigué par la phrase suivante, qui incarne la peur en personne. Je pense qu'elle est mal exposée, mal incarnée ; s'il y a un parallèle logique direct entre "véritable personne" et "s'acharner à vous faire du tort", c'est très bien vu et choie-le.
Aussi, un texte est un corps, et les phrases sont ces cellules. Qu'elles communiquent donc, qu'elle se répondent qu'elles se fassent écho. "A tel point" ici n'est pas très opportun. La virgule, enlaidit la phrase plus qu'autre chose.
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La peur lui faisait voir des images si terrifiantes que même la pire créature qui puisse exister en tremblerait.
Je ne pense pas que l'hyperbole soit vraiment convaincante. Le reste du paragraphe est très chouette, et il recèle lui de jeux de sens et d'implicite qui seraient fantastiques, si tu osais les explorer ! ("Comment
se sortir de ce cauchemar ?")
Impossible, il va falloir s’abandonner aux ténèbres mais pour elle ceci est impensable car si elle sombre, elle ne répondra plus de rien.
Les articulations sont un peu trop voyantes, ne penses-tu pas que tu pourrais adoucir cette partie ?
Le chaos qui se propage dans son âme ne fait que s’accroître. Ses pensées deviennent machiavéliques, sa vision se trouble pour laisser place à un regard vide.
Le vide d'un regard. terrible, affreux, impensable, ignoble, vide comme l'âme un oeil mort crevé. Quelle est cette souffrance, cette douleur noire noire complètement inconsciente qui puisse être balayée si vite en un revers de point pour laisser place à un "rictus sournois" ?
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Malgré ses supplications et ses larmes, c’est êtres abominables continuaient de lui infliger des souffrances aussi bien corporel que psychologique.
Dans un texte, il est généralement recommandé de proscrire tout le vocable d'une dissertation argumentée : "aussi bien", ce n'est pas très joli, et ça laisse finalement trop peu de place à autre chose.
Elle n’est pas fière de ce qu’elle est devenue mais elle peut ainsi faire régner la justice pour ceux qui le méritent et ne vient en aide à personne car quand elle était seule fasse ses doutes, personne ne lui a tendu la main pour apaiser le feu qui grandissait en elle. Le démon qui vit à travers son âme ne tolère aucun attachement car ceci est bien trop dangereux et néfaste selon lui.
Tu as lu La petite fille aux allumettes ? Le manga bien sûr ! Tu verrais peut-être mieux ce que je veux dire (emprunte-le dans une librairie à consommer sur place !) quand je parle de ce que tu dis de plus en n'explicitant pas. Ici, "selon lui" est à couper simplement.
Elle n’a plus peur de la vie maintenant.
Voilà, l'évolution du personnage est trop rapide, elle est trop... trop.... plaquée au sol. Épinglée. par tant de mots de liaison et de phrases trop longues qui desservent leurs voisines.
Voici ce que je pense : tu es terriblement timide, et c'est une formidable qualité, et tes textes en pâtissent, et c'est très probablement formidablement dommage. Ose ! Écris ! Tente l'audace ! L'orgueil ! Aies l'orgueil de ne te satisfaire de toi-même que de l'excellence ! Tu es capable de beaucoup, ça se voit et ça se sent ; tu ne devrais pas te brider ainsi. Ose.
Prends confiance en toi. Je viendrai jusque chez toi te faire un câlin s'il le faut. Mais prends confiance en toi.
Ne me raconte pas cette histoire éculée de cette jeune fille apeurée du démon et de la mort de sa conscience.
Parle-moi d'autre chose. Et tu verras, où que tu sois, quelle qu'intrigue que tu tricotera, tu seras là. Le blanc pâle des yeux quittés ; les mains tremblantes de noirceur de noir de peur, elles seront là. Elles seront toujours là avec toi, quelque part, dans le pavé d'un village de campagne, dans les cornes d'une vache en appartement. Les traces de dignité qui se sont envolées avec les rêves... Tu me fais confiance ? Elles y sont toujours.
Elles sont avec les rêves.
Fais-toi confiance. Tu y retrouveras la bonté. Ose.
Elle était avec elles.
Nacas.