Abstrait. On l'oppose à la réalité. Mais n'est ce pas le réel que nous côtoyons qui fait partie de l'immensité de l'abstrait ?
Et c'est comme cela que l'on qualifie ce qui nous dépasse. Le confus. L'abscons. L'indéfini. Non, l'indéfinissable.
En peinture, un amas de couleurs, de formes irréelles. Une toute autre vérité cachée dans ce chaos de motifs chimériques.
L'artiste voit, perçoit. Il détecte une réalité spirituelle, surclassant l'existence.
Enfin, il croit la concevoir. Il ne décèle qu'une infime partie. Une partie imparfaite. Incomplète. Embryonnaire.
Abstrait est un mot que l'on a abaissé au rang humain. Une notion que l'on a simplifiée. Un mot que l'on formule sans mal. En vérité, un mot dont chaque lettre recèle un univers de saveurs exquises, dont chaque son détient mille et une couleurs imperceptibles.
Un mot souillé par une existence déficiente.