Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

14 Mai 2026 à 20:24:27
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Visiteuse

Auteur Sujet: Visiteuse  (Lu 2222 fois)

Hors ligne avistodenas

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Visiteuse
« le: 07 Avril 2018 à 11:25:46 »
Visiteuse.


1° visite.

Vous avez demandé à voir une visiteuse de prison... n'est-ce pas...? Asseyez-vous donc... Que puis-je pour vous...?  Vous faire sortir...? Ah non, ce n'est pas dans mes attributions... Perpétuité...? 22 ans de sûreté...? Ah non, je ne sais pas ce que vous avez fait et je ne veux pas le savoir. Vous voulez en parler...? Ce n'est pas vous qui...Innocent...? Hum, erreur judiciaire. Oui mais vous comprenez, je ne suis pas juge, ni avocate ni rien, juste visiteuse de prison... Bien sûr, je peux transmettre votre lettre au parquet. Ah vous voudriez que je l'écrive pour vous. Mais certainement. Certainement. Votre combien...? Troisième condamnation ! Trois assassinats ! Oui bon, mais si vous pensez vraiment que votre courrier puisse faire réviser vos trois procès, c'est à votre avocat qu'il faut en parler, qu'il fasse appel. D'accord, vous avez été condamné en cassation à la perpétuité et 22 ans de sûreté. Bon mais vous avez bien compris qu'un visiteur de prison ne s'occupe pas de vos condamnations, il est juste là pour vous apporter son soutien, pour vous aider à supporter vos conditions de détention... Vous ne supportez pas d'être enfermé... Je comprends bien, pourtant vous allez devoir purger votre peine... Oui...  En principe, c'est pour vous empêcher de récidiver. Ah vous avez été condamné en récidive... Evidemment... Vous vous étiez évadé...? Ah quand même ! Oui mais je vous ai déjà expliqué que mon rôle, à moi, consistait à vous aider à supporter vos... Comment ça rien à foutre, c'est bien vous qui avez demandé à voir une visiteuse de prison, non...?

Mais je vous le répète, je n'ai pas accès à votre dossier et seul votre avocat... Il ne vient plus vous voir... Depuis quatre ans... Votre famille non plus ? Ecoutez, je puis me rapprocher de votre avocat et voir ce qu'il compte faire. D'accord, faisons ça !

Avez-vous besoin de quelque chose d'autre...? Non, je veux dire, rien d'illégal. Oui... Vous pensez à vos victimes... C'est très bien, ça. Vous regrettez de n'avoir pas éteint votre portable...? Ah, et de n'avoir pas fait disparaître les corps...? Oula mais pourquoi m'avoir dit que vous étiez innocent ? Vous savez, je serais plus apte à vous aider si vous preniez conscience des crimes que vous avez commis, il faut tout de même commencer par là ! Vous regrettez, j'espère. Vous regrettez d'être en prison, ça d'accord, mais si vous ne montrez pas le moindre regret de ce que vous avez fait, vous n'êtes pas près de voir la sortie, avec votre peine de sûreté. Ca sert à rien de regretter, ce qui est fait est fait, d'accord, mais au moins, admettez que vos victimes étaient des gens, pas des sacs de patates. Evidemment, si vous n'avez pas montré plus de compassion que ça au procès, je ne m'étonne pas...

J'aimerais que vous travailliez là-dessus et que vous consultiez un psychiatre. Ah non ! Le psychiatre ne sert pas à vous embrouiller la tête, bien au contraire, il sert à vous faire voir plus clair en vous. Surtout pas de psychiatre...? Eh ben, on est mal !
Bon, désirez-vous que je revienne vous voir...? Ah, vous voyez bien que ça vous sort de votre routine. Bien sûr que non, que vous n'êtes pas une bête. Et moi je ne suis pas visiteuse de chenil. Mais il va falloir le prouver : promettez-moi d'avoir une pensée pour vos victimes... D'accord, on fait ça. Vous devriez voir un psychiatre, quand même...

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2° visite.

Bonjour.... Si vous voulez bien vous asseoir ....

Bien... Comment allez-vous, depuis la dernière fois ...? Ca ne va pas...? Vous vous êtes embrouillé avec deux détenus... Oui je sais, c'est pourquoi ma visite a été reportée d'un mois. Vous êtes toujours aussi violent, alors ? Vous ne supportez pas ... Qu'on vous cherche... Mais, ne cherchez-vous pas aussi ? un peu ? Parfois ? C'est parce que vous ne supportez pas... Oui, je sais. La prison c'est pénible. Ca vous bouffe les nerfs...?

Avez-vous pensé à ce que je vous ai dit, lors de ma dernière visite...? Oui bien sûr, ma visite à votre avocat, mais pour le reste...? Comment quel reste ? Ne vous avais-je pas demandé d'avoir une pensée pour vos victimes ? Ouais... Bon...

Donc, j'ai vu votre avocat, en effet. Je dois vous dire qu'il a épuisé toutes les voies de recours. Absolument toutes. Il n'y a plus rien qu'il puisse faire d'utile. Même que vous ne l'avez pas du tout aidé, pour votre défense. Ooooh que oui, il se souvient très bien de vous. Vous avez  paraît-il fait tout ce qui était possible pour indisposer les jurés. Et encore est-ce un euphémisme... Non mais vous vous êtes même moqué des parents de vos victimes... Vous les avez provoqués, c'est bien ça...? Bon mais nous ne sommes pas là pour refaire votre procès, je vous l'ai dit à plusieurs reprises. Pourquoi nous sommes là, tous les deux...? Ben, pour tout vous dire, je commence moi aussi à me le demander. Mais nom d'un chien vous ne voulez pas comprendre que si vous ne manifestez aucun regret, aucun repentir, aucune pitié pour tous ces gens auxquels vous avez fait du mal, vous ne sortirez jamais d'ici ? Vous ne comprenez pas ça ?

Oui, ça aussi je le sais. Votre avocat m'a lu les rapports des experts. Oui des psy. Ce sont des pourris, oui. Mais ils disent tous à peu près la même chose, quand même. Moi...? De leur côté...? Mais je ne suis du côté de personne, allons. Je serais même plutôt du vôtre ! C'est quand même moi qui ai postulé pour cet emploi de visiteuse de prisons, pour essayer d'améliorer votre sort... vos conditions de détention. Ecoutez ne vous énervez pas, ça ne sert à rien... Mais non, vous n'allez pas me tuer. Mais oui, vous pouvez vous fabriquer un couteau, je le sais, j'en ai vu d'autres. Voulez-vous que je demande à ce qu'on se voie derrière des barreaux ? Vous n'en avez pas suffisamment, des barreaux, là, tout autour ? Vous ne risquez rien, vous avez déjà pris le maximum de la peine ...? Vous n'avez plus rien à perdre...? Ca c'est vrai, vous avez déjà tout perdu mais pensez quand même que vous pourriez obtenir... peut-être... sous conditions... une remise.

Bon écoutez, je vais être directe : il ressort de l'avis des experts, que non seulement vous vous repassez dans votre tête les scénarios de vos meurtres pour en jouir encore et encore, mais que de surcroît vous jouissez de les raconter à des tiers afin de leur faire partager les séances d'horreurs qu'ont subi vos victimes. Surtout à des femmes, bien sûr. Alors si vous voulez, je vous envoie un homme, ça vous enlèvera peut-être quelques illusions !

Non mais c'est bon, vous avez déjà voulu me raconter votre affaire et je vous ai répondu quoi...? Exactement ! Exactement !  Là-dessus vous avez tout compris ! Que je ne m'intéressais pas à ce que vous avez fait, ni même à votre condamnation. Alors, vous ne m'y ramènerez pas, croyez-le bien. D'ailleurs comme vous dites : c'est fait c'est fait, je ne reviens pas en arrière. Mais non, je ne me fous pas de la souffrance de vos victimes ! Dites, n'inversons pas les rôles, s'il vous plaît, ce sont vos victimes, pas les miennes. Vous ne voudriez pas aussi que je purge votre peine à votre place, non? Mais pour vos victimes, c'est fini. Elles ne souffrent plus. Sauf que pour vous, rien n'est fini ! Vous souffrez à votre tour, vous ne supportez pas, et vous n'avez pas fini de souffrir moi je vous le dis !

Ce que je voudrais vous faire comprendre, en vue d'une éventuelle libération après vos vingt deux ans de prison ferme, c'est que si le juge qui doit en décider n'est pas absolument convaincu de votre repentir, de votre empathie envers vos victimes, il ne peut vous libérer puisque vous êtes susceptible de récidiver. Qu'est-ce que c'est que l'empathie...? Heu, c'est comme la sympatie, voilà. Imaginez qu'il vous libère, et que vous assassiniez à nouveau quelqu'un? Il se reprochera toute sa vie d'avoir en quelque sorte été responsable de cette nouvelle et innocente victime. D'où la nécessité absolue de le convaincre que vous regrettez vos actes passés et que jamais plus vous ne pourrez récidiver... Vous saisissez...? Ah bon, vous saisissez, mais vous ne pouvez pas regretter... C'était trop bon... Eh ben ! Y a du boulot ! Je vous le répète : vous avez besoin de vous faire soigner par un psy. Absolument.
Bon, ça suffira pour aujourd'hui, je vous dis à la prochaine et je vous engage à avoir des regrets à l'égard ... mais qu'est-ce que je raconte moi... vous ne pensez à vos victimes que pour jouir du mal que vous leur avez causé. Enfin, si vous voulez me revoir, vous n'aurez qu'à le faire savoir à la direction. Gardien ! C'est fini, oui. Pensez à ce que je vous ai dit, d'accord...?

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3° visite.


Bonjour... nous revoilà.... Eh oui, cette fois c'est derrière des barreaux. Je ne voudrais pas être cause de votre re-mise au mitard. Et puis, ça évite les tentations, pas vrai ? Au cas où vous vous seriez fabriqué un couteau mais j'en doute, on vous a fouillé plus minutieusement qu'à l'habitude, n'est-ce pas ? Eh oui, je suis au courant de tout, voyez...

Bon, étant donné que vous ne voulez pas entendre parler de psychiatre ni de soins, que vous refusez de vous apitoyer sur le sort de vos victimes, ja vais quand même vous y aider. Et peut-être qu'au bout du compte vous serez apte à présenter une demande de remise de peine... je vous aiderai à la rédiger, même.

Bien, commençons. Vous réalisez tout de même que vous êtes ici pour le restant de votre vie... Etant donné votre âge, vous en avez pour... allez, cinquante ans, au bas mot. Vous imaginez, si c'est long, cinquante ans... En plus, vous serez soigné...  vous allez durer... Oh que oui, vous allez durer. Vous réalisez...? Non...? Oui...? Tenez, j'ai fait le calcul, pour vous. Cinquante ans de prison, ça fait quand même deux mille six cents semaines ! Bon, dit comme ça, ça n'a l'air de rien, mais converti en jours, ça fait plus de dix huit mille jours, presque vingt mille jours. Et bien sûr vingt mille nuits. Le plus pénible, ce sont les nuits... à penser... à ressasser son malheur... pendant que les autres sont dehors... Les autres, dehors, ils font ce qu'ils veulent. Vous, vous avez mal aux nerfs, à force de rester enfermé, derrière des barreaux, comme un chien. Bon calmez-vous, enfin ! je vais juste vous aider à regretter vos crimes. Pour votre demande de libération.

Bien. En plus vous travaillez... Vous travaillez pour une misère - je vous signale que vos gains servent en grande partie à indemniser vos victimes... enfin, leurs parents - vous travaillez pour une misère, pour une société qui vous a mis en prison pour le reste de vos vingt mille jours et vingt mille nuits. C'est pas injuste, ça ? Et en plus, vous ne pouvez pas faire autrement car si vous refusez de travailler, vous allez devenir fou, là, enfermé vingt deux heures sur vingt quatre entre quatre murs. Vous parlerez bientôt aux petits oiseaux... Qui eux, sont libres d'aller et venir... Allons, ne soyez pas idiot. Rangez votre zigounette ridicule. D'ailleurs, je vais même vous tourner le dos, voyez le cas que j'en fais... Là.

La vache... quand j'y pense, vingt mille jours et vingt mille nuits d'affilée a souffrir des nerfs, à vous bouffer les ongles jusqu'à la peau... sans pouvoir rien faire... mais rien du tout. Il va vous pousser des verrues partout, à la longue. Et tout le monde s'en fout ! D'ailleurs, pour le monde de dehors, vous n'existez déjà plus. Même votre famille, vous a rayé de la carte. Vous n'êtes plus qu'une petite chose, enfermée au fond d'un trou, d'où l'on ne ressort pas. Jamais. Allons, restez assis...Inutile de tournez en rond... Mais oui, je suis une salope, je pense bien. Mais une salope qui déteste échouer.

Tenez, voyez les Américains, avec leur peine de mort, leur injection létale : ils sont beaucoup plus civilisés que nous. Ils ont pitié. Vous attendez dix, quinze ans, avant d'être exécuté. Mais après c'est fini... Juste une piqûre, et terminé, on s'endort, vous ne souffrez plus. Comme vos victimes : elles ont souffert quelques heures, mais c'est fini, pour elles. Elles ne souffrent plus. Tandis que nous, nous sommes de véritables sauvages, doublés de tartufes et d'imposteurs : vingt mille jours et vingt mille nuits d'affilée, mais comment peut-on supporter ça, enfin! C'est dément ! Inhumain ! Tout ce temps, à mourir un peu plus chaque jour ! Asseyez-vous. Mais bien sûr, je suis une pute. Et se voir mourir, surtout, parce que vous allez vite vous en rendre compte. Nous, nous ne nous apercevons même pas que nous mourons un peu chaque jour, tellement nous sommes occupés. A droite, à gauche, la famille, les amis, le boulot... Vous, rien. Rien à faire qu'à se regarder mourir. Tout une vie à se regarder mourir, et en souffrant des nerfs, par-dessus le marché. Et croyez bien que tout sera fait pour vous empêcher de vous suicider. Fouilles en sortant, fouilles en rentrant... Et si vous n'êtes pas d'accord, contention ! Ah mais c'est qu'ici, c'est pas vous le chef  ! Ah non... Vous faites ce qu'on vous dit, point. Mais restez donc tranquille ! vous voulez me bouffer...? Ah mais non, impossible ! Jamais de la vie ! Vous voulez me bouffer, mais vous n'allez pas me bouffer. Vous n'allez pas jouer avec ma peur. La peur de vos victimes. Mais si vous voulez, je peux faire semblant... d'avoir peur... Il paraît que c'est ce qui vous fait jouir. Mais non. Ca n'est pas mon boulot. Mon boulot, c'est de vous amener à vous repentir. Et j'ai tout mon temps, vous savez. Et après moi, y en aura une autre... Et avec la suivante, vous penserez toujours à ce que je viens de vous dire : vingt mille ! Vingt...fois mille ! D'ailleurs vous pouvez m'appeler Madame vingt mille. On y arrivera, vous verrez... Sauf si vous ne sortez jamais, bien sûr. Vous finirez  par regretter vos actes, vous verrez. Ou en tous cas à faire comme si....

On se revoit bientôt? Allez, on se revoit bientôt ! Ou dans vingt ans... On a tout le temps...
Vingt mille... Un... Deux...Trois...Quatre...
« Modifié: 07 Avril 2018 à 11:27:41 par avistodenas »

Hors ligne Kathya

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : Visiteuse
« Réponse #1 le: 08 Avril 2018 à 21:01:34 »
Bonjour !

Citer
je puis me rapprocher
Y a vraiment des gens qui disent "je puis" à l'oral ? =p

Citer
Vous avez  paraît-il
Un espace sauvage entre avez et paraît

Citer
Oui des psy
psys

Au début le ton du texte m'agaçait un peu ce côté "on va en dire un peu trop pour que le lecteur comprenne de quoi ça parle".  :mrgreen:

Mais j'aime bien le ton cynique de la visiteuse de prison, tantôt complètement blasée, tantôt prête à aider mais avant tout pour sa satisfaction personnelle. Le texte gagnerait peut-être en clarté avec quelques virgules supplémentaires, par endroit.

Merci pour cette lecture. ^^
"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
Et rien d'autre, et plus rien de plus.

Avant l'hiver, Léa Silhol

Hors ligne Ari

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Re : Visiteuse
« Réponse #2 le: 08 Avril 2018 à 21:47:01 »
Bonjour Avisto.

J'aimais bien l'idée de base et le choix de ne faire parler que la visiteuse...Et puis, finalement, je n'ai pas tellement vu le sens de ce texte. Que souhaitais-tu y dire ou y montrer ? (c'est une vraie question... si c'est évident, il faut croire que je suis passée à côté  :-[).

Pas sûre du tout que le rôle des visiteurs de prison soit de "faire regretter" les crimes commis  :o .
 
Au total, j'aurais trouvé le texte plus intéressant si on découvrait finalement une raison au sadisme de la visiteuse... ou s'il est gratuit, si ce sadisme avait été amené de façon plus progressive ; là dès le début elle met les pieds dans le plat sans arrêt. J'aurais bien vu une modification plus subtile de son discours (avec au début un discours réellement prudent et adapté).

Malgré ces déceptions, le texte est original et interpelle ; merci pour le partage :) .
~ Ari ~

Hors ligne avistodenas

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Re : Visiteuse
« Réponse #3 le: 08 Avril 2018 à 23:30:35 »
En réalité, je sais que ce n'est plus de saison, et d'ailleurs je n'ai pas d'avis tranché, je posais la question de la peine de mort.
La visiteuse n'a rien d'authentique, je n'en connais pas, elle sert seulement de prétexte.

Rien n'est probablement fidèle à la réalité : le condamné trop irrécupérable, la visiteuse trop acharnée, sans doute un peu sadique, mais c'est pour les besoins de la question.

Je cherche seulement à savoir s'il vaut mieux vivre comme un rat en cage, ou se libérer par la mort quand on a tout foiré. Pour moi, clairement, je choisirais d'entamer un cycle d'études de Physique des constituants élémentaires de la matière pour me refaire une seconde vie intellectuelle derrière les barreaux. Peut-être une façon de se sauver malgré tout.  :mrgreen:
« Modifié: 09 Avril 2018 à 00:48:45 par avistodenas »

O.deJavel

  • Invité
Re : Re : Visiteuse
« Réponse #4 le: 10 Avril 2018 à 02:53:22 »
Pour moi, clairement, je choisirais d'entamer un cycle d'études de Physique des constituants élémentaires de la matière pour me refaire une seconde vie intellectuelle derrière les barreaux. Peut-être une façon de se sauver malgré tout.  :mrgreen:

Moi je choisirais la micro-biologie... pour étudier la cellule !  :relou: ;D

Hors ligne avistodenas

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Re : Visiteuse
« Réponse #5 le: 10 Avril 2018 à 02:56:38 »
 ;D ;D ;D ;D ;D ;D ;D Fallait le trouver.

Hors ligne avistodenas

  • Prophète
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Re : Visiteuse
« Réponse #6 le: 10 Avril 2018 à 09:53:55 »
Salut Job, en effet ce texte peut dérouter et en réalité, je suis hanté par la cruauté humaine, aussi bien celle qui se déchaîne dans l'animalité que celle qui agit dans l'inconscient des bons sentiments.

Prenons un exemple comme il en existe tant d'autres: l'anti-racisme en fait tant et tant de tonnes qu'il permet aux victimes de racisme de se complaire dans leur statut et d'y nourrir leur passivité, engageant ces victimes dans une compétition victimaire. Or se complaire dans son statut ne permet pas d'en sortir.

Je crois que j'aurais dû verser ce texte dans une catégorie "débat", car il y aurait beaucoup à dire sur ces petites cruautés du quotidien.

J'ai aussi à l'esprit l'exemple de ce camarade d'origine vietnamienne, qui eut a subir durant sa scolarité la cruauté raciste d'une bonne partie des membres de notre promotion, et qui, bien plus intelligent que moi, m'arrêtait dès que je voulais intervenir :" laisse courir, rira bien qui rira le dernier". Il travailla tant et tant que non seulement il demeura toujours premier de la promo, mais que sa carrière éclipsa de loin celle de tous les autres qui se retrouvèrent sous son autorité, mais séparés de lui par des tas d'échelons.

L'histoire est édifiante et je verrais bien ton prochain conte pour enfants s'en inspirer. Qui sait !

Hors ligne Christophe Brockmans

  • Tabellion
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  • Et si c'était toi!?
Re : Visiteuse
« Réponse #7 le: 28 Avril 2018 à 11:09:18 »
Hello. Moi j'ai bien aimé tout court du début à la fin... Peu m'importe que ce rôle de visiteuse existe ou pas. C'est un texte imaginé, ton histoire de toute façon...
Mais ce qui me plaît d'autant plus, c'est que tu écris «a la première personne». Lorsque j'ai écrit «le train» dans les années nonantes  (posté récemment dans les textes courts de ce site) je pensais que personne n'accrocherait, puisque moi, auteur, j'imaginais le tout, dans l'ensemble, mais ne pensais pas que le lecteur puisse donc se faire à ce style. Et en fait ce fut l'inverse! Tout le monde, justement, s'est approprié l'histoire à sa sauce et a d'autant plus accroché au final...
Tout ça pour dire que ça m'a fait plaisir de me retrouver de l'autre côté de la plume et ressentir ce que je n'ai pas eu lorsque moi, j'étais auteur. Ça marche!!! Merci pour ton texte...
Si ça te dit, je serais curieux d'avoir ton avis en retour comme échange...
Christophe Brockmans

Hors ligne Olik

  • Troubadour
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Re : Visiteuse
« Réponse #8 le: 28 Avril 2018 à 11:51:52 »
J'ai bien aimé, mais je n'y ai pas vu de cruauté insensible de la part de la visiteuse.
Plutôt un désespoir qui s'exprime par un cynisme de voir que le détenu est au-delà de toute chance de rédemption et constater au contraire ce qu'il réclame comme des droits, sans pitié pour ses victimes, sans remords.
Une forme de réalisme qui consiste à essayer, vainement, à casser la carapace d'indifférence du détenu à lui révéler son avenir, son 'no future', en montant à chaque fois la mise, en tentant de le secouer, de le mettre face à lui-même, à son destin.
La visiteuse reste dans son rôle, avec un désespoir désabusé, sinon elle serait partie, sans renouveler les visites.
Cela me semble aussi être un message politique (dans le sens 'vie de la cité') sur la responsabilité de chacun dans ses propres actes.
« Modifié: 28 Avril 2018 à 11:53:59 par L_aï_au_lit »
“Tout romancier, tout cinéaste, a au fond de lui un nombril du monde à exhiber.”
Michel Audiard.

“Un artiste, c’est quelqu’un qui se penche par la fenêtre là où on ne le ferait pas, qui doit nous montrer des choses qu’on n’ose pas aller regarder.”
Tania de Montaigne.

Hors ligne avistodenas

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Re : Visiteuse
« Réponse #9 le: 29 Avril 2018 à 08:59:23 »
hé oui, même les sollicitudes les plus angéliques finissent par se lasser : c'est politiquement incorrect. Mais vient un moment où, à force de rabâcher que les pires sont les meilleurs, on n'y croit plus.
Merci pour ton attention ail-au-lit.

Hors ligne Claudius

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Re : Visiteuse
« Réponse #10 le: 29 Avril 2018 à 09:20:40 »
Coucou Avisto !

Je t'ai lu, d'une traite, et pour ma part j'ai ressenti une pression montante imposée par la visiteuse, comme si, en fait, elle voulait détruire plus qu'aider cet assassin.
J'ai bien aimé le monologue, ça rend plus qu'un dialogue où l'autre répondrait.
Par contre la fin me semble un peu juste, je m'attendais à quelque chose de plus abrupt, plus fort. En fait il n'y a pas de fin, son cynisme progressif s'acharnera sur lui, qui maintenant se trouve sans défense derrière les barreaux. J'ai même pensé que ce pouvait être une vengeance, quelqu'un de la famille ou un ami d'une des victimes.

Bien vu en tout cas, ta plume est toujours aussi habile

 :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:
Usage de la fenêtre : inviter la beauté à entrer et laisser l'inspiration sortir. Sylvain Tesson

Ma page perso si vous êtes curieux

Hors ligne avistodenas

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Re : Visiteuse
« Réponse #11 le: 29 Avril 2018 à 09:45:41 »
Bien vu aussi, Claudius. Je crois que la pression monte chez la visiteuse du fait qu'elle ne suscite de son "client" égocentré qu'indifférence bestiale eu égard à ses victimes. Et comme elle n'aime pas l'échec, elle tente l'ultime épreuve, celle qui serait susceptible de tirer l'assassin de son égocentrisme forcené.
Il faut sans doute le rendre conscient de l'horreur de son propre sort, pour qu'il puisse transposer cette horreur au sort d'autrui.
Peut-être.... Il ne faut pas désespérer des traitements. :mrgreen:

De toute façon, la visiteuse n'a pas trente six solutions : soit lui appliquer un traitement de choc, soit le considérer comme irrécupérable.
« Modifié: 29 Avril 2018 à 09:48:01 par avistodenas »

 


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