Bonjour tous le monde, voici le premier texte que je publie sur le forum!
Je l'ai écris hier. J'ai pas trop l'habitude de raconter l'histoire en faisant parler le personnage toujours avec son langage courant, mais ce texte, je me sentais de le faire comme ça

Je ne sais pas trop si la présentation, la forme du texte est correcte? dites-moi ce à quoi vous êtes habitués ici!
Si vous voyez la moindre faute de syntaxe/orthographe/conjugaison, s'il-vous-plait, communiquez la moi pour que je puisses la corriger!
Merci à vous

o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o o
"c'est tous des débiles...".
C'est ce que je murmurais à voix basse, étalé par terre, les genoux et les paumes de main en sang.
Les autres étaient là, à me pointer du doigt et à se payer ma tronche.
A ce moment-là, je ne ressentais que ma haine et ma douleur, et en essuyant mes larmes d'un revers de manche, je courais après quelques-uns qui se moquaient, en essayant de les frapper.
Qu'ils arrêtent.
Oui. Les autres étaient tous de gros débiles, inutiles, des fils à papa/maman incapables de se débrouiller seuls.
Moi au moins, j'étais seul, et c'était bien mieux comme ça, personne me prenait mes jouets, je pouvais choisir les règles que je voulais dans mes jeux, et c'était toujours moi qui gagnais.
Comme d'habitude, la maîtresse me punissait, parce qu'elle me détestait, mais je n'en avais rien à faire, c'était la personne la plus moche que j'ai eu l'occasion de rencontrer de ma vie, et ce qu'elle pensait de moi, je m'en foutais bien.
La plupart du temps, je l'insultais, pour me venger et qu'elle ait mal aussi. Ça aggravait mes punitions, mais je m'en fichais. Ces insultes, c'est tout ce qu'elle méritait.
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Je rentrais de l'école à pied par le petit chemin et souvent, je restais dans un champ, à courir dans l'herbe, à ramasser des sauterelles ou à écraser des escargots. Parfois, j'allais même voir le vieux cheval, il était pas très beau mais il était gigantesque et tout doux. Il était un peu con, parce que plusieurs fois, il avait essayé de me bouffer les vêtements ou les doigts mais ça allait, je me disais qu'il devait être seul, alors du coup je lui tenais compagnie de temps en temps.
J'aimais bien ce chemin, où j'avais fabriqué plein de cabanes, et je connaissais toutes les cachettes pour jouer à cache-cache, comme ça, le jour où j'allais jouer avec quelqu'un, j'allais être introuvable et serais sûr de gagner.
Je ramassais des fleurs parfois, c'était un peu un truc de fille, mais vu qu'il y avait jamais personne et puis que le cheval aimait bien les manger, je le faisais quand même, je regardais les belles couleurs qu'elles avaient, les petits insectes qui marchaient dessus.
Des fois même, le week-end ou le mercredi, quand il y avait pas école, j'allais dans le pré, je m'allongeais dans l'herbe, et je regardais le ciel. Je voyais ces petits points noirs bouger dans le ciel avec un cercle autour, presque transparents, dur à voir, et j'étais sûr que c'était les âmes des morts qui passaient. Comme j'ai jamais entendu quelqu'un parler de ça, j'en parlais pas et puis, si ça se trouve, j'étais le seul à les voir !
J'étais sûrement un super-héros, oui, c'était sûr même.
J'avais une bien meilleure vue et et j'entendais bien mieux que les autres, je pouvais rester en équilibre très longtemps et je pouvais même retenir ma respiration plus de trente minutes au moins.
Je me disais qu'un jour, j'allais pouvoir sauver des gens grâce à ça, j'irai dans l'armée et je tuerai tous les connards qui voudraient me faire du mal.
Quand je rentrais chez moi, la nuit tombait, j'allais dans ma chambre sans faire de bruit pour pas qu'on me dispute, et puis je jouais toute la nuit sans dormir, parce que je pouvais faire des nuits blanches sans avoir sommeil et sans jamais m'endormir.
Bon, des fois, je préférais aller me coucher parce que j'avais un peu peur du noir.
Une fois, j'avais vu un mec derrière la fenêtre qui voulait me tuer, mais mon père m'avait pas cru et m'avait giflé, j'étais reparti en pleurant, en l'insultant de Connard. Ma mère venait après, elle s’asseyait sur le bord de mon lit, me regardait dans les yeux et me demandait de répéter, alors je répétais, mais en changeant : « Connasse ». Elle commençait à me pincer, et plus je répétais, plus elle me pinçait fort. Je m'en fichais, parce que je ressentais pas la douleur non plus.
Elle partait quand j'arrivais plus à parler et que je pleurais, j'avais toujours le visage plein de morve et je m'essuyais dans mes draps, comme ça, c'était à elle de laver, je m'en fichais.
Le soir, je pensais à plein de choses dans mon lit. Pourquoi il y avait que moi qui pouvais voir les âmes des morts, pourquoi le ciel était bleu, pourquoi les femmes ont des règles, pourquoi les gens étaient tous plus débiles que moi. Je savais pas trop comment répondre, mais vu que j'aimais pas dormir, je pensais. Des fois, je pensais que je faisais l'amour avec une fille de ma classe, en me frottant contre les draps. Je savais pas pourquoi ça faisait du bien mais j'étais sûr que c'était une maladie et à force de le faire, mon zizi allait pourrir.
Mais je le faisais quand-même, je m'en fichais.
J'aimais bien le matin aussi, je me levais et j'allais manger des tartines de beurre et de cacao. C'était les voisins d'avant le déménagement qui m'avaient montré comment faire des tartines comme ça et du coup, j'en faisais tout le temps. Si j'avais été seul, j'aurais mangé que ça tout le temps tellement c'était bon.
Bon, après il fallait aller à l'école, je détestais ça, mais des fois on allait faire le jardin, ou on allait en sport, donc c'était bien.
Puis, dans la récréation, il y avait des vélos que j'avais pas chez moi, alors je me dépêchais tout le temps pour en avoir un. Des fois, y'avait des connards qui les prenaient avant moi, mais je m'en fichais, je les poussais et je prenais le vélo pour moi.
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Aujourd'hui, rentrée en cm1. J'aime pas plus l'école qu'avant, et en plus on se fait chier. Il y a des exercices de bébés, on doit simplement refaire des figures, lire des trucs, ou compter, et quand je voyais que les autres y arrivaient pas, je me foutais de leur gueule, ils étaient vraiment tous des gros cons.
A la récréation, je prenais plus les vélos, parce que c'était pour les gamins. Puis y avait un nouveau qui venait d'arriver, alors je me suis dit que j'allais jouer avec lui pour pas qu'il se sente seul :
« Eh, tu viens jouer avec moi ? »
« Hmm, ouais »
« C'est moi qui choisis le jeu, viens »
Je me souviens que j'étais tout excité, on était allé au bout de la cour, où les murets en béton font un U bizarre, et on avait ramassé des boules piquantes pour les ouvrir et avoir des marrons.
Je lui ai donné mon marron le plus beau vu qu'il venait d'arriver, puis je lui disais qu'il fallait pas être ami avec les autres, y avait que moi qui était pas débile.
« tu sais y'a quoi à l'intérieur des marrons ? » il me demandait.
« bah rien, c'est juste que dans les boules piquantes y'a des marrons »
« Ouais mais tu sais pas, si ça se trouve dans les marrons, y a aussi des boules piquantes, et dedans y'a des marrons encore plus petits »
Tout intrigué, j'étais alors curieux de savoir ce qu'il y avait dans un marron. On a cherché dans la cour un caillou plutôt bien pour taper dessus, et comme on voulait trouver quelque chose de bien, on a pris le plus beau marron que je lui avais donné.
« Putain, y a rien, t'as détruit mon marron, t'es un gros fils de pute ! »
Je me souviens qu'il me regardait, avec un air niais, les yeux écarquillés, et je continuais « t'es un gros connard, t'es con ou quoi, pourquoi t'as cru qu'il y avait des boules piquantes dans les marrons, tu fais chier ! »
Il restait là, sans rien faire, et il m'énervait tellement que j'ai eu envie de le tuer.
Je l'ai bousculé et j'ai passé mes mains autour de son cou, en serrant le plus fort possible.
Je le voyais devenir tout rouge, et il avait l'air encore plus con, je continuais, j'étais tellement en colère. Dans ma tête, je me disais que je devais arrêter mais je savais pas trop pourquoi, je continuais, j'étais tellement en colère qu'il fallait que je le tue.
La maîtresse est arrivée et m'a poussé, je me suis tapé la tête contre le mur. Quand j'ai mis la main à ma tête et que j'ai senti du sang, je me suis dit que j'allais mourir.
La maîtresse a dit que j'étais un monstre, et que j'avais un gros problème, que j'étais handicapé.
Je me suis remis en colère, et j'ai essayé de la pousser et de la frapper, je l'ai insulté de connasse et suis parti en courant.
Je suis rentré dans le bâtiment de l'école, j'ai traversé le couloir en essayant de pas glisser sur le carrelage pour aller jusqu'aux toilettes.
Je suis allé dans les toilettes où on peut fermer à clé, j'ai fait pipi en me disant qu'il fallait mieux que je le fasse avant de m'enfuir, puis je suis monté sur la cuvette pour ouvrir la fenêtre à bascule en haut, puis j'ai réussi à grimper et passer à travers.
Je me suis toujours dit que s'il fallait que je m'enfuie, je passerais par là, parce que personne y penserait.
Du coup, je me suis cassé de l'école, en me faisant un peu mal aux mains, mais je me retrouvais chez les gens qui habitaient à côté de l'école, et j'avais juste à descendre et sauter par dessus leur portail pour me retrouver dehors.
Je me déplaçais sans faire de bruit parce qu'ils avaient un chien et que je voulais pas qu'il aboie, mais on aurait dit qu'il n'était pas là.
Je suis allé dans le vieux village à côté, je le connaissais bien parce que le chemin que je prends pour retourner chez moi a un virage qui va par là. C'était toujours très silencieux, et il y avait plein de chats qui vivaient ici. J'essayais de les attraper par la queue pour pouvoir les caresser mais ils se barraient tous dès que j'arrivais de loin. Il y avait aussi le vieux puits, et j'ai hésité à sauter dedans pour me cacher, mais je me suis dis que vu qu'ils m'aimaient pas, ils viendraient pas me chercher, pas besoin de me cacher pour leur échapper.
Quand on continuait d'avancer dans le bourg, on arrivait à un endroit où on voyait presque tout le village, et quand on se penchait, c'était super haut. Je me suis dis que je pouvais sauter, comme ça je mourrais et ils seraient tristes, mais j'avais peur d'avoir mal, alors je l'ai pas fait. Je suis allé dans ma cabane préférée pour préparer un lit où je pourrais dormir, puis je suis allé ramasser de l'herbe vu que j'avais pas à manger. Le vieux cheval qui avait pas de nourriture faisait que manger de l'herbe, donc je me suis dis que j'allais faire pareil, mais c'était vraiment dégueulasse et j'ai pas mangé, et même en mettant des fleurs, c'était pas bon.
Je sais que j'aurais pu faire de la soupe d'ortie, mais ça fait trop mal aux doigts de les ramasser donc j'ai préféré ne pas manger, puis j'avais pas vraiment faim, donc je m'en fichais.
Le ciel était orangé quand j'ai entendu des gens crier mon nom. Je suis allé plus loin dans la forêt pour qu'ils puissent pas me trouver, ces enfoirés.
C'était calme ici, sans eux, j'avais pas besoin d'eux et j'étais très bien tout seul. Au bout d'un moment, après m'être pris des ronces de merde, je me suis dis que j'allais dormir là, j'ai pris quelques bâtons, je les ai recouverts de mousse, puis de feuilles, et je me suis allongé pour dormir. La moitié des bâtons au moins ont cassé parce que c'était de la grosse merde, mais je me suis dis que c'était pas très grave, et que ça marcherait quand-même pour dormir.
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Je me réveille à cause de la lumière qui me fait mal aux yeux. J'entends des pas, et je vois qu'il fait nuit. Je comprends pas où je suis puis quand je vois le policier en face de moi, je me rappelle que je me suis barré de l'école. Le policier approche et me dis que ça va aller, qu'il va me ramener chez moi, mais moi je suis bien ici, j'ai pas envie de retourner là-bas, alors je lui mets des coups de pieds pendant qu'il essaie de m'attraper, et j'essaie de le frapper pendant qu'il me porte.
J'ai beau le frapper super fort, il ne dit rien, et il avance.
Je me suis mis à pleurer, j'avais froid et ce connard me laissait pas partir, je savais que personne ne m'aimait et que j'allais aller en prison, je méritais que ça parce que j'étais un petit connard.
C'est à ce moment que le policier m'a posé par terre, et m'a pris dans ses bras. Je sais que j'ai pleuré pendant longtemps mais je me rappelle pas de la suite.
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Je me suis réveillé dans un lit, mais c'était pas ma chambre. Je me suis levé pour voir la maison où j'étais mais quand j'ai ouvert la porte, je suis tombé dans un salon, et il y avait plein d'adultes, ils me fixaient bizarrement, comme si j'avais un monstre derrière moi. On m'a dit qu'on m'avait emmené là « en urgence » pendant un petit moment.
J'étais sûr qu'ils avaient tué mes parents et qu'ils voulaient m'emprisonner, alors j'ai commencé à taper la femme qui m'expliquait tout ça mais elle a pas fait comme ma mère ou mon père. Elle m'a pris dans ses bras comme le policier avait fait et elle a approché son visage de mon oreille :
« chut, ça va aller, calme-toi, c'est fini »
Quand elle m'a dit ça, c'était le moment le plus triste de toute ma vie, et j'ai encore pleuré longtemps, j'avais mal sans trop savoir pourquoi, mais dans ma tête, je crois que je savais. Je savais qu'on venait de me sauver la vie.