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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [AT n°7 | T09] À l'abri des regards

Auteur Sujet: [AT n°7 | T09] À l'abri des regards  (Lu 6358 fois)

Hors ligne Yöda

  • Calame Supersonique
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Re : T09 - À l'abri des regards
« Réponse #15 le: 15 Mars 2016 à 17:54:15 »
Bonjour à tous !  :)

Ce n'est pas grand chose, mais j'ai un peu modifié certaines choses que vous m'aviez fait remarqué. J'ai essayé de rendre la chaleur un peu plus présente pour Laurent dans le tout début du texte, après la remarque de Miromensil, et j'ai essayé de mettre un peu plus l'accent sur la "défiguration" après la remarque d'extasy. Ce n'est que l'histoire de quelques mots, mais j'espère que c'est mieux comme ça !  :)



@Kathya

Citer
Le parc, riche en arbres et en pièces d'eau
Je comprends pas ce que tu entends par "pièces d'eau", chez moi ça sonne comme un magasin de salle de bains en plein air. ><
Effectivement, ça peut être assez perturbant comme image !
Je vois que gage t'as déjà répondu sur ce point, donc je ne vais pas répéter, c'est tout à fait ça ! Merci gage   :)

Citer
Peut-être serait-il utile de faire de la prévention pour que les gens évitent les coureurs en tous genres.
Faudrait surtout éviter d'aller courir, parce que techniquement la joggeuse est arrivée après le drame.
Il faudrait éviter de courir pour éviter de trouver des morts, mais il faudrait éviter de croiser des joggeurs pour éviter de se retrouver dans un fossé quelque part. C'était plus ça l'idée de base, mais je conviens que c'est pas clair...  :\? Si je dis que c'est Laurent qui s'est emmêlé les pinceaux, ça passe ?  :mrgreen:

Merci beaucoup de ton retour Kathya  :)



@Zagreos

Citer
Dans ma hôtel.
Je ne sais pas si c'est vraiment une faute courante pour quelqu'un parlant mal le français, il me semble plus qu'ils aient tendance à mettre le masculin à tout bout de champs. Mais je comprends tout à fait que tu ais voulu avoir une faute pour la vraissemblance, alors pour quoi pas Dans le hôtel ? Ça me paraît plus "naturel"
En communiquant avec des étrangers, je trouvais justement que cette faute revenait souvent (et je la fais aussi quand j'essaie de baragouiner d'autres langues) surtout quand par exemple le mot de base dans la langue natale est féminin, hop on met instinctivement au féminin dans l'autre langue. Ça me semblait tout naturel, sauf que... j'avais oublié que le suédois n'a pas de féminin, ce qui fait que cette faute de "ma hôtel" n'est vraiment pas vraisemblable, comme tu le fais si bien remarquer !  :mrgreen: J'ai donc garder ta suggestion bien plus juste, merci !   :)

Si je devais vraiment reprocher quelque chose à ton texte, je dirais que la question du harcèlement, pourtant centrale, n'est pas suffisamment développée.
Ah zut, ça va être chaud de retravailler ça avant ce soir !

Merci beaucoup de ton retour aussi Zagreos  :)
Damn

Hors ligne Loïc

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Re : T09 - À l'abri des regards
« Réponse #16 le: 20 Mars 2016 à 18:55:41 »
Salut !

Petit souci à la lecture du texte : à aucun moment les enquêteurs ne savent à quelle heure a été tuée la victime.
Enfin si, mais après qu'ils aient vérifié les heures.

Oh c'est bien fait.
J'aime bien la conclusion, quoique je trouve qu'elle manque un peu de subtilité aussi. Du coup j'ai plutôt bien aimé, c'est assez bien raconté et tout, l'enquête a ce qu'il faut de passionnant.

Je me réserve juste pour la fin, comme je l'ai dit, qui est peut-être pas assez subtile. Bon texte sinon.
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

Hors ligne Yöda

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T09 - À l'abri des regards
« Réponse #17 le: 22 Mars 2016 à 00:39:28 »
   Laurent Cazalet pressait l'allure. Ses pas rapides transformaient la terre sèche de l'allée en nuages de poussières qui voletaient derrière lui. D'un geste las, il souleva sa casquette pour essuyer la sueur qui lui noyait le front. La chaleur écrasante l'enveloppait tout entier de son étreinte moite, mais l'uniforme restait malheureusement de rigueur.
   Autour de lui, les promeneurs fourmillaient déjà, flânant sous les arbres du parc et les berges du lac à la recherche de fraîcheur. Un attroupement lorgnait avec envie la devanture d'un marchand de glace dans l'espoir d'une ouverture prochaine. Le petit camion, orné d'une fière enseigne aux couleurs acidulées, portait le nom d'Aglaglace. Le jeu de mot était si ridicule mais si courageusement assumé qu'il fit sourire Laurent. De toute évidence, le sens de l'humour du propriétaire dépassait son sens des affaires, car aucun marchand de glace un tant soit peu sensé n'aurait gardé son commerce fermé un jour de si grande chaleur.
   Avec un soupir, Laurent bifurqua sur sa droite et s'enfonça dans une allée sombre.
   Un groupe de badauds s'agglutinait déjà autour du ruban qui protégeait la scène de crime. Certains brandissaient leurs portables, immortalisant de leurs doigts fébriles ce moment si extraordinaire de leurs vies ordinaires. Tous se tordaient le cou pour essayer d'apercevoir quelque chose derrière les épais buissons qui leur cachaient la vue. Un bras, une jambe. Qu'importe. Quelque chose qui leur permettrait de devenir – ne serait-ce que pour une soirée – le centre d'attention de leur cercle d'amis. Dégoûté par leur curiosité malsaine, Laurent montra son badge à l'un de ses collègues et passa sous le ruban pour s'éloigner au plus vite.
   La joggeuse qui avait découvert le corps était toujours sur place. Prostrée sur un banc de fonte, à l'abri des regards, elle fixait le vide en répondant laconiquement aux questions d'une agente. Laurent trouvait que la quantité de joggeurs impliqués chaque année dans ce genre d'affaire sordide dépassait l'entendement ; c'était à croire qu'il y avait une corrélation quelque part. Peut-être serait-il utile de faire de la prévention pour que les gens arrêtent de courir. Juste au cas où.
   Sur la scène du crime, le gars de la scientifique s'affairait encore. Une silhouette blanche et masquée glissait dans un dernier sachet le câble de chargeur ayant servi à étrangler la victime. Celle-ci était – ou plutôt avait été – une jeune femme ; ses longs cheveux blonds tapissaient l'herbe sèche et l'une de ses jambes était repliée sous son corps inerte, comme si elle était tout simplement tombée là. Elle portait un jean et un t-shirt des plus basiques, recouverts d'un tablier aux couleurs d'Aglaglace. Laurent trouva le nom bien moins amusant tout d'un coup, et il comprit finalement pourquoi le camion de glaces n'avait pas ouvert. Alors qu'il s'approchait de la pauvre marchande, une odeur âcre de sucre et de charogne l'assaillit, manquant de le faire vomir. Il enleva immédiatement sa casquette pleine de sueur et la plaqua sur son nez et sa bouche avant d'observer le cadavre de plus près. Des sillons violacées marquaient le cou. Près de la main gauche, un sac à main. La main droite tenait un cornet brisé. Vide. La crème glacée, étrangement répandue sur le visage, avait fondu sur la peau. Jusqu'à se prendre dans les racines des cheveux. Brouillant tristement les beaux traits de la victime, ce résidu de sucre collant avait pris au piège une armée d'insectes gourmands dont la moitié était déjà morts. Les survivants battaient encore mollement leurs ailes engluées pour essayer de s'en sortir. En vain.

***

   Laurent se détourna du sinistre tableau et rejoignit Gilles, premier de ses collègues arrivé sur les lieux. La canicule avait dessiné deux auréoles humides sur sa chemise et lui donnait un visage rougeaud et luisant. Après une poignée de main moite mais amicale en guise de bonjour, il briefa rapidement Laurent sur la situation.
   « Elle s'appelle Marie Comparot. On a retrouvé son portefeuille sur elle, déclara Gilles en respirant péniblement. D'après son tablier, elle bossait au camion de glaces, pas loin. Depuis quelques mois, selon les témoignages.
   — Des témoins de la scène ?
   — Malheureusement non, ça a dû se passer hier soir, à la fermeture du parc.
   — Le type, là-bas, on sait qui c'est ? »
   Parmi la foule de vautours, Laurent avait repéré un homme qui paraissait plus troublé que curieux. Il se tenait, silencieux, derrière le ruban de signalisation, vêtu d'un gilet de sécurité orange assez élimé, une expression de tristesse mêlée de colère sur le visage.
   « Franck Boitel, l'agent d'entretien du parc, répondit Gilles en lisant ses notes.
   — Il doit connaître la victime, en conclut Laurent. Je vais aller lui parler. »

***

   « Oui, je la connaissais, avoua Franck, des plis soucieux marquant son front. Je passais devant son camion plusieurs fois par jour. Très gentille. Elle me disait bonjour, c'était une des rares à le faire. D'habitude, les gens m'ignorent dès qu'ils s'aperçoivent que je ramasse leurs déchets...
   — Et vous l'avez vue hier ? »
   Franck hocha la tête d'un air triste.
   « Comme j'ai dit à votre collègue, elle était là toute la journée et elle a fermé sa boutique vers dix-neuf heures, comme d'habitude. Mais je l'ai revue plus tard, quand la nuit commençait à tomber. Elle est repassée devant son camion. »
   L'agent d'entretien marqua une pause pour déglutir et reprit :
   « Elle avait l'air bizarre, elle arrêtait pas de se retourner. On aurait dit que quelqu'un la suivait... je suis sûr que c'est ce type !
   — Quel type ? demanda Laurent, intrigué.
   — Un grand blond, louche. Il venait tous les midis, il s'asseyait sur le banc en face de son camion et passait son temps à la regarder. Et elle, elle n'avait d'yeux que pour lui. »
   Laurent percevait très nettement la jalousie qui rongeait l'homme. Cela méritait qu'il s'attarde sur son cas, mais il ne fallait pas pour autant qu'il néglige la piste de choix que ce dernier lui avait fournie.
   — Tous les midis vous dites ? demanda-t-il en jetant un coup d’œil à sa montre. S'il revient aujourd'hui, il ne devrait pas tarder. On va aller l'attendre au cas où. »
   Franck parut s'en réjouir, mais il se figea quand Laurent reprit la parole.
   « Ça vous dérange de suivre mon collègue au commissariat ? lui demanda-t-il en appelant Gilles d'un geste de la main. J'aimerais qu'on discute de tout ça plus en détails, si vous voulez bien. »

***

   Laurent n'eut à attendre que quelques minutes pour voir apparaître au loin, marchant nerveusement sur le chemin, l'homme qui correspondait à la description faite par l'agent d'entretien.
   Alors que le grand blond arrivait à hauteur du camion de glaces, ses sourcils se froncèrent. Il était visiblement surpris et déçu de le voir fermé. Décontenancé, il tourna sur lui-même et scruta les alentours. C'est le moment que choisit Laurent pour s'avancer vers lui.
   « Vous cherchez quelqu'un ? » demanda-t-il en révélant son badge de police à l'inconnu.

***

   Au commissariat, les rares ventilateurs encore en état de marche tournaient à plein régime. Leur souffle régulier faisait bruisser les feuilles des dossiers posés sur les bureaux métalliques. La chaleur restait étouffante, mais beaucoup plus supportable qu'à l'extérieur. Gilles avait d'ailleurs l'air bien plus frais que sous le soleil de cet été caniculaire, et c'est tout fringant qu'il aborda Laurent dès son retour du parc.
   « On a plus d'infos sur la victime, annonça-t-il, les yeux sur son dossier ouvert. En fait, elle ne s'appelle pas vraiment Marie Comparot, mais Sarah Chaumeron. Elle a changé de nom l'année dernière. Une histoire de harcèlement.
   — Du harcèlement ?
   — Ouais, un certain Sylvain Monnier, continua Gilles en relevant machinalement la première page du dossier. Apparemment, le gars l'appelait plusieurs fois par jour, lui écrivait des lettres et la suivait partout... La totale, quoi. Elle a porté plainte plusieurs fois, et elle a changé de ville et de nom après qu'il soit venu l'agresser chez elle.
   — Ça se comprend... Et on sait où le trouver ce Monnier ? »
   Gilles tourna quelques pages de plus, cherchant l'information en glissant son doigt sur les lignes au fur et à mesure qu'il les lisait.
   « Ça devrait pas être trop compliqué. Il est obligé de se rendre tous les jours à l'hôpital psy. J'ai l'adresse et le numéro ici.
   — Appelle-les, et essaie de savoir où il était hier soir. »

***

   Laurent commençait à sentir la fatigue peser lourdement sur ses épaules. Il se rendit dans la cuisine du commissariat, prit dans un placard branlant une vieille tasse décorée d'une photo de chat presque entièrement délavée, et se servit un fond de café tiédasse avec le peu qui restait dans la cafetière. Profitant de ce petit moment de solitude inespéré, il s'adossa au comptoir et plaqua un instant ses mains sur ses yeux pour les reposer. Le meurtre de la veille était – sans aucun doute – déplorable, mais Laurent était tout de même soulagé d'avoir trois pistes pour le résoudre. Secrètement, il croisait les doigts pour que le harceleur n'ait aucun alibi et que son ADN soit identifié parmi les échantillons prélevés le matin même. L'affaire serait classée rapidement.
   En attendant, il devait tout de même s'assurer qu'aucune piste n'était négligée. Il passerait donc très certainement le reste de son après-midi à interroger les deux autres suspects.
   Dépité, Laurent but le contenu de sa tasse d'un trait et grimaça de dégoût quand l'âpreté du marc de café s'attarda sur ses papilles.

***

   Quand Laurent entra dans son bureau, le mystérieux homme blond arrêté au parc l'attendait, inconfortablement installé sur une chaise usée en plastique beige. Après un bref salut dans sa direction, Laurent s'installa dans son fauteuil et se plongea dans les notes que ses collègues lui avaient laissées.
   « Donc vous vous appelez Matteus Svensson ? récapitula Laurent sans lever les yeux. De nationalité suédoise, trente-et-un ans, et vous êtes en France depuis trois semaines pour le travail, c'est bien cela ?
   — Oui, répondit Matteus avec un accent qu'il ne pouvait pas cacher.
   — Comment vous connaissez la victime ?
   — Je... j'ai acheté des glaces à elle. C'est tout.
   — On m'a dit que vous veniez tous les jours pour la regarder, c'est correct ? »
   Matteus rougit soudainement, fortement embarrassé.
   « Je la trouvais jolie !
   — Et vous ne lui parliez pas ?
   — Je voulais, mais je ne sais pas parler dix bons mots en français, je ne savais pas quoi je lui aurais dit ! » se défendit Matteus avec véhémence.
   Le type louche décrit par l'agent d'entretien s'avérait en fait être un grand timide, Laurent ne s'attendait pas à ça.
   « Où vous étiez hier soir ? lui demanda-t-il.
   — Dans le hôtel. Je suis rentré là-bas après mon travail, et j'ai mangé dans le restaurant.
   — J'imagine qu'il y avait des témoins ?
   Matteus confirma d'un hochement de tête.
   Laurent soupira.
   Quelqu'un frappa à la porte.
   Gilles ouvrit sans attendre de réponse et fit un pas dans le bureau tout en gardant une main sur la poignée. D'un signe discret, il invita son collègue à le rejoindre.
   Laurent se leva, s'excusant auprès de Matteus. Avec un peu de chance, et selon les informations qu'apportait son collègue, l'homme pourrait partir sans plus attendre.
   « Le gars Monnier, là, le harceleur, c'est pas lui, chuchota Gilles d'un ton navré. Il était à sa thérapie de groupe, y a dix-sept personnes qui peuvent témoigner. »
   Laurent ne put cacher sa déception et lâcha un juron à mi-voix. Son suspect numéro un était maintenant hors-jeu, et celui qu'il avait sous la main ne lui semblait guère convaincant dans le rôle du colonel Moutarde. De même que l'infortuné Franck Boitel qui l'attendait dans le bureau voisin. Mais Laurent n'avait que ces pistes, il lui faudrait donc continuer à creuser.
   Il remercia mollement Gilles – qui repartit avec un air penaud – et retourna s'asseoir. Matteus le regardait avec de grands yeux perdus, comme s'il se demandait ce qui allait lui arriver maintenant. Pour tout dire, Laurent n'en avait guère d'idée non plus. Il hésita quelques instants, puis prit un dossier coincé sous ses notes.
   « En temps normal, je ne ferais pas ça, mais... la victime n'avait pas de famille. Est-ce que ça vous dérangerait de jeter un coup d’œil aux photos, pour l'identifier ? demanda Laurent, un peu gêné. Je vous préviens, c'est pas joli, joli... »
   Son interlocuteur blêmit mais accepta d'un hochement de tête.
   Laurent sortit alors les clichés que la police scientifique lui avait fournis et les disposa sous les yeux effarés de Matteus qui ne put s'empêcher d'avoir un mouvement de recul. Si Laurent avait encore entretenu un doute quant à sa culpabilité, il aurait balayé ses derniers soupçons en voyant la douloureuse expression de malaise déformer les traits de Matteus.
   Son regard blessé passait d'une photo à l'autre, et il hocha une nouvelle fois la tête.
   « Oui... oui... murmura-t-il. C'est elle. Mais... pourquoi son visage... »
   Il fut interrompu par la sonnerie stridente du téléphone fixe posé sur le bureau.
   Laurent s'excusa et décrocha sans attendre, tandis que Matteus observait les photos en silence, les larmes aux yeux.
   « Oui ?
   — Le bureau du légiste a appelé. Ils ont estimé le moment du décès un peu avant vingt heures.
   — Vingt heures ? »
   Quelque chose venait de titiller l'esprit de Laurent.
   « Il fait nuit à quelle heure en ce moment ? demanda-t-il.
   — Euh... vers vingt heures trente. Même après je dirais. Pourquoi ? »
   La personne n'eut pas de réponse. Laurent avait soudainement raccroché et fouillait fébrilement dans ses papiers. Là. Plus tôt, au parc, l'agent d'entretien avait certifié avoir revu Marie repasser devant le camion de glace. À la nuit tombée.
   C'était impossible.
   Franck cachait sûrement quelque chose et avait accusé Matteus pour se couvrir, c'était la seule solution. Laurent avait perdu assez de temps, le pauvre suédois aussi.
   Il s'apprêtait à lui donner congé, lorsque ce dernier fronça brusquement les sourcils. Matteus frotta ses paupières pour chasser les larmes qui troublaient son regard, puis rapprocha la photo qu'il tenait afin de l'observer de plus près. Il fut alors prit d'un rire nerveux.
   « C'est quoi votre problème ? s'écria Laurent, outré. Je peux savoir ce qui est si drôle ? Le cadavre, ou les marques sur son cou ? »
   Le sourire de Matteus mourut sur ses lèvres. Il se rendit soudain compte de son attitude déplacée et, honteux, il s'expliqua.
   « Je suis désolé... C'est juste que... Regardez ! fit-il en montrant le cliché qu'il avait du mal à quitter des yeux.
   — Je ne vois rien de spécial... déclara Laurent, intrigué. C'est une main. Une main qui tient un cornet. »
   Il lança à Matteus un regard inquisiteur pour l'inviter à expliciter sa pensée.
   « Ce n'est pas elle ! Ce n'est pas la dame des glaces ! s'exclama l'homme en réprimant un sourire. Vous voyez, elle avait un... un... une chose comme ça, là, sur sa main, expliqua-t-il en tapotant de son doigt un grain de beauté qui se trouvait sur son bras. Une chose comme ça, sur sa main droite, au milieu de ses deux doigts. Juste ici. » Et il montra à Laurent la jonction de son pouce et de son index.
   « Un grain de beauté ? Vous en êtes sûr ? demanda Laurent, blême, en scrutant la photo de la main à laquelle il manquait effectivement ce petit signe distinctif.
   — Oui ! Je l'ai vu, quand j'ai acheté un cornet de la glace ! Elle me l'a donné, avec cette main, et j'ai pensé ça très joli !
   — Mais... qui c'est alors ? »

***

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


   Une vague d'angoisse se répandit de nouveau dans les veines de Marie. Pour la huitième fois de la journée, Franck vidait la poubelle qui se trouvait juste en face de son camion. Le sac translucide laissait pourtant bien voir qu'il ne contenait presque rien, mais l'agent d'entretien continuait à venir et à profiter de ces occasions pour jeter des coups d’œil à la jeune femme.
   Voyant que la marchande de glaces l'observait à son tour, il lui adressa un salut réjoui. Elle répondit par un sourire crispé, rendit sa monnaie à une vieille dame, et tourna le dos à l'extérieur.
   Ses poumons s'étaient figés. À chaque fois que des yeux se posaient sur elle, sa peau se souvenait de l'étreinte forcée de Sylvain, de ses sordides caresses et de ses coups dans le ventre. Aujourd'hui encore, elle avait cru voir passer ce connard qui lui avait pourri la vie. Aujourd'hui encore, elle avait subi les regards oppressants de ce grand blond qui la scrutait en silence tous les putains de midis. Aujourd'hui encore, l'anxiété lui tordait les entrailles à chaque passage de Franck ; et elle n'en pouvait plus.
   Marie frotta nerveusement ses poignets pour tenter d'en chasser la pression illusoire qu'elle ressentait maintenant en permanence. Il fallait qu'elle se reprenne, elle ne pouvait pas vivre comme ça. Elle essuya des larmes naissantes, colla un sourire sur son visage et se tourna vers le client suivant.
   Elle lâcha alors un cri de surprise.
   La jeune femme qui lui faisait face fit de même.
   Leurs grands yeux bleus écarquillés se fixaient sans y croire ; chacune voyait en l'autre son reflet.
   — Lucille, finit par dire la jeune femme en tendant une main amicale.
   — Marie, fit Marie.
   Dans sa poitrine, son cœur semblait s'être arrêté.


***

   Elles avaient très vite convenu de se retrouver le soir même, curieuses de savoir jusqu'où allait leur ressemblance. Lucille arriva devant le camion à dix-neuf heures tapantes ; Marie lui offrit une glace avant de donner un dernier coup de chiffon sur le comptoir et de fermer boutique.
   Alors qu'elle sortait par la porte de derrière, elle tomba – sans surprise – sur Franck, qui l'attendait comme tous les soirs, feignant de chasser les détritus là où personne ne passait jamais.
   — Bonsoir ! lança-t-il d'un ton enjoué.
   — Bonsoir, souffla Marie dont les tripes se nouèrent une nouvelle fois.
   Mal à l'aise, elle retira son tablier qu'elle roula en boule et – sans laisser le temps à Franck de poursuivre la conversation – elle s'éclipsa pour rejoindre Lucille.


***

   Elles avaient tellement parlé que Lucille en avait oublié de manger sa glace. En à peine une heure, les deux jeunes femmes connaissaient déjà presque tout de l'autre ; et bien que de nombreuses choses les différenciaient, certaines ressemblances se révélaient aussi frappantes que leur physique.
   — Mes parents sont... morts, avait tristement confié Lucille. C'était la seule famille qu'il me restait. Et puis il y a eu une suite de mésaventures. J'ai eu envie de tout plaquer. De recommencer une nouvelle vie, tu vois ?
   Marie ne voyais que trop.

   
***

   — Je peux ? demanda Lucille en pointant du doigt le tablier coloré.
   Marie, qui tenait toujours celui-ci contre elle, le lui tendit sans réfléchir. Son sosie l'enfila en prenant soin de ne pas faire couler sa glace fondue.
   — Alors, je pourrais prendre ta place ? demanda Lucille, tout sourire.
   « Oui... » pensa Marie, troublée par cette vision d'elle-même.
   Ce fut comme un déclic.


***

   Marie se regardait dormir. Elle avait l'air si paisible, là, allongée sur le sol.
   Personne ne se poserait de question. Pour les gens, elle n'était rien de plus que « la marchande de glaces », et la jeune femme au visage barbouillé de crème glacé et portant le tablier d'Aglaglace ne pouvait être qu'elle, tout le monde en conviendrait.
   Marie délaissa son identité, en même temps que son sac qui contenait tous ses papiers.
   Elle était Lucille Dussault désormais, et Lucille n'avait plus aucun souci.

« Modifié: 26 Mars 2016 à 17:38:39 par Mout »
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Re : T09 - À l'abri des regards
« Réponse #19 le: 23 Mars 2016 à 14:20:07 »
J'apprécie toujours autant ce texte.
Comme je connaissais l'histoire, je me suis moins attaché aux détails du coup la répétition de "agent d'entretient" m'a dérangé, cette fois-ci.


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MillaNox

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Re : T09 - À l'abri des regards
« Réponse #20 le: 25 Mars 2016 à 16:55:22 »
Salut Mout !

au fil de la lecture...
Citer
D'un geste las, Laurent souleva sa casquette pour essuyer la sueur qui perlait sur son front. Le parc, riche en arbres et en pièces d'eau, fourmillait de promeneurs à l'affût de fraîcheur. Non loin devant, un attroupement lorgnait avec envie la devanture d'un marchand de glace dans l'espoir d'une ouverture prochaine. Le petit camion, orné d'une fière enseigne aux couleurs acidulées, portait le nom d'Aglaglace.
je trouve ton début pas très fluide au niveau de l'écriture. Par exemple là tu enchaines les phrases selon la même structure (une groupe sans verbe séparé*virgule* la suite) et du coup à la lecture ça fait bizarre parce que ça donne toujours al même intonation. Je sais pas si tu vois ce que je veux dire ?

Citer
Peut-être serait-il utile de faire de la prévention pour que les gens évitent les coureurs en tous genres
je comrpends rien, je suppose qu'on comprends plus tard ?  :???:

Citer
Et elle, elle avait d'yeux que pour lui
n'avait

Citer
Leur ronronnement régulier caressait d'air
le ronronnement ne déplace pas d'air, ça ne fonctionne pas

Citer
La plus reposante qu'elle ait eu
eue

hop là, tout lu !
Sympa cette petite enquête, ce qu'il faut d'hypothèses et de retournements de situations ! Ce n'est pas le coup de cœur, mais c'est un agréable moment de lecture et ton scénario est drôlement bien ficelé ! Bravo !

Merci pour cette lecture

Milla

Hors ligne barnacle

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Re : T09 - À l'abri des regards
« Réponse #21 le: 26 Mars 2016 à 15:05:57 »
Salut Mout :)

Niveau points d'amélioration possibles, je me retrouve à rejoindre des avis précédents :
- celui de MillaNox sur l'intro, qui en effet pourrait être retravaillée. Ton style est consistent après ça, donc ça me semble la modification la plus facile possible (et la plus souhaitable du même coup).
- celui de Miromensil sur l'idée que tu as parfois recours à des images convenues ; ça tient un peu au genre, mais il y a déjà des touches personnelles plaisantes (le nom du camion de glace, la blague sur les joggueurs), il y a peut-être de la marge pour plus d'expressions de ta façon de voir.
- celui de Rémi sur la fin. En effet c'est un peu dommage, mais la limite de mots est juste un peu cruelle sur le coup et je ne sais pas trop comment tu pourrais faire autrement - d'autant que pour moi, ça n'est pas trop mal passé à la lecture (j'étais pris par la révélation), c'est plus après coup que je me suis fait la réflexion.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Donc oui il y a matière à améliorations si tu le souhaites (surtout le premier paragraphe, encore une fois), mais ça reste un texte très bien mené, une enquête plaisante à suivre où les tours et détours se suivent rapidement. Vraiment pas mal.

Hors ligne Yöda

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Re : T09 - À l'abri des regards
« Réponse #22 le: 26 Mars 2016 à 17:49:30 »
Bonjour tout le monde, et merci pour vos retours !

Avant de répondre à chacun, je vous annonce que j'ai modifié la fin pour qu'elle fasse moins "bloc d'explication". Et comme Zagreos m'avait fait remarqué que le harcèlement n'était pas très développé, j'ai essayé de lui donné une place un peu plus importante dans cette nouvelle version.
J'espère que ça vous plaira !  ^^



@Loïc

Je n'ai pas eu le temps de te répondre sur l'autre fil, donc je te réponds ici :

J'ai apporté une petite précision pour le moment où s'est supposément passé le crime, et j'ai retouché à la fin qui, je l'espère, est plus "subtile" comme ça  ^^

Merci pour ta lecture !



@Kanimp

Comme je connaissais l'histoire, je me suis moins attaché aux détails du coup la répétition de "agent d'entretient" m'a dérangé, cette fois-ci.
Je lui ai donné un prénom, j'espère que ça règle le problème.  ;)  Merci pour ta relecture !



@MillaNox

Merci pour toutes tes remarques, elles sont très juste et je les ai toutes prises en compte !
J'ai modifié ma blague sur les joggeurs qui portait à confusion, changé le ronronnement des ventilateurs et j'ai réécrit le début qui, j'espère, est plus fluide comme ça.  :)

Merci beaucoup pour ton retour !



@barnacle

Suite à ton commentaire et celui de MillaNox, j'ai donc retouché le début. J'espère qu'il est mieux comme ça.  :)
Et la fin aussi, comme beaucoup avaient été chagrinés par la fin trop "rapide", j'ai tenté une autre approche !

Je vais voir pour les images convenues, mais je pense que ça va être juste au niveau du temps  ^^

Merci beaucoup de ta lecture et de tes remarques pertinentes !



Merci encore à tous, et merci d'avoir amené mon texte au second tour !  :-[
Damn

Hors ligne Kailiana

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Re : T09 - À l'abri des regards
« Réponse #23 le: 27 Mars 2016 à 13:44:35 »
Je sais pas trop comment commenter. Ca se lit très bien, le retournement de situation est pas mal (j'ai lu la nouvelle fin) mais... je sais pas, je trouve que c'est "juste un bon texte", c'est tout.
En fait le soucis je pense, c'est qu'il manque une vraie chute bien amenée. Je veux dire, l'idée de fin est bien, mais tel que c'est ça, l'explication est longue, ça ne fait pas "chute". Et en même temps, si tu fais comme avant avec une explication plus rapide, ça ne fonctionne pas non plus (encore moins, je trouve), parce que je n'ai rien vu dans le début du texte qui laissait deviner cette fin.

Du coup, c'est un bon texte court, qui se lit bien, mais c'est tout, il ne va pas me laisser une impression durable.
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
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Re : T09 - À l'abri des regards
« Réponse #24 le: 30 Mars 2016 à 13:27:30 »
Bonjour Kailiana !

Je ne sais pas trop comment commenter ton commentaire non plus.  :mrgreen: C'est dommage que le texte ne t'ait pas fait grande impression, mais je prends tout de même tes compliments avec plaisir.   :)

Merci pour ta lecture !
Damn

Hors ligne Chouc

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Re : T09 - À l'abri des regards
« Réponse #25 le: 08 Avril 2016 à 21:07:13 »
Bonsoir Mout !

Ton texte a toute ma sympathie. Sans aller jusqu'à transcender, il se lit bien et fait sens, un récit sans prétention mais très agréable.

J'ai passé un bon moment, merci.

Au plaisir !
Tel esprit qui croyait se pendre.

Hors ligne Elk

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Re : T09 - À l'abri des regards
« Réponse #26 le: 10 Avril 2016 à 21:54:34 »
Salut Mout !

Je n'ai pas grand-chose à redire à ton texte. Je me suis laissée porter par l'histoire : c'est bien construit, bien écrit, et le retournement de situation surprend. Je trouve qu'il y a une ambiance "série policière" très marquée, mais tu y apportes des touches personnelles, c'est chouette :).
En ce qui concerne la fin, cette deuxième version me plaît, mais je pense que la première ne m'aurait pas dérangée non plus ^^.

Merci pour la lecture !

Hors ligne cyamme

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Re : T09 - À l'abri des regards
« Réponse #27 le: 10 Avril 2016 à 23:44:48 »
Hello Mout,

Je trouve la seconde version sans conteste meilleure que la première. Pour le reste, c'est effectivement bien mené, tu maitrises la chose mais je n'ai pas été bouleversée par ce texte. Je pense que c'est super difficile de faire un policier marquant et court. Forcément, dans ce format, c'est l'intrigue qui prime sur la psychologie des personnages, du coup je suis un peu frustrée par ce dernier aspect. C'était tout de même un agréable moment de lecture.

Au plaisir de te relire !

Hors ligne Ari

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Re : [AT n°7 | T09] À l'abri des regards
« Réponse #28 le: 01 Février 2018 à 16:18:00 »
(Hum, désolée je fais ma taupe en ce moment, je n'arrête pas de déterrer de vieux sujets, j'espère que ça ne te dérangera pas)

Super pour le style et la qualité d'écriture :)

Première version :


Pour le fond, j'ai bien aimé le retournement de situation. Mais dans l'ensemble, je trouve que ça aurait mérité d'être un petit peu + approfondi. Par exemple, la raison pour laquelle la femme change plusieurs fois d'identité... Si qqn te harcèle, tu peux changer de ville une première fois avant de penser à changer carrément ton nom... Et j'ai trouvé peu crédible la manière dont elle devient un peu parano "tous ces types qui la suivent", ok il y en a un, ok le grand blond lui aussi commence à la faire flipper, mais c'est exprimé d'une manière "détachée" qui contraste avec le côté paranoïaque et la décision extrême qu'elle prend derrière.

Une autre chose, de l'ordre du détail : le patient qui va à une thérapie de groupe... à 20h30 ? (ou même 19h) (d'ailleurs ils ne savent pas encore l'heure du décès). Par chez moi il n'y a pas ce genre de thérapies en dehors des horaires ouvrables classiques. Peut-être que ça existe dans le privé mais j'ai de gros doutes. Peut-être dire tout simplement qu'il est ré-hospitalisé ? (et là tu es tranquille quel que soit l'horaire).



Deuxième version :

J'aime beaucoup + !

Par contre je trouve que la séparation entre le point de vue de Laurent puis celui de Marie devrait être différente des autres ellipses que tu marques par *** . Ici c'est un changement de temps (on revient même en arrière) ET de narrateur, tu pourrais le marquer un peu + pour être sûr de ne pas perdre le lecteur.

Pour le côté harcèlement c'est beaucoup mieux, là on ressent le côté oppressant. Pour le côté "échange de personnalité", le "toute une suite de mésaventures" n'est pas très convaincant de la part de Lucile, est-ce vraiment nécessaire de mettre ce bout de dialogue ? Il accentue le flou d'une manière maladroite. Et puis si Lucile a autant d'ennuis ça contraste avec les dernières lignes... Peut-être diminuer un peu la dose de soucis de Lucile ? Elle est seule, isolée, mais heureuse ? Et une petite pointe de jalousie de la part de Marie ?



~ Ari ~

Hors ligne Oli_Martian

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Re : [AT n°7 | T09] À l'abri des regards
« Réponse #29 le: 01 Février 2018 à 18:50:06 »
Chouette ! Une enquête policière !
Comme j'en lis (beaucoup) et que j'en écris (un peu), je me permets un petit retour.
La lecture est très plaisante ; sur un format aussi court, il faut beaucoup de concision pour planter le décor, faire exister les personnages et mener rapidement l'enquête jusqu'au dénouement. Tu relèves le défi haut la main, je trouve ton texte est parfaitement rythmé.
Très vite on débouche sur les trois pistes possibles, reste plus qu'à attendre le coup de théâtre final. Pas une mince affaire, puisqu'il faut surprendre tout en restant cohérent ; mais de la qualité de la révélation finale dépend la réussite (ou non) de l'intrigue.
C'est sur ta conclusion que j'émettrais juste quelques réserves :
- version 1 (ma préférée) : malgré un petit côté expéditif, on est surpris par la révélation...
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

- version 2 : tu développes un peu plus, afin de mieux détailler les motivations de qui tu sais.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Bref, l'ensemble est excellent mais cette fin me chagrine un peu :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

En lisant la seconde version (la plus récente) je me dis qu'il aurait pu être sympa...
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Voilà mon modeste avis, désolé d'avoir été si long, et bravo pour ce texte qui m'a bien embarqué  :)

 


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