Hello tout le monde, je poste un texte que j'ai écrit il y a de ça un petit bout de temps, dans le même registre que mon premier posté sur le forum (Camp Dangereux). Je l'avais déjà posté sur un forum qui ne concerne que les textes de ce genre et j'aimerai bien votre avis.
Merci et bonne lecture.

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Marta, une femme d'une cinquantaine d'années habitant un petit lotissement dans le Nord de la France patiente dans la salle d'attente d'un psychologue. Celle-ci semble torturée et ne cesse de guetter de manière inquiète tous les coins et recoins de cette banale pièce. Mr Kerbonod ouvrit la porte de sa salle de consultation.
-Madame Bagnat, entrez je vous prie.
Marta ne se fit pas prier et entra précipitamment dans la salle.
-Je suis déjà informé sur ce qui vous amène. C'est une bien triste histoire... Je vais vous demander de me dire tout ce que vous avez sur le cœur. Il est important que vous vous confiez totalement. Tout ce qui est dit ici reste entre ces quatre murs. Je vous écoute.
-Eh bien... voyez vous, je pense que je suis obligée de me confier entièrement car c'est le seul moyen d'extérioriser tout ce que je ressens.
-Je vous laisse me raconter tout ça à votre rythme. Si vous voulez interrompre la séance, n'hésitez pas, je comprendrais totalement.
-Très bien. Tout à commencé Samedi soir, je me suis rendue chez ma voisine d'en face car j'entendais des bruits de moteur de voiture continus dans le garage et je commençais à m'inquiéter, à me demander si elle avait fait un malaise ou si elle avait eu un souci. Voyez vous je me suis précipitée d'autant plus que je sais que cette jeune fille a connu des problèmes dans son enfance. Je suis donc rentrée directement dans le garage. L'air était irrespirable. N'importe qui y rentrerait et s'y enfermerait aurait été en asphyxie dans les minutes à suivre. J'ai donc ouvert grand la porte du garage et suis allée le plus rapidement possible couper le moteur. Ce que j'ai découvert dans la voiture était horrible. Ma jeune voisine inconsciente accompagnée de son chien que je n'avais pas vu depuis plusieurs semaines sur le siège passager. J'ai donc immédiatement appelé les secours. J'ai allongé la jeune fille dehors en PLS, mais je ne sentais plus son pouls... J'était sous le choc. Vraiment. Puis, sans avoir le temps de me remettre de ces émotions, j'ai entendu une voix m'appeler par mon prénom venant de la maison. J'ai couru et suis entrée en pensant que quelqu'un d'autre était aussi peut-être en danger. J'ai fais un tour dans la maison et n'ai vu personne. Je suis tombée sur un petit cahier sur la table de salon. Je suis ressortie afin de garder un œil sur ma voisine en attendant les secours et ait décidé de le lire. Je l'ai avec moi ici. Je sais que j'aurai du le laisser à la police en pièce à conviction, mais je n'ai pas pu m'en séparer tout de suite. Je voulais vous le lire avant afin de pouvoir tout vous expliquer.
Mercredi 26 mai 2004
Cela me fait un peu bizarre d'écrire dans un cahier que j'appelle "journal". Ça me rappelle mon enfance, cette manie qu'ont toutes les petites filles d'écrire dans ce futile ouvrage qu'elles appellent "journal intime". J'ai décidé de commencer à écrire pour la simple et bonne raison que je suis sujette à un phénomène étrange depuis quelques jours. Comme dans tout journal, je suppose qu'il est de coutume de faire une brève présentation de ma personne avant d'entamer toute description. Je m'appelle Lise, j'ai 21 ans. J'habite dans un petit village au nord de la France dans lequel j'accomplis une licence . Je vis seule dans ma maisonnette, dans un lotissement. J'ai été adoptée. Mes parents adoptifs habitent à environ 2 heures de chez moi, j'ai été forcée de m'éloigner d'eux pour la poursuite de mes études. Je suis seulement accompagnée de mon chien, Spike.
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Je peux à présent écrire ce qui m'occupe l'esprit depuis quelques jours. Alors voilà, comme chaque jour et chaque personne qui en dispose le temps, je jette un œil dans ma boîte aux lettres pour relever mon courrier, mes factures. Depuis dimanche dernier, je reçois quotidiennement une cassette audio dans ma boîte. Celles-ci sont toujours enfermées dans la traditionnelle enveloppe blanche et rectangulaire. Néanmoins, aucune ne porte de timbre, ni d'adresse. Je n'ai pas entendu Spike aboyer une seule fois. C'est pourtant ce qu'il fait quand quelqu'un d'inconnu rôde autour de chez moi.
Lorsque j'ai reçu la première, j'étais un peu hésitante à l'insérer dans mon lecteur cassette. Pourquoi ? Comment ? Qui ? Toutes ces questions se bousculaient dans ma tête. J'ai tout de même passé le cap.
Lecture de la cassette 1 (dimanche) :
Bruit blanc. Bruits de pas. Claquement de ce qui semble être une portière de voiture. Bruit blanc. Une douce voix qui sonnait comme une chansonnette pour endormir les enfants presque inaudible figurait tout le long de l'enregistrement. Rien d'autre.
Lecture de la cassette 2 (lundi) :
Bruit blanc. Encore ce claquement de portière. Bruit de démarrage de voiture. Bruit de graviers craquant sous les roues. Bruit Blanc.
Commentaire : Il est difficile de retranscrire dans un journal ce que j'entends sur ces cassettes. Cet enregistrement semble simplement être celui d'une personne qui part en voiture.
Lecture de la cassette 3 (mardi) :
Bruit blanc. Bruit de voiture en route. Bruit blanc. On pouvait entendre la voix du premier enregistrement, féminine, douce. Presque inaudible. Mais présente.
Lecture de la cassette 4 (mercredi) :
Bruit blanc. Bruit de voiture continu. Bruit de ce qui semble être une personne qui sursaute. Klaxon. Bruit de collision. Bruit blanc.
Celui là était un peu plus long. Le contraste entre la bruit "calme" de la voiture qui fait son chemin et celui de ce qui semble être un accident est assez énorme. J'ai sursauté lorsque j'ai entendu ça. Mais ce qui m'a le plus apeuré n'était pas ça. C'était la douce voix présente sur certains des précédents enregistrements. Je l'ai reconnue de par son timbre. Mais sur cet enregistrement elle était parfaitement audible.. Elle disait même "Rejoins-moi" dans un long et désespéré soupir.
Depuis ce matin, j'ai pour idée de poser une petite caméra devant chez moi. Je la glisserai sous des planches afin que je puisse discrètement enregistrer tout ce qu'il se passe dans l'allée et surtout vers ma boîte aux lettres. Le temps d'installer tout ça, ça devrait être prêt ce soir.
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Voilà, c'est fait. La caméra est posée et reliée, elle est bien fonctionnelle. Je relèverai les images demain soir, après une bonne journée de révisions. J'ai tout de même un peu peur du résultat...
Jeudi 27 mai 2004
Aujourd'hui, je suis passée regarder dans ma boîte aux lettres. Pas le moindre signe de cassette ou quoi que ce soit qui s'y apparente. Je suis néanmoins allée, la boule au ventre, regarder les résultats de ma petite caméra embusquée.
J'ai trouvé dans les images tout ce qu'il y avait de plus banal : Des voisins allant au travail, promenant leur chien, le couple de vieillards habitant juste en face arrosant leur jardin... Rien de bien spécial.
Peut-être n'ai-je pas été assez discrète durant l'installation de la caméra. C'est rageant. Je commence à devenir un peu paranoïaque. Je crois voir des silhouettes imprécises me surveillant au travers des fenêtres dans le coin mon œil.
En fait, j'ai vraiment peur.
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J'ai pris la décision de retirer ma caméra pour voir ce qu'il allait se passer.
Vendredi 28 mai 2004
Je n'ai pas posé la main sur un seul de mes livres de cours aujourd'hui. Mon esprit était trop torturé par cette fichue histoire de cassettes. Je me suis motivée pour faire du ménage et autres banalités afin de m'occuper l'esprit tout en gardant un œil sur ma boîte aux lettres. J'ai juste fait un saut à l'épicerie du coin ce matin. Cela m'a pris juste 5 minutes. Visiblement celles-ci ont suffit à l'inconnu qui dépose ces enveloppes insensées pour agir. Je n'ai croisé personne aux alentours de ma maison susceptible de l'avoir déposée. Spike était allongé à l'ombre derrière la maison, il semblait ne pas avoir été perturbé par quoi que ce soit ayant parcouru les alentours de mon habitation. Ça me tord les tripes.
J'ai donc une nouvelle cassette en ma possession. Sur celle-ci, il y avait des pleurs timides d'enfant appelant ses parents. Entourés de bruit blancs bien sûr.
Je ne pense pas arriver à fermer l’œil ce soir. Je me sens observée. Je ne pourrai pas fermer l’œil si je ne me sens pas en sécurité. Je vais barricader les ouvertures de ma maison. Oui, je me sentirai mieux.
Samedi 29 mai 2004
Je suis parvenue à m'endormir. Mais j'ai très peu dormi. J'ai décidé d'aller prendre l'air ce matin. Pour me rafraichir un peu l'esprit de cette dure nuit.
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Spike semblait fatigué ce matin, il traînait un peu. Cela fait plusieurs jours qu'il ne mange rien. Son bol de croquettes reste intact. Ce n'est pas la seule chose à m'angoisser. Durant ma petite balade de ce matin, tous les regards des voisins étaient braqués sur moi. J'ai l'impression d'être une étrange créature à leurs yeux. C'est comme ça depuis le début. C'est horrible. Pourquoi ? Je suis sûre que c'est eux... Je suis sûre qu'ils ont décidé de me faire du mal ! C'est toujours pareil dans les petits villages ! Les gens cherchent des histoires à ceux qui sont seuls et qui ne veulent pas causer de problèmes ! Ils veulent me rendre FOLLE ! FOLLE ! Je ne regarderai pas dans cette fichue boîte aux lettres. Je vais rester chez moi. Enfermée.
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Ça y est, j'ai presque entièrement barricadé la maison. Je ne sortirai que pour acheter de la nourriture. Je me sens plus en sécurité ici. Avec Spike qui dort paisiblement à mes côtés.
C'est comme ça que se finit le journal. Et j'ai pu compléter une partie de cette horreur. J'ai compris que ma voisine avait depuis longtemps sombré dans la folie. Durant le cours laps de temps où je suis rentrée chez elle, j'ai aperçu du matériel nécessaire pour enregistrer ainsi que des cassettes vierges et un paquet d'enveloppes.
Je vous promet, monsieur Kerbonod, dès que mon regard se porte sur sa pauvre maisonnette depuis cette histoire, je jurerai voir des silhouettes m'y observer.
Et je peux vous dire une chose sûre, ce pauvre Spike n'était plus de ce monde depuis déjà au moins quelques semaines.