A ce stade de la relation nous n’avions toujours pas couché ensemble, mais cela ne tardera pas.
Le lundi qui suivit cette soirée, j’étais de repos comme tous les lundis. À cette époque j’étais en CDD dans ma boîte, mon contrat se terminait le 30 septembre. Je travaillais 6 mois puis je me prenais 3 mois de congés-chômage. C’était la belle époque, ça a duré 2 ans, jusqu’à ce que le directeur général embauche sa bonne femme en tant que chef de notre site. La nana nous a tous embauchés en CDI histoire de marquer le coup, je vous raconte pas la déprime pour nous tous, condamnés à être enchainé non-stop à ce putain de téléphone, tel s des clébards à un poteau. Je l’ai mal vécu.
Milena squattait chez sa mère, pendant que celle-ci était à Montpellier, elle s’occupait de la grand-mère qui commençait à dérailler, comme tous les vieux.
Elle était dans son canapé, elle semblait un peu fatigué, pas étonnant après la soirée qu’on avait passé y’à deux jours.
Elle me semblait toute sage et calme, en comparaison à son comportement de samedi, c’était très différent. On aurait dit qu’elle pouvait se mouvoir dans la peau de plusieurs personnes, un diablotin capable du pire en mondanité, un trublion avec des cornes, et cette jeune femme recroquevillée sur le canapé en survêtement gris chiné et vieux tee-shirt difforme, timide, le regard fuyant quand je la fixais trop.
J’étais touchée, elle me faisait craquer.
Assise à côté d’elle, mon cœur battait fort, par un transfert inexplicable, j’étais intimidée à mon tour. Je sentais mon sang chauffer dans mes veines en se frayant un chemin, une énergie toute particulière s’évaporait de ma peau, je crois qu’on appelle ça le désir.
Elle me parlait mais je n’entendais pas ce qu’elle me disait. Je n’avais qu’une envie c’était de me mouvoir en elle toute entière. Je la lorgnais d’un œil innocent quand on discutait, je ne voulais pas que mes yeux trahissent mes pensées.
De son côté elle me parlait doucement et paraissait toujours aussi effarouchée, je ne sais pas si elle ressentait la même chose que moi, en tout cas elle n’était pas comme les fois précédentes, je l’adorais dans le rôle qu’elle avait pris ce jour-là.
Quelques rayons de soleil traversaient les encablures du volet roulant tel des lasers, se reflétant sur son visage lui donnant une aura céleste. La lumière sur ses cheveux fit ressortir des mèches dorées, qui retombées dans un parfait mouvement sur ses douces joues.
Ses gestes étaient doux et irrésolus. De ses hésitations tout en délicatesse, elle me fît susurrer des soupirs. Elle m’a tellement fait de bien, que j’eus du mal à la toucher.
Nous étions resté dans le canapé, la place manquait, j’étais au bord des gros coussins, mais on s’en foutait, nous n’avons même pas penser à nous déplacer ailleurs. Nous étions dans l’urgence de nous dévoiler l’une à l’autre. J’étais excitée par l’assurance de ses gestes exquis, elle m’a fait venir vite.
Tout dans cette étreinte était diffèrent de ce que j’avais l’habitude de vivre, il a été rare que je jouisse aussi vite. En temps normal je suis plutôt celle qui prend possession et arrive toujours à ses fins. Avec elle la tendance était inversée, elle m’a fait fléchir.
Après cet orgasme elle m’a arrêté, comme pour confirmer sa suprématie.
Jeni était vaincue.
J’avais un dîner ce soir-là, j’ai dû partir tôt, au regret de n’avoir su la satisfaire.
Je me souviens m’être assise au volant de ma voiture, à laisser passer quelques minutes pour me remettre de cette dose massive d’endorphine.
C’est avec des évocations de cette folie douce que je passais la soirée la plus chiante de mon existence en famille.
Que j’aurais aimé poursuivre ce précieux moment avec toi ma douce.
L’ambiance changea à nouveau lors des rendez-vous suivant. Le ton fut à la débauche. L’alcool aidant pour Milena, qui confirma ainsi son penchant pour les plaisirs bucoliques.
Toute gonflée d’orgueil, je me présentai à elle tous les soirs de la semaine, avec la fervente intention de remettre les pendules à l’heure.
Notre premier rapport assagi, s’était transformé en une concupiscence démesurée.
Mes matins étaient douloureux, mais c’est le cœur léger que j’allais travailler chaque jour de cette superbe semaine en repensant à cette ode à la luxure qu’elle m’offrait à chacune de nos soirées, on peut dire qu’elle n’a pas fait les choses à moitié. La Milena timide est effacée, avait laissé la place à une torride Milena gourmande et insatiable.
C’est en me souvenant de mon échec personnel de notre première fois, que je passais le pas de sa porte, pleine d’un amour propre insatisfait, et du devoir de lui prouver que moi aussi j’étais sexuellement valable.
C’est ainsi que notre relation débuta, battit sur des valeurs telles que l’arrogance et l’affrontement, qui ont commencés entre les quatre murs de diverses chambres.
Tout cela je ne m’en rends compte que maintenant évidemment, à ce moment-là, j’étais aveuglé par toute cette luxure, cette entente presque parfaite, mes fantasmes devenaient réalité, et le reste devenait ainsi futile à mes yeux.