Salut Manu ! Ah quel plaisir de te relire !! Dis moi ? c'est pas le cousin de Georges celui-là ? me semble bien barré aussi !
quelques remarques d'abord....
La porno star
Elle frappa à ma porte et sans même attendre la moindre invitation, là je dirais " sans attendre la moindre invitation" ou "sans même attendre" les deux tournures associées sont trop lourdes.
elle pénétra chez moi. J’étais confortablement installé dans mon lit en feuilletant un magazine si bien que je pus l’accompagner des yeux lorsqu’elle franchit les deux mètres du vestibule d’entrée. quelques virgules de respiration sembleraient bienvenues
Avec sa blouse blanche arrivant à mi-cuisses et ses petites sandales en plastique, elle ressemblait à une infirmière.j'aime bien le doute qui s'installe....
-<< Bonjour Monsieur Bedat, comment allez-vous ce matin ? Je vous apporte votre plateau-repas, vous avez bien commandé du bœuf carotte aujourd’hui ?
- La seule chose que j’ai demandé, Mademoiselle, c’est de ne pas dormir dans un hôtel étoilé et de ne pas manger la nourriture préparée par un chef référencé dans un quelconque guide touristique. Parce que voyez-vous, Mademoiselle, je hais les étoiles.
- Oh pour la nourriture, vous ne serez pas déçu. Mais redites-moi, qu’est-ce qu’elles vous ont fait les étoiles ? demanda-t-elle avec un sourire
- Tout ! Elles m’ont déjà tout fait ! Moi le ciel ne m’effraye pas mais les étoiles si. Elles me foutent les j’tons. J’y peux rien, c’est viscéral. Vous saviez que les étoiles sont plus présentes la nuit mais que de jour, elles ne disparaissent pas pour autant ? Hein, vous saviez ? Vous croyiez peut-être qu’elles s’évaporaient dans la nature ? Dans l’ombre de la journée ?dans la clarté de la journée non ?
Pauvre de vous ! Vous et les autres sont si crédules. vous et les autres êtes si crédules je dirais...
Eh bien non, elles se cachent, les sournoises !
- Oh voyons monsieur Bedat, n’exagérez pas. N’avez-vous jamais suivi votre bonne étoile ?
- Il n’y a rien de bon à en tirer, je vous dis. J’en ai déjà entendu parler, mais je n´ai jamais vu de bonne étoile. Une étoile c’est fourbe, c’est tout pointu, ça pique. Je me méfie tout particulièrement des étoiles filantes. Celles-là sont la pire espèce. Je les vois transparentes, je les imagine m’espionner, me scruter, attendre que je sorte de jour comme de nuit pour enfin se lancer et venir me perforer, me laminer, m’exploser. Je n’aime pas le sang, ça tâche tout partout, c’est dur à laver et je n’aime pas les étoiles.
Les étoiles, on devrait les éteindre ce serait plus juste et d’ailleurs la lune est d’accord, elle qui veut la scène pour elle seule. C’est dommage que des métiers comme éteigneurs publics aient disparus parce qu’on pourrait recycler, avec ce chômage. Tout fout l’camp sauf le scintillement de ces points ridicules dans le ciel. Et même si la pollution ambiante agit sur moi comme un médicament bienfaisant, elle n’arrive pas à effacer totalement mes appréhensions.
Croyez-moi, si toutes les étoiles du monde voulaient se donner la main et aller se faire pendre ailleurs, nous aurions enfin un ciel immaculé, j'hésite sur la définition d'immaculé... Pour moi c'est tout blanc, mais peut-être aussi qu'on peut le comprendre comme " sans taches " à vérifier d’un merveilleux noir infini. Je hais les étoiles, elles souillent tout.
Et puis il y a tous ces aliens potentiels qui vivent dessus. Car je ne suis pas fou, je sais bien qu’il y en a. Et quand ils pissent ces extraterrestres, hein ? Avec la gravité, hein ? Vous vous êtes jamais demandé d’où vient la pluie ? Le paratonnerre, c’était il y a longtemps mais quand inventera-t-on le parapipi ? Mais qu’est-ce qu’ils foutent à l’académie ? Des fois, je suis dehors, il pleut et quand je rentre je dois laver tous mes vêtements. Vous parlez d’une vie ! Des autres fois, quand je me sens trop fatigué pour la lessive ou qu’un gros arriéré de linge sale m’attend déjà à la maison, je suis dehors, il pleut alors je me déshabille et cache mes vêtements sous un banc. Les gens me voient ainsi au beau milieu du déluge et quand ils ne m’insultent pas, quand envieuses elles ne s´extazizient pas, alors ils disent : ´Eh bien, il aime la pluie ce rude gaillard !´.Eh bien non ! Non ! Non ! Je hais les étoiles, elles tâchent tout. la tache qui tache n'a pas de tache ( = pas d'accent circonflexe )
-Ne vous énervez pas, monsieur Bedat. Ce n’est pas bon.
-Oui, vous avez raison. A la rigueur, je pourrais accepter une étoile, il faut être diplomate, savoir partager. Je pourrais laisser vivre l’étoile du Berger par exemple … mais absolument pas le troupeau entier ! Dès que je regarde le ciel, j’entends bêler le cheptel à tue-tête. Ça me tape le cerveau, c’est insupportable. Et puis quand je dors, elles viennent embêter mes moutons- Eux sont gentils, ils sont aphones et me laissent tranquille-, mais elles ! Avec leurs petites dents toutes pointues, elles mordent les mollets de mes moutons.les jarrets de mes moutons ...
Ce sont des carnivores voraces et sans loi. là on dirait que tu parles des moutons et non des étoiles ....Et mes moutons finissent toujours bancals, j’ai beau recompter leurs mollets, il m’en manque toujours un. Un mouton bien portant a quatre mollets alors que chez la poule, ils ne sont que deux, genre œuf mi-mollet. je comprends bien la blague que tu envisageais... MI-JARRET du coup ça ne veut plus rien dire haha
Vous imaginez bien, quatre, c’est assez long à compter, mais je ne lésine pas, je compte. Seulement il en manque toujours, c’est un cauchemar, je passe ma nuit à compter, je hais les étoiles.
Oui, supprimons les étoiles et supprimons également toute la littérature qui parle d’elles et de leur doux frou-frou. Empêchons Rimbaud de nous pondre un de ces poèmes à la mord moi l’nœud ! Vous me suivez ? Très bien, nous serons au moins deux à revendiquer quand sonnera l’heure.
Le pire c’est quand arrive décembre. Là, elles deviennent hystériques, elles n’ont plus aucune retenue. Il faut qu’on les voie de jour comme de nuit. Alors elles descendent du ciel avant le Papa Noël pour s’accrocher à tous les sapins qu’elles trouvent. Et à la mairie de cAstres,( bah ! c'est chez moi ça !! ) [/b]
ils foutent même des arbres en plus dans tous les coins de rues. Ils sont inconscients ou quoi ? Je n’aime pas les enfants, je n’aime pas le parc Astérisque, je n’aime pas Noël, je hais les étoiles.
Mademoiselle, si vous surveillez attentivement le ciel – équipé de votre fusil de chasse pour vous protéger. Vous êtes armé armée au moins ? – vous verrez que des étoiles il y en a de toutes les couleurs. Des rouges, des bleus, des vertes mais les pires, les plus vicieuses, c’est les jaunes. Je n’ai pas aimé la période hitlérienne et toutes ces étoiles impunément affichées, j’en garde de profondes séquelles.
-Oui, ben bon, parlons-en un peu des séquelles. N’oubliez pas de prendre vos pilules, monsieur Bedat. Une bleue avant le repas et les deux rouges juste après. OK ? Allez, il faut que je file, j’ai du travail.>>
Je la regardai s’éloigner en remuant son popotin. Comme si la nature n’avait pas été suffisamment généreuse, elle espérait gagner du volume en s’épanchant exagérément à droite puis à gauche. Sur le pas de la porte, elle retourna la tête dans ma direction, me gratifia d’un merveilleux sourire et, poussant retroussant ses lèvres...?. ses lèvres en avant, elle me susurra :
_<< C’est toujours un plaisir de parler avec vous monsieur Bedat. A demain.>>, puis elle sortit.
Je restais là à regarder la porte d’entrée. Un dégoût immonde s’empara de tout mon être. Ma nausée se mélangea à son parfum outrageusement répandu. Je savais bien que c’était une porno star.
Alors, j'ai bien retrouvé là ton côté déjanté et ça m'a fait sourire. j'avoue que je ne sais pas trop : ou te conseiller d'accentuer le trait ( infirmière plus langoureuse, un rien vulgaire, fleurant déjà la copine à Rocco) ou bien rester dans cette ambiguïté schizophrène du type qui délire sur une femme " normale" sur un mode paranoïaque.
Il y a des " fautes" de français dans le dialogue, surtout venant de M. Bedat, mais cela accentue son côté nature, et cela ne m'a pas dérangée, surtout comparé au côté lisse de l'infirmière. ( enfin... lisse sauf vue de dos ! )
j'oserai presque pour accentuer le côté dramatique et donner une origine à la phobie de ce pauvre homme, changer son patronyme et le nommer " Cohen" " Feldman" " ou...." Stern" ce n'est pas politiquement correct ( vu qu'act'heure qu'on ne peut plus rien dire sans prendre le risque de choquer ) mais je le verrai bien comme ça. Quitte à l'appeler par son prénom ( David ? ) et de ne dévoiler son nom qu'à la fin après la référence à l'étoile jaune.... Je n’ai pas aimé la période hitlérienne
Bonne réflexion et surtout, surtout, garde ton texte tel qu'il est né dans ta tête ( mes avis n'ont pas d'importance et sont subjectifs)
Bises
Goémine