Au lecteur :
Je suis une adepte, en poésie, des formes classiques, mais je tente entre deux du vers libre expérimental. La série ci-dessous s'insère en cette expérimentation. Je trouve en général le résultat tout à fait intéressant dans le fourmillement d'idées spontanées qu'il provoque. En revanche, il me paraît difficile à partager tel quel. Les retours sur la forme ont donc une importance toute particulière pour moi.
LES MICRO-INSTANTSI. TERREUR DE LA CRÉATION
Les conséquences de nos erreurs séculaires sont
Les fantômes d’univers parallèles
Que nous ne visitons jamais qu’en de pénibles rêves
Peints aux remords qui nous torturent
Grâce aux plages d’ennui aux galets plats
Vaste estran de mémoire à nouveau recouvert
Nous peignons à nouveau comme un artiste russe
Alcoolisé de vieux désirs réveillés sous notre irrémédiable existence
Et le reflux remporte nos toiles sales
Comme un appel du présent
Comme un retour vers la vie
Et le reflux nous ramène au bercement des jours mornes
Vagues sous lesquelles s’entretiennent les fantômes
Tout ce peuple de faux souvenirs enterré sous les carrefours
Sans que me revienne une histoire que je n’ai jamais lue
Des profondeurs de la possibilité
Sans qu’un autre moi-même ait bifurqué
Aux carrefours qui nous façonnent
La même image apparaît
Le miroir ne se tend que pour nous torturer mais derrière
Une princesse ignoble et des gnomes gouailleurs me pendront
J’ai tracé ce chemin dans la nuit du pire et j’ai trouvé la sortie du labyrinthe au jugé
Mais pourtant la terreur du labyrinthe me manque
Offrez-moi de nouveau la drogue de me sentir sur le seuil du futur
Renfermez-moi dans ma geôle et torturez mon âme avec des images lointaines
Seul dans ma victoire
Il me semble avoir gagné comme un peintre exilé survit
Loin des sujets de ses toiles sur les murs du labyrinthe
Nous reviendrons dans nos cauchemars
La dernière nuit
Le cimetière ouvrira ses portes pour notre âme à la recherche des supplices raffinés
Que nous offrent les succubes et les sadiques
La vie se tremble au lieu de se vivre
Et nous chérissons nos symptômes inventés
Nos déguisements de faux pestiférés
Renfermez-moi dans ma crypte au milieu des démons !
Enfermez-moi que je peigne
Et non dans ce phare où je ne vois autour que des mouvements de monde
Enfermez-moi dans une obsession
Dans une menace
Dans une antichambre de la mort
Dans ma véritable identité