Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

23 Août 2026 à 10:10:08
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Amour marin

Auteur Sujet: Amour marin  (Lu 1452 fois)

Hors ligne sonadoré

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Amour marin
« le: 17 Septembre 2016 à 11:54:23 »
Tout d'abord, il y a l'insolence de cette musique, de ce piano répétitif comme enfermé dans la boucle de sa mélodie, de ce violon bruyant que quelques fausses notes rendent détestables, et de cette voix timide perdue quelque part entre l’aiguë et le grave. Ensuite, il y a sa beauté qu'on dirait involontaire, des cheveux pas coiffés et un visage fatigué qui forment ensemble un joli dessin. Enfin, il y a cette inévitable dérive de ma concentration, mon incapacité chronique à m'attacher plusieurs minutes à mon environnement. Alors, comme chaque soir, je suis ailleurs. Et comme chaque soir, je justifie ce moment d'égarement en rejetant la faute sur les éléments qui composent ma réalité, pour me donner bonne conscience. Pour ne pas penser à la chimie malsaine que j'impose à mon organisme quotidiennement, et à ses conséquences.
   Ses lèvres bougent à une vitesse folle, on dirait le rythme des vagues, elles se retirent un temps, font croire au silence, puis se rabattent brusquement dans un fracas démentiel et éclaboussent le reste de mon corps pas encore souillé par les flots. Elle a les yeux bleus, d'un bleu hypnotisant que je m'applique à fixer dans l'espoir d'y apercevoir un indice de sa pensée profonde. En vérité, j'y cherche l'ennui, l’œil fatigué. Mais je vois flou, et je repère à peine les brefs instants pendant lesquelles ses paupières sont closes.
   La musique est beaucoup trop forte, je la ressens comme une oppression. Elle m'inonde, elle aussi a des airs d'océans. C'est comme si la plage sur laquelle je m'étais reposé toute l'après-midi subissait désormais la montée de la marée. Je ne sais où trouver la force de me lever de ma serviette, de quitter l'endroit. Je crois que si j'y parvenais, je me sentirais honteux, presque déserteur. Cette fille, cette mer, cette soirée sont mon combat. Je n'ai pas vraiment l'âme d'un guerrier mais je ne me condamne pas non plus comme un fainéant peureux ; en fait, je devine le héros qui sommeille en moi. C'est sans doute grâce à lui que mes yeux ne tombent jamais sur son décolleté que je sais magnifique.
   Est-ce une hallucination, ou est-ce qu'elle vient véritablement de poser sa main sur la mienne ? Ca faisait longtemps que j'avais pas regardé ma main, je lui faisais confiance quant aux chemins qu'elle empruntait puisque jusqu'à présent elle ne servait qu'à me nourrir. J'ai relâché mon attention et la voilà enfermée dans la prison charnelle. Je la sens trembler et devenir moite. Elle n'est pas habituée aux situations extrêmes de ce genre. Elle pourrait paniquer : enrouler ses doigts autour des siens, amorcer des petites caresses, elle pourrait même s'avérer douce. Oh mon Dieu, c'est ce qu'elle fait !
   Au plus profond de mon être, à mi-chemin entre mon cœurs et mes entrailles, l'orchestre de mes émotions a débuté la représentation d'une symphonie que je n'avais jamais entendue jusqu'à maintenant et que je perçois encore mal à cause de l'atrocité de la musique extérieure. Je crois reconnaître des tambours qui de leur boum boum m'envoient des encouragements, avec eux des pianos que les violons angoissent. Et pendant que je me concentre sur ce ressenti intérieur, je ne remarque pas mon visage se rapprocher du sien. Ce n'est que lorsque mes lèvres touchent les siennes que j'abandonne soudain l'introspection. Si je m'étais peu à peu habitué aux vagues qui empiétaient sur ma plage, je ne m'étais pas préparé à un tsunami d'une telle ampleur.
   Je ne sais pas nager, je vais sans doute couler, on retrouvera mon corps noyé dans des draps inconnus, vidé de son alcool et de ses drogues. Ma mère pleurera quand on lui annoncera la nouvelle, elle dira que j'étais trop jeune pour aimer, qu'elle aurait dû me surveiller un peu mieux. Les autres, compatissants, lui diront que ce n'est pas de sa faute, que la vie est injuste, que je n'ai pas eu chance, que c'était imprévisible. Que les horaires de marées n'annonçaient pas cette tempête.
   Et alors, quand on aura bien pleuré et qu'on me demandera de raconter, j'écrirai une poésie. En attendant, je me laisse plonger. Je ne suffoque toujours pas. La douceur de ses caresses ont incrusté des écailles dans mon cou. Les musiciens ont posé leurs instruments et pris des outils pour me construire un bateau. Capitaine, j'aperçois un iceberg !
« Modifié: 17 Septembre 2016 à 15:20:40 par sonadoré »
Utopisme

Hors ligne Eunuque

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Re : Amour marin
« Réponse #1 le: 17 Septembre 2016 à 14:01:45 »
Je vous lis vraiment avec plaisir. Vous écrivez souvent sur les rapports humains, amoureux et cette fois-ci avec un brin d’érotisme. Il y a de la candeur dans l'approche et beaucoup de maturité dans votre façon de l’exprimer. Ce parallèle entre la musique du corps et celui de la mer est bien trouvé.
On reste en apnée avec le jeune homme.
« Je ne sais pas nager, je vais sans doute couler, on retrouvera mon corps noyé dans des draps inconnus, vidé de son alcool et de ses drogues. Ma mère pleurera quand on lui annoncera la nouvelle, elle dira que j'étais trop jeune pour aimer ».
Il y a du génie dans cette phrase ci. C’est souvent le cas avec vous. On se laisse balader par votre prose, on se sent bien et vous nous en balancer une et qui vient d’on ne sait où et on reste là, sur le cul (et non le cucul) en se disant : « Ah ouais, d’accord, je ne l’ai pas vu venir celle là ». J’aime être étonné, oh que oui, cela me fait penser que je ne suis pas encore mort.
Bravo.
Bonne journée,
Berth

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Re : Amour marin
« Réponse #2 le: 17 Septembre 2016 à 15:25:25 »
Bonjour Sonadore,
J'ai trouvé ce texte très intéressant. Je ressens que j'aurai totalement" plongé " dedans si peut-être tu t'étais encore  plus laisse aller à être ce que  tu appeles " cul cul ".  Moi j'appellerais ça enflammé, gamin,  un peu fou   :)  et   c'est bon à tout âge !..
Je ne suis pas dingue du  mot " capitaine "  à la fin. Cela m'a semblé affaiblir  la profondeur . Mais ce n'est que mon avis et peut - être que je me trompe  :). Sinon toujours autant d'intérêt à te lire, bonne suite !
Luv
Ps mon clavier n'est pas heureux avec certains accents,  désolée, il en manque 8)

Hors ligne Pan

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Re : Amour marin
« Réponse #3 le: 17 Septembre 2016 à 15:38:56 »
PLOP.  C'est un joli texte. Je n'ai pas réussis à saisir la scène que tu y décrivais, mais ça ne m'a pas empêché de l'apprécier. ( La fin m'a incité à pensé que le narrateur est en train de planer gentiment et de tournoyer lentement vers le néant parce-qu'il fait un bad trip/qu'il meurt pour une raison ou pour une autre. Mais en même temps, il me semble qu'il parle d'une amante, ou d'une prostitué ou. JE NE SAIS PAS. ) De manière générale, je le trouve un peu flou, et un peu trop plat : il y a de belles images, et un rythme s'installe, mais on ne vit pas avec le personnage. Je suis resté en dehors de ses sensations, comme si je voyais à travers ses yeux embrumés, mais dans un corps de coton. Ceci-dit, ça me semble plutôt approprié pour ce texte, qui dégage une sorte de langueur ( instaurée par le style, le rythme ), quelque chose de vague ( sans jeu de mot 8D ). Donc ça m'a gêné surtout car ce n'est pas le genre de prose que j'apprécie le plus, bien que je lui trouve ici une justification. Enfin, il n'y a pas une seule bonne manière d'écrire un texte, mais en l'occurence, celle que tu as choisis pour celui-ci me semble appropriée.
Que dire de plus ? De manière générale, ce qui m'a posé problème, c'est que parfois, les mots ne sont pas assez puissants pour exprimer ce que tu veux faire passer. En fait, ça manque un peu d'intensité, et c'est dommage, parce-qu'au de là de ça, c'est beau.
J'ai cité quelques petites choses, des remarques qui me sont venus à la lecture :


" Ensuite, il y a sa beauté qu'on dirait involontaire, des cheveux pas coiffés et un visage fatigué qui forment ensemble un joli dessin." > Simple question de rythmique, un "fort joli dessin" passerait mieux au niveau de la musique du texte. Mais c'est juste une remarque très subjective. /out

"Ses lèvres bougent à une vitesse folle, on dirait le rythme des vagues, elles se retirent un temps, font croire au silence, puis se rabattent brusquement dans un fracas démentiel et éclaboussent le reste de mon corps pas encore souillé par les flots" > Alors déjà l'image est belle /O/. VOILA. Mais "mon corps pas encore souillé" c'est maladroit comme formulation. Et pas très jolie.

"Mais je vois flou, et je repère à peine les brefs instants pendant lesquelles ses paupières sont closes."

"Elle pourrait paniquer : enrouler ses doigts autour des siens, amorcer des petites caresses, elle pourrait même s'avérer douce. Oh mon Dieu, c'est ce qu'elle fait !" > Petite gêne pour ma part avec ce "oh mon dieu", il sonne un peu artificiel à mes yeux. Ce genre de formulation est difficile à faire passer à l'écrit je trouve, et là, je l'ai ressentis comme étant à demi-réussis et à demi-tracassant.

"Au plus profond de mon être, à mi-chemin entre mon corps et mes entrailles" > Han j'aime bien, c'est beau. Pourquoi cette phrase en particulier, je ne sais pas, il y en a d'autres qui sont plus poétiques, plus dignes d'être citées, et qui m'ont plu aussi. Mais pour une raison obscure, cette formulation m'a particulièrement enchanté /out

"Je crois reconnaître des tambours qui de leur boum boum m'envoient des encouragements, avec eux des pianos que les violons angoissent." > "boum boum" ça renvoie au cœur, certes, mais ça fait tâche quand même :D. "Pulsation" ou un mot du genre serait plus approprié, et le lien musique organique/musique extérieure reste présent.

"Ce n'est que lorsque mes lèvres touchent les siennes que j'abandonne soudain l'introspection." > Je trouve que l'intensité de ce moment d'abandon passe mal, car "touche" n'est pas un mot assez puissant pour le décrire.


Aycaytou. A bientôt sur un prochain texte :D.
"Nous n'avons pas peur que la nuit vienne... nous n'avons pas peur..."

Hors ligne sonadoré

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Re : Re : Amour marin
« Réponse #4 le: 19 Septembre 2016 à 15:50:59 »
Je vous lis vraiment avec plaisir. Vous écrivez souvent sur les rapports humains, amoureux et cette fois-ci avec un brin d’érotisme. Il y a de la candeur dans l'approche et beaucoup de maturité dans votre façon de l’exprimer. Ce parallèle entre la musique du corps et celui de la mer est bien trouvé.
On reste en apnée avec le jeune homme.
« Je ne sais pas nager, je vais sans doute couler, on retrouvera mon corps noyé dans des draps inconnus, vidé de son alcool et de ses drogues. Ma mère pleurera quand on lui annoncera la nouvelle, elle dira que j'étais trop jeune pour aimer ».
Il y a du génie dans cette phrase ci. C’est souvent le cas avec vous. On se laisse balader par votre prose, on se sent bien et vous nous en balancer une et qui vient d’on ne sait où et on reste là, sur le cul (et non le cucul) en se disant : « Ah ouais, d’accord, je ne l’ai pas vu venir celle là ». J’aime être étonné, oh que oui, cela me fait penser que je ne suis pas encore mort.
Bravo.
Bonne journée,
Berth

Je reste sans voix... Quels compliments magnifiques... Cela me donne envie de continuer à écrire, si mon écriture peut provoquer ce type d'émotion à mes lecteurs... Merci !
Bonjour Sonadore,
J'ai trouvé ce texte très intéressant. Je ressens que j'aurai totalement" plongé " dedans si peut-être tu t'étais encore  plus laisse aller à être ce que  tu appeles " cul cul ".  Moi j'appellerais ça enflammé, gamin,  un peu fou   :)  et   c'est bon à tout âge !..
Je ne suis pas dingue du  mot " capitaine "  à la fin. Cela m'a semblé affaiblir  la profondeur . Mais ce n'est que mon avis et peut - être que je me trompe  :). Sinon toujours autant d'intérêt à te lire, bonne suite !
Luv
Ps mon clavier n'est pas heureux avec certains accents,  désolée, il en manque 8)

Hey Luv !
Content que ça t'ait globalement plu, même si, j'imagine que tu le comprends, je suis un peu déçu que tu ne sois pas totalement rentrée dans le texte... Mon écriture, peut-être que c'est effectivement dû à mon âge, a souvent tendance à être irréfléchie. J'ai écris ce texte en vingt minutes à peine, sans réfléchir à sa construction, à ses réflexions, etc... Ce que je veux dire par là, c'est que pour écrire quelque chose de "culcul" j'ai besoin de me retrouver dans cet état d'esprit, sinon je ne l'atteins pas vraiment et le rendu me paraît vraiment bof...
Au plaisir !
Sonadoré
PLOP.  C'est un joli texte. Je n'ai pas réussis à saisir la scène que tu y décrivais, mais ça ne m'a pas empêché de l'apprécier. ( La fin m'a incité à pensé que le narrateur est en train de planer gentiment et de tournoyer lentement vers le néant parce-qu'il fait un bad trip/qu'il meurt pour une raison ou pour une autre. Mais en même temps, il me semble qu'il parle d'une amante, ou d'une prostitué ou. JE NE SAIS PAS. ) De manière générale, je le trouve un peu flou, et un peu trop plat : il y a de belles images, et un rythme s'installe, mais on ne vit pas avec le personnage. Je suis resté en dehors de ses sensations, comme si je voyais à travers ses yeux embrumés, mais dans un corps de coton. Ceci-dit, ça me semble plutôt approprié pour ce texte, qui dégage une sorte de langueur ( instaurée par le style, le rythme ), quelque chose de vague ( sans jeu de mot 8D ). Donc ça m'a gêné surtout car ce n'est pas le genre de prose que j'apprécie le plus, bien que je lui trouve ici une justification. Enfin, il n'y a pas une seule bonne manière d'écrire un texte, mais en l'occurence, celle que tu as choisis pour celui-ci me semble appropriée.
Que dire de plus ? De manière générale, ce qui m'a posé problème, c'est que parfois, les mots ne sont pas assez puissants pour exprimer ce que tu veux faire passer. En fait, ça manque un peu d'intensité, et c'est dommage, parce-qu'au de là de ça, c'est beau.
J'ai cité quelques petites choses, des remarques qui me sont venus à la lecture :


" Ensuite, il y a sa beauté qu'on dirait involontaire, des cheveux pas coiffés et un visage fatigué qui forment ensemble un joli dessin." > Simple question de rythmique, un "fort joli dessin" passerait mieux au niveau de la musique du texte. Mais c'est juste une remarque très subjective. /out

"Ses lèvres bougent à une vitesse folle, on dirait le rythme des vagues, elles se retirent un temps, font croire au silence, puis se rabattent brusquement dans un fracas démentiel et éclaboussent le reste de mon corps pas encore souillé par les flots" > Alors déjà l'image est belle /O/. VOILA. Mais "mon corps pas encore souillé" c'est maladroit comme formulation. Et pas très jolie.

"Mais je vois flou, et je repère à peine les brefs instants pendant lesquelles ses paupières sont closes."

"Elle pourrait paniquer : enrouler ses doigts autour des siens, amorcer des petites caresses, elle pourrait même s'avérer douce. Oh mon Dieu, c'est ce qu'elle fait !" > Petite gêne pour ma part avec ce "oh mon dieu", il sonne un peu artificiel à mes yeux. Ce genre de formulation est difficile à faire passer à l'écrit je trouve, et là, je l'ai ressentis comme étant à demi-réussis et à demi-tracassant.

"Au plus profond de mon être, à mi-chemin entre mon corps et mes entrailles" > Han j'aime bien, c'est beau. Pourquoi cette phrase en particulier, je ne sais pas, il y en a d'autres qui sont plus poétiques, plus dignes d'être citées, et qui m'ont plu aussi. Mais pour une raison obscure, cette formulation m'a particulièrement enchanté /out

"Je crois reconnaître des tambours qui de leur boum boum m'envoient des encouragements, avec eux des pianos que les violons angoissent." > "boum boum" ça renvoie au cœur, certes, mais ça fait tâche quand même :D. "Pulsation" ou un mot du genre serait plus approprié, et le lien musique organique/musique extérieure reste présent.

"Ce n'est que lorsque mes lèvres touchent les siennes que j'abandonne soudain l'introspection." > Je trouve que l'intensité de ce moment d'abandon passe mal, car "touche" n'est pas un mot assez puissant pour le décrire.


Aycaytou. A bientôt sur un prochain texte :D.

Merci beaucoup, ce genre de commentaire est toujours très utile et m'aide à repérer mes erreurs et plutôt que de les corriger sur celui-ci, j'essaye de ne pas les reproduire sur les prochains textes. Je ne retravaille que peu mes textes car cela me rappelle l'exigence du travail scolaire et je crois que j'en bouffe assez comme ça toute la semaine  ;D ! Cependant je lis avec beaucoup d'attention l'ensemble de tes remarques et j'en prends note. Alors un immense merci.
Salut !
Sonadoré
Utopisme

Hors ligne Dropp

  • Tabellion
  • Messages: 48
  • "Météooooo"
Re : Amour marin
« Réponse #5 le: 19 Septembre 2016 à 17:34:56 »
Salut !

Je vais être franc, je n'ai pas grand-chose à dire à part que j'ai bien aimé. Je suis peut-être un peu trop rustre pour apprécier tout le lyrisme de ce texte, mais j'ai quand même beaucoup apprécié le fait que le narrateur soit "inondé" par la situation relativement stressante et grisante d'un premier "contact". C'est très bien trouvé.

A plus sur le forum !

Siegrid

  • Invité
Re : Amour marin
« Réponse #6 le: 19 Septembre 2016 à 22:21:12 »
Bonsoir,

Je crains d'être la seule à avoir trouvé ce texte un peu tragi-comique.
Le style est merveilleux, les mots s'enchainent sans heurt.

Mais j'ai trouvé drôle et triste ce jeune homme, de toute évidence en pleine ascension alcoolique ou narcotique, qui perçoit plus les bruits extérieurs que sa séductrice. Son image était pourtant bien composée : "des cheveux pas coiffés et un visage fatigué qui forment ensemble un joli dessin". Une formidable description.

Ensuite, perdue dans l'introspection du jeune homme, elle devient une main, mais quelle main !
Est-ce une hallucination, ou est-ce qu'elle vient véritablement de poser sa main sur la mienne ? Ca faisait longtemps que j'avais pas regardé ma main, je lui faisais confiance quant aux chemins qu'elle empruntait puisque jusqu'à présent elle ne servait qu'à me nourrir. J'ai relâché mon attention et la voilà enfermée dans la prison charnelle. Je la sens trembler et devenir moite. Elle n'est pas habituée aux situations extrêmes de ce genre. Elle pourrait paniquer : enrouler ses doigts autour des siens, amorcer des petites caresses, elle pourrait même s'avérer douce. Oh mon Dieu, c'est ce qu'elle fait !"
J'ai souri jusqu'aux oreilles. Je te remercie, ma soirée s'annonçait un peu morose. Cette main totalement autonome vient de lui redonner des couleurs.

Puis, cette dame devient une bouche, un baiser, qui se transforme en tsunami, très, très rapidement. Je reste un peu sur ma faim, j'attendais surement que d'autres membres fonctionnent de manière totalement indépendante : on sent l'inexpérience du jeune homme, qui dérive immédiatement.

Heureusement, cette formidable et très drôle introspection fait son retour dans le récit de la future fin de l'histoire. J'ai de nouveau souri. Oui, ce regard totalement tourné vers soi-même est très comique.

 Mais c'est aussi, à mon sens,  une tragique description d'un jeune drogué, et/ou alcoolique, qui ne perçoit plus le monde extérieur que pour l'effet qu'il produit sur lui, et non sa beauté propre.

Cette impression m'a fait beaucoup plus d'effet que la description de la rencontre.

Néanmoins, bravo. Quelque soit la manière dont on prenne ton histoire, elle est convaincante et très bien écrite.

 :)

Hors ligne sonadoré

  • Troubadour
  • Messages: 295
Re : Amour marin
« Réponse #7 le: 21 Septembre 2016 à 15:46:35 »
Salut vous deux, merci pour vos commentaires !
Et effectivement je suis content que quelqu'un le remarque.. je me suis marré en écrivant ce texte ! Imaginer mon personnage complètement paniqué était pour moi très drôle et je l'ai écris comme un drame que l'on ne prend pas au sérieux... Enfin peut-être que ce n'était pas assez clair...
Utopisme

 


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