Je me doute que ce petit texte n'a rien d'extraordinaire. Cependant, je tenais à le partager. Merci à tout le monde.
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2 septembre. Date banale pour la plupart des Français. Ce n’est ni la rentrée, ni une fête nationale. Toute personne normale verrait cette journée comme quelque chose d’ordinaire. D’ailleurs, ce matin, je faisais partie de ce groupe d’individus ignares qui préfèrent vivre au jour le jour, sans penser au mois ou à l’année.
Ce matin, j’étais toute guillerette à l’idée de revoir mes nouveaux camarades. J’avais pris le bus, mes écouteurs bien enfoncés et le regard rivé sur les bâtiments défilant sous mes yeux. C’était le deuxième jour de mon existence en classe préparatoire. Quelque chose de nouveau, de frais et de précieux. Peu m’importait la date. Je mourrais juste d’envie de découvrir ma nouvelle vie.
Adieu le lycée privé, la filière que je n’avais pas choisie et ma routine vieille de sept ans. Toute la matinée, j’avais circulé dans la bibliothèque universitaire de ma ville. Des livres, des tables et encore des livres. Cette année s’annonçait plutôt enrichissante ! Après cette visite, j’avais passé la matinée avec les autres élèves. Traînant dans les cafés, riant au bord du fleuve, je ne pensais pas que j’allais subir un choc plus tard dans la journée. J’étais trop innocente. La vie m’appelait et je lui ouvrais les bras.
Pourtant, au beau milieu de l’après-midi, le destin était venu me trouver. Brutalement, il m’avait tiré par les cheveux et ramené quelques années en arrière. En effet, au beau milieu d’une ruelle, sous le soleil scintillant de septembre, il était là. Entouré de filles et marchant d’un pas décidé, il dégageait quelque chose de différent.
Il m'avait fixé pendant une longue minute, puis pointé du doigt. J'entendais les filles de son harem lui dire : "mais c'est qui celle-là?". J'avais envie de tout leur expliquer, de leur hurler mon nom, mon prénom et ma souffrance. Mais il était là, arborant un rictus sur ses lèvres. Puis, lentement, il était passé à côté de moi. Son ombre emportait avec elle un amoncellement de souvenirs. Un flot de messages, de paroles et de promesses oubliées.
2 septembre. Date banale pour la plupart des Français. Pourtant, il restera gravé pour toujours dans ma mémoire. C’est le jour où j’ai compris qu’il était impossible d’oublier quelqu’un. Bizarrement, depuis que je l’ai vu, depuis qu’il m’a souri, les plaies se sont rouvertes.
2 septembre, jour où mon cœur a cédé.