Après ma petite présentation, je viens à vous avec mon projet majeur: Efir qui est une duologie heroic fantasy.
Si je partage ceci avec vous c'est avant tout pour demander votre avis sur mon style d'écriture: trop lent ? trop de détails ? mauvaise tournure de phrase ? ... (j'ai un problème de maitrise des dialogues je pense à vous de me le dire) Les fautes qui piquent les yeux devraient être minimes, mais n'hésitez pas a signaler si vous découvrez quelque chose

Aussi sur format bouquin de poche cela fait 13 pages. trop court ou juste assez ?
Bonne Lecture, Tombraxis
Efir : la chute d'Argent - chapitre 1 (j'ai pas encore trouver de nom

)
A son réveil, Fox était encore couvert de sueur. Comme chaque nuit depuis plusieurs jours, il avait fait ce cauchemar. Il se souvenait encore de chaque détail, chaque maison incendiée, chaque corps fumant gisant sur les bas-côtés, le soleil d’un noir profond et le ciel d’un rouge écarlate, comme si les étoiles c’étaient subitement mises à saigner. Il avait beau se triturer l’esprit, il ne parvenait pas à comprendre la signification de ces visions.
Un courant d’air vint lui caresser la joue et, par-delà le tumulte de ses pensées, il finit par remarquer le claquement des épées de bois de l’entrainement matinal au dehors. Fox se souvenait avoir fermé la fenêtre avant de dormir. Intrigué, il finit par se lever. Sa chambre était tout à fait à l’image des moines : modeste, sobre et efficace. Elle se trouvait sous les combles de l’abbaye. Hormis son lit de paille, elle était meublée d’une vieille commode en bois, d’un grand miroir en étain et d’un petit porte-manteau. Sur la commode, Fox remarqua une corbeille de fruit et une carafe d’eau. Entre quelques fruits, un mot était glissé : « Joyeux anniversaire. Pitane ». Fox ne put s’empêcher de rougir. Elle n’avait pas oublié. Il plia le mot en quatre et le posa sur la commode de laquelle il sortit une chemise en lin, une chausse propre et un ruban vert qu’il pendit au porte-manteau. Face au miroir, il attacha ses longs cheveux blonds au moyen du ruban et enfila les vêtements. Soudain, un autre courant d’air, bien plus puissant, déboula dans la pièce, sortant pratiquement la fenêtre de ses gonds et manquant de faire voler la vitre en éclat. Fox entreprit de refermer cette dernière lorsque son regard se posa sur ses camarades en contre-bas.
Mestre Tardas avait sorti les mannequins d’entrainement et, au vu de leur état, ils avaient déjà bien servi durant la matinée. Nenox et Wratt révisaient des gardes tandis qu’Efraktus et Pitane s’adonnaient à ce qui semblait être un concours de tir à l’arc. Bien sûr, Efraktus était sûr de gagner : de toute l’abbaye, c’était de loin le meilleur archer. On ne comptait plus les fois où, dans un excès de zèle, il touchait deux fois la cible au même endroit, réduisant la première flèche en charpie. Cependant, mestre Tardas ne manquait pas de le corriger en invoquant le « manque de munition et la difficulté de se trouver de si bonnes flèches ». Fox referma la fenêtre, enfila son manteau et pris la porte de sa chambre tout en emportant l’une des pommes de la corbeille de fruit.
Le couloir qui menait à la grande salle était une mezzanine qui donnait sur cette dernière. La grande salle était une pièce immense en forme de croix au centre de laquelle se trouvait un foyer. Autour de ce dernier étaient disposées de nombreuses tables de bois ainsi que des bancs. Du plafond pendaient de grands lustres en métal noir. Fox ne manqua pas d’y remarquer Karag occupé à déjeuner tout en lisant. Il s’approcha et s’assis en face de lui. Karag était son instructeur, membre du conseil et l’un des meilleurs guerriers de l’ordre. Il avait la trentaine, la barbe toujours soigneusement taillée et des cheveux bruns dont il réunissait une partie en un petit chignon au-dessus de la tête. C’était aussi un homme très instruit qui ramenait nombre de livres et de parchemins précieux lorsqu’il rentrait de voyage. Voyant que Fox s’était assis, il rangea sa lecture et le salua.
- Tu es prêt à sortir ? Dit-il.
Fox était perplexe, ils n’avaient rien prévu la veille et il était rare que Karag lui propose de sortir sur un coup de tête.
- Pour aller où ? répondit-il.
- Je dois aller faire une course au marché portuaire, j’ai osé penser que cela t’intéresserais de m’y accompagné. Je pense que tu n’avais rien prévu aujourd’hui de toute façon ?
Karag savait pertinemment la date d’aujourd’hui et Fox le savait. Il remarqua une certaine malice dans ses yeux et, faisant mine de ne pas se poser de question, il accepta.
- Parfait, Allons-y ! La matinée est déjà bien avancée et j’aimerais qu’il reste encore des vivres frais sur les étals lorsque nous arriverons !
Karag se leva, enfila son manteau à capuche et pris le sac ou il avait rangé le parchemin. Fox fit de même et ils se dirigèrent tout deux vers l’extérieur.
L’abbaye était un modeste complexe niché sur une falaise du littoral à quelques kilomètres de la ville. Elle était composée du bâtiment principal où se trouvait les chambres, les cuisines, la grande salle et la salle du conseil. A l’entrée du domaine se trouvait les écuries et quelques hangars, le tout entourant une vaste cour centrale où trônait la forge et où s’effectuaient les entrainements. Aux pieds de la falaise, se trouvait une petite calanque ou mouillait l’un des derniers navires de l’ancienne flotte Vialoise que la révolte grise n’avait pas incendié ou réquisitionné.
Le ciel était clair et le soleil, malgré la matinée, était accablant. Une brise tiède, mais soutenue, portait du sud le parfum des champs de lavandes entourant l’abbaye. Dans la cour, l’entrainement avait laissé place aux duels et Nenox et Pitane s’y adonnaient avec férocité. Mestre tardas, à l’ombre d’un cyprès, observait le combat avec attention.
Les deux élèves se tournaient autour depuis quelques minutes déjà lorsque Nenox passa à l’attaque. Avec brutalité il tenta de déstabiliser Pitane qui, avec grâce, l’évitait à chaque fois le forçant à s’essouffler d’avantage à chaque coup manqué. Lorsque la petite mascarade commença à l’ennuyer et voyant qu’il commençait à chanceler, elle parât son ultime attaque, le faisant trébucher et lâcher son épée tout en le tenant en joug. Karag s’apprêtait à applaudir l’issue du duel lorsque Nenox, profitant de la proximité de Pitane, la déstabilisa et se saisit de son arme pour la mettre en joug à son tour.
Impressionné, Karag alla féliciter Nenox, tandis que mestre Tardas s’approchait, quittant la fraicheur de l’ombre.
- Il y a toujours un enseignement à l’issue d’un duel jeunes gens, fit le vieil homme.
- Perdre son arme n’est pas toujours une fin en soi et l’assurance d’un gagnant est illusoire tant que l’adversaire respire encore.
Mestre tardas laissa s’échapper un petit gloussement amusé qu’il ravala aussitôt lorsqu’il entendit le bruit caractéristique d’une flèche en transperçant une autre. Fulminant, il alla à la rencontre d’Efraktus et lui assainit plusieurs coups de canne en beuglant. Mais Fox ne s’en préoccupait guère.
Pendant le duel ainsi qu’après, il n’avait pu détacher son regard de Pitane. Même tachée de terre ocre et avec ses cheveux bruns en bataille, Elle restait la plus belle créature qu’il lui avait été donné de voir bien qu’il ait rencontré pas mal de jeunes femmes, en ville notamment où il s’était fait abordé de nombreuses fois par des catins en manque de divertissement.
Pitane finit par remarquer les regards intenses de Fox et lui fit un signe de la main, comme pour vérifier qu’il était bien en train de la regarder. Pris au dépourvu, Il ne trouva pas mieux que de lui faire un signe maladroit avec le trognon de la pomme prise plus tôt dans sa chambre. Constatant le malaise, Pitane eut l’air amusée et fit mine de regarder ailleurs.
C’est alors que tout le monde s’approcha de lui. Nenox, qui s’était éclipsé en douce, revint un paquet à la main qu’il tendit à Fox, tout sourire. La forme et le poids du présent emballé dans une toile de jute ne laissait nulle place au doute : c’était une épée. Fox était fou de joie et lorsqu’il eut sorti la lame de son écrin il resta bouche bée tandis que les autres se bousculaient pour la voir. C’était une épée à deux mains d’environ un mètre trente de long. Le pommeau était gravé en croix vialoise et la flèche était garnie d’une lanière de cuir tressée. La garde et la gouttière de la lame étaient gravés de runes et la chappe, de forme triangulaire, était sertie d’une petite pierre verte surmontée d’une autre croix de Vial. Le fourreau, lui était tout ce qu’il y a de plus banal. Après tout la lame se suffisait à elle-même.
- Tout Vialois qui se respecte doit posséder sa propre épée forgée ici-même. Aujourd’hui tu deviens un homme.
Mestre Tardas s’avança et posa ses mains sur les épaules de Fox. Les autres s’écartèrent et formèrent un cercle, le poing sur le cœur. Fox s’agenouilla.
- Aujourd’hui et pour toujours, jures-tu fidélité à notre Père le tout puissant Vial ?
Fox avait la gorge serrée. Il savait que la cérémonie des vœux devait arrivée tôt au tard, mais n’avait pas imaginé qu’elle serait si soudaine. Voyant que tout le monde le regardait, il jura.
- Jures-tu d’utiliser ta force pour protéger les faibles et les opprimés selon la volonté de notre Père ?
Il jura de nouveau.
Sur ces mots, Mestre Tardas fit un pas en arrière et poursuivit.
- Fox d’Ahstval, aujourd’hui et pour le reste de tes jours, tu es un frère de l’Ordre de Vial et gagne de ce fait le droit d’être élu au conseil et de remplir des contrats au nom de l’ordre.
Tardas retira ses mains et d’un même geste, tous les autres ployèrent le genou. Et prononcèrent la phrase finale du rituel.
- Nous te reconnaissons comme notre frère !
A la prononciation de ces ultimes mots, Fox se sentit aussitôt détendu, c’était fait, il était enfin un véritable Vialois. Les autres se levèrent et vinrent le féliciter. Karag l’attendait un peu en retrait. Il en avait presque oublié qu’il devait l’accompagner.
Fiers de sa nouvelle lame, il en accrochât le fourreau à sa ceinture et pris congé de ses amis.
Karag lui remit ses félicitations.
- Te voilà mon égal désormais.
Fox sentait la fierté dans le regard de son ancien maître. Aujourd’hui ils étaient égaux, leur voix avait la même valeur au sein de l’abbaye.
- Tu es prêt à partir ?
Fox acquiesça et ensemble ils se dirigèrent vers les écuries.
C’était un long bâtiment en bois et en pierre. Le toit était en chaume et de gros piliers séparaient les alcôves qui abritaient les chevaux. Karag, non content d’être un grand guerrier, était aussi maître d’écurie. C’était à lui qu’incombait la lourde tâche de l’élevage des chevaux Vialois. La monture de Karag était un pur-sang Argentais à la robe noire comme le charbon. Son nom était, de manière très originale, Spectre. Fox ne possédait pas de cheval à proprement parlé. Cependant, il prenait toujours Insomnie s’il en avait l’occasion. C’était une jeune jument à la robe brune et au crin noir. Fox avait assisté à sa naissance lors de son quatorzième anniversaire. L’accouchement avait été compliqué et malheureusement, la mère d’Insomnie n’avait pas survécu. Fox malheureux était alors resté toute la nuit près du poulain avec Karag, d’où son nom.
Lorsque Karag revint des écuries il montait tout naturellement Spectre et tenait Insomnie en longe. Une fois arrivé à leur hauteur, Karag lui tendit la longe.
- A partir de ce jour elle est à toi. C’est mon cadeau pour ton anniversaire.
Fox ne savait quoi dire. Il cherchait dans son esprit la manière la plus appropriée de le remercier lorsque karag, voyant sa cogitation l’interpella :
- Pas la peine de te confondre en remerciement, te voir la monter et en prendre soin le reste de tes jours est amplement suffisant.
Fox ne dit mot et enfourcha sa nouvelle monture. Il passa sa main dans la crinière de l’animal, il ne pouvait se passer de le faire, elle était si douce. Une fois bien arçonnée, ils se mirent enfin en route.
L’abbaye se situait à plus ou moins trois kilomètres de la ville. Un chemin de terre sinueux coupait le paysage en deux tout en filant en sa direction. De pars et d’autre, des champs de lavandes et des oliveraies à perte de vue. Beaucoup des paysans qui travaillaient dans ces champs passaient des contrats avec les Vialois. À vrai dire seuls les paysans étaient encore assez agréable vis-à-vis des Vialois, la révolution les touchant peu hormis au travers de taxes et redevances.
Karag resta silencieux une bonne partie du trajet. Petites fermes et champs se succédèrent pendant près d’une heure. Enfin, le bois tordu se dressait devant eux signalant la mi-parcours. Cependant, au lieu de continuer sur la route principale, Karag bifurqua sur un chemin parallèle. Il ne tenta pas de justifier son acte et Fox se dit qu’il savait ce qu’il faisait.
Le bois tordu était l’une des rares parties intactes de la forêt qui s’étendait jadis sur des kilomètres à la ronde, la déforestation ayant eu raison des arbres millénaires qui la composait. Aujourd’hui, le bois est un repère pour bandit en tout genre et peu osaient s’y aventurer. A de nombreuses reprises Karag y avait été envoyé en mission afin de récupérer des biens volés ou ramener tout simplement la tête des auteurs d’un larcin quelconque. Fox soupçonnait Karag de l’emmener assister à l’un de ces contrats et il ne fallut pas longtemps avant que son inquiétude se confirme.
Sorti de nulle part, alors qu’ils s’enfonçaient au cœur du bois, un arbre s’affaissa sur la route. Saisie de peur, la monture de Fox fit une embardée, projetant ce dernier quelques mètres plus loin. Un instant plus tard, les deux Vialois se retrouvèrent encerclé par cinq coupe-jarrets. Ils étaient tous armés de hachettes à l’exception d‘un seul, équipé d’un long espadon d’acier richement décoré.
Karag, qui avait repris le contrôle de Spectre s’adressa au bandit richement équipé :
- Le Baron des bois je présume ?
- En chair et en os, Vialois. Je me disais bien qu’il était étrange que l’un de ces porcs ne soit pas venu se rouler dans la boue à vos pied en vous implorant de les aider.
Fox s’était relevé et avait saisi le pommeau de son arme. Il avait entendu parler de cet homme. Depuis quelques semaine, lui et son gang pillaient ferme après ferme. Par peur des représailles, aucun paysan n’était venu demander contrat. Alors qui avait donc pu demander ce contrat ?
- Tu seras heureux d’apprendre que tes menaces ont fonctionné sur ces malheureux. Ils ne m’envoient pas.
Le Baron semblait aussi perplexe que Fox.
- C’est l’instance supérieure qui m’envoie. Tu as les salutations de la Garde Grise !
Sur ces mots, Karag dégaina et chargea avec son cheval vers le Baron qui n’eut aucune chance d’échapper à la décapitation. Sa tête fut projetée en l’air et atterrit avec un bruit sourd sur le so, soulevant un petit nuage de poussière. Les quatre autres bandits, leur chef assassiné se mirent à fuir. Karag en rattrapa un et lui réserva le même sort qu’au Baron.
Voyant que fuir ne suffirait pas, le bandit le plus proche de Fox l’attaqua. Le jeune vialois n’eut tout juste le temps de dégainer que la hachette du forcené vint percuter la lame d’acier et lui fit perdre l’équilibre.
D’un mouvement de hanche il parvint à reprendre son équilibre et à faire basculer son opposant. A terre et à la merci de l’épée de Fox, le criminel lâcha son arme.
Karag revint au trot, un sac de jute dégoulinant de sang à la main.
- L’un d’eux s’est échappé il semblerait.
- Au moins nous en avons un vivant. Fit remarquer Fox.
- Bien joué ! Karag semblait réellement fier.
- Attache-le à Insomnie par le cou et lie-lui les mains. Il ne mérite pas de prendre place sur nos montures.
Fox alla récupérer la jument qui s’était éloignée de quelques mètres.
- Tant que t’y es, attache-lui les sacs avec les têtes de ses camarades aux hanches. Cela le fera peut-être réfléchir aux questions existentielles que pose sa misérable vie.
Après une heure à cheval à travers le bois, les arbres commencèrent à s’éparpiller pour enfin laisser place à la plaine ensoleillée. Elle ne s’étendait plus à perte de vue, mais était brutalement interrompue par d’immenses murs de pierres.