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Tu te réveilles à deux heures du matin. Il n’y a plus cette lumière, semblable à l’horizon, sous ta porte. Il n’y a plus, non plus, ce bourdonnement typique qui provient du ventilateur de plafond. Il n’en faut pas plus pour comprendre qu’il n’y a plus de courant.
Plus aucun jus pour alimenter néons et aérateurs.
Là, pendant un court instant, tu te mets à maudire et à pester à tout-va. Puis tu réalises que cela ne te servira absolument à rien et encore moins te rafraîchir.
Tu finis par te résigner. La Terre ayant, depuis bien longtemps, décidé qu’elle allait tourner sans toi.
Si tu as la chance d’avoir une clim, ce qui est rarement le cas de tous, tu pourras aisément survivre à cette apocalypse de suée et de déshydratation un cours laps de temps, avant d’être rattrapé par la transpiration. Et encore si tu habites une maison bâtit en dur et que vous n’êtes pas entassés à 10. Dans le cas, très probable, où tu as affaire à une construction mi planches, mi tôles ondulées ; tu te dépêcheras de t’éjecter au plus vite de ce four à chaux.
Seulement voilà, il est deux heures du mat’ et tu n’es pas spécialement motivé pour t’extirper de la chambre. Tu somnoles, ta vision n’est pas tout à fait nette. Le sommeil est plus fort, le sommeil t’entraîne vers lui.
Mais comme tu es malin et que le système « D » — le « D » pour Débrouillardise — ça te connais ! Tu décides de rester dans la chambre qui se vide peu à peu de ses occupants.
Le coude posé sur ton lit ou sur ton matelas si tu dors à même le sol, tu te mets à balancer ton avant-bras de bas en haut en essayant de brasser un maximum d’air avec ton éventail de fortune fait de carton pour l’occasion. Un éventail sur mesure, s’il vous plaît !
Rafraîchir la tête et le torse demeure ton but ultime. Le reste du corps s’accommandant judicieusement avec la chaleur tant que ces deux parties sont attiédies : l’instinct de survie ?
Puis tu continues à somnoler en comptant les minutes, tout en prenant soin de ne surtout pas lâcher la cadence des va-et-vient.
L’électricité refait surface.
Tu fermes l’œil. Pas d’ovation pour le coup, tout le monde dort.