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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » De LC Beat à Guyotat

Auteur Sujet: De LC Beat à Guyotat  (Lu 749 fois)

Hors ligne Marcel Dorcel

  • Prophète
  • Messages: 694
De LC Beat à Guyotat
« le: 08 Février 2020 à 20:35:43 »
En hommage à Pierre Guyotat. Ecrit le 26 Août 2008. Un brin modifié. Poésie, prose ?

Ne le prends pas mal.
C’est mon lexique intérieur, tu sais, quand ma langue cherche ta langue, quand ma bouche cherche ta bouche, et que je m’adosse au radiateur comme un hindou, prêt à vomir tout le calcaire, les cristaux de désagrément qui l’aliènent.
Joncs.
Bambous.
Marais .
Cage.
Les mouches à merde papillonnent sur les roseaux.
Je m’essuie le menton sur le rebord de la fenêtre.
Avec un mouchoir sale.
J’ai peur de mourir tant de jours.
Sans le souffle de ta voix chaude.
Le monde est un poème qui nous quitte.
Je suis sec. L’air est chaud. Et comme de bien entendu, il fait souvent sombre et chaud quand juillet court.
Impératrice des emmerdeuses, ultra-mondaine et Egyptienne. Te voilà !
Voilà qui voilà…
Et pour quoi faire ? J’ai écrit à Pierre Guyotat,  j’ai voulu m’épancher sur les belles de poésie de LC Beat. Je déteste la maison du bonheur. Surabondamment. Oui, je la déteste mais je ne suis pas plus malin que les autres, je suis un mec sensible, alors le moyen que j’ai trouvé de me payer sur toi en retour, c’est de continuer à lui courir après, clarté, substance, est-ce que je saurais réellement la décrire ?
Où est ce lieu, dis-moi, débordant de vase, cette légende, cette saloperie qui met à sac l’esprit comme un lit de plumes barbouillées, noirâtres?
Bon dieu !
Vitalité, chance, argent, amour, ça colle, ça sent la déjection de l’haleine morte.
Embrasse-la et ne pleure plus.
Viens voir comme il est triste !
Allez ! Choisis l’élément secret et goûtes-en la saveur.
De pluies en pluies, ça tombe. Domino géant. Amour de pluies. Lent goutte à goutte.
Qui n’a jamais croisé le démon ne peut sourire à l’ange.
Il faut que j’accepte mon refuge de masturbation, le mourir d’enfance dans le chevauchement doux des yeux apeurés. Eux s’accrochent.
Tu entends ?
Est-ce que tu devines ?
La nuit, le stylo et les bruits furtifs des pas du chat-hirondelle.
Prose de nuit, dites encore…sous vos applaudissements !
Le temps s’enchâsse sous les odeurs de genièvre. L’excrément crée le vers. Comment se fait-il qu’autant d’années muettes aient pu vomir ces algues, sortes d’arachides rompues tombées des nuages.
Refrain : trois petits points assassins…
…tu m’as aimé ?
Les violons.
Lockwood me déchire les coudes et je n’avance pas.
Too seul. Trop seul ?
Je suis l’insecte soumis aux lois de l’ecchymose.
L’Osservatore romano note dans son édition de décembre dernier : « Dieu est proche de nous ». Quant à moi, je m’en détache. Inexorablement. L’archi-soviétisme , cet homicide sempiternel, mouvant son torse ailé entre les grilles du château des Douves, là où tu es enfermée, les seins, la vulve ouverte telle un vieil indic, ton ventre transformé en matière fécale, donnent un triste spectacle de ma passion presque pavlovienne - ou éolienne...! ?- de ma passion pour les cruautés , le puzzle sanglant de ma fantasmagorie.
Cabine d’effeuillage qu’à force de mots j’ai transformé en Alcatraz de la poésie.
J’abats. Je continue d’abattre. Je continue de galvauder ce qu’il reste à galvauder. Détachement supérieur.

Tuer, assassiner l’empire du sens fondamental !

- Car être d’un seul jour : et le point stagne.

- Car être d’un seul jour : et la pièce demeure.

- Car être d’un seul jour : ni fuite ni retour.

Regarde, étends ton regard jusque…
Il est étendu, là-haut, tout là-bas. Le linge blanc étendu danse dans un bruit de linceul.
Antoine nous l’a dit, le soleil nous a quittés deux fois.
Alors pourquoi, par quel mirage de la duperie, voulaient-ils, les gredins, que l’escalier tombe ?
Dans mes conversations avec le venin, j’ai attaché ma jeune troubadour à un arbre. Behind the door, Sisyphe.
Aussi, entre les cuisses de mes lectrices, suçoteuses de mots-constrictor, je mets à intervalles irréguliers, ma dose de ce liquide immoral, mes graines d’Inuit, langue parlée et chevauchée.
Aura, ( Laura la douce? ), allons, allons, cessons de jouer à la marelle.
L’amour platonique ne subsiste que l'existence disparate.
Détendez-vous mesdemoiselles et Mesdames, ma relation à la solitude virginale est mon emblème.
Dans l’air, souvent vide de toute ressemblance, la distance est ce qui rapproche l’inconnu du vraisemblable, et dans cette distance qui se rapproche, les ruptures figent les pas qui chancellent.
Vite ! Vite !
Baiser vite ! Vivre vite ! Éviter de mourir vite avant que d’avoir déconstruit, reconstruit le monde en spirales.
Accompagné bien évidemment de mon plus fidèle destrier, Mr PoGo.
Prostituant les vagues, étoile hybride comme le requin ou la méduse.

…Au nord-Sein, versant ouest de la dune, à l’affût frôlant l’astre de l’éphéméride, je creuse mes voyages d’épée au creux de la mousse des sables. J’écris à Guyotat, à LC Beat. Je continue de vivre alors que rien ne m’y force. Je suis pareil, sinon autant.
Aussi essentiel qu’une statue, les oreilles remplies du sommeil des morts.
« Modifié: 08 Février 2020 à 20:46:45 par Marcel Dorcel »
Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d'eux,  alors ils en diraient bien davantage
Sacha Guitry

J'écris pour me taire
Philippe Léotard

Nos vrais ennemis sont en nous-mêmes.
Bossuet

 


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