Bref, le gouvernement continue sur sa lancée, le peuple a pris une autre direction. Le déclencheur ultime de révolution est déjà mis en place et est parfaitement opérationnel.
Comme tu le sais j'ai pris des dispositions vis à vis de la situation que tu décris très bien toi-même. Je ne compte pas lâcher l'affaire aussi facilement (même s'il faut savoir rire et se détendre, je reste constant dans mon activité). En fait, au-delà de ces mécanismes destructeurs, il y a toujours quelques moyens de casser la spirale infernale, ça demande simplement beaucoup d'efforts et un esprit combatif.
Pour ma part, j'ai écrit mon
Contre-Attentat qui dépasse largement la question de la Guerre sainte. C'est un incontournable dans mon engagement. J'y aborde de nombreux sujets pour mieux comprendre la démocratie et mieux l'affirmer. Le danger est là, je ne l'ignore pas, cependant je reste persuadé que nous avons encore les moyens de réagir en cas de force majeure.
Et puis je ne prévois pas de faire autre chose de ma vie.
L'un des premiers boucliers contre l'effondrement des civilisations, que tu décris très bien dans son mécanisme infernal, c'est la démocratie. Peu importe ce que demandent les citoyens, ils ne seront entendus que si l'on rétablit le dialogue ; c'est difficile, mais c'est la seule issue. Le jour où la démocratie sera assurée, les colères s'apaiseront. Ce bouclier doit être brandi fièrement, sans quoi il sera aux mains des pires mensonges. Il s'agit donc de revenir aux fondamentaux de la démocratie, de la penser, de se la réapproprier.
Qu'attendons-nous pour aller de l'avant ?
En ce qui concerne les dirigeants, je les observe. Je vois qu'ils sont bien embêtés par la colère civile, ils ne répondent plus aux attentes des uns et des autres. Pour le moment, nous avons encore la liberté de débattre sur le sujet et de réfléchir à la démocratie de demain, celle qui sera armée contre les nouveaux défis que la mondialisation nous impose. C'est encore le moment d'y croire, car ceux qui l'ont établie, cette démocratie, ils ont été confrontés à bien pire que ce que nous vivons aujourd'hui. Contrairement à ce que certains prétendent, la mondialisation n'est pas maîtrisée, elle est sauvage. Ainsi, nous allons adapter les démocraties de chacun à la mondialisation selon les besoins de chacun ; ce n'est pas une formule unique, chaque civilisation dépend de besoins différents. La mondialisation est sauvage, à nous de l'apprivoiser.
Je sais que c’est une vision des choses qui va à l’encontre des concepts d’humanismes actuels. Mais d’un autre côté, la mondialisation n’est rien d’autre qu’un humanisme à l’américaine.
Je me dis que si la mondialisation ne peut pas fonctionner car elle oblige des peuples entiers à agir contre nature. L’humanisme à l’européenne cela ne le fera pas n’ont plus pour les mêmes raisons.
À propos de l'humanisme, il s'est construit conformément à plusieurs héritages. Ce n'est pas un terme exact, il évoque plusieurs aspirations complexes. L'humanisme est d'abord un autre regard sur le pouvoir, un pouvoir qui n'appartiendrait plus à un individu, mais au peuple tout entier. C'est parfois aussi un mouvement surhumain d'ouverture au dialogue quand celui-ci est effacé. L'humanisme est aussi un mouvement politique (il existe donc d'autres mouvements politiques). Il est aussi pour quelqu'un d'influent la volonté de revenir vers l'humain ; car, comme tu le sais, le pouvoir corrompt. Il y a différentes sensibilités humanistes qui s'opposent. L'humanisme est à l'origine de la démocratie dans l'histoire immédiate, mais l'humanisme n'existait pas à l'époque des démocraties antiques. On serait capable de faire de la démocratie sans humanisme, ça s'est déjà fait par le passé. On peut donc tout naturellement distinguer démocratie et humanisme.
J'espère que ça te rassurera dans un premier temps.
On peut ne pas être humaniste et militer cependant pour la démocratie, ce n'est pas une absurdité. À toi de te construire ta propre sensibilité, c'est ainsi.
Et moi, je ne pense pas qu'une mondialisation puisse être maîtrisée grâce au seul humanisme, je pense au contraire qu'il est essentiel que de nouvelles sensibilités émergent.
Ces sensibilités ont besoin d'être entendues.
La démocratie, ce n'est pas vulgairement le "système des gentils," non, rien à voir avec cette définition populaire et traditionnelle. Crois-tu que ma seule aspiration soit d'être un gentil ? Ce serait faire beaucoup de bruit par gentillesse !! La démocratie, c'est tout simplement
le meilleur système de gestion publique qui soit. C'est ce qu'on a fait de mieux en matière d'organisation de l'activité citoyenne. C'est le meilleur système pour un dirigeant, car flexible, et c'est le meilleur système pour les citoyens, car sécurisant.
Pourquoi voudrait-on s'en séparer si ce n'est sous la convoitise de quelques profiteurs naïfs ?
Ce n'est donc pas une question de gentillesse, ni d'humanisme mais bien une question d'efficacité.