Le peintre et l'araignée.
Le peintre.À tes yeux de sorcière, suis-je beau ou ignoble ?
Je te regarde aussi et tu es laide.
Pour la guilde rampante, avance et plaide
Avec ardeur. Traitons de ta nature en noble.
En quoi soies et crochets font du siècle le bien,
Si le métal se fond dans nos tiroirs ?
Et ce corps d’un terrible et vilain noir,
Si la palette du peintre n'y trouve rien ?
Une coupe de vin, douceur de l'empyrée !
Ô ! Embrosiaque saveur à ma bouche.
Tu en veux ? Mais j'oublie, c'est une mouche
Dont tes lèvres ont besoin, afin de l'aspirer...
Regarde ton roi. Assis et pensant, je règne.
Mon pied avance et te fige dans l'ombre
(Peu importe d'être seul ou en nombre).
Triste ! Sous lui, en mimant la couronne tu saignes.
L'araignéeÀ mes oreilles perce le violent sifflet
D’un nu qui mange trop et boit sans soif.
Gens d’art frelaté : la culture coiffe
Et donne, je vois, au dégout le droit du soufflet.
Accroché à ce siège, il y peint la fierté
D’une exécration de la différence.
Car même s’il n’y voit que répugnance,
Cela suffit à condamner ma liberté.
Tu combats bien seul, pour une victoire facile ?
Je laisse au pinceau d’habiller tes mots,
Le soin de grandir, là, jusqu’au rameau
Heureux ici-bas, je te verrai d’où je file !